A force de publier des photos, des posts, des videos perso, des profils Facebook etc…, l’internaute, pour ne pas dire l’être humain va être confronté de plus en plus à la gestion de son image et de sa réputation numérique.
Et oui, le web 2.0 c’est génial, on partage tout avec tout le monde….Sauf que c’est pas toujours facile d’apparaitre comme quelqu’un de sérieux lors d’un entretien d’embauche, lorsque l’employeur trouve une photo de vous en pleine beuverie avec des potes sur Facebook (Ca c’est du vécu, côté employeur) ;-)
Des moteurs de recherches d’ individus ?
D’autant qu’un certain nombres de moteurs de recherche d’individus commencent à fleurir outre atlantique, comme par exemple www.wink.com ou www.peekyou.com qui permettent d’avoir tout le pédigré de quelqu’un mis à jour en temps réel sur l’ensemble des sources et flux disponibles.
Des outils pour manager sa réputation en ligne ?
A l’image des anti-virus qui sont apparus avec le développement de l’email, des outils de gestion de “réputation numériques” (ORM = Online Reputation Management ) pointent leur nez sur le marché avec le développement des medias sociaux.
J’en ai repéré 2 (il y en a sans doute d’autres, je ne prétends pas faire un panorama du marché ) dont notamment Reputation Defender qu a développé une véritable Suite logiciel aux noms très évocateurs:
Mychild: pour “assurer une bonne réputation de ses enfants ados en ligne”
MyReputation: pour ” monitorer et manager sa réputation personnelle et professionnelle”
MyPrivacy: “pour “supprimer ses infos personnelles des databases commercialisés”
MyEdge (encore en béta): pour “maitriser les infos qui s’affichent sur vous dans les moteurs de recherche”
Tout ceci est parfaitement marketé, à l’américaine…et vous offre le parfait couteau suisse pour manager son image numérique
Dans le même genre, vous pouvez allez voir www.trackur.com , dont voici une présentation video faite par son fondateur Andy BEAL, qui a également publié un bouquin sur le sujet: Radically Transparent.
…Je ne sais pas si ces outils fonctionnent, je ne les ai pas testé, mais ce qui me semble assez clair, c’est qu’il y a sans doute un gros marché pour ce business au vu du développement des utilisateurs des medias sociaux.
Bon, personnellement, je ne trouve pas ça très rassurant pour la santé mentale de l’être humain , c’est déjà pas simple de trouver un équilibre entre sa vie personnelle, famillale, amicale, professionnelle
Et vous est-ce que ce type d’outils vous interesserait ?

valery a dit :
“Sauf que c’est pas toujours facile d’apparaitre comme quelqu’un de sérieux lors d’un entretien d’embauche, lorsque l’employeur trouve une photo de vous en pleine beuverie avec des potes sur Facebook (Ca c’est du vécu, côté employeur)
”
En même temps veux-t-on vraiment embaucher et cotoyer au quotidien des personnes qui n’ont pas de potes et ne boivent pas ?
Monsieur J a dit :
Avec internet et ses possibilités étendue on rentre dans une ère de self-marketing.
Le “moi” numérique est déstructuré (”moi”-beuverie sur Facebook mais “moi”-cravate sur LinkedIn) d’où l’intérêt de tels outils, que je vais aller tester de ce pas
http://www.managementetmoi.blogspot.com
Sébastien Blanc a dit :
Merci Bruno pour ce post très intéressant. On voit en effet se multiplier depuis presque un an des moteurs de recherche de personne (à votre liste on pourrait ajouter spock.com).
Je pense qu’il y a deux étapes dans la construction de ce genre de services : dresser le bilan de votre identité numérique (où apparais-je?) puis corriger ce qui doit l’être (Corriger ou effacer).
Autant la première étape paraît simple compte tenu de l’ouverture croissante des plate-formes, autant la seconde me paraît compliquée :
- les fonctionnalités de suppression de contenu n’existent pas toujours (par exemple sur Facebook on peut supprimer un TAG dérangeant sur une photo mais on ne peut pas effacer la photo de quelqu’un d’autre, même si elle vous porte préjudice. Idem sur un blog ou l’on ne peut pas effacer un commentaire collomnieux sans l’accord du bloggeur)
- Quand ces fonctions existent elles sont rarement accessibles via une API : effacer du contenu douteux doit se faire au cas par cas et non par une interface centralisée ce qui rendrait la chose complexe…
- Enfin cela pose un vrai problème éthique. Entre contrôle de l’image et censure il n’y a qu’un pas. Comment distinguer le contenu que l’on efface parce qu’il vous porte préjudice ou celui que l’on efface parce que cela vous arrange? Sur la question il y a un ouvrage très bien fait de Daniel J. Solove “The Future of Reputation” qui montre que le combat pour l’image se transforme rapidement en combat pour la liberté d’expression…(on s’éloigne du sujet mais je trouve que c’est une composante à ne pas oublier).
On peut aussi se poser des questions sur le mode d’action adéquate : dans certains cas la suppression s’impose (Image ou vidéo peu valorisante) mais dans d’autres c’est beaucoup plus discutable (Posts sur des blogs)….. Dans le cas de posts de blog qui parlent d’un individu (et apparement c’est une vraie question vu le post récent de Fred Cavazza sur son blog (Changement d’époque pour les blogs ?)) on pourrait imaginer que l’action est un droit de réponse systématique…mais cela suffit t-il a nettoyer une réputation ou a gommer des informations encombrantes sur Internet? Je ne sais pas…
Tout ca pour dire que je pense que l’on est au début d’un vrai débat sur la gestion de l’identité numérique qui influera sur la liberté d’expression en ligne…Il reste donc un gros boulot pour définir ces services sans lesquels Internet pourrait devenir un drôle de mélange entre vilain “corbeau” et “squelette dans le placard”…
Sébastien Blanc a dit :
Merci Bruno pour ce post très intéressant. On voit en effet se multiplier depuis presque un an des moteurs de recherche de personne (à votre liste on pourrait ajouter spock.com).
Je pense qu’il y a deux étapes dans la construction de ce genre de services : dresser le bilan de votre identité numérique (où apparais-je?) puis corriger ce qui doit l’être (Corriger ou effacer).
Autant la première étape paraît simple compte tenu de l’ouverture croissante des plate-formes, autant la seconde me paraît compliquée :
- les fonctionnalités de suppression de contenu n’existent pas toujours (par exemple sur Facebook on peut supprimer un TAG dérangeant sur une photo mais on ne peut pas effacer la photo de quelqu’un d’autre, même si elle vous porte préjudice. Idem sur un blog ou l’on ne peut pas effacer un commentaire collomnieux sans l’accord du bloggeur)
- Quand ces fonctions existent elles sont rarement accessibles via une API : effacer du contenu douteux doit se faire au cas par cas et non par une interface centralisée ce qui rendrait la chose complexe…
- Enfin cela pose un vrai problème éthique. Entre contrôle de l’image et censure il n’y a qu’un pas. Comment distinguer le contenu que l’on efface parce qu’il vous porte préjudice ou celui que l’on efface parce que cela vous arrange? Sur la question il y a un ouvrage très bien fait de Daniel J. Solove “The Future of Reputation” qui montre que le combat pour l’image se transforme rapidement en combat pour la liberté d’expression…(on s’éloigne du sujet mais je trouve que c’est une composante à ne pas oublier).
On peut aussi se poser des questions sur le mode d’action adéquate : dans certains cas la suppression s’impose (Image ou vidéo peu valorisante) mais dans d’autres c’est beaucoup plus discutable (Posts sur des blogs)….. Dans le cas de posts de blog qui parlent d’un individu (et apparement c’est une vraie question vu le post récent de Fred Cavazza sur son blog (Changement d’époque pour les blogs ?)) on pourrait imaginer que l’action est un droit de réponse systématique…mais cela suffit t-il a nettoyer une réputation ou a gommer des informations encombrantes sur Internet? Je ne sais pas…
Tout ca pour dire que je pense que l’on est au début d’un vrai débat sur la gestion de l’identité numérique qui influera sur la liberté d’expression en ligne…Il reste donc un gros boulot pour définir ces services sans lesquels Internet pourrait devenir un drôle de mélange entre vilain “corbeau” et “squelette dans le placard”…
Olivier Zara a dit :
Billet intéressant ainsi que le commentaire de Sébastien Blanc dont je vais certainement m’inspirer pour un prochain billet sur les sites de “nettoyage”. Il y a aussi eu un billet sur rue89.
J’ai ouvert fin 2007, un blog sur le thème de la gestion de la réputation sur Internet : http://reputation.axiopole.info/
Je propose dans un des billets une classification des différents outils :
http://reputation.axiopole.info/2007/12/17/classification-outils-gestion-reputation-numerique/
Emilie Ogez a dit :
Oui, un intéressant billet. Si les questions concernant l’identité et la réputation numériques vous intéressent, je vous invite à visiter le site http://www.doppelganger.name ou bien à rejoindre le groupe Facebook “Vie numérique” : http://tinyurl.com/vienumerique
Au plaisir de vous y retrouver.
Manager son identité et sa réputation numérique | Médias sociaux « Veille de la MINUM a dit :
[...] Manager son identité et sa réputation numérique | Médias sociaux. [...]
Fabien Thollot a dit :
Excellent article !
Il est bon rappeler le caractère stratégique de la réputation numérique des individus, et organisations.
Récemment j’ai discuté avec quelques amis qui avaient peur de s’afficher en ligne, de peur que les informations disponibles deviennent hors de contrôle. J’ai également eu ce questionnement pour moi-même, en particulier en période de mobilité pro.
2 solutions :
- tenter de maîtrise au mieux l’information
- surinformer
Yooblog » Blog Archive » Conf du Web 2.0 Expo : « The emerging Business Risks of Web » By Drew Bartkiewicz a dit :
[...] Article connexe de mediasociaux.com [...]