Cédric DENIAUD

La transparence en politique passe-t-elle par Internet ?

Vous voyez le mot “politique” dans le titre et vous vous dites, ils vont encore nous parler de Barack Obama et sa stratégie Internet et vous n’aurez pas tort. Mais ce qui m’intéresse ce coup-ci ce n’est pas moins le dispositif de présence et d’utilisation des médias sociaux mis en place par le candidat démocrate pendant la campagne (cf : Barack Obama + Social Media + E-commerce = Promouvoir et fédérer et Barack Obama - une victoire pour le Social Media Marketing ?), mais bien ce qui est fait depuis son élection à la présidence.

Même si l’une des particularités du système américain veut que le nouveau président élu ne prenne ses fonctions que le début d’année suivant son élection, celui-ci occupe déjà fortement le terrain médiatique. Pour s’en convaincre, il suffit de voir il y a quelques jours le fait que le G20 avait tout de suite moins d’intérêt politiquement et médiatiquement sans la présence du nouveau président élu américain.

Je vous rassure, le sujet de mon article n’est pas là sur la l’utilisation d’Internet comme arme politique pour rendre sa politique et ses actions transparentes. Je m’explique plus en détail par quelques exemples. En effet, depuis son élection, Barack Obama, dans l’utilisation qu’il fait d’Internet, souhaite se montrer transparent et totalement ouver :

  • Diffusion des photos du soir de l’élection sur FlickR : vous pouvez les retrouver ici si vous ne les avez pas encore vues.

  • Message de remerciement sur son site Internet et par e-mail : ca semble bête mais là en moins de 24 heures, chaque personne qui a soutenu le candidat démocrate sur son site Internet ne pouvait pas se sentir oublier. A noter également que les autres outils de communication comme le blog officiel ne s’arrête pas à la fin de la campagne mais restent des outils de communication qui seront sans nul encore plus utilisés et suivis dans les prochains mois.

  • Utilisation de Youtube - une vidéo chaque semaine : je trouve l’initiative intéressante mais j’aurai largement préféré un livecast (sur Youtube Live par exemple) hebdomadaire d’une conférence de presse ou le fait de répondre en direct à des contributions d’internautes, ce afin d’ouvrir le dialogue plutôt que de seulement passer un message.

  • Création du site officiel du président élu Change.gov : sans attendre sa prise de fonctions, Barack Obama envoie un message fort en montrant qu’ils suit de près l’actualité US et internationale et présente déjà ses plans d’actions.

Vous l’aurez compris toutes ces actions alors que Barack Obama n’a pas encore pris officiellement ses nouvelles fonctions ne font que renforcer le sentiment de transparence.

Je suis sûr que ces actions ne sont pas sans vous rappeler des actions intéressantes menées par exemple par le Premier Ministre Britannique que je vous avais présentées dans Social Media + Politique + Angleterre = dialoguez avec le Prime Minister.

Comme une marque, il est intéressant de voir que l’équipe du nouveau président a compris l’enjeu des médiais sociaux pour au délà de seulement communiquer, fédérer et animer les citoyens américains à participer à la politique de leur pays. Mais comme toute marque, elle ne doit pas oublier que nous sommes également à l’ère de la tyrannie de la transparence

Mots-clés : , , ,

6 commentaires pour “La transparence en politique passe-t-elle par Internet ?”

  1. le 24 novembre 2008 à 19:25
    [Enikao] a dit :

    Un billet qui ne manque pas d”r” ;-)
    Barack avec un seul serait suffisant.

    Une question que je me pose : le Twitter de l’ex-candidat, désormais élu, sera-t-il mis à jour par la suite une fois qu’il aura pris ses fonctions ? Va-t’il mettre à jour sa “location” et passer de Chicago à Washington ?

    10DowningStreet relaye sur Twitter les prises de parole majeures du Premier Ministre britannique, par exemple, ou indique les plateformes où l’on peut poser des questions pour les interviews.

  2. le 24 novembre 2008 à 19:34
    Cédric DENIAUD a dit :

    J’ai effectivement pris un courant d’”r”. C’est modifié ;-)

  3. le 24 novembre 2008 à 19:36
    Jean a dit :

    Internet permet un échange d’informations tellement simple et rapide que les politiques peuvent encore moins cacher des choses qu’avant. Du coup en effet, ils ont tout intérêt à intégrer les méthodes des entreprises pour entreprendre un dialogue avec leurs consommateurs. Personne n’est parfait, mais quelqu’un qui écoute les reproches et en tire des conclusions est déjà plus intelligent que la moyenne.

  4. le 25 novembre 2008 à 1:35
    Fabrice a dit :

    Selon l’expression en cours là bas, Obama est le premier ‘président en réseau’, l’action civique collective a été incroyable, et ils ont trouvé une réponse idéale au financement public de la politique… Cette election a tout changé, et nous avons beaucoup à en apprendre.

    Merci Cédric pour ce billet :)

  5. le 25 novembre 2008 à 12:02
    palpitt a dit :

    je me pose la même question qu’Enikao : avec Twitter comme avec les textos (on oublie souvent cette partie là de la campagne, niveau technologies, le reste n’a été que perfection de l’existant), il a créé un lien de proximité fort avec ses supporters, un lien quasi intime qui va au delà de la notion de transparence, je me demande bien comment il se servir de tout ça

  6. le 25 novembre 2008 à 12:13
    Cédric DENIAUD a dit :

    On raisonne effectivement principalement en termes d’image : montrer un homme qui n’a rien à caché au niveau de sa politique, de ses prises de décisions et de ses action. Le deuxième enjeu qui existe avec l’utilisation des médias sociaux est celui de favoriser l’implication des citoyens dans sa politique. Les outils qu’il met en place permet d’une de développer l’intérêt, puis de favoriser l’implication par l’écoute et l’interaction, pour en suite permettre de plus facilement “fidéliser” ces gens. De la même manière qu’une marque finalement comme je le détaillais dans le schéma présenté dans http://cdeniaud.canalblog.com/archives/2008/08/28/10204798.html

Laisser un commentaire