Frédéric CAVAZZA

La Chine à l’assaut des médias sociaux (chinois)

Alors que Yahoo vient d’annoncer la fermeture de son réseau social chinois Guanxi (par décision de sa maison-mère Alibaba Group), les médias sociaux chinois jouissent d’une forme éclatante et semblent se suffir du marché intérieur. Le AS-Map propose justement une très belle cartographie (vue chez Serial Mapper) adaptée de l’article Chinese Social Networks ‘Virtually’ Out-Earn Facebook And MySpace: A Market Analysis : China Social Media Map.

Cartographie des médias sociaux chinois

Cartographie des médias sociaux chinois

Au-delà de cette cartographie et de ces acteurs que l’on ne croisent pas du tout en occident, le marché chinois (300 millions d’internautes) est caractérisé par un usage intensif des médias sociaux : 105 millions de blogueurs et 95 millions d’utilisateurs des forums et autres BBS (cf. Taking a look at the social media landscape in China).

Du fait de la très grosse population chinoise, les trafics et volumes sont très impressionnants et le marché est partagé entre de (très) grosses sociétés et une myriade de petits acteurs. Le plus gros étant de très loin l’opérateur Tecent, qui édite la solution de messagerie instantanée QQ (300 millions de membres) et sa galaxie de sites : QQ Game (casual gaming), QZone (réseau social), QQ Xiaoyou (réseau social pour étudiants), QQ Show (portai média), QQ Live (portail vidéo), Paipai (portail de shopping), Tenpay (système de paiement) et SoSo (moteur de recherche qui vient d’abandonner la technologie Google). Ils viennent d’ailleurs de lancer la version internationale de leur logiciel de messagerie I’M QQ (cf. Le phénomène QQ maintenant à la conquête du monde) ainsi qu’un jeu pour Facebook (Treasure Hunter, cf. China’s Tencent Launches Game on Facebook, for Market Research… for Now). Là où Tecent facine, c’est qu’ils ont sû transformer cette audience en une gigantesque machine à cash (Asian social networking sites profit from virtual money), une prouesse dans un pays avec un niveau de revenus très inférieurs aux États-Unis (où Facebook est toujours en train de chercher un moyen de combler sa dette).

Parmi les autres acteurs locaux nous pouvons citer :

  • Baidu, un moteur de recherche qui a très largement étendu son offre et qui se décline notamment en Tieba et Hi (je crois que l’un est plus portail que l’autre) ;
  • 51 , un réseau social avec plus de 40 millions de membres ;
  • 56 pour du partage de vidéos (et oui, là-bas aussi ils fonctionnent par numéro comme pour choisir un plat dans les restaurant asiatiques) ;
  • TaoTao qui appartient aussi à Tecent ;
  • RenRen et Kaixin001 dont je ne comprends les spécificités…

Bref, il y a du volume et beaucoup d’argent en jeu. Rajoutez à cela la proximité du Japon et de la Corée et vous avez un écosystème médias sociaux / mobile / jeux en ligne qui est en pleine ébullition. Sauront-ils conquérir le reste de l’Asie et les marchés occidentaux ? Difficile à dire pour le moment, souvenez-vous que Cyworld s’y est déjà cassé les dents.

Pour en savoir plus sur ces marchés je vous recommande chaudement les analyses de Benjamin :

Qui saurait nous faire un topo sur les médias sociaux indiens (qui visiblement repose beaucoup sur le SMS : Introduction To Social Media In India) ?

Cédric DENIAUD

Social CRM : créer des enthousiastes de votre marque

Article précédemment publié sur CedricDeniaud.com

Quoi ? Des enthousiastes ? Mais c’est quoi encore cette nouvelle race ? Ce sont des blogueurs heureux… c’est ça ?

Non je vous rassure il s’agit simplement de vos meilleurs clients, des personnes fans de votre marque et qui peuvent en être les meilleurs ambassadeurs. Là je sens que je commence à vous intéresser…

L’une des questions que doit se poser une marque à l’ère du Social CRM (du CRM adaptée aux médias sociaux pour faire face à la montée du pouvoir des consommateurs sur Internet) est comment “travailler” efficacement avec ses clients les plus enclins à parler positivement de la marque. La première démarche a été de voir les personnes qui quantitativement avait la possibilité de toucher le plus de monde pour relayer une information. Je pense ici bien entendu aux journalistes (RP), puis aux bloggeurs (RP 2.0) et maintenant à tous les internautes capables de diffuser efficacement une information (stratégie d’influence).

J’aime bien cette notion de “stratégie d’influence” car elle regroupe la notion de stratégie car en fonction de l’émetteur, du récepteur (de la cible) et du message, il convient de ne pas mettre en place la même stratégie. C’est là l’une des grandes valeurs ajoutés qu’ont les agences efficaces sur ce domaine de la stratégie d’influence car elles sauront proposer une démarche pertinente et adaptée à la problématique de la marque.

Bref, si je recentre le débat autour du thème central : les enthousiastes. L’important est donc pour une marque de :

  • Ne pas prendre en compte qu’une cible influente : les bloggeurs. Pour en savoir sur cette notion d’influence et de bloggeur, je vous conseille la lecture d’épisodes précédents : Mes amis sont de meilleurs influenceurs qu’un bloggeur influenceur et Influence vs Popularité

  • Avoir une démarche collaborative avec les enthousiastes. Pour qu’un client soit enthousiaste, il a besoin d’être valorisé, de savoir que la marque l’écoute et le fait participer à sa démarche. Que ce soit par le fait de diffuser une information en premier auprès d’une cible privilégiée de client (valorisation par l’information), par le fait de les faire collaborer à la création d’une campagne ou d’un bêta test d’un produit (valorisation par la participation), l’important est de valoriser le client…Le client est ROI disait les gourous du marketing dans les années 90 : ils avaient pas vraiment tort.

  • Créer les conditions favorables à la diffusion et la viralisation : la marque n’est plus le diffuseur du message ou alors au près de segments plus restreints (communication personnalisée) mais est le facilitateur de la diffusion d’un message (cf : La marque : un facilitateur et non plus seulement un diffuseur). On vous sort souvent les chiffres du bouche à oreille et du pouvoir de la recommandation entre internautes. Créer les conditions favorables au bouche à oreille positif est important et primordial pour assurer le succès de la bonne diffusion d’une information.

Cédric DENIAUD

Nouvelle page profil Facebook : le necessaire besoin de filtrer l’information dans le newsfeed

Vous l’avez sûrement remarqué si vous utilisez fréquemment Facebook, mais depuis ce week end, votre page profil a légèrement changé, meme si cela ne semble pas encore avoir été déployé chez tous les utilisateurs (voir l’annonce officielle sur le blog de Facebook : New views for your Home page). Je ne passerai pas nécessairement du temps à vous expliquer le détail des modifications, l’object de cet article n’étant pas fonctionnel (pour plus de détails, je vous recommande l’article de ReadWriteWeb : Facebook’s new newsfeed : a big shot fired in the war against information overload) . Par contre, il est intéressant de se poser la question du “pourquoi” de ce changement et là globalement deux points majeurs sont à noter.

Vers le filtre de l’information diffusée par votre réseau

On le sait sur Facebook on peut retrouver ses amis mais pas que… En effet, il est simple de devenir “ami” et aujourd’hui il n’est pas rare d’avoir plus d’amis sur Facebook que dans la vie réelle. Des lors, on comprend que l’information diffusée sur Facebook par 500 ou 1 000 personnes est beaucoup plus dense que par 100. A l’heure où l’on parle beaucoup de la prise d’information sur Internet  en temps réel, et ainsi du côté ephémère d’une information diffusée sur Internet, Facebook a essayé de travailler sur ces points. Comment ?

Tout simplement en vous proposant désormais sur votre page d’accueil, deux entrées différentes correspondant à l’activité en direct où vous retrouvez de manière classique l’intégralité du flux d’information diffusé par l’ensemble de votre réseau, mais et c’est là que réside la nouveauté, un flux d’activité filtré vous proposant le “meilleur des contenus” diffusés par vos amis. Ainsi, Facebook vous propose d’accorder plus d’importance à l’information diffusée par vos amis les plus proches (Facebook, j’imagine, prend en compte ici différents critères pour créer son algorythme, sur lequel  bien entendu, il ne communique pas). L’idée est de sélectionner l’information sur laquelle vous êtes le plus propice à interagir soit parce que vous avez l’habitude d’interagir sur les autres informations diffusées par une même personne, soit parce que déjà plusieurs personnes ont interagi (via “I like” et “Comment“) sur le contenu.

Je pense que cette évolution était nécessaire et est une bonne chose. Filtrer l’information devient indispensable (cf : Le futur enjeu du Web : filtrer l’information pour moins de bruit et Le filtrage social comme remède à l’infobésité) les médias sociaux et l’algorythme trouvé par Facebook me semble pertinent. De plus via par exemple l’option “Show more“, vous pouvez définir les amis que vous voulez voir remonter plus dans ce flux d’activité filtré. Facebook laisse donc une relative souplesse dans la personnalisation de ce flux d’activité avec les possibilités déjà existantes de masquer les informations diffusées par certaines personnes avec qui vous êtes amis.

Par contre, d’un point de vue ergonomie et accompagnement au changement, cela laisse à désirer. En effet :

  • Comme de nombreux utilisateurs, hors mis le post officiel sur le blog de Facebook, il est toujours dérangeant de ne voir aucune communication plus large auprès des utilisateurs permettant d’expliquer les changements et leurs bénéfices. Il en résulte alors nécéssairement un rejet de la plupart des personnes (vous savez : le fameux “C’était mieux avant…”).
  • De même, la réintégration des news feed (untel est ami avec untel) qui avait disparu du mini feed précédent revienne et là encore pas vraiment d’explication sur ce point..
  • Lew wordings sont clairement peu évidents : j’imagine que pour n’imoporte quelle utilisateur faire une différence entre “Actualités en direct” et “Fil d’actualités” est très obscur. Pourquoi ne pas utiliser un wording plus clair avec en dessous une explication de ce que contient le fil d’activité ?

Les suggestions d’actions

Là encore pour augmenter la participation des utilisateurs (et ainsi lutter contre l’effet d’être juste spectateur d’une information) et vous permettra d’aider vos amis, Facebook vous propose désormais dans le bloc “Suggestions” plus seulement des personnes avec qui vous pouriez devenir amis ou des pages auxquelles vous pourriez devenir fan. En effet, vous y retrouvez désormais également des suggestions d’actions auprès de membres de votre réseau (cf l’annonce officelle :  Suggestions for helping friends) :

  • Ecrire sur le mur d’un ami
  • Proposer à un ami de compléter son profil

Et vous qu’en pensez-vous ?

Bruno CLEMENT

A propos du facteur chance dans la réussite

Quel rapport il y a-t-il entre la chance, la réussite et le web social ? A priori pas grand chose…

Je vous invite donc à découvrir cette brillante analyse de Philippe Gabilliet, professeur à l’ESCP Europe, s’adressant à ses élèves du MBA, sur la manière dont on peut “contrôler” la chance.
Et vous verrez à quel point il est frappant de voir comment les usages du web s’immiscent  derrière chacune des idées exprimées

Alors que nous dit Philippe Gabilliet en synthèse ?

Avoir de la chance c’est savoir créer autour de soi un environnement favorable aux opportunités:

- Faire les bonnes rencontres
- Aller sur les bons territoires
- Être à l’écoute des bonnes demandes

4 postures pour favoriser les opportunités

1- La vigilance
En d’autres termes, être curieux, sortir de ses propres routines

2- Le réseau
Savoir se constituer un réseau, et surtout être celui qui crée les relations entre les autres. À noter cette très belle citation:
“La meilleure façon d’atteindre ses objectifs dans une organisation, c’est d’aider ceux dont on a besoin d’atteindre les leurs”

3- Le recyclage
Être conscient que la chance ne marche pas toujours et savoir transformer ses échecs en projets

4- L’anticipation
Toujours avoir un projet d’avance, pour être là au bon moment.

Et si le web social était finalement le meilleur agent du facteur chance ?

Si l’on y regarde de plus près,  le web de par sa dimension communautaire, organique et sociale est de loin le moyen le plus efficace pour se créer cet environnement favorable aux opportunités…et donc au développement du facteur chance.

Et toutes les idées évoquées font échos aux usages actuels du web:
Personnal branding, gestion de la e-reputation, constitution et animation de communautés, real time networking,  remise en cause constante des modèles, culture de l’innovation…

Tout ceci me fait dire que la nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail va sans nul doute bouleverser profondément les organisations de nos entreprises.
Avec un véritable rééquilibrage des pouvoirs entre des salariés doués d’ubiquités, abolissant les frontières entre le privé et le professionnel, cultivant  leurs propres réseaux externes….et des entreprises qui, contraintes et forcées, devront accepter de s’ouvrir au monde pour séduire ces nouveaux “entreprenautes”.

Tout du moins, pour ceux qui auront su saisir leur “chance” en comprenant toutes les opportunités que représentent le web aujourd’hui dans leur carrière…car comme le cite Philippe Gabilliet:

“La meilleure façon de rencontrer des opportunités dans la vie…c’est déjà d’entre être une soit-même.”

Cédric DENIAUD

L’importance de l’engagement d’une entreprise dans sa démarche conversationnelle

Sans revenir  sur les notions d’écoute, d’interaction nécessaire, l’élément le plus fondamental de toute démarche conversationnelle est l’engagement de l’entreprise. Dans le cadre de cette démarche volontaire, l’entreprise doit être consciente de cette notion d’engagement lorsque elle souhaite faire des ses clients plus que ses clients en utilisant les outils du Social Media pour les faire rentrer dans une nouvelle relation : entraide, co-conception, échange.

Des marques comme Dell, HP, Ford ont depuis longtemps compris la nécessité de cet engagement. C’est le fait de ne pas seulement ouvrir une porte aux internautes pour qu’ils puissent s’exprimer, c’est être capable derrière d’avoir les moyens de ne pas seulement écouter et de pouvoir mettre en  œuvre les demandes / feedbacks remontés par les  clients. Cette notion est un point essentiel de la démarche qui guide les actions de marketing conversationnel que je mets en place : la plus belle opération pour la plus belle marque ne fonctionnera pas si derrière il n’y pas cet engagement, cette réelle volonté de l’entreprise de mettre en place les actions des internautes. C’est pour cela, qu’il n’est pas rare soit de voir un engagement transverse au sein de l’entreprise réunissant différents départements (communication, marketing, production, …) ou directement de la direction générale.

Une conversation est un échange. Lorsque celle-ci se créé entre une marque et sa communauté, cet échange est bilatéral et si la marque promet à sa communauté écoute et compréhension, la communauté attend en retour un certain engagement de la marque, en contrepartie du temps et des efforts passés.

Lorsque l’on parle de marketing conversationnel, la notion d’engagement de la part de l’entreprise est un des principaux facteurs clés de succès. Beaucoup d’entreprises, il faut le reconnaître parfois mal conseillées par leur agence, ont tendance à oublier cette notion d’engagement (qui passe par l’animation : De la présence à l’animation sur les médias sociaux) et placent alors leur démarche participative comme un dispositif de communication supplémentaire qui sera gérée de la même manière qu’un mini-site de communication (Je le lance à un moment T et je fais un point 2 mois après le lancement). Une démarche participative implique réciprocité et proximité et je trouve que la notion d’engagement englobe ces deux points.

Mais comme tout engagement, les marques ont peur de franchir le pas. Et oui derrière la simplicité apparente d’être présent sur les médias sociaux (créer sa fan page et son compte Twitter prend 2 minutes), la complexité est bien là. Il n’y a pas réponse pré-conçue mais une méthodologie et des do’s / don’t à suivre ou ne pas suivre. L’engagement est peut être le premier “Do” en tête de liste.

Frédéric CAVAZZA

De l’hégémonie des réseaux sociaux

Malgré tout ce que vous avez pu lire sur ce blog au sujet de l’importance qu’on prit les médias sociaux dans le paysage culturel actuel, je pense qu’il faut tout de même savoir garder les pieds sur terre et prendre un peu de recul par rapport à ce phénomène.

Les réseaux sociaux ne remplaceront pas l’email

À l’origine de cette réflexion se trouvent cette série d’articles très optimistes prédisant la fin de l’email au profit des réseaux sociaux : Social Networking More Popular Than Email et Facebook Eats Away at Email Usage on Today’s Web. OK , soit, je veux bien croire que les chiffres de croissance de l’audience de Facebook et Twitter sont spectaculaires, que l’internet vit maintenant au rythme de l’information en temps réel, que les échanges ne sont plus textuels mais multi-formats (photos, vidéos, live…), que l’on valorise plus facilement le graph social étendu que les carnets d’adresses privés, bla bla bla… mais il faut tout de même prendre un peu de recul sur le phénomène des réseaux sociaux :

Autant je pourrais me passer de mon profil Facebook et même fermer mes blogs, autant sans email je ne peux plus travailler et je ne suis pas certain de pouvoir communiquer efficacement avec mes amis et mon réseau. Je ne comprends pas bien d’où ce débat est parti, en tout cas je suis persuadé qu’il n’est pas raisonnable d’opposer réseaux sociaux et email (l’un ne va pas remplacer l’autre), ils peuvent tout à fait cohabiter pendant encore de très nombreuses années.

Les réseaux sociaux ne remplaceront pas les CV

Il en va de même pour les CVs : j’entends à droite et à gauche que le CV est mort et que l’important est de soigner sa présence sur les médias sociaux et son personnal branding. OK, mais à un moment où un autre du processus de recrutement il va bien falloir fournir un CV, et s’il n’est pas optimisé vous serez pénalisé.

Quand au danger que représente votre profil Facebook pour votre carrière professionnelle, j’espère ne rien avoir à vous apprendre sur ce sujet…

Les réseaux sociaux ne remplaceront pas les moteurs de recherche

Idem pour le search, il parait que votre réseau d’amis est bien plus pertinent que les moteurs de recherche. Ha bon ? Alors je veux bien que vous me donniez accès à votre réseau ! Plus sérieusement comment un réseau “d’amis” peut fournir une meilleure pertinence que Google ? Cela relève de la science fiction. Peut-être sur des sujets ultra-ciblés (la dernière campagne de buzz qui tourne depuis ce matin) mais très certainement pas pour le grand public. C’est bien beau d’avoir des moteurs de recherche sociaux en temps réel comme OneRiot mais est-ce que la réponse la plus fraiche est forcément la meilleure ?

Alors il y a bien entendu le problème du bruit et de la surabondance d’informations auquel les filtres sociaux sont censés apportés une réponse. OK, j’adhère à la théorie qui veut que vous avez forcément dans votre graph social des personnes qui font un travail de veille et de filtrage amont pour vous aider à gagner du temps, mais que se passe-t-il quand c’est vous le filtre ? Qui me fait gagner du temps à moi ? Si je fais 3 à 4 heures de veille par jour, c’est avant tout pour que cela me profite sinon il va impérativement falloir que j’y trouve une compensation.

Il y a également le principe de la sérendipité et de la faculté des médias sociaux à vous faire découvrir de nouveaux contenus : Social Media: The Next Great Gateway for Content Discovery?. OK très bien, mais dans ce cas là nous parlons de recherche passive, ce n’est pas tout à fait la même chose.

Et même dans le cas de campagnes publicitaires / d’influence, la réalité est mitigée puisque les deux se complètent : The Synergy of Search and Social Media.

Les réseaux sociaux ne vont pas remplacer votre site corporate

J’ai gardé le meilleur pour la fin : l’audience, la couverture et l’influence des médias sociaux serait telle que plus personne ne s’intéresse à votre site institutionnel (cf. Is Social Media Making Corporate Websites Irrelevant?). OK et alors ? Faut-il le mettre hors ligne et le remplacer par un page Facebook ou un profil Twitter ? Mais non enfin soyons sérieux : Les médias sociaux fonctionnent comme des relais, chambre de résonance, des lieux de discussion… mais ils ne peuvent décemment pas être considérés comme des sources d’information. Je suis intimement persuadé qu’une information se propage d’autant plus vite qu’elle est facilement vérifiable (au hasard, sur un site officiel).

Une présence sur les médias sociaux est à envisager comme un complément et surtout comme uns stratégie sur le long terme. Ce n’est pas parce que vous ouvrez un flux Twitter que vous aller avoir des dizaines de milliers de followers du jour au lendemain qui vont être pendant à leur lecteur en attendant vos updates. Une présence sur les médias sociaux se réfléchit, se prépare et se travaille. Autant vous êtes maitre de votre site web, autant vous devez mériter votre place sur les médias sociaux.

Nous en revenons donc au message que j’essaye de faire passer depuis le début : Les médias sociaux ne servent pas à compenser une faiblesse. Ils ne sont réellement bénéfiques que si vous n’avez pas grand chose à vous reprocher. Cela veut dire qu’il faut au préalable avoir une offre en phase avec le marché… ou un site web qui assure un minimum de chose : une identité graphique cohérente avec votre positionnement et votre posture de marque, des informations fiables (à défaut d’être très fraiches) et des moyens de contact valides.

Conclusion : soignez vos fondamentaux

Donc au final :

  • N’abandonnez pas tout de suite votre adresse email car elle va encore servir pour de nombreuses années (oui, même pour s’inscrire à Google Wave il faut un email) ;
  • Mettez à jour votre CV pour qu’il fournisse un minimum d’informations pertinentes ;
  • Apprenez à vous servir des équations de recherche et des options de filtre de Google ;
  • Aligner votre site web à vos ambitions / votre stratégie.

Quand vous aurez fait tout ça, alors investissez du temps et de l’énergie dans les médias sociaux.

Cédric DENIAUD

De la transparence des personnalités sur les médias sociaux : Ségolène Royal, Ben Stiller, Georges Clooney…

Pour faire suite à l’article précédent qui abordait la question de la transparence dans la diffusion d’information (De la transparence des marques sur les médias sociaux), je pense qu’il  est intéressant de voir ce qu’il en est pour les personnalités qu’elles soient du domaine artistique ou du domaine politique par exemple. Cet article sera probablement le seul sur Internet qui parlera et de Ségolène Royal et de Georges Clooney…

Si je repars de la même problématique que l’article précédent, les personnalités sont également soumises à la critique directe et immédiate sur Internet.

Est-ce que montrer la critique c’est déjà l’accepter ?

C’est un peu ce que l’on pourrait conclure lorsque l’on voit la démarche de la SNCF que je présentais. Autre exemple dont vous n’avez pas pu passé à côté est celui du lancement du nouveau site de Ségolène Royal,  Désirsdavenir.org, et des nombreuses railleries reçues dans les heures et jours qui ont suivies aussi bien sur Internet (Desirsdavenir suscite l’hilarité des internautes) que dans les médias internationaux. La première réaction de Ségolène Royal et de son équipe de communication ne fut pas constructive en la plaçant dans un rôle défensif sans accepter les critiques. La fameuse phrase du “lobby Internet” a certainement fait rire beaucoup de professionnels des métiers d’Internet. La deuxième réaction la semaine dernière fut plus intéressante… En effet, sur son site, l’équipe de Ségolène a mis en avant les principaux détournements dans un article peu équivoque. : Et si on en riait ? Est-ce que comme le présumait, avec un certain second degré, Fred, “Mauvais design = facteur de propagation rapide” ? Je me suis permis de reprendre ci-dessous les premières lignes de l’article :

Chères et chers Amis de Désirs d’Avenir

Ces trois dernières semaines, le site de Désirs d’Avenir a rencontré “quelques” problèmes techniques dont je sais à quel point ils vous ont étonnés, désorientés, voire consternés.

J’assume pleinement ce bug. Mais admettez avec moi que seuls ceux qui n’innovent jamais et ne prennent aucun risque ne se trompent jamais ; comme on dit en poitevin : “ya qu’chola qui fait rin qui peut contenter tout le minde”. L’important, c’est de savoir regarder aussi le positif et en particulier ces quelques 2,5 millions de connexions qu’a enregistré le site en 8 jours !

Et comme nous cultivons le sens de l’humour, nous avons rassemblé sous ce lien « Et si on en riait » les satires et autres plaisanteries mises en ligne ces trois dernières semaines à propos des difficultés du site, rubrique que nous allons d’ailleurs pérenniser : à vous de l’alimenter désormais !

Est-ce que l’auto-dérision est devenu le moyen de stopper un buzz négatif ? Rien n’est moins sûr  et en tout cas, je ne donnais pas ce conseil dans Kit de secours en cas de bad buzz : 5 conseils à ne pas oublier. On pourrait plutôt penser que c’est une manière facile et tardive de retourner sa veste en se montrant ouverte et tolérante et acceptant l’auto-dérision… mais la première réaction ne fut pas la bonne et on a rarement une seconde chance de faire une bonne première impression.

Quelle frontière entre privée et publique ?

D’un point de vue personnel, les médias sociaux, en tant qu’outils de diffusion d’information auprès de personnes (réseau public ou privé), posent la question de la frontière entre vie privée / vie publique et moins entre vie perso et vie professionnelle (cf : Vie perso / pro et vie privée / publique)

Dans ce cadre, on comprend que certaines “célébrités” ou “people” se posent la question de leur présence sur les médias sociaux. En effet d’un côté, les médias sociaux sont les outils permettant sur Internet de créer un lien plus fort et plus immédiat et direct entre un artiste et ses fans. Que ce soit via Twitter, Facebook ou MySpace, les médias sociaux suppriment les intermédiaires (médias traditionnels) entre fans et artiste, ce dernier pouvant avoir une communication directe et instantanée avec son public (cf : Britney Spears sur Twitter).

  • Les personnes les plus suivies sont followers appartiennent au domaine artistique, médiatique ou sportif : Asthon Kutcher, Britney Spears, Oprah Winfrey, Shaquille O’Neal… Outre le phénomène de proximité “marketing” entre un artiste et ses fans, le deuxième est celui du marketing personnel. La question que touchait du bout des doigts Bruno lorsqu’il présentait la présence de Lance Armstrong sur les médias sociaux (Livestrong.com : Armstrong champion du 2.0) est celle du markerting personnel face à la vente de ses droits d’image à d’autres marques ou diffuseurs de contenus. Pourquoi la NFL (ligue américaine de Football américain) a-t-elle interdit à ses joueurs d’utiliser Twitter pendant les marques (cf : Twitter effraie les patrons du football américain) ? Pour une question de droits de retransmission bien entendu. Pourquoi payer pour visionner un match alors que l’on peut suivre immergé parmi les joueurs et leurs impressions ? Certains d’entre vous me diront que c’est peut-être un peu  tiré par les cheveux mais je vous propose un autre exemple. Lors du Tour de France, Lance Armstrong diffusait chaque soir sur son site des interviews de ses amis cyclistes. La star devient journaliste et les diffuseurs officiels passent à côté de contenus… Alors ? Vaste question et enjeu !

  • Les stars ont compris l’enjeu des médias sociaux et en jouent comme Ben Stiller qui n’a pas hésité à mettre sa stratégie de présence sur les médias sociaux en scène : Utilisation de Twitter par les célébrités : le cas Ben Stiller. Le résultat est on ne peut plus drôle…

  • Mais d’autres stars préfèrent faire un distinguo fort entre vie privée et vie publique et ne souhaite alors à aucun moment mélanger les deux. C’est le cas de Georges Clooney qui, lorsque on lui pose la question de sa non présence sur Facebook, répond : “I would rather have a prostate exam on live television by a guy with very cold hands than have a Facebook page”. Pas besoin de traduire pour comprendre…

Cédric DENIAUD

De la transparence des marques sur les médias sociaux

A l’heure du Web Social, tout le monde peut participer et tout peut se savoir sur Internet. Que l’on parle d’innovation produit, de politique commerciale, de relation client, de culture d’entreprise, de dispositif de communication, tout peut rapidement se savoir sur une marque lorsque l’on fait quelques recherches car même si l’information devient de plus en plus éphémère, Internet garde une mémoire…

Quelles solutions pour les marques : se protéger ou alors se rendre transparente en ouvrant grand leurs portes ?

L’article vous l’aurez compris, prend le second partie en témoignant qu’aujourd’hui les marques n’ont plus le choix et doivent montrer leur transparence au risque, sinon, de rapidement se faire démasquer par la communauté. On se rappelle il y a quelques années en arrière, l’exemple de marque comme Sony qui en créant un faux blog s’était fait rapidement démasquer avec des conséquences très négatives à court terme pour l’image de marque de l’entreprise, le buzz allant très vite sur Internet.

Capture d’écran 2009-10-13 à 13.54.26Cette transparence passe notamment par la mise en avant des forces actives d’une entreprise, themselves. Ce n’est plus une entreprise en tant qu’entité qui s’exprime mais on peut laisser la parole à différents porte-parole en charge de passer un message plus proche, plus humain et plus ciblé. C’est par exemple cette démarche que l’on retrouve sur une opération comme Opinions & Débats de SNCF. D’une, la marque accepte la critique en la rendant visible sur son propre site, afin de placer les utilisateurs dans une démarche plus constructive et conversationnelle que le fait de poster un message sur un forum où la voix de la SNCF sera alors perdue parmi les dizaines voire centaines de commentaires de d’autres utilisateurs. C’est là la différence entre outil conversationnel horizontal et outil conversationnel vertical… mais cela est une autre question. Pour en revenir à SNCF, la valorisation d’interlocuteurs métiers permet d’apporter de la crédibilité dans les réponses auprès des utilisateurs ainsi que d’impliquer l’ensemble de l’entreprise (et de ses filiales) dans la démarche conversationnelle avec les usagers menée par le groupe sur Internet.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que la gestion de la réputation d’une marque est comme une relation de couple : parler d’un problème plutôt que de faire la politique de l’autruche, c’est déjà atténuer l’importance du problème et commencer à le régler.

A suivre : la suite de l’article qui traitera de la question… pour les personnalités (people et personnalités politiques)…

Frédéric CAVAZZA

La revanche (vaine) des plateformes de blog sur le microblog

2009 aura été l’année de la consécration pour Twitter : une audience qui explose et une couverture médiatique sans précédent. En fait le phénomène du microblogging a fait un tel tabac que l’on en oublierait presque que la tweetosphère est 10 fois plus petite que la blogosphère. J’irais même plus loin en disant que malgré tout ce que l’on a pû entendre (ou lire), nous sommes toujours en attente de découvrir les stars de la tweetosphère tout comme nous avons vu émerger les stars de la blogosphère (Peter Rojas de Gizmodo et Engadget, Michael Arington de TechCrunch, Arianna Huffington du Huffington Post…). Mais là n’est pas mon propos.

Face à une tel raz-de-marée médiatique, les grandes plateformes de blog se devaient donc de réagir et de proposer à leur tour une riposte face à la mode du microblogging.

WordPress a été le premier à réagir avec deux initiatives :

  • RSSCloud, une technologie (et un plug-in) qui permet de faire de la notification en quasi-temps réel (dès qu’un billet est publié) ;
  • Publicize, une fonctionnalité permettant de faire de la co-publication (sur votre blog et sur Twitter).

TypePad n’est pas en reste avec TypePad Motion, un service de microblogging et d’agrégation : TypePad Motion, Six Apart’s Take on Microblogging. Ce “Motion” se présente donc sous la forme d’un social stream qui permet d’agréger du contenu en provenance de différentes plateformes sociales mais également de laisser à la communauté la possibilité de faire des publications express, et c’est là la grande force de ce service : proposer une plateforme communautaire d’un nouveau genre. Plus d’infos (techniques) sur le blog de Leah Curver.

Motion, le service de microblogging de TypePad

Motion, le service de microblogging de TypePad

Pour illustrer cette nouvelle pratique, ils ont réussi à convaincre deux stars US d’adopter cette plateforme pour propulser leur communauté de fans : Zachary Quinto (de Heroes) et Ryan Star.

La communauté en ligne de Zachary Quinto

La communauté en ligne de Zachary Quinto

Vous noterez au passage que les updates de l’intéressé sont faites avec Twitter !

Bon vous l’aurez compris, il n’est pas si simple de contourner Twitter et ces deux acteurs ne sont pas les seuls à se donner autant de peine (cf. Facebook et sa stratégie d’étranglement de Twitter).

Je reste pour ma part persuadé que se sont des services complémentaires et qu’il n’est pas pertinent de les comparer ou de les opposer. Par contre, il est tout à fait possible de chercher une solution intermédiaire (entre blog, microblog et lifestream) du côté de Posterous ou Tumblr (cf. Tumblr, nouveau Twitter ou nouveau FriendFeed ?).

Cédric DENIAUD

Animer votre fan page Facebook : diffusion en direct du défilé Louis Vuitton

Louis Vuitton, sur sa fan page Facebook, a créé la semaine dernière un événement intéressant à plusieurs titres sur sa fan page, dans le cadre de la semaine de la Mode : la retransmission en direct du défilé de son créateur.

louisvuitton_facebook_live

Petit rappel sur la fan page Louis Vuitton

Louis Vuitton a lancé courant juin sa fan page, qui compte désormais à date plus de 700 000 fans. Un bel exemple du potentiel de cette marque a pouvoir rapidement fédérer des membres Facebook sur sa fan page. La fan page reprend la ligne directrice de leur stratégie de communication à savoir “The art of travel” illustrée dans les dernières créations par la présence de Gorbatchev ou de Keith Richards (le guitariste des Rolling Stones).

Livestream du défilé Louis Vuitton

Ce qui est intéressant, c’est le choix de Louis Vuitton de créer l’événement non pas sur son site de marque mais directement sur sa fan page alors que beaucoup d’annonceurs utilisent plutôt la fan page pour certes diffuser de l’information, via les statuts, différenciées et adaptées aux attentes des utilisateurs sur Facebook, mais surtout pour ensuite “driver” les utilisateurs vers le site de marque (cf : Comment les marques utilisent Facebook ?). Louis Vuitton a alors pu bénéficier des outils participatifs innérants à Facebook comme le “Live Feed Status” (cf : Facebook vs Twitter : qui sera la Live Conversation Platform ?) qui permet aux membres de Facebook de “commenter” l’événement via un statut qui est relayé sur la page et sur leur mur personnel.

louisvuitton_livefeed

Toutefois, il ne suffit pas de créer un événement différentiant pour aboutir au succès puisque le succès de la diffusion de la vidéo (plus de 100 000 fans recrutés les 7 jours précédents l’événement) et un écho positif au sein de la twittosphère et blogosphère  (cf par exemple cet article de Grégory POUY) ont permis de faire amplement du dispositif. En effet, même si la viralisation naturelle via les outils Facebook (affichage sur le mur des membres fans de la page de l’événement, …) permet de faire parler de l’événement, un plan de médiatisation sur et hors de Facebook est judicieux :

  • stratégie d’influence auprès de blogs ciblés marketing et luxe (avec le relais également sur Twitter)
  • création d’un événement sur Facebook (plus de 50 000 inscrits et 20 000 membres ayant répondu “peut être”)
  • mise en avant de l’événement par le biais de publicité sur Facebook

De plus, l’événement se plaçant dans un laps de temps limité (15 minutes) et avec la promesse du direct a également fait naturellement parlé de lui, compte tenu de la nouveauté de ce type de dispositif réalisé sur Facebook, par une grande marque de luxe.

Dès la fin de l’événement, l’animation fut également pertinente avec le remerciement de la part de la marque de la participation des fans de la marque, et la diffusion quelques heures après de la vidéo pour les personnes qui auraient ratées l’événement en direct.

louisvuitton_fanpage

Lorsque je vous parle d’animation et non pas seulement de présence sur les médias sociaux (De la présence à l’animation sur les médias sociaux), ce type de dispositif rentre totalement dans ce cadre car :

  • l’événement se fait novateur et en ce sens créatif au niveau du dispositif en place
  • l’événement n’est pas décorellé d’une stratégie de médiatisation cohérente (stratégie d’influence, publicité)
  • l’événement réalisé sur Facebook promet l’exclusivité ce qui est bon moyen de remercier les personnes qui suivent la marque sur un outil (ne pas diffuser la même information sur tous les outils mais créer une information propre et adaptée à chaque outil).
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