Cédric DENIAUD

Domino’s Pizza ou comment un bad buzz lance une vraie stratégie Social Media

Vous vous souvenez tous probablement d’un des bad buzz les plus retentissants en 2009 (outre le site Désirs D’Avenir de Ségolène Royal, ou le lipdub des Jeunes Populaires de l’UMP – disclaimer : je n’ai travaillé sur aucun des deux projets ;) ) : celui qui a touché la marque Domino’s Pizza. Si vous ne vous en souvenez pas, ce reportage pourrait vous rafraîchir la mémoire :

En effet, on voyait, dans cette vidéo, deux employés dans un restaurant Domino’s Pizza aux Etats-Unis se filmant dans la cuisine du fast-food et ajoutant dans les pizzas des ingrédients d’abord passés par… leur nez.

Première réaction de la marque : la défense et la non-caution

La marque a donc quasi immédiatement renvoyé les deux personnes et entamé des poursuites judiciaires contre ces derniers. Un communiqué affirmait que, bien entendu, ces deux personnes n’étaient en aucun cas représentatives des 125 000 employés de la marque.

Deuxième réaction : le remerciement de la communauté et la garantie de la promesse produit

Quelques dizaines d’heures seulement après, Patrick Doyle, président de Domino’s Pizza USA, remerciait publiquement dans une vidéo la communauté d’avoir alertée (indirectement) l’entreprise des deux personnes et de l’existence de cette vidéo. Dans cette même vidéo, Patrick Doyle affirme qu’ils ont fermé le magasin où s’est passée la scène pour le nettoyer entièrement et vont faire faire une enquête au sein de leurs magasins pour savoir si des pratiques cachées sont effectuées dans d’autres endroits. La démarche très politicienne, permet ainsi potentiellement de rassurer les clients internautes au courant de l’information.

Troisième réaction : apporter la preuve par l’image et valoriser les conversations autour de la marque

Certes la dernière réaction fut plus tardive car elle date seulement de quelques jours, et ce qui explique cet article. En effet, Domino’s Pizza afin de faire taire les critiques sur la qualité de ses produits, et y apporter la preuve par l’image vient de lancer le site PizzaTurnAround. On voit que nous sommes ici dans un véritable cas d’école qui rappelleront sans nul doute ce que d’autres marques comme Starbucks, Dell ou bien SNCF en France ont su faire et continuent de mener.

Image 4

  • On y retrouve un documentaire afin d’apporter de la transparence sur le processus de fabrication des pizzas et ce qui se passe dans les cuisines des restaurants ;

  • Un reportage de la chaîne CBS évalue la qualité d’une des nouvelles pizzas Domino’s;

  • Un live feed de toutes les mentions actuelles de la nouvelle pizza Domino’s sur Twitter, via le hashtag #newpizza (qui rappelle un peu ce qu’avait fait Skittles à l’époque sur son site de marque : Skittles se fond dans les médias sociaux).

Tous ces éléments permettent de témoigner de plusieurs choses majeures :

  • Un bad buzz pour lancer sa stratégie : comme Dell, Comcast, ou bien Starbucks, ce sont des bad buzz qui ont vraiment lancé l’entreprise sur la voie d’une vraie stratégie Social Media (cf : Le buzz négatif est plus positif que l’absence de dialogue). Attention, le bad buzz, on pourrait croire à la vue de certains éléments récents et notamment dans le domaine politique devient un élément de communication volontaire à part entière. Même si cela n’est pas totalement faux dans certains cas, le bad buzz peut vite devenir difficilement incontrôlable et joue nécessairement ensuite sur la mémoire (capital marque) que l’internaute a d’une marque (même si un buzz en remplace rapidement un autre et que pour certaines marques, il s’agit plus d’accumulation qui peuvent détruire une image de marque) et sur sa réputation en ligne (référencement, …).

  • L’acceptation (dans une certaine mesure) de la critique : à l’heure où l’internaute a le pouvoir de s’exprimer facilement et librement sur Internet, il ne faut pas vouloir faire taire la critique mais au contraire montrer qu’on l’accepte, lorsque celle-ci est fondée. En terme de communication, les marques doivent comprendre que la politique de l’autruche ne fonctionne pas et que donner l’impression sur Internet que “tout va bien, je vais bien” est une stratégie de communication risquée et sans nul doute innefficace. C’est pour cela, comme je l’exprimais dans Quelle règles de modération adopter sur un site participatif ?, que même dans le domaine politique où c’est probablement le lieu de débat le plus exacerbé, qu’il ne faut pas pour un gouvernement ou un parti politique s’enfermer dans une démarche renfermée sur soi mais au contraire ouvrir des sites d’échanges et d’actions ouverts à tous.

  • La nécessité pour la marque d’avoir un droit de réponse fort, et pas seulement sur les outils utilisés par les internautes : le fait de créer un site dédié, permet à la marque de créer potentiellement un hub conversationnel chez elle. J’aime bien entendu cette politique d’être présente sur les médias sociaux actuels mais seulement y être présent ne créé pas d’originalité, de créativité dans la communication, ce qui demeure essentiel. Je vous renvoie ici à deux articles liés, sur la nécessité pour une marque de conserver un site de marque (mais qui doit devenir conversationnel) à l’ère des médias sociaux : Intégrer le Social Media au coeur de votre site et Va-t-on vers la mort des sites Internet de marque ?

Frédéric CAVAZZA

Gravity = Forum 2.0 ?

Voilà plus de 10 ans que les forums existent et concentrent une bonne part des conversations du web. Vous pourriez me dire que les forums sont has been et que nous sommes à l’heure du web en temps réel, mais ça serait gravement surestimé les usages réels de Twitter en France. Il y a également Facebook, mais c’est un site à accès restreint, et le contenu des échanges ressemble plus à du bavardage qu’à de la conversation. Et il y a également les blogs, mais dans ce cas précis les conversations sont complètement déséquilibrées par le poids de l’auteur.

Bref, et jusqu’à preuve du contraire, le support de référence pour les conversations reste le forum (aussi bien en termes d’usage que de volume). Et c’est bien là le problème ! Car les forums ne sont pas sans défauts, dans un précédent billet je compare ainsi les forums à des trous noirs (cf. Les FAQ collaboratives comme alternatives aux forums ?).

Dans cette recherche à une alternative aux forums, une start-up s’affiche en candidat très crédible : Gravity. Pour le moment ce service est encore en beta privée mais une longue description est disponible ici : Ex-MySpace Execs Launch Gravity Into Private Beta. L’idée est de proposer non pas un logiciel à installer mais plutôt un service à exploiter. Concrètement vous pouvez lancer une conversation sur le site de Gravity (aucun intérêt) ou intégrer une conversations Gravity sur votre page / billet / profile. Au niveau de la mise en page, une conversation dans Gravity ressemble à celle d’un forum (il y a un sujet et des réponses) mais ce sont les possibilités de publication déportée et de syndication qui sont intéressantes.

Une conversation selon Gravity

Une conversation selon Gravity

Tout comme il est ainsi possible de syndiquer les commentaires d’un blog avec des services comme CoComment ou Disqus (cf. Vers des commentaires distribués pour les blogs ?), il serait là possible de déporter une conversation sur différents supports et de regrouper les réponses. Une proposition de valeur intéressante, surtout au regard de la fragmentation des supports au sein des médias sociaux.

Mais là où le service fait la différence, c’est dans les possibilités de monitoring et d’analyse des conversations. Ce système centralisé permet ainsi d’éditer un tableau de bord synthétisant l’activité générale :

Le tableau de bord des discussions de Gravity

Le tableau de bord des discussions de Gravity

Il est également possible de faire du ciblage très précis avec un système de cartographie affinitaire entre les membres (”interest graph“) :

La cartographie des centres d'intérêt des membres

La cartographie des centres d'intérêt des membres

Ces intérêts étant de plus fluctuant dans le temps en fonction de l’actualité ou d’autres facteurs externes :

Fluctuation des centres d'intérêts d'un membre

Fluctuation des centres d'intérêts d'un membre

Voici donc une plateforme tout à fait optimisée pour le monitoring et l’analyse des discussions, le paradis des annonceurs ! Mais la grande question est : cette plateforme sera-t-elle convaincre les éditeurs et les utilisateurs ? Les forums sont ainsi très durablement ancrés dans les habitudes des internautes… et des webmasters, il sera ainsi très dur de faire évoluer ces habitudes.

De plus, si les conversations en anglais sont assez simples à analyser (du fait de la simplicité de la syntaxe anglaise en monde conversation), qu’en est-il des autres langues ? À cette question viennent s’ajouter toutes les interrogations relatives à la pertinence de l’algorithme d’analyse des graphs (souvenez-vous que Facebook est censé être le lieux ultime de centralisation des discussions et des graph sociaux). Il y a donc beaucoup d’attente et de scepticisme vis à vis de cette solution : Why Gravity, a New Startup, Can’t Defy Gravity.

Attendons donc de voir s’ils vont réussir à transformer leurs promesses avant de juger, car il va bien falloir faire évoluer les forums un jour…

Frédéric CAVAZZA

Archivez votre présence sur les médias sociaux avec Silentale

Avec la multiplication des plateformes sociales, il devient de plus en plus compliqué de gérer les conversations et les traces que vous laissez. Pire, si un service que vous utilisez ferme ses portes, vous perdez l’historique des interactions sociales qui étaient hébergées dessus.

C’est là où intervient Silentale, une startup française (cocorico !) qui a reçu le prix du public lors de l’édition 2008 de LeWeb (Arg ! Mais comment ça se prononce ?). L’idée est de proposer un service de consolidation et d’archivage de vos emails et conversations sur les principales plateformes sociales du marché (Facebook, Twitter, LinkedIn, Gmail, Yahoo! Mail, Hotmail…).

La première étape consiste donc à brancher sur le service vos différents comptes :

Connectez vos comptes à Silentale

Connectez vos comptes à Silentale

Puis après quelques heures de travail, le service a rapatrié sur la plateforme vos différents messages et conversations :

Vos conversations archivées dans Silentale

Vos conversations archivées dans Silentale

L’interface est agréable et surtout ça fonctionne bien ! Plus sérieusement, la connexion aux comptes et transparente et la navigation dans les archives est plutôt bien faite. J’apprécie particulièrement la possibilité d’avoir une vue unifiée de vos conversations et échanges avec une personne en particulier ou la possibilité de rechercher dans les pièces jointes. Tout ceci est à découvrir dans la page Feature by Feature et dans cet article : Silentale lets you archive and search your every conversation.

Après les services d’agrégation, nous voici donc arrivée à l’étape suivante : l’archivage. Pour la petite histoire, les données sont stockées sur les data centers d’Amazon Web Services en Europe (donc pas aux US, j’insiste). Pour le moment le modèle économique du service n’a pas encore été dévoilé mais je me doute qu’il sera fonction du nombre de comptes et du volume de stockage.

Prochaine étape logique : l’interopérabilité.

Dans un positionnement assez proche il y a aussi Threadsy qui propose un service de “Universal Social Inbox“, ou encore des services d’archivage comme SocialSafe ou Backupify.

Cédric DENIAUD

Facebook Connect : l’interaction cross-plateforme confirmée

Parmi les tendances majeures de 2010 sera sans nul doute l’intégration encore plus forte du social et du conversationnel sur les sites de marque. Les contenus sociaux ne doivent pas seulement se limiter à Facebook ou Twitter mais doivent concerner également directement les sites de marques qu’ils soient vitrines ou marchands. A ce titre, une solution comme celle proposée par Stribe, une start-up française qui vient de remporter le 1er prix au Concours des Star-Up de la Conférence LeWeb’09, est pertinente.

Les lancements depuis un peu plus de un an des modules Facebook Connect (que j’avais eu l’occasion de vous présenter dans Pourquoi intégrer Facebook Connect sur votre site ?) ou de Google Friend Connect confirme la tendance de la délégation d’authentification a des services tiers (cf : le billet récent de Fred Cavazza sur le sujet) afin de simplifier la participation sur les sites (en ne créant plus le frein de l’inscription) et de permettre potentiellement une viralisation de la participation de l’internaute sur le site, le contenu pouvant alors être valorisés sur la page profil de l’utilisateur, dans le cas de Facebook.

Ces services sont de plus en plus plébiscités comme le confirme les chiffres annoncées cette semaine par Facebook (Facebook Connect : Celebrating Year One). Facebook vient en effet d’annoncer qu’après un an, plus de 80 000 sites utilisent le module Facebook Connect qui a servi à l’authentification de plus de 60 millions de personnes. Aujourd’hui, on retrouve donc Facebook Connect sur les consoles de jeux (Nintendo DSi ou Microsoft Xbox) et sur des sites majeurs comme MSN ou encore Yahoo!

Le deuxième usage et qui, à mon sens, va fortement se répandre en 2010 est l’interaction cross-plateforme. Qu’est-ce que c’est encore ce barbarisme ? Cette expression ne représente que les connexions plus grandes entre les sites sur lesquels une marque est présente. Aujourd’hui, trop souvent, une marque gère indépendamment et sans réelle cohérence et stratégie sa présence sur Facebook, Twitter, l’animation de son site de marque, la gestion de lancement de site de marque présentant du contenu annexe. L’important aujourd’hui pour une marque est de trouver de la cohérence et du liant entre toute sa présence afin par exemple dans le cas de Facebook de créer, via sa Fan Page, un sas d’arrivée (outil de recrutement) sur son site marchand. Facebook Connect est l’un des éléments majeurs de cette interaction cross-plateforme puisqu’il permet cette viralisation de contenus (flux sortant du site) et la simplicité d’accès au site (flux entrant).

Alors lorsque vous lancez une présence de votre marque sur Internet que ce soit sur un site que vous gérez ou sur un site externe, pensez à replacer ce site dans votre démarche Internet global, mais surtout dans un parcours utilisateur éventuel cohérent en créant des interactions entre ces différents sites.

Frédéric CAVAZZA

Les 4 P du social marketing

Voilà près de 50 ans que les 4 P existent (Price, Product, Place, Promotion) et définissent les bases du marketing, ou du moins du marketing appliqué à un circuit de distribution. Nous sommes maintenant (presque) en 2010 et les circuits de distribution ne sont plus du tout les mêmes du fait de l’avènement du web et du commerce en ligne. À partir de ce constat, que faisons-nous de nos 4 P ? Bien évidement on les garde pour les circuits traditionnels, mais on les adapte dans un même temps à la réalité de ce qu’est devenu le marché et les habitudes des consommateurs grâce aux médias sociaux.

Le dernier rapport de Forrester à ce sujet est plutôt intéressant car il pose les bases de l’Adaptive Brand Marketing. Il n’est ainsi pas tant question de marketing que de branding (les deux sont fortement liés mais il y a des subtilités). Le rapport récapitule ainsi le contexte et les raisons qui poussent une marque à revoir sa stratégie :

  • Fragmentation des médias et érosion de l’attention des cibles (impossibilité d’assurer l’intégrité d’un message sur une multitude de nano-médias) ;
  • Déséquilibre entre les moyens alloués au trade marketing (marketer le ou les produits dans la chaine de distribution = 70% du budget total pour certaines marques) par rapport aux moyens alloués au brand marketing (pour valoriser la marque ou l’image des produits) ;
  • Effets pervers d’une politique de conquête et de fidélisation uniquement fondée sur les promotions et les prix bas…

Bref, le contexte n’est pas très favorable et au final seul un très petit nombre de marques parviennent à se différencier de la masse et à faire jouer le levier de marque plutôt que le levier prix. Pour vous en convaincre je vous propose le graphique suivant qui illustre les motivations d’achat de “vais gens” (pas des geeks) où la promotion est le troisième argument le plus impactant dans la décision d’achat (devant la confiance en la marque et bien devant les recommandations des amis ou de la famille) :

xx

Les critères important pour la décision d'achat

Rajoutez à cela le fait que sur les médias sociaux les marques n’existent qu’en périphérie du contenu (social ads sur un profil ou encarts pub dans la colonne latérale d’un blog) et vous avez des marketeux bien désarmés face à une nouvelle génération de consommateurs, ou plutôt face à des consommateurs qui ont bien évolué depuis l’époque ou il suffisait de leur matraquer la tête de pubs pour qu’ils achètent docilement le produit en tête de gondole.

L’idée derrière l’Adaptive Brand Marketing est donc d’adopter une approche plus “agile” et surtout de valoriser avant tout l’image de marque plutôt que les ventes à court terme (cf. la définition : “A flexible approach in which marketers respond quickly to their environment to align consumer and brand goals and maximize return on brand equity“).

L’essentiel du travail consiste à ajuster sa stratégie et ses tactiques en fonction des retours terrain (souvenez-vous que nous sommes à l’heure du real-time web et qu’en termes de social marketing, il n’y a pas de certitude => beaucoup d’expérimentations).

La première des choses à faire selon l’auteur est d’abandonner l’idée d’avoir un “brand manager” au profit d’un “brand advocate“. Un conseil plein de bon sens dans la mesure où sur les médias sociaux votre marque ne vous appartient plus mais est tributaire de ce que les autres en pensent / disent. Une posture de discussion et d’argumentation est ainsi bien mieux adaptée à une posture dictatoriale (”j’impose la vision du directeur marketing à coup de campagnes TV et affichage“).

L’auteur propose également de recycler les 4 P du marketing traditionnel en 4 P du social marketing :

  • Permission, car le marketing de l’interruption ne fait plus recette et qu’il faut maintenant se faire accepter des cibles pour rentrer dans la discussion et “engager” des individus ou des groupes (souvenez-vous que vous avez avant tout à faire à des profils, pas des clients “physiques”) ;
  • Proximité, où il est recommandé de s’adapter aux spécificités “locales” (services, tonalité, us et coutumes…) pour toucher de façon plus subtile les cibles et non les “irradier” avec un message générique valable sur l’ensemble des marchés ;
  • Perception, où l’auteur nous explique à juste titre que sur les médias sociaux il faut savoir se contenter de ce que les utilisateurs veulent bien montrer d’eux-mêmes (sur leurs profils ou au travers de mécanisme d’authentification comme Facebook Connect) ;
  • Participation, où les clients / prospects sont invités non pas à prendre complètement le contrôle mais à s’exprimer sur leurs besoins ou leurs souhaits d’évolution.

Voici donc un cadre tout à fait formel et intéressant à travailler. Hé oui, car il reste encore beaucoup de travail à une marque pour pouvoir appliquer ces théories de façon concrète. Le plus intéressant dans ce qui a été dit plus haut est le fait que sur les médias sociaux vous n’avez pas réellement à faire des consommateurs (contrairement à une supermarché) mais à des avatars de consommateurs qui cherchent avant tout à se valoriser au travers d’une image et d’un quotidien enjolivé (vous ne racontez que ce qui vous intéresse et vous ne publiez que les photos les plus avantageuses). Bref, les médias sociaux exploités par les consommateurs sont avant tout là pour valoriser leur ego et leur permettre de briller socialement. La bonne question à se poser est donc la suivante : est-ce que votre campagne va leur permettre de valoriser encore plus leur ego et / ou de briller encore plus ? Réfléchissez-y bien avant de vous lancer dans une opération de buzz montée à la va-vite.

Cédric DENIAUD

Facebook Fan Pages : principes et bénéfices

Intéressantes pour les annonceurs car elles regroupent “facilement” et gratuitement des fans de la marque, les fan pages semblent être l’outil par excellence qui vous permettra de gérer efficacement votre présence sur Facebook d’une manière centralisée, tout en vous offrant un large panel d’usages possible.

 Voyons en quelques points essentiels l’intérêt pour une marque d’avoir aujourd’hui une fan page sur Facebook.

Une fan page = une page profil de marque

La Fan page, d’une certaine manière est l’équivalent pour une marque de ce qu’est la page profil pour un utilisateur. On y retrouve des fonctionnalités similaires :

  • un mur pour poster des statuts et permettre aux utilisateurs de poster des messages visibles des autres membres ;
  • un système d’onglets pour mettre en avant du contenu varié;

Mais s’arrêter à ces simples points communs serait réducteur et ne permettrait pas de bénéficier de tous les avantages proposées par une Fan Page. Dans la comparaison avec les groupes, nous vous détaillons d’autres fonctionnalités majeures des fan pages. La Fan Page est donc le « lieu » privilégié sur Facebook où vous allez pouvoir fédérer les membres qui se déclarent « fan » de votre marque et qui sont donc autant de potentiels ambassadeurs de celles-ci.

Capture d’écran 2009-12-02 à 22.22.09

Quelles différences entre une Fan Page et un groupe ?

Les groupes sont un élément historique sur Facebook alors que les fan page sont apparus qu’au début de l’année 2009. On comprend pourquoi alors historiquement de nombreux annonceurs étaient d’abord présents sur Facebook via leur groupe. Pour autant ce n’est pas l’outil idéal à utilisé pour une marque et ce, pour les raisons suivantes.

  • Un groupe est l’équivalent d’un forum. C’est donc un outil d’échange entre utilisateurs (communication horizontale) et non pas entre une marque et ses fans (communication verticale).
  • Un groupe peut être privé ou public là une fan page est nécessairement publique. Le groupe privé est un outil qui peut être utilisé dans un cadre interne d’une entreprise par exemple.
  • Le système de notifications et l’affichage sur la page profil du fan d’un statut créé par la marque sont deux atouts majeurs, propres uniquement à la Fan Page. En effet, lorsque vous créez et administrez un groupe, votre seul moyen de contacter et d’alerter les membres qui ont rejoint ce groupe est par la messagerie interne qui possède des taux de clics et visibilité en dessous des notifications et les messages sur les pages profil.
  • Un back office relativement intéressant permet aux administrateurs d’une fan page d’avoir des informations profilées suite à la participation des fans sur une page. Vous savez ainsi l’indication de l’âge, du sexe, … Le back office d’une fan page est donc un véritable outil marketing qui vous permet de voir l’impact de vos messages et communication.
  • La création d’onglet avec l’intégration de flash ou toute autre application offre une vraie liberté créative (graphique et fonctionnelle) dans l’ajout de contenus sur une fan page. En effet, l’application statique FBHTML peut être utilisée pour rendre les pages plus attrayantes en y intégrant un contenu HTML. Par exemple, la retransmission en direct par vidéo du défilé Louis Vuitton, dans le cadre de la semaine de la mode en octobre dernier sur leur fan page officielle, et la possibilité de commenter celle-ci via le module Live feed de Facebook a permis à la marque de recruter plus de 100 000 fans dans le cadre de cet événement (cf : Animer votre fan page Facebook : diffusion en direct du défilé Louis Vuitton)

La Facebook Fan Page va-t-elle remplacer mon site de marque ?

Cette question, j’entends déjà certains la murmurer et j’avais eu l’occasion de l’aborder dans un cadre plus vaste que le simple prisme Facebook : Va-t-on vers la mort des sites Internet de marque ?. On a vu que Facebook laissait une possibilité créative importante dans l’intégration de contenus sur ces fans pages, tout en permettant à une marque d’être présente sur un carrefour d’audience et de bénéficier de l’ensemble des fonctionnalités sociales innérantes à Facebook. La question peut alors paraitre légitime toutefois deux points importants semblent importants à mettre en évidence ici :

  • 77% des fans pages comptent moins de 1 000 fans, comme je le rappelais dans Facebook Fan Pages : oui mais… Oui, des marques comme Starbucks, Coca-Cola, ou encore Apple compte un nombre majeur de fans sur Facebook mais gardons à l’esprit que ces marques, partant d’un capital marque fort, ont un pouvoir communautaire intrinsèque facilement reportable sur un outil comme Facebook. Une fan page sur Facebook connaît alors les mêmes problématiques de médiatisation ou de promotion que votre site Internet sur la Toile, à la nuance près que les fonctionnalités virales sont intégrées à Facebook. Mais le viral et le bouche-à-oreille ne sont pas suffisants et on ne peut se passer d’une nécessaire médiatisation. Que ce soit via le Facebook FanBox Widget (cf : Annonce du lancement du FanBox Widget de Facebook : quels bénéfices pour votre marque ?) ou via une véritable stratégie d’animation de votre page grâce à laquelle vous pourrez communiquer.
  • Que ce soit dans une vision communication ou dans une vision orientée Social Shopping, beaucoup de marques ne se servent aujourd’hui que de Facebook ou Twitter pour faire du push promotionnel (éventuellement exclusif comme les ventes flash de Carrefour avec leur application FaceShopping). Mais ce n’est pas pour autant qu’un canal de distribution sur Internet doit en remplacer un autre. Et c’est là toute la logique de démultiplier les points d’entrée et de cibler la communication et éventuellement les offres en fonction de l’outil pour avoir un discours de marque adapté.
Frédéric CAVAZZA

Quand la délégation d’authentification devient un enjeu-clé

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur la délégation de l’authentification et les enjeux qui y sont associés (cf. L’authentification au centre de nombreuses attentions et Interopérabilité des plateformes sociales, on y est presque). Je parle bien ici d’authentification et non de gestion de l’identité numérique, donc de la possibilité d’utiliser un login universel pour éviter d’avoir à créer des comptes un peu partout. Il semblerait que la tension concurrentielle soit encore montée d’un cran cette semaine avec quatre annonces majeures.

Il y a tout d’abord ce couplage entre Facebook et Yahoo! : Update once to share with many on Yahoo! and Facebook. Il serait désormais possible de vous authentifier sur Yahoo! News / Sports / … avec votre profil Facebook grâce à Facebook Connect. Une fois authentifié, vous pouvez alors profiter du service et publier des notifications de vos actions sur votre profil Facebook. Serait-ce un aveu d’échec de Yahoo!, incapable de rattraper son retard sur les médias sociaux ? Peut-être…

Il y a ensuite Google qui annonce un partenariat similaire : Friend Connect: Birds of a Feather Tweet Together. L’idée étant que vous pouvez maintenant vous authentifier sur les widgets Friend Connect à l’aide de vos comptes Twitter, Yahoo!, Netlog

Les nouvelles possibilités d'authentification de Google Friend Connect

Les nouvelles possibilités d'authentification de Google Friend Connect

Même principe que précédemment, si vous êtes authentifié avec votre profil Twitter, vous pouvez publier des notifications de ce que vous faites sur votre profil Twitter. Plus d’explications ici :

Toujours chez Google, ils viennent d’annoncer le support d’OpenID par les Google Profiles : Google Profiles Turn Into OpenIDs. En d’autres termes : vous pourrez vous authentifiez à l’aide de votre profil Google sur les sites et services “compatibles” avec OpenID.

Dernière annonce et pas des moindres, les réflexions en cours des équipes de Mozilla sur une gestion centralisée des profils directement dans Firefox : Identity in the Browser (Firefox). L’idée (géniale) serait d’étendre les fonctionnalités de gestion des mots de passe à la gestion de profils génériques pouvant servir à s’authentifier sur un site. Dans l’exemple qui suit, l’utilisateur arrive sur un service Yahoo! où on lui propose de s’authentifier (”login“) en choisissant les profils déjà référencés pour ce site :

L'authentification sur Yahoo! avec Firefox

L'authentification sur Yahoo! avec Firefox

Autre cas de figure, la possibilité de créer à compte à partir d’un profil générique stocké sur le navigateur ou d’utiliser un profil anonyme :

La création de compte avec Firefox

La création de compte avec Firefox

Force est de constater qu’ils ont poussé la réflexion très loin et que la solution proposée est robuste. Reste encore à l’implémenter dans les futures versions de Firefox.

Autres chantiers intéressants :

  • La synchronisation des profils entre plusieurs ordinateurs (au même titre que les bookmarks ou les préférences) ;
  • Les mécanismes de notifications multiples (si je publie un commentaire sur un blog, cette action est annoncée sur mes profils Facebook, Twitter…) ;
  • La gestion des transactions (l’équivalent d’un Google Account + Google Checkout).

Bref, il y a encore beaucoup à faire et l’année 2010 sera très certainement passionnante de ce point de vue.

Cédric DENIAUD

Les médias sociaux, une révolution ou évidente évolution ?

Expression à la mode ? Toutes les marques souhaitent y être présentes mais ne savent pas toujours (souvent) comment faire ? Nouveaux métiers (Social Media Expert ? Community Manager ?) ? Beaucoup de questions entourent les médias sociaux qui sont trop souvent présentés comme une révolution.

Les médias sociaux : innérant à Internet

Les médias sociaux ne sont qu’une expression pour désigner l’ensemble des outils actuels qui intègrent une dimension sociale. On peut aller plus loin dans ces deux définitions et généralement j’en utilise deux que j’avais eues l’occasion de présenter dans Le Social Media… c’est quoi ? :

  • Le Social Media c’est considérer Internet comme un média i.e un moyen de communication (que l’on entende le mot communication comme promotion ou comme dialogue / échange. La communication n’est alors plus seulement descendante et verticale, mais également horizontale – entre utilisateurs où alors la marque a un rôle important de facilitateur à jouer – et ascendante – qui nécessite de l’écoute et de l’interaction de la part de la marque -) qui utilise l’ensemble des outils indiqués ci-après (blogs, plateformes de partage, réseaux sociaux, wikis, flux RSS, podcasts, plateformes communautaires …) dans une vision participative et ouverte.
  • Le Social Media, c’est le fait de communiquer en utilisant tous les outils proposés par Internet pour initier un dialogue, échanger, partager, écouter, entrer en relation…

A travers ces définitions, finalement on en revient au coeur d’Internet qui à la base défini un système d’échange et non a proprement parler un média de diffusion. On semble aujourd’hui redécouvrir ces notions alors qu’en fait c’est innérant à Internet, mais que la technologie ne permettait pas.

Le retour aux sources est alors le même pour les entreprises qui doivent réapprendre à voir les marques comme des relations avec des cibles (ambassadeurs, prospects, clients, …) et non comme un packaging, un logo, un produit, une image, une communication… (cf : De la logique de l’image à la logique de la réputation)

La vraie révolution est culturelle et doit se faire dans l’entreprise

Finalement la vraie révolution est celle qui doit être faite dans les entreprises pour adapter les processus et la culture d’entreprise aux changements impliqués par les médias sociaux. La démarche englobe bien souvent à la fois des problématiques Internet, communication et marketing. Ils font donc permettre à l’ensemble de ces département d’échanger et de pouvoir travailler efficacement ensemble. J’échangeais encore hier avec un chef de projet Internet d’un grand groupe d’assurances qui m’expliquait la difficulté de faire coordonner sur un média (Internet) des opérations différentes menées par des départements différents.

Article précédemment publié sur CedricDeniaud.com