Cédric DENIAUD

Gare au “Social Media Washing”…

Allez je me lance dans l’invention de nouveau mot et expression. Je tire l’expression “SocialMediaWashing” d’un parallèle qui peut être assez facilement avec la communication actuelle de nombreux annonceurs autour de leur “démarche” environnementale. Certains sont en effet taxés fréquemment de Greenwashing. Ce concept dénonce les marques qui tombent dans les dérives d’une “communication propre” mais non appliquée dans les faits. Heureusement, le cas Nestlé nous l’a rappelé, Internet est devenu un territoire permettant aux parties prenantes de faire entendre leur voix (Nestlé et sa page Fan Facebook : pourquoi l’échec était-il inévitable ?).

Pourquoi je parle de “SocialMediaWashing” ?

Le Social Media est à la mode : c’est hype…

  • Les agences de buzz disent désormais faire de l’influence et du Social Media;
  • Les consulants Internet se transforment en nouveaux gurus du Social Media;
  • Les agences qui gèrent une page Facebook pensent être reines pour faire comprendre à leurs clients les nouveaux enjeux des médias sociaux;
  • Les annonceurs qui ont lancé une campagne de billets sponsorisés pensent faire de l’influence.

Bref en ce moment, on voit clairement tout et n’importe quoi dans le discours de certains et dans les faits. Je préfère tirer la sonnette d’alarme face à la montée de cette bulle autour du Social Media orchestrée par nombre d’agences.

Le SocialMediaWashing : c’est voir la dimension communication avant la relation…

On ne voit dans le Social Media que le mot “média” qui renvoie au schéma traditionnel de communication. “Facebook : quel formidable nouveau canal de communication et de promotion de mes contenus, services et produits… “. Le Social c’est la relation et c’est placer l’humain au centre.

En théorie, tout le monde dira que je ne dis ici rien de nouveau, que tout le monde l’a compris mais que les changements prennent du temps… Les agences ne veulent pas faire changer les annonceurs : un exemple récent pour s’en convaincre : relisez l’article sur le Community Management (Réflexions autour du community management et du rôle des agences) ou implicitement, on comprend que la défense des intérêts business se fait (trop souvent) au détriment de vraies démarches pérennes et construites.

Votre stratégie Social Media ne vous sauvera pas !

Je fais ici le parallèle avec un article d’il y a déjà quelques mois : Your social media strategy won’t save youUne stratégie Social Media n’est pertinente que s’il est englobée dans une démarche globale. Être présent sur les médias sociaux (et Facebook en premier lieu) n’est pas un objectif…

Combien je vois d’agences me ressortir les mêmes démarches stéréotypées pour lancer une campagne ou un dispositif communautaire sur Internet en oubliant que le community management n’existe pas. Il faut, au contraire, penser au “brand management” à travers une communauté. Oui il faut respecter certaines règles, mais c’est à la marque de créer ses propres règles de jeu qui seront adaptées à sa stratégie, sa démarche, sa culture, ses clients, son organisation. Là encore, on peut renvoyer en partie sur les méthodes de community management qu’ont appliquées en partie Nestlé, ou aux grandes théories qu’énoncent certains soi-disants experts du Community Management sur leur blog…

Le SocialMediawashing peut augmenter les chances de “net-gripping” (que votre marque soit prise en grippe par les internautes)

Les cas de “net-gripping” vont se multiplier et aucune marque n’est à l’abri (Un client seul a le pouvoir d’entraîner une véritable crise pour une marque). C’est pour cela que le “SocialMediaWashing” est un risque majeur : c’est donner le bâton pour se faire battre que de penser faire du beau, là ou il faut faire de l’utile. Cela ne sert à rien de lancer un magnifique patchwork fonctionnel là où la simplicité aiderait à l’adoption d’une démarche participative. Cela ne sert à rien de faire la politique de l’autruche sur certains sujets là où on va essayer de faire venir tous les publics sur une Fan Page.

“Il faut commencer petit”, “Aller étape par étape” : ce sont les phrases que j’entends souvent dans la bouche de consultants en agence. Je ne dis pas le contraire mais cette montée en puissance doit s’accompagner d’une compréhension forte des enjeux (risques et opportunités) et des mécanismes, de la prévision de démarches adaptées dans le cas de crise.

Passez au Social Relationship Management !

Le Social Relationship Management définit cette démarche relationnelle forte que les marques doivent engager sur Internet avec leurs publics cibles (influenceurs, enthousiastes, prospects, suspects, …). Ce “hub” doit être géré dans une démarche relationnelle et non communicationnelle.

L’idée est que, par exemple, la Relation Client doit changer pour utiliser les “mêmes armes” que les internautes. Comme le présente cet article du site Internet du journal The Boston Globe, Hurry up, the customer has a complaint, par exemple, le service client doit changer pour prendre en compte la dimension qu’avec Internet tout va vite et il faut être en mesure de pouvoir répondre et réagir rapidement, en cas de situation de crise (et même idéalement avant que celle-ci intervienne).

Conclusion :

Donc, gare aux :

Frédéric CAVAZZA

Les nouvelles ambitions de Twitter et Facebook

Le mois d’avril a été très riche et surtout très structurant pour les médias sociaux et notamment Twitter et Facebook.

Nouveau modèle économique, couche sémantique et infiltration sociale du web pour Twitter

Il y a tout d’abord eu la grande messe de Twitter où on été révélé les derniers chiffres d’audience :

  • 105 millions d’utilisateurs pour 180 millions de V.U. mensuel ;
  • 300.000 nouveaux inscrits par jour ;
  • 75% du trafic en provenance d’applications tiers.

Avec les 3/4 de son activité en dehors du site web, on comprend mieux pourquoi ils ont décidé de racheter Tweetie (un client Twitter pour Mac OS) et déstabiliser ainsi une bonne partie de l’écosystème.

Cette conférence a également été l’occasion de faire le point sur le chemin parcouru (lire à ce sujet : The State and Future of Twitter 2010: Part One) ainsi que sur le modèle économique (sans grande surprise : The Twitter Ad Model Revealed. What Were You Expecting, a Pony?).

Plus intéressant, ils viennent de lancer un site d’évangélisation à destination des médias (Twitter Media), preuve qu’il y a un intérêt mutuel entre les médias traditionnels (TV, journaux, radio…) et ce service de microblogging.

Encore plus intéressant, la possibilité de rajouter des annotations aux tweets : Twitter reveals details of new “Annotated Tweets” feature. Contrairement à ce que son nom indique (ou n’indique pas), cette évolution technologique est bien en rapport avec une sémantisation des tweets. Plus précisément elle va permettre de structurer / compléter / enrichir les tweets pour faire beaucoup plus que ce que les SMS permettent de faire : 10 Possible Uses of Twitter’s New Annotations.

Et pour finir ils ont également lancé le programme @Anywhere qui permet d’injecter certaines fonctions de Twitter dans n’importe quel site web. En ajoutant quelques lignes de javascript dans votre code source vous aurez droit à :

  • Une reconnaissance automatique des usernames avec le profil affiché au survol de la souris (Hovercards) ;
  • Des boutons Follow automatiques ;
  • Des Tweet Box pour que vos visiteurs puissent tweeter directement depuis votre site ;
  • Un enrichissement des fonctions d’authentification (Twitter Connect).

Tous les détails sont ici : Getting Started with @Anywhere.

La volonté affichée de Twitter est donc de devenir une couche sociale à l’échelle du web, cette dernière reposant sur un usage approfondi des tweets aussi bien par les internautes que les marques que les services eux-mêmes (robots, agents intelligents et systèmes d’information).

Graph social universel, sémantisation des profils et base de données universelle du web pour Facebook

Concernant Facebook, la conférence F8 de la semaine dernière a été l’occasion de rappeler l’audience colossale de Facebook : Presque 400 millions d’utilisateurs, 500 millions de V.U. mensuels… Le constat est sans appel : Facebook est devenu le poids lourd incontesté des réseaux sociaux (il n’y a que LinkedIn et son positionnement de niche qui peut rivaliser en termes de croissance).

Les annonces majeures de cette conférence sont les suivantes :

  • Un mécanisme d’authentification silencieuse plus sophistiqué qui permettra aux éditeurs de sites web de personnaliser leur contenu / offre en fonction du profil Facebook des visiteurs (avec plus de souplesse dans l’exploitation des données) ;
  • Un graph social ouvert qui permet de combiner les données d’autres plateformes sociales (Open Graph Protocol) ;
  • Le lancement officiel des Facebook Credits ;
  • Une série de plug-in à insérer pour injecter des fonctions sociales de Facebook dans votre site (nouveau bouton “Like“, système de recommandations de vos amis…) et d’avoir accès à des statistiques détaillées sur les visiteurs ayant un profil Facebook ;
  • Un système de structuration sémantique des contenus qui repose sur RDF.

Je ne m’attarde pas sur l’Open Graph Protocol ni sur les Social Plug-ins car d’autres l’ont déjà très bien fait (cf. Le nouveau Facebook : un guide complet pour les éditeurs, les annonceurs, les utilisateurs et la concurrence). Par contre je vais détailler un peu plus ce principe de structuration sémantique car c’est à mon avis l’annonce la plus importante : L’idée est d’insérer dans le code source de vos pages un bout de code sémantique permettant de décrire le contenu (article, produit, film, chanson…). Ce code sémantique est ensuite utilisé pour nourrir la base de données de Facebook où sont répertoriés tous les objets sémantiques décrits. Traduction : Ce principe va permettre à Facebook de structurer l’ensemble des contenus du web et d’y associer ses fonctions sociales.

L’objectif de Facebook est donc de se transformer en une gigantesque base de données structurée en s’appuyant pour cela sur son écosystème et sur sa formidable audience. Facebook pourrait ainsi réussir dans cette titanesque tâche de sémantisation du web là où des start-up avec beaucoup moins d’envergure échouent par manque de visibilité.

L’intérêt pour Facebook est donc de se construire un gigantesque index pour relier chaque contenu du web à une page Facebook (ou à défaut un objet sémantique). Je n’avais pas vu d’ambition aussi élevée depuis l’annonce de Google de numériser l’ensemble des livres de la terre.

Il est pour le moment encore un peu tôt pour bien mesurer les implications de ces annonces et l’impact qu’elles vont avoir sur les médias sociaux et le web en général. Toujours est-il que nous avons maintenant la certitude que Facebook est le leader incontesté de sa catégorie et qu’il va très rapidement asphyxier ses concurrents. Nous nous dirigeons donc vers une configuration de marché où Facebook va devenir aux réseaux sociaux ce que Twitter est au microbloging.

Quid des services de social location ?

Force est de constater que Twitter et Facebook ont tous les deux soigneusement évités de parler de fonction de localisation sociale comme peuvent en proposer Foursquare, Gowalla ou Brighkite. Pourquoi cette impasse ? Tout simplement parce que ces deux services avaient besoin de procéder à une évolution majeure de leur plateforme technique afin de développer les outils et leviers qui leur permettront d’écraser ces services.

Donc pour le moment je pense qu’il est juste de parler de sursis plutôt que d’oubli.

Encore une fois il va falloir quelques jours / semaines pour bien digérer ces annonces et pouvoir élaborer des stratégie et anticiper des scénarios d’évolution viables. Mais nous aurons largement l’occasion d’en reparler…

Bruno CLEMENT

Le Real Time Web : Hyper démocratie ou terrorisme de l’opinion ?

[* Article précédemment paru dans INfluencia, le trendmag, qui m'a fait le plaisir de d'ouvrir les colonnes de son Observatoire.]

PeoplePower

L’émergence du Web dit « Social », transforme progressivement l’Internet en une gigantesque masse de conversations planétaires, où chacun a la possibilité de partager ses opinions en temps réel et auprès d’une « communauté d’amis » plus ou moins proches.

Ceci constitue une forme de liberté incroyable et contribue à rééquilibrer le pouvoir entre les individus et les entreprises.

Cette tendance  que je qualifierais d’ « Hyper Démocratie », je l’accueille très favorablement en tant que Digital Marketer. Pour autant, je profite de cette tribune (ndl: celle d’Influencia) pour me faire « l’avocat du diable »  et partager 3 écueils.

1- Une nouvelle pathologie : Le T.A.D.  (Trouble de l’Attention Digitale)

Trop d’infos tue l’info, c’est bien connu, mais multipliés par les facteurs « Temps réel » + « Communauté» + «Mobilité », cela donne des individus qui sont en permanence en situation d’ubiquité et auprès desquels il est difficile de capter une vraie attention.

Pas simple pour une entreprise qui a un produit ou un service à vendre de capter l’attention numérique.


2- Une nouvelle forme d’attentat : Le Terrorisme numérique

Tous les gourous du Digital Marketing le disent, il faut que les marques prennent part aux conversations digitales, plutôt que de les ignorer.

En bon élève, la plupart d’entre elles s’y mettent peu à peu, créant ainsi des « fans pages » sur Facebook, des flux Twitter, et autres plateformes de conversations sur leurs sites.

Ce qu’elles avaient moins prévu, c’est que ces conversations sont devenues la cible d’une nouvelle forme de terrorisme numérique : Dernier exemple en date, l’attaque  (même justifiée) de Greenpeace contre Kit&kat sur la Fan Page de Nestlé…

Pas simple  de gérer la relation en temps réel pour une marque qui a mis des années (et des millions d’Euros) à se construire une image respectable et qui peut être détruite au travers d’une conversation.


3- Un nouveau masque social : L’identité numérique

Désormais, tout bon citoyen digital doit  savoir se construire et animer son « identité numérique ».

Quand on y réfléchit un peu quel fardeau ! Déjà qu’il était compliqué de mener de front une vie familiale, professionnelle, sociale…Il faut désormais mener et gérer une vie digitale, il en va de sa « e-réputation ».

Alors, on se crée un profil Facebook, mais on fait attention à ce  l’on publie, des fois que son boss « ami » le voit. On ouvre un pseudo blog, parce qu’on est à la recherche d’un emploi. On essaye de capter l’attention de centaines de « followers » sur Twitter parce qu’on est consultant en marketing. On devient « ami » avec le patron de Coca-Cola sur Linkedin, parce qu’on travaille chez Pernod-Ricard…

Pas simple pour une marque d’engager une relation avec des individus qui sont devenus eux même des médias et gèrent leur « personal branding » avec les mêmes outils marketing.

Cédric DENIAUD

Réflexions autour du community management et du rôle des agences : pourquoi le community manager doit faire partie de l’entreprise

Je me suis déjà à plusieurs fois exprimé sur le sujet (Social Media Expert ? Community Manager ? et Dialoguer sur Internet nécessite un community manager). Nombres d’articles et d’experts essaient d’apporter leur pierre à l’édifice autour de ce sujet…  Pour autant, dans l’idéal, tout le monde s’accorde sur : “Le community manager doit faire partie de l’entreprise”.

Toutes les autres solutions que les agences ou indépendants essaient de vendre sont vouées à terme à l’échec.(ou en tout cas rencontreront des limites importantes). Il vous suffit simplement de vous poser un moment les bonnes questions et de vous placer à la place de l’internaute. Alors je sais que les lignes qui vont suivre ne plairont probablement pas à nombre d’agences qui lisent ce blog… .. mais je pars du postulat de base donné ci-dessus en présentant ici une réalité avec l’idée de faire évoluer les choses, d’une manière constructive (les commentaires étant notamment là pour ça)…

L’autre constat est qu’une entreprise aujourd’hui fait appel à des community managers externes pour des raisons de

  • compétences : Je n’ai pas les compétences en interne
  • compréhension : Je ne sais pas ce qu’est un community manager
  • simplicité : Mon agence gère tout… et je suis plus tranquille
  • humaines liés à la crise : Je ne peux pas embaucher actuellement

Les torts sont donc partagés…

1 / Les médias sociaux : transparence et conversation… alors pourquoi ne pas respecter ces règles ?

On parle de conversation et de transparence et le community manager est par définition là pour animer et participer aux conversations. Est-ce que, si vous étiez un client d’une marque et que vous pensiez parler à une marque découvrir qu’en fait c’est un junior en agence que vous avez en face de vous, vous apprécierez de le découvrir ? Où est alors la transparence dans la conversation ? Combien de marques aujourd’hui disent clairement que ce ne sont pas elles derrière leur profil Facebook mais leur agence ? Et pourquoi de la même manière que l’on demande aux blogueurs de la transparence en indiquant lorsqu’un billet est sponsorisé, une marque n’indiquerait pas que sa fan page est gérée par une agence ?

  • J’aime la démarche de TF1 où le médiateur est clairement identifié (TF1etvous);
  • J’aime la gestion qui est faite de l’Atelier SFR où ce n’est pas une agence mais une personne employée et impliquée qui essaie de créer une relation avec les personnes “influentes” intéressées par la démarche;
  • J’aime la démarche de RATP de valoriser ses ingénieurs et de leur permettre d’échanger avec des internautes (sans filtre) : RATP ZeForum : quand la RATP veut redorer son image par le dialogue avec les ingénieurs;
  • J’aime la démarche de SNCF (Opinions & Débats) de valoriser des porte-parole, cadres supérieurs de la SNCF, …
  • J’aime la démarche de Voyages SNCF sur son compte Twitter de donner la parole à une employée identifiée : @Yaelle_VSNCF

Les agences ont un rôle à jouer… mais pas celui de gérer les conversations dans le nom de la marque

2/ Un community manager a par définition un rôle de porte-parole.

Il est la voix visible et audible sur Internet de la marque. Parce que les agences historiquement jouaient ce rôle dans un schéma de communication top-to-down, elles pensent pouvoir continuer à la faire dans une matrice conversationnelle (conversations horizontales entres les internautes, conversations top-to-down et down-to top entre le consommateur et la marque).

Or, qui a le besoin d’écouter ce que le client à a dire ? L’agence ou l’annonceur ? L’annonceur évidemment. L’agence rétorquera qu’elle est là pour faire de la veille et être finalement les oreilles de l’annonceur sur la Toile. Oui les oreilles mais plus la voix dans une démarche conversationnelle…

3/ Les vraies démarches relationnelles aujourd’hui menées par certaines marques sont animées par une personne interne

  • Dell = plus de 50 personnes employées en interne dans leur département Social Media (Dell +Social Media = 2 vidéos pour mieux comprendre leur stratégie)
  • SNCF : projet leadé par la communication et faisant intervenir de nombreux cadres supérieurs en charge de participer aux conversations, …
  • 2xmoinscher : valorisation de l’équipe en charge sur leur plateforme de suggestions en ligne (directeur de la communication et personne en charge de la relation client)

Et des exemples, on pourrait en donner d’autres…

Malheureusement, combien de marques aujourd’hui sont engagées dans cette démarche relationnelle (vous savez le fameux Social Relationship Management : ) ? Elles sont rares et ne voient dans les médias sociaux qu’un canal supplémentaire de promotion.

Dans “Social Media”, il y a certes “media” mais il y a surtout “social” et tout ce que terme implique implicitement. Oui, il y a un besoin d’accompagnement et c’est là que je vois personnellement mon rôle : évangéliser et diffuser un savoir pour adapter une gestion de marque aux spécificités des médias sociaux.

Le community management, ce n’est pas de la communication, c’est de la relation. Un community manager est d’abord un brand manager qui saura être le “gardener” permettant de faire “pousser” une communauté. Combien de community manager aujourd’hui tombent dans cette définition ?

4/ On ne parle pas de community management mais de brand management.

Les marques et les agences oublient trop souvent que gérer une communauté, c’est d’abord géré une marque dans le cadre d’échange communautaire.

La gestion visible de ma marque (e-reputation, …) personnellement je ne la confierai pas à un comunity manager indépendant et donc peu impliqué, ou à un junior en agence. Si j’étais directeur marketing, dans le cas de fortes attaques comme celles que Nestlé a connu (Nestlé et sa page fan Facebook : pourquoi l’échec était-il inévitable ?) et que d’autres marques vont connaître dans un phénomène aujourd’hui où n’importe quelle marque en moins de 24 heures peut être fortement prise en grippe sur Internet, j’attendrai de mes équipes qu’elles soient compétentes pour réagir et qu’elles aient prévu des scénarii de crise.

On ne parle pas ici de bad buzz éphémère et limité à Internet mais bien d’attaques potentiellement durables orchestrées par des parties prenantes (Greenpeace, …) ou des clients forts mécontents. Le besoin de savoir gérer ses parties prenantes et clients mécontents dans le cadre d’une vraie relation avec la marque, et pas en faisant la politique d’autruche (”Jusqu’ici tout va bien donc autant pas s’en occuper”) est devenu une nécessité… et cette relation ne peut pas être confiée dans sa partie visible à une agence.

5/ Une agence de comm’ vend de la comm’, une agence de veille vend de la veille, … une marque doit trouver le bon interlocuteur pour chaque besoin

Alors, non ce billet n’est pas contre les agences car elles ont un rôle à jouer mais il ne faut pas qu’elle se trompe de rôle… ce qu’elles sont en train de faire.

Le client n’a pas de compétence en community management et se demande quelle est la personne à trouver et mettre en place pour gérer cela. Certes bien souvent, il s’agit d’un mouton à 5 pattes (marketing, communication, rédaction, relation et stratégie d’entreprise) et personnellement je privilégie le background (qui implique une certaine logique)  et la compréhension des enjeux stratégiques du secteur et de l’entreprise plutôt que des compétences (web, rédactionnelles).

Le rôle d’une agence n’est pas de faire du community management mais de vendre des dispositifs communautaires adaptés à des problématiques marketing / communication. J’ai eu cette semaine un échange avec  une responsable marketing d’une entreprise qui possède un important site e-commerce qui m’avouait  qu’elle a eu une mauvaise expérience avec la mise en place d’un blog… pour répondre à un besoin de marketing d’acquisition. Pas de stratégie et réflexion centrée autour d’un outil. Cette responsable marketing m’a avoué que c’est clairement par manque de compréhension (et également de compétences) qu’elle a crû la recommandation de l’agence. Les compétences, l’agence est là pour l’apporter. La compréhension c’est plus grave…

Les entreprises ont aujourd’hui un besoin d’accompagnement en amont du choix et de l’action de l’agence dans la pédagogie et compréhension des enjeux (ce blog tend de répondre en partie à ces besoins et les formations ou missions que je mène permettent d’apporter un accompagnement adapté aux problématiques)

Plutôt que de former des personnes en interne chez lui, mieux vaut lui vendre des personnes de l’agence. Les agences profitent aujourd’hui d’un vide en terme de compétence mais en n’étant pas les mieux placés pour combler ce vide. En effet, elles continuent à avoir une démarche de communication (il suffit pour s’en convaincre de voir que la plupart des dispositifs dits communautaires sont des dispositifs de communication et à aucun moment de relation). J’ai personnellement l’exemple de certaines agences qui me demandent des dispositifs créatifs avant même de se poser la question à quel objectif doit répondre la présence et animation d’une marque sur les médias sociaux.

La plupart des agences vendent la démarche : on y va étape après étape et je m’occupe de tout. Je vais gérer votre fan page, votre compte Twitter et tout se passera bien car je suis compétente en la matière. Or, c’est se tromper, la démarche doit commencer par la compréhension des enjeux et donc la pédagogie (usages et outils). Je préfère une marque qui se lance timidement sur les médias sociaux, mais en faisant elle même la démarche et d’une manière transparente en disant qu’elle est là pour grandir avec la communauté.

Le discours semble simple à comprendre mais les agences sont les premières à ne pas se l’appliquer. J’échange régulièrement avec nombre d’agences qui toutes me disent être mal à l’aise aujourd’hui avec le community management. Elles sont conscientes que pour des raisons économiques il vaut mieux vendre des jours/homme  plutôt que de tenir le discours que je tiens. Sauf qu’elles savent mais ne l’avouent pas que dans l’idéal ce n’est pas leur rôle de le faire.

Les indépendants (qui sont de plus en plus nombreux) semblent également représenter une solution mais finalement qui ne l’est pas. Comment un community manager peut gérer en même temps une communauté de gamers, une communauté musicale et des conversations autour d’une marque de grande consommation… sans bien souvent faire partie de aucune de ces communautés ?

L’important n’est pas les compétences : celles-ci s’acquièrent. C’est la logique et stratégie, pour les enjeux, risques et opportunités que représentent aujourd’hui les médias sociaux, qui doivent être privilégiées. J’ai le même discours aujourd’hui avec nombre d’entreprises qui, lorsqu’on leur expose les risques et opportunités liés aux médias sociaux, comprennent naturellement, qu’il vaut mieux axer leurs efforts sur la pédagogie et l’évangélisation en interne auprès des équipes plutôt que de repousser la problématique en la confiant à une agence.

J’imagine que beaucoup ont une position sur le sujet donc n’hésitez pas à vous exprimer en commentaire…

Cédric DENIAUD

Uniqlo + Twitter = intégrer vos tweets à un dispositif de communication

On connaissait déjà les possibilités d’intégration de contenus personnalisés via Facebook Connect. J’avais par exemple présenté le cas du jeu vidéo The Prototype dans le cadre d’une intervention à l’EBG (Conférence EBG : Facebook Connect et Twitter). Vous vous connectiez aux sites avec vos identifiants Facebook et la vidéo teasing de présentation du jeu était alors personnalisée et intégrait votre image, votre nom et d’autres éléments de votre profil Facebook. La personnalisation de la vidéo jouait alors son impact (on n’est plus touché par un message promotionnel lorsque celui-ci est personnalisé).

On sait que la personnalisation lorsqu’elle est originale et créative est un élément important de buzz qui permet d’avoir une communication différenciée autour d’une opération menée. Dernier exemple récent que je vous avais présenté dans : celui de Burger King au Brésil. Regarder cette petite vidéo pour vous faire une idée sur le dispositif :

Cette fois-ci, c’est Uniqlo qui nous propose un dispositif “UTweet” : http://www.uniqlo.com/utweet/#/user/cdeniaud. Le principe est de reprendre certains de vos derniers tweets dans un mini clip flash. Pour se faire, rien de plus simple que de rentrer son identifiant Twitter, et après quelques secondes d’attente le clip démarre.

Image 6

Alors on m’a demande : “Mais quel est l’intérêt ?”. Strictement aucun… si ce n’est l’aspect communication et c’est exactement ce que recherchait Uniqlo à travers ce dispositif. Ce genre de dispositif est encore assez rare et peut donc être assez fortement relayé sur la Toile (retombées sur Twitter, statuts Facebook et articles de blog). Cela fait autant de buzz positif pour la marque et à moindre frais car le mini-clip Flash ne représente pas un coup important sachant que la promotion se fait seulement par le bouche-a-oreille. Comparé à de l’achat média, l’impact est plus puissant, viral. Donc je dis bien joué.

Qu’en pensez-vous ?