Frédéric CAVAZZA

Une définition du social media marketing

Dans la même lignée que ma définition des médias sociaux, je vous propose de partager avec vous ma définition du social media marketing. Il existe plusieurs définitions publiées sur différents blogs ainsi que sur Wikipedia : “Social media marketing programs usually center on efforts to create content that attracts attention, generates online conversations, and encourages readers to share it with their social networks“. Cette définition est intéressante mais se concentre selon moi un peu trop sur l’aspect “création de trafic”. Le marketing puise en effet ses racines dans une analyse très fine du marché ainsi que dans l’adaptation de l’offre en fonction des remontées terrain. Nous sommes donc bien loin d’une approche essentiellement contrée sur la création de trafic en point de vente.

Voici donc la définition que je propose : “Le social marketing désigne les outils et pratiques permettant d’identifier et d’analyser les conversations ainsi que de participer et d’initier des interactions sociales au sein de communautés“.

Dans cette définition il y a deux points essentiels :

  • L’identification et l’analyse des conversations, qui ne se limite donc pas seulement à mettre en place des outils d’écoute et de surveillance mais également à l’interprétation de ces dernières (de façon instantanée ou dans son évolution).
  • La participation et l’initiation d’interactions sociales, il n’est donc pas tant question de répondre à des critiques que d’être également à l’origine de discussions structurées (ou plutôt devrais-je dire “encadrées”).

Vous pourriez me dire qu’une stratégie marketing est agnostique par rapport aux canaux de communication et qu’il n’y a pas de “TV marketing” ou de “radio marketing”, mais je vous répondrais qu‘avec les médias sociaux les règles sont bouleversées et que l’on ne peut pas appliquer les mêmes recettes (cf. Les 4 P du social marketing). Les médias sociaux sont ainsi une formidable opportunités pour les marketeurs de faire du travail de terrain avec les clients / prospects (cf. Médias sociaux et marketing de terrain) et de retrouver la proximité qu’ils avaient perdus avec les médias de masse.

Précisons que le social media marketing n’est pas une science exacte, et que cela reste du travail artisanal qu’il faut ajuster au cas par cas en fonction du contexte (à l’image des outils de mesure qui sont encore loin d’être standardisés : 3 approches différentes des social media analytics).

Je conclurais en disant qu’il n’existe pas réellement de formation et que les rôles se chevauchent encore : Les métiers du social media marketing. Il y a donc un côté “défrichage” dans les pratiques marketing liées aux médias sociaux mais qu’il ne faut pas pour autant se contenter d’y faire des opérations ponctuelles mais plutôt de définir une stratégie de présence sur le long terme. Un billet à suivre sur ce sujet…

Cédric DENIAUD

Nouveaux paramètres de confidentialité de Facebook : rassurer sur le respect de la vie privée

Les paramètres de confidentialité de Facebook auront fait couler beaucoup d’encre. Pas seulement depuis quelques semaines, puisque la confidentialité et Facebook souffrent déjà d’un large historique : Polémique autour des nouvelles CGU de Facebook et Facebook fait appel à la communauté pour les CGU, sans parler des discussions qui avaient entourées Facebook Beacon…

Facebook annonçait donc aujourd’hui quelques changements dans la gestion des paramètres de confidentialité, sur lesquels j’aurai l’occasion de revenir dans la suite de cet article.

Quand Facebook reconnaît ses erreurs…

L’impression est que Facebook veut aller plus vite que la musique et essaie de débloquer des verrous sur les données personnelles. Facebook essaie malheureusement de passer en force, soit en étant assez flou dans la mise en avant de la gestion des paramètres personnels, soit en profitant des refontes successives pour modifier également la gestion des données personnelles.

Mais ce coup-ci promis, tout sera plus clair. En tout cas, Facebook revendique qu’il s’agit plus d’un problème de communication et de mauvaise compréhension de la part des internautes qu’une volonté consciente de leur part de ne pas respecter la vie privée des utilisateurs. Sur ce terrain, Facebook est prêt en partie à reconnaître ses erreurs : Facebook va revoir sa politique de confidentialité. En effet, dans une lettre ouverte ainsi que dans un échange d’email avec Robert Scoble – que l’on ne présente plus -, le fondateur de Facebook reconnaissait certaines erreurs (comme il avait fait à l’époque des CGUs en impliquant alors dans un second temps les utilisateurs à la démarche).

“Je sais que nous avons fait un paquet d’erreurs, mais j’espère qu’au final le ser­vice s’en trou­vera amé­lioré et que les gens réa­li­se­rons que nos inten­tions sont bonnes et que nous répon­dons aux feed­backs des per­sonnes à qui nous offrons le service.”

Petit retour sur la polémique

Il faut dire que la polémique n’a cessé d’enfler depuis le les différentes annonces de Facebook dans le cadre de Facebook F8. Facebook a certainement pris peur à voir :

  • certains “influenceurs” annoncer qu’ils quittaient Facebook;

  • certaines sociétés (je pense ici à Zynga qui édite des social games très populaires comme FarmVille ou Mafia Wars) annoncer qu’elles pensaient s’émanciper de l’interface Facebook et voler de leurs propres ailes : Will Zynga quit Facebook?
  • certaines pétitions, groupes ou fans pages sur Facebook devenir très populaires;

  • des sondages estimant que 60% des utilisateurs seraient prêts à quitter Facebook si ce dernier ne faisait rien pour mieux respecter les données;

83601-quitter-facebook-sondage

quitfacebook

L’enjeu n’est pas (seulement) la monétisation des informations des utilisateurs issues des informations qu’ils diffusent et de leurs comportements mais également le social search. Si les données sont (trop) privées, elles ne seront alors pas pris en compte ou selon certaines conditions par le moteur de recherche interne et ne pourront pas être aussi facilement récupérées par des services tiers (par le biais des applications).

Dans le cas de Zynga, les social games sont des éléments moteurs faisant rester longtemps les utilisateurs sur le site et les faisant revenir. Voir le premier éditeur quitter la plateforme lancerait un mauvais signe au marché du social game sur Facebook (or on sait que Facebook, pour les monnaies virtuelles et le temps passé sur le site, mise énormément sur les social games). Facebook a donc passé un partenariat (dont les termes sont bien évidemment non divulgués) afin de s’assurer de la “fidélité” de Zynga.

Quels changements ?

La simplification de la façon de rendre publique ou pas les informations de sa page et la possibilité de désactiver les liens vers des services tiers seront les premiers changements à être intégrés rapidement. Je vous invite à consulter la nouvelle page mise en place par Facebook : http://www.facebook.com/privacy/explanation.php

facebook_confidentialite

Les 3 points que je retiendrai sont :

  1. La facilité de bloquer les applications (ce qui était à mon sens l’un des points majeurs sur lequel Facebook devait revoir sa copie);

  2. Masquer sa liste d’amis : j’en parlais dernièrement avec quelque uns d’entre vous. Ce masque existe depuis déjà quelques semaines sur les fan pages et je m’étonnais que cela n’arrive pas sur les pages profil des utilisateurs. En effet, de plus en plus de membres Facebook, et notamment dans notre microcosme du web et de la communication, ont un usage que je qualifierai de limite de Facebook :  ils vous demandent comme amis simplement pour vous “pousser” la super fan page développée par leur société ou dont ils sont le community manager, mais aussi pour voir vos “amis” et entrer en contact avec eux. Et voila comment on gonfle virtuellement le nombre de fans à des pages ou la taille de son réseau afin de faire croire que l’on est influent;

  3. Une interface simplifiée et certainement plus claire pour un plus grand nombre…

Communication et réaction en situation de crise

Il faut en tout cas reconnaître la rapidité de Facebook a réagir et à ne pas laisser trop longtemps la polémique gonfler. Certaines entreprises, dans le cadre de leur communication de crise, ferait bien de s’inspirer à la fois de la forme et du fond (Nestlé et sa page fan Facebook : pourquoi l’échec était-il inévitable). Et oui, car reconnaître ses erreurs, tenter de mieux expliquer sa démarche, dire que l’on va faire quelque chose (Facebook sortira prochainement un outil “simplissime” pour gérer la confidentialité) et impliquer plus fortement les parties prenantes sont les 4 leviers sur lesquels Facebook joue, dans le cadre d’une communication de crise plutôt bien maîtrisée (vue la masse de conversations et d’utilisateurs s’exprimant sur le sujet) afin de rassurer ses membres.

Les Digital Natives seraient-ils des Digital Naives ?

Ce qui est assez surprenant c’est de voir qui sont les utilisateurs les plus enclins à être menacés par le non contrôle de leurs données personnelles. Ce sont certes des gens qui ne sont pas suffisamment alertés sur les risques et la manière  de gérer leurs paramètres mais ce n’est pas nécessairement “Madame Michu”. En effet, si je regarde dans mes contacts, les personnes partageant le plus de contenus personnels (photos, statuts “très” personnels, …), ce sont majoritairement des jeunes (moins de 25 ans) dont pour la plupart je ne connais pas (en tout cas, pas dans la “vraie vie” : IRL). On voit alors le fossé générationnel dans l’usage de l’outil Internet entre une génération qui est née avec et une autre qui a du apprendre l’informatique. Nos réflexes ne sont alors pas les mêmes qu’une population plus jeune qui pour laquelle les notions de partage et d’Internet sont intimement liés. On ne partage pas les mêmes informations et on ne passe pas aux mêmes endroit les frontières entre vie privée (ce que l’on ne dévoile pas) et vie publique (ce que l’on partage) sur Internet. J’abordais ces questions dans Vie perso / pro et vie privée / publique et Pourquoi renonçons-nous à notre anonymat sur Internet ?.

Je pense que le sujet des données privées et de leur respect est l’un des enjeux majeurs qui pourraient voir sombrer le navire Facebook. Facebook serait-il un géant aux pieds d’argile, comme le laisse entendre Fred (Facebook va-t-il révolutionner le Web ?) ?

Cédric DENIAUD

Youtube fête ses 5 ans… mais où sera-t-il dans 5 ans ?

Youtube fête (déjà) ses 5 ans. A cette occasion, le service a retracé son parcours dans cette vidéo et a lancé une chaîne dédiée Youtube 5 ans où les internautes témoignent de comment Youtube a changé leur vie…

Youtube = un phénomène !

Youtube a fait rapidement parti de ces services qui en quelques mois sont devenus de vrais phénomènes. Ces services sont rares et Facebook, Twitter ou peut être Foursquare sont (seront) à ranger dans cette catégorie. Quelques chiffres qui témoigent de l’ampleur du phénomène :

  • 2 milliards de vidéos vues… chaque jour;
  • 24 heures de vidéos uploadées… chaque minute;
  • 33,5% de part de marché en France (contre seulement 7,3% pour DailyMotion). En France, ce sont 5,4 milliards de vidéos qui ont été visionnées sur Internet en 2009;
  • 70% du trafic provient d’en dehors les Etats-Unis.

Pas étonnant que le service est tombé dans l’escarcelle de Google qui l’avait racheté à l’époque pour la bagatelle de 1,65 milliard de dollars. Rappelez-vous tout le monde à l’époque émettait de profonds doutes sur ce rachat pour la question des droits d’auteurs (Quel avenir pour les sites de partage de vidéo ?).

Le service s’est constamment amélioré au fil des années :

  • Format HD
  • Nouvelle taille pour le player vidéo (format 16/9 en 2008)
  • Personnalisation du player vidéo
  • Fonctionnalités de partage
  • Fonctionnalités de vote et de commentaire
  • Les commentaires intégrés dans la vidéo
  • Format 3D

Des User Generated Videos aux contenus sous licence et diffusion live

Depuis Youtube a changé en partie son fusil d’épaule puisque, il faut bien le constater, nous sommes passés de la promesse “Broadcast yourself” (télécharger facilement vos vidéos pour les partager) a finalement la diffusion massive de contenus produits (extraits d’émissions, clips vidéos, …). Youtube s’est ainsi lancé dans une voie qui semble un peu contraire aux UGV (User Generated Videos) – celle des contenus non produits par les utilisateurs et non uploadés par eux : la diffusion légale de contenus sous licence.

Récemment, la richesse s’est faite également au niveau des contenus proposés. Outre, la signature de partenariats avec certains ayants droits, Youtube a récemment diffusé en live un match sportif et va même en diffuser en live toute la saison (rassurez-vous malheureusement il ne s’agit que de cricket). Déjà en novembre 2008, Youtube avait fait son premier événement Live dont Bruno vous avait parlé à l’époque dans Youtube Live : le 22 novembre, Youtube fait son festival des UGC, puis c’était la diffusion en live du concert de U2 et de Alicia Keys qui avait lancé Youtube dans la voie de la diffusion de contenus live.

Quelle monétisation ?

D’un point de vue de monétisation, Youtube a lancé de nombreuses initiatives dont :

  • Le téléchargement payant de certaines vidéos : Youtube permet sur certaines vidéos de directement les télécharger gratuitement. Les téléchargements étaient djà possibles via des services tiers qui s’étaient lancés ces dernières années. Mais Youtube, dans le cadre de la monétisation de son service, essaie de prendre tout le monde de court en bloquant ces services de téléchargement de vidéos sur Youtube (voir : Youtube bloque tous les téléchargements de vidéo ?). Ce bloquage des services externes va permettre à Youtbe de mettre en place une stratégie de téléchargement payant de certaines vidéos : “les partenaires pourront choisir d’offrir leurs vidéos en téléchargement gratuit ou payant grâce à google Checkout, ils pourront ainsi décider des prix et des licences qu’ils souhaitent attribuer à leurs créations”.

  • L’intégration de formats publicitaires : la publicité en overlay (ou InVideo Ads), …

  • Les partenariats pour la diffusion de contenus officiels : il faut voir ici l’influence direct de Hulu qui est quelques mois a fait beaucoup de mois aux Etats-Unis (Social Television : Hulu peut-il s’imposer ?)

  • Les contenus payants : le rachat le mois dernier de la société Episodic va également dans ce sens (monétisation par le biais de contenus payants).

Nul doute que la voie que prendra Google vers plus d’intégration de contenus payants et officiels renforce l’idée que la Social Television passe par des contenus de qualité…

Cédric DENIAUD

Le Community Manager que vous recherchez se trouve déjà dans votre entreprise

Je me suis posé la question avant de publier cet article et d’enfoncer le clou par rapport à un article récent sur le community management qui avait largement fait réagir : Réflexions autour du community management : pourquoi le community manager doit faire partie de l’entreprise.

J’estimais effectivement que le community manager devait faire partie de l’entreprise. Suite aux échanges, je vais même plus loin : le community manager se trouve déjà dans votre entreprise…

En effet, j’ai eu ces derniers jours, suite à l’article, pas mal de demandes assez diverses (agences, annonceurs, etudiants) autour des différents points que j’abordais. Les retours, de manière assez unanimes, sont que dans la théorie tout le monde reconnaît que le community manager se trouve au sein de l’entreprise. Les entreprises et community managers apportent les deux bémols suivants :

  • L’entreprise a un temps de retard et l’agence est là pour combler ce retard et ne pas bloquer ainsi l’adoption des dispositifs communautaires par l’entreprise.

  • Les freelances mettent en avant leurs connaissances du marché et leur adaptabilité.

Vous comprendrez que ces deux arguments sont une vaine tentative de défense qui ne tient pour les raisons suivantes :

  • L’entreprise n’a pas de retard si elle est accompagnée. L’agence se contente du rôle de proposer une personne qui fera office de community manager en attendant que l’entreprise trouve meilleure solution. La solution que je préconise est tout autre : l’entreprise doit être accompagnée par des conseillers afin de faire acquérir les compétences aux personnes ciblées dans l’entreprise qui tiendront ce rôle. On comprend que dans ce dispositif ce n’est pas l’agence qui peut tenir ce rôle (puisqu’elle préférera vendre sa compétence via des jours / homme plutôt que de la diffuser) mais bien de vrais experts prêts à accompagner et diffuser leurs connaissances et compétences. Sauf, que ces experts ne peuvent pas être le premier bloggeur trouvé sur la Toile qui parle de Community Management car il a animé deux forums dans sa vie, mais bien une personne pouvant avoir un vrai retour d’expérience. J’en viens ici au point que finalement le community management n’existe pas. Il serait plus opportun de parler de “Brand Management” à travers une communauté. La compréhension des enjeux communication / marketing / stratégique de la marque sont essentielles, d’où l’importance de trouver la personne en interne répondant à ces critères. Les compétences (rédactionnelles, web – usages et outils, …) pourront être apportées par un conseiller externe…

  • Une personne ne peut gérer qu’une communauté à la fois… Pour se revendiquer comme community manager d’une communauté, on comprend qu’il faut comprendre la communauté (ses membres, la marque, …). Comme je l’évoquais précédemment, le brand management implique que l’on ne gère pas de la même manière une communauté politique qu’une communauté de joueurs en ligne, par exemple. Les agences et freelance feront tomber les annonceurs dans des généralités. J’en ai l’exemple puisque j’accompagne des annonceurs dans leurs démarches et que je vois en face les recommandations en community management d’agences qui sont stéréotypes et non adaptés à la communauté…

Je souhaite donc arriver à la conclusion que le community manager existe déjà en interne dans les entreprises. Il ne faut pas aller chercher en dehors de vos murs le community manager idéal. C’est un mouton à 5 pattes qui, par définition, n’existe pas. Il vaut mieux capitaliser sur des personnes qui ont une logique et une compréhension des enjeux de l’entreprise plutôt qu’une personne qui sur le CV vous vantera ses capacités web, rédactionnelles, relationnelles ou d’expertise en social media. Votre community manager existe : il suffit de le trouver au sein de votre entreprise et de le faire accompagner par des experts.

Frédéric CAVAZZA

3 approches différentes des social media analytics

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de social scoring et des indicateurs-clés des médias sociaux que l’IAB tente de standardiser. Hasard du calendrier, ce ne sont pas deux mais trois approches différentes qui viennent d’être proposées ces derniers jours. Du très quantitatif au très qualitatif, la diversité de ces approches nous permet d’y voir un peu plus clair dans cette pratique encore méconnue.

Tiens d’ailleurs, puisque j’y suis, voici comment je pourrais définir les social media analytics : “La mesure, la collecte et l’analyse de données d’usages et de comportements des internautes au sein des médias sociaux dans le but d’optimiser une stratégie ou une présence”. Cette discipline repose sur des outils, des indicateurs-clés et des méthodes d’analyse. Les pratiques de social media analytics sont assez proches de celles employées pour les web analytics mais moins focalisées sur les chiffres (quoi que, ça dépend des vendeurs).

Approche Altimeter : Beaucoup de chiffres et d’outils

La première méthodologie que je vous propose d’étudier est celle de l’Altimeter Group (dont la réputation n’est plus à faire) associé à l’auteur de Web analytics Demystified (une référence dans la profession) : Social Marketing Analytics. Cette méthodologie décrit dans les détails un certain nombre d’indicateurs de performance (KPIs) exploités par les solutions du marché.

Exemple d'indicateurs de performance sur les médias sociaux

Exemple d'indicateurs de performance sur les médias sociaux

Les auteurs de la méthodologie ont regroupés ces indicateurs par objectifs :

  • Démarrage de conversations (”Foster Dialog“) : Part de voix, taux de participation et taux d’engagement ;
  • Sollicitation des avocats (”Promote Advocacy“) : Taux d’activité des avocats, influence relative et impact ;
  • Facilitation de l’entre-aide (”Facilitate Support“) : Taux de résolution, temps de résolution et satisfaction ;
  • Stimulation de l’innovation participative (”Spur Innovation“) : Nombre de suggestions, tonalité des sentiments et impact.

L’influence des pratiques de web analytics est clairement perceptible dans cette méthodologie qui repose avant tout sur les outils de mesure et sur une approche très quantitative. Idéale pour celles et ceux qui se retrouve avec une solution dans les pattes et veulent l’exploiter de façon industrielle.

Approche McKinsey : Quoi ? Qui ? Où ?

Autre approche mais centrée sur la propagation virale, celle proposée par McKinsey : A new way to measure word-of-mouth marketing. L’auteur de l’article a identifié trois formes de bouche-à-oreille : Les témoignages (ceux qui ont vécu une expérience ou testé un produit), les relais (ceux qui pointent vers un témoignage) et les cautions (les “célébrités” qui s’affichent avec un produit). Faire le distingo entre ces trois formes de bouches-à-oreilles est une des clés de la compréhension et de l’analyse des social media analytics.

La méthodologie de McKinsey repose sur la notion de Word-of-mouth Equity qui est fonction de trois critères :

  • Le contenu du message (”What?“) qui fonctionne mieux quand il est question de données factuelles sur un produit / service plutôt que de données émotionnelles (qui ont moins de chances d’être relayées en bouche-à-oreille) ;
  • Le porteur du message (”Who?“) qui va conditionner l’attention que l’on porte et est en rapport direct avec la crédibilité de celui qui s’exprime ;
  • Le media qui sert à véhiculer le message (”Where?“) car il est important de pouvoir sortir du lot et actionner un levier de proximité (certains supports sont saturés comme Facebook et Twitter, d’autres sont plus propices comme les forums).
La notion de word-of-mouth equity par McKinsey

La notion de word-of-mouth equity par McKinsey

Même si l’auteur ne se prononce pas sur une méthode arithmétique de mesure, il a le bon sens de rappeler que l’importance de ces trois critères varie en fonction du secteur d’activité (Le “Quoi ?” est plus important pour les produits high-tech, le “Qui ?” est plus important pour les produits bancaires  /financiers…).

Approche Forrester : Les objectifs avant les outils

Terminons avec la méthodologie proposée par Forrester : Three Steps To Measuring Social Media Marketing. Dans son rapport, l’auteur explique que les marketeux s’intéressent trop aux indicateurs quantitatifs (qui sont les plus faciles à collecter) et qu’il faut avant tout exploiter les indicateurs en rapport avec les objectifs d’une présence ou d’une campagne.

L’auteur a ainsi identifié six catégories d’indicateurs (User reach, User impact, Volume of participation, Quality of participation, Volume of energy et Quality of energy) qui sont plus ou moins bien adaptés aux objectifs d’une présence / campagne sur les médias sociaux (écoute, dialogue, stimulation, support, co-création) :

Compatibilité entre indicateurs et objectifs

Compatibilité entre indicateurs et objectifs

Il est donc primordial de définir en amont les objectifs d’une présence sur les médias sociaux et d’exploiter les indicateurs qui sont les plus pertinents. Ainsi, si votre objectif est d’améliorer l’image de marque, il est inutile de prendre en compte le nombre de citations.

Les leçons à retenir des pratiques de web analytics

Je serais bien incapable de vous recommander une approche par rapport à l’autre, les 3 sont intéressantes et à prendre en compte. Il semblerait néanmoins que les avis convergent pour dire que la stratégie (objectifs) doit passer avant la technologie (les outils) et qu’il n’y a pas de solution universelle (chaque cas est différent).

Ceci étant dit, j’attire votre attention sur trois enseignements très importants des pratiques de web analytics qui devraient vous aider dans la mise en place de pratiques de social media analytics :

  • Les indicateurs ne sont pertinents que dans la durée (seuls les changements et/ou écarts vous apprennent des choses) ;
  • Ne vous contentez pas de budgeter l’abonnement et la mise en place d’un outil, le plus gros du travail est dans l’interprétation (qui ne peut pas être fait par un algorithme) ;
  • Les données et interprétations ne valent rien si elles ne sont pas partagées et assimilées par les différents services d’une entreprise (communication, production, vente, direction générale…), la restitution de ces données au travers d’un tableau de bord de même que la pédagogie pour bien comprendre les indicateurs sont essentielles.

Voilà, j’espère que maintenant vous y voyez un peu plus clair et que vous avez les cartes en main pour initier et développer des pratiques de social media analytics en interne (dois-je vous rappeler qu’il serait absurde de les sous-traiter à une agence ?).

Bruno CLEMENT

LOL is all around :-))

LOL PROJECT

Le rire est-il communicatif ?..Moi je pense franchement que oui.

Et lorsque le rire croise le chemin de Facebook, cela donne un projet formidable: le “LOL Project” mené par David Ken artiste photographe de mode et de renom.

Le principe est à la fois simple et génial:
Saisir le moment où la personne lâche prise en éclatant de rire puis réunir tous ces portraits pour créer une gigantesque fresque de bonne humeur humaine.

La bonne idée est d’avoir capitalisé sur Facebook pour recruter des “LoLisés” et viraliser le LOL Project:

Qui sont-ils ? Principalement des inconnus, mais aussi quelques stars (Zidane pour n’en citer qu’un) , et puis dernièrement pas mal de  blogueurs qui ont largement contribué depuis quelques jours à l’accélération du Buzz autour du projet.

La mécanique virale est particulièrement efficace: L’artiste demande juste à chaque participant de taguer sa photo LOL et de l’afficher en tant que photo de son profil, la matrice Facebook s’occupe du reste ;-)

Déjà plus 7000 fans et 700 portraits, sur un total de 1000…Donc un pari en passe d’être largement réussi !

LOL Mosaique

L’objectif avoué de l’artiste est de créer une grande exposition “I LOL PARIS” avec une sélection de ces portraits. Il y a même une “blogueuse LoLisée”, Caroline Arditti, qui s’est amusée, à l’aide d’un ami graphiste,  à recréer l’ambiance que cela pourrait donner:

I LOL PARIS

Moi si j’étais une marque désireuse de délivrer de la bonne humeur au monde…Je me précipiterais pour contribuer au projet ;-)

Pour ma part, j’ai été “LoLisé il y une 15aine de jours et il a fallut 2 minutes à peine pour que David Ken saisisse mon éclat de rire…

Bruno_LOL

Comment fait-il ? Un seul moyen de le savoir ;-)

1-Etre inscrit sur Facebook
2-Devenir FAN
3-vous INSCRIRE, en envoyant vos coordonnées téléphoniques à info@lolproject.com.

…Et attendre d’être directement contacté par téléphone pour participer au LOL Project.

Alors à qui le tour ? :-)

Cédric DENIAUD

Le pouvoir de l’influence : mes amis avant des inconnus

Lorsque l’on parle d’influence sur Internet, on voit poindre le mythe du bloggeur influent (vous connaissez ma position sur le sujet : On reparle de l’influence des bloggeurs et Qui influence qui ?) ou l’idée fausse que l’influence se fait en faisant le plus du bruit (ou plutôt ramdam) sur la Toile…

L’influence n’a rien a voir avec ces éléments même si intégrer des relais d’opinion dans une stratégie d’influence est un point mais ne doit pas être l’essentiel. Avant donc de faire une campagne de billets sponsorisés (Réflexions autour des billets sponsorisés sur les blogs) qu’une agence vous facturera 30 000 euros, et qui ne vous rapportera que des articles écrits par des gens d’un microcosme et lu par ce même microcosme (principalement des gens de la communication comme si les blogueurs d’agence essayaient d’influencer leur lectorat constitués de d’autres blogueurs et agences…), il vous faut poser les questions de la pertinence de cette démarche dans une vraie stratégie d’influence.

L’influence passe, comme on le verra dans l’article, par la notion de relation (et non de communication) et de proximité…

L’importance de la proximité

L’une des notions clés lorsque l’on parle d’influence est celle de la proximité avec la personne qui va vous influencer. La proximité n’est pas nécessairement que sentimentale ou amicale (des proches : amis ou famille) mais peut être celle de l’expertise.

Toutefois, l’évolution de la communication et de la société a fait que nombre de produits sont devenus des marqueurs sociaux. Les marques nous ont envahis comme le montre de manière très graphique le court métrage oscarisé Logorama.

Influenceur = un métier ? (l’importance de la relation)

Cette question est la partie centrale du synospis du film “The Joneses” avec David Duchovny et Demi Moore, dont je vous présente la bande annonce ci-dessous.

Une “fausse” famille américaine qui donne l’image de la famille parfaite (et que donc les autres familles idolâtrent) passe de ville en ville pour, dans un but sournois : recommander des produits qu’ils utilisent auprès de leurs nouveaux amis. C’est comme si le vendeur de porte à porte préférait d’abord devenir votre meilleur ami pour ensuite vous recommander des produits…

Il est intéressant de voir que les phénomènes de recommandation et d’influence arrivent aujourd’hui au cinéma.  L’influence est véritablement l’avenir du marketing…

Facebook a compris l’importance de l’influence à travers le social shopping

Le social shopping englobe cette notion que l’achat que vous faites est influencé par les avis de pairs. Or, le bémol de nombre de modules ou sites d’avis consommateurs étaient la non proximité avec la personne qui laissait un avis (cf : Le problème des avis utilisateurs sur les sites e-commerce). Facebook via son système OpenGraph et le module “I like” intégrable sur des sites externes (voir l’article de Fred sur le sujet pour plus de détails : Facebook va-t-il révolutionner le Web ?) représente la volonté de Facebook de prendre une main mise sur le web social, mais en dehors de son site.

Que les sites de marque deviennent sociaux est une tendance inévitable (Va-t-on vers la mort des sites Internet de marque ?), que Facebook veut prendre la part du gâteau est une stratégie opportune. En effet, Facebook affiche ainsi sur des sites de marque qui parmi vos amis ont aimé tel ou tel article, ou tel produit… La recommandation est donc ancrée dans le cycle d’achat (vous êtes sur le site marchand et non sur un site externe) et peut alors encore plus facilement déclenchée l’acte d’achat.

J’aurai l’occasion dans les prochains jours de revenir un peu plus longuement sur Facebook Open Graph et les autres nouveautés annoncées dans Facebook F8 (prononcé “Fate”…) au travers de une ou deux interviews vidéos d’acteurs du marché.