Frédéric CAVAZZA

De l’inefficacité des médias sociaux à couvrir l’actualité chaude

Voici le billet que j’aurais aimé écrire : Attentas de Bombay : citizen journalists plus commentateurs que reporters ou analystes. Dans ce billet l’auteur fait un constat plus que mitigé de la couverture des événements de Bombay par les médias sociaux (blogs, micro-blogs, réseaux sociaux, sites de partage…).

A la base de cette réflexion, un article d’une pro de la communication ( Amy Grahan) qui tire les conclusions suivantes :

  • Les réseaux sociaux (Facebook et son statut) se contentent de citer les contenus des médias traditionnels ;
  • Les blogueurs ne font que commenter ;
  • Les photos et vidéos publiées ne présentent aucun intérêt.

Ouch ! Le constat est dur mais force est de constater qu’il est juste. Face à une actualité très chaude comme ces attentats de Bombay (qui plus est à l’autre bout de la planète), les journalistes citoyens sont incapables de produire ni information à valeur ajoutée ni analyse.

Saluons ici le courage de l’auteur pour dénoncer ce raz-de-marée (cf.  Mumbai - Twitter and Citizen Journalism Advance) qui n’a d’autre intérêt que d’assouvir la soif de sensationnalisme des drogués de Twitter (et il y en a beaucoup).

Heureusement le tableau n’est pas tout à fait noir puisque les blogueurs sont aussi capable de très rapidement mettre en place des initiatives humanitaires ou à synthétiser le peu d’informations viabilisées sur une page Wikipedia.

Nous savions déjà que la blogosphère fonctionnait comme une chambre de résonance, la twittosphère fonctionne elle comme une chambre de résonance en temps réel qui ne fait qu’accentuer la confusion et la panique. Souvenez-vous les nombreux twits et blogs qui ne faisaient que relayer la dégringolade de la bourse en Septembre dernier, quel intérêt si ce n’est jeter de l’huile sur le feu ?

Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de remettre en cause les pratiques de micro-blogging (dont je suis moi-même un adepte) mais de douter de l’efficacité réelle de cet outil face à une si grande tragédie. Que se serait-il passé si Twitter avait existé à l’époque du 11 septembre 2001 ?

Reconnaissons que de grosses machines comme l’AFP ou Reuters sont quand même bien mieux calibrées pour couvrir de tels évènements au travers de brèves plutôt qu’un twitteur dont ce n’est pas le métier et qui n’est pas sur place.

Je vous invite également à lire le retour d’expérience de Claude Malaison (grand twitteur devant l’éternel) qui a été extrêmement présent ces derniers jours en se transformant en authentique téléscripteur humain :  #Mumbai - Loin du Web 2.0 et pourtant si près… (Première partie).

Bref, loin de moi l’idée de jouer les rabat-joies mais je suis plus que perplexe face à l’enthousiasme de certains qui qualifient déjà Twitter de remplaçant des médias traditionnels, c’est à mon sens aller un peu vite en besogne. D’autant plus que les journalistes sont tout à fait capables de s’approprier ces nouveaux outils comme à la rédaction de l’Express où Julien se sert de Twitter pour couvrir les événements culturels comme le Printemps de Bourges.

Encore une fois je ne suis pas en train de faire le procès de l’outil (qui renferme un énorme potentiel, cf.  Why I Love Twitter) mais plutôt de rappeler les limites de l’exercice pour les twitteurs lambda qui ne sont ni formés ni entraînés aux métiers du journalisme.

Frédéric CAVAZZA

Médias sociaux et publicité sont-ils compatibles ?

En voilà une grande question à laquelle les plus grandes plateformes sociales tentent de répondre tant bien que mal. Et pour le moment c’est plutôt mal car les initiatives réussies sont plutôt rares.

Explication de cette incompatibilité : “les médias sociaux sont des plateformes d’interaction et de rencontre, pas de contenu et de publicité“. Pour vous en convaincre, regardez des plateformes comme Facebook ou Twitter : il y est uniquement question d’échange, il n’y a donc pas de place pour la publicité.

Deux billets très intéressant illustrent ce point de vue : Advertising through consumer-generated media - is it a futile attempt to hijack conversations? et Social Media Is NOT Media. Les avis des deux auteurs convergent : n’essayez pas de toucher vos cibles avec des messages publicitaires unidirectionnels mais essayez plutôt d’initier un dialogue. Autre enseignement très intéressant de ces articles : “Dans ‘Médias sociaux‘ il y a ‘Média‘ hors par définition un média est quelque chose que vous pouvez acheter ou vendre. De ce fait, est-ce que la vidéo d’une adolescence qui raconte sa rupture avec son mec est un support que l’on peut vendre à des annonceurs ?

Dialogue, c’est le maître mot sur ces plateformes où l’on échange librement et où toute tentative d’intrusion maladroite est immédiatement sanctionnée.

Autre billet intéressant à lire sur ce sujet : Understanding and Aligning the Value of Social Media, où l’auteur nous livre une série de conseils plein de bon sens :

  • Soyez transparent ;
  • Soyez vous-même ;
  • Ne cherchez pas à vendre ;
  • Intéressez-vous aux autres, écoutez-les ;
  • Soyez patients.

Rien de très neuf dans cette approche, mais ça fait toujours du bien de le répéter.

Frédéric CAVAZZA

Ping.fm + Yahoo! Pipes = Tarpipe

Gérer son activité sociale sur le web peut rapidement être très chronophage, surtout si vous êtes un minimum actif (blog + partage de photos + vidéos + liens + tweet…). Autant il existe des services simples pour agréger vos publications (à l’image de Friendfeed) autant il est nettement plus complexe de gérer ça dans l’autre sens : publier sur plusieures plateforems en même temps.

C’est là où des services comme Ping.fm ou Pixelpipe prennent tout leur intérêt. Le problème c’est que ces services sont tout de même assez limités et c’est là où Tarpipe rentre en scène. Pour faire simple il s’agit d’un atelier de gestion graphique de vos flux sociaux.

L’intérêt de ce service est de vous permettre de gérer vos flux d’activités sociaux (billets et tweet publiés, photos et liens partagés…) dans un environnement graphique qui n’est pas sans rappeler Yahoo! Pipes :

L'atelier de gestion des flux sociaux de Tarpipe

Cet outil offre ainsi un niveau de sophistication jamais proposé jusqu’à présent avec la possibilité de définir des règles complexes : récupérer les emails envoyés à telle adresse et les republier sous forme de tweets sur différentes plateformes ( Twitter, Plurk, Jaiku), partager une photo sur différents services ( FlickR, Photobucket…) à partir de la pièce jointe d’un email…

Bref, c’est le paradis du social user sans une seule ligne de code. Au premier abord le service a l’air complexe mais les règles sont assez simples à mettre en oeuvre et le service supporte même les microformats.

Il ne manque plus qu’une version premium avec une couche de “social analytics” pour les marques qui souhaitent faire du brandstream micro management ?

(via RW/W)

Frédéric CAVAZZA

Nokia lance Friend View, son réseau social local

C’est la semaine dernière que Nokia a lancé via son labs un nouveau réseau social local : Friend View. Nous parlons bien ici d’un réseau social LOCAL, donc qui ne rentre pas (trop) en concurrence avec Mosh (un autre réseau social lancé par Nokia).

NokiaFriendView.jpg

Ce service repose sur 3 fonctions de base :

  • Indiquer à vos proches où vous êtes (géolocalisation via GPS ou triangulation) et ce que vous faites / ressentez (via micro-blogging) ;
  • Se renseigner sur des lieux à proximités (restaurants, bars…) grâce aux recommandations et commentaires de la communauté ;
  • Organiser des RDV spontanés avec vos proches (dans un lieu public ou non).

Plus d’infos ici :  Nokia Friend View via Beta Labs, sinon tout est expliqué ici :

Le service est donc très intéressant sur le papier avec en prime une bonne complémentarité avec la version web, mais doit faire face à une concurrence très rudes de la part de services déjà établis comme DodgeBall, BrightKite, Loopt Moximity ou encore de services français comme DisMoiOù ou Webcity. Pour le moment ce service n’est disponible que sur la plateforme Symbian (propriété de Nokia, cf.  Rachat de Symbian par Nokia : le monde du mobile à nouveau bouleversé) et ne semble pas bénéficier de l’héritage de Plazes (racheté en début d’année :  Germany’s Plazes Acquired By Nokia).

Visiblement les premières impressions sont plutôt mitigées ( First Impression Of Nokia Friend View) mais nous pouvons faire confiance à Nokia et à sa force de frappe pour faire rapidement évoluer ce service. LA grande question reste maintenant de savoir d’ici quand ce service sera disponible sur les autres plateformes (Windows Mobile, Android, Blockberry et surtout iPhone).

(via Techcrunch)

Frédéric CAVAZZA

Quand les vidéos sont doublement virales

Suite à la première édition du Viral Film Festival, je souhaiterais vous faire part d’une pratique révolutionnaire : la vidéo doublement virale. Le principe est simple : exploiter la viralité d’une vidéo amateur pour lancer un second cycle viral.

Première illustration avec Carlsberg qui a profité de la formidable exposition de la Diet Coke + Mentos Experiment pour lancer dans la foulée sa “réponse” :

Les codes viraux sont respectés (acteurs amateurs, qualité médiocre…) mais le message est équivoque : “ne mettez pas de Mentos dans notre bière“.

Deuxième illustration avec Electronic Arts qui a choisit cette technique pour répondre aux critiques d’un internaute qui avait découvert un bug sur le jeu Tiger Woods (Il est possible de jouer une balle qui est tombée dans l’eau) :

La vidéo publiée passe un message clair : “Oui, il est bon à ce point“.

Rien à redire, cette technique permet de capitaliser sur une prolifération virale en lui donnant un second souffle. Toute la difficulté consiste à réagir vite et surtout à trouver une réponse intelligente qui mette la marque / le produit en valeur.

D’autres exemples ?

Frédéric CAVAZZA

Comment expliquer l’échec de Facebook ?

En réponse à un précédent billet publié par Cédric ( Comment expliquer le succès de Facebook ?), je souhaiterais me livrer à un exercice périlleux : lister les facteurs qui fragilisent actuellement Facebook et qui causeront son échec à moyen terme.

Entendons-nous bien : tout comme le billet de Cédric était volontairement optimiste, ce billet est volontairement pessimiste (la réalité de la situation se situe donc entre les deux). Ne pensez pas que je me lance dans une vendetta personnelle contre Facebook, mais je trouve que ce conformisme ambiant (”s’il y a de l’audience c’est que le modèle est le bon“) nous éloigne des réalités opérationnelles du marché. Et en plus ça met de l’ambiance dans les commentaires !

Là où il y a de la mass, il n’y a plus de hype

Tout le monde est maintenant au courant que  Facebook a dépassé les 100 millions d’utilisateurs. Très bien, mais après ? Autant il était socialement valorisant de se dire membre de Facebook l’année dernière car c’était la plateforme sociale à la mode, autant avec plus de 100 milions de membres Facebook ne peut plus prétendre au titre de “site cool”. Tous les utilisateurs ont eu leur overdose de morsures de vampires et de moutons dans la tronche, celui qui s’amuse maintenant à faire ça passe pour le dernier des ringards. Les 100 prochains millions vont donc être plus difficiles à convaincre.

Il y a bien évidement le développement à l’international, mais les concurrents sont nombreux (cf. Une nouvelle cartographie des réseaux sociaux dans le monde) et cela fragilise la plateforme (interfaces à traduire dans de nombreuses langues, environnements légaux très disparates, censure dans certains pays…).

Pire, la typologie de l’audience (avec une moyenne d’âge supérieure à 30 ans) fait fuir les plus jeunes qui se reportent sur des plateformes plus obscures comme Xanga, Netlog ou Hyves.

Les chiffres en question

Puisque nous en sommes à parler de chiffres, j’aimerais pointer du doigt un phénomène d’aveuglement généralisé autour de l’audience et de la croissance de Facebook (cf.  Réseaux sociaux: Facebook au Top, LinkedIn & Twitter également !). 100 millions de membres, c’est un très bon chiffre, mais ça reste bien inférieur aux 230 millions de membres de MySpace, aux 105 millions de Habbo et c’est à peine plus que les 75 millions de Friendster. Je ne parle même pas des plus de 250 millions de Yahoo, des centaines de millions de MSN ou des 350 millions de QQ. Partant du principe que ces 100 millions d’utilisateurs sont répartis dans le monde entier, la taille critique n’est pas encore atteinte pour mettre Facebook à l’abri de ses concurrents, contrairement à MySpace qui est ultra-dominant en Amérique du Nord.

Concernant la France, des plateformes “locales” comme Skyrock ou Copains d’avant bénéficient d’une avance toujours très confortable pour pouvoir s’adapter et s’organiser à la montée en puissance de Facebook :  Audience des réseaux sociaux en France : Skyblog et CopainsDavant loin devant Facebook.

Pour la croissance c’est la même chose : 116% de croissance est un très bon taux, mais nous sommes loin du score qu’enregistre LinkedIn (193%) ou des scores faramineux de plateformes plus petites comme Tagged (+330%) ou Ning (+250%). Même si l’effet volume joue sur ces chiffres et gonfle artificiellement les scores des petites plateformes, la croissance de Facebook va progressivement s’aplatir car une fois recrutés les adopteurs précoces et une partie des adopteurs tardifs, il est beaucoup plus complexe de mobiliser les autres.

Un leadership technologique remis en cause

Autant Facebook a été pionnier avec le lancement de sa plateforme, autant maintenant les équipes ont beaucoup de mal à tenir la cadence infernale imposée par d’autres acteurs plus puissants et mieux organisés (notamment au travers d’initiatives comme OpenSocial, DataPortability…). Facebook se retrouve dans une position délicate où les innovations en cours de déploiement sont déjà quasi-dépassées (cf. Facebook Connect, flagrant manque d’inspiration). Le problème vient probablement de l’équipe somme toute assez réduite (quelque centaines de développeurs) comparée aux armées que sont capables de mobiliser les concurrents comme Google, Yahoo ( Yahoo Previews Its New Application Platform) ou encore AOL ( AOL Quietly Launches One of the World’s Biggest App Platforms).

Pire, les innovations qui faisaient rêver le secteur sont aujourd’hui remise en cause notamment du fait de problèmes de monétisation et de pérénité : Why Platforms Are Letting Us Down - And What They Should Do About It.

La culture de la gratuité

Il reste enfin l’éternel problème de  Facebook : gagner de l’argent. Depuis le début de l’aventure, le patron de Facebook se targue de proposer un service gratuit qui sert avant tout à améliorer le quotidien des utilisateurs et à rendre les gens plus heureux. Très bien, j’apprécie grandement, mais comment tout ceci va-t-il finir ? Partant du principe qu’il faut investir 1 à 2 ans dans un réseau social avant de pouvoir en tirer des bénéfices concrets (notamment au travers des pratiques de réseautage professionnel), pourquoi investir son temps et son énergie dans une plateforme dont la viabilité n’est pas assurée ?

Contrairement à des services comme  LinkedIn ou  Ning qui propose des options payantes depuis le début (et ne s’en sont jamais cachés), l’approche “100% gratuit” de Facebook ne rassure pas les investisseurs ni les annonceurs ( Facebook à la recherche d’un second souffle). Pire : cela rend les utilisateurs plus vindicatifs lorsqu’il est question de monétiser l’audience. Ceci est d’autant plus grave que les utilisateurs ont maintenant bien compris qu’ils peuvent faire plier la direction à leurs exigences (cela s’est déjà vérifier 3 fois).

Facebook sera-t-il le prochain Boo.com ?

Bref, les arguments en faveur de Facebook ne manquent pas : sa croissance, son audience, sa couverture médiatique… mais force est de constater que lorsque l’on y regarde de plus près, la situation est très alarmante. Rajouter à tout cela le problème de positionnement ( Facebook et le syndrome du canard) et vous aurez une situation critique.

Un service trop en avance sur son temps ? Un patron trop naïf ? Un environnement concurrentiel trop féroce ? Difficile pour le moment de savoir comment Facebook aurait pu éviter de se retrouver dans cette situation. Toujours est-il que la partie est loin d’être gagnée et que l’hiver nucléaire qui approche risque d’être fatal à  Facebook et d’en faire un exemple emblématique de la bulle 2.0 tout comme Boo.com à son époque.

MàJ (31/10/2008) : Visiblement je ne suis pas le seul à emmetre des doutes quand à la viabilité de Facebook :  Facebook May Be Growing Too Fast. And Hitting The Capital Markets Again. En résumé : ils ont dépensés la quasi totalié des 500 millions de $ levés cette année, leuts coûts d’exploitation explosent, la croissance est principalement réalisée à l’étranger où les frais sont encore plus élevés et où la monétisation des graphes sociaux est trop complexes (barrières linguistiques, culturelles, législatives…).

Frédéric CAVAZZA

Une nouvelle cartographie des réseaux sociaux dans le monde

Suite à une précédente cartographie des réseaux sociaux dans le monde publiée par Pingdom (cf.  Social network popularity around the world) et Le Monde (cf.  Réseaux sociaux : des audiences différentes selon les continents), c’est au tou d’Oxyweb de nous proposer une nouvelle carte avec les réseaux leaders par pays :  World Map showing the popularity of social network around the world.

Cartographie des réseaux sociaux dans le monde

C’est donc les Skyblogs qui dominent sans surprise le paysage “social” français (cf.  Audience des réseaux sociaux en France : Skyblog et CopainsDavant loin devant Facebook). Confimration également de la popularité de Grono dans les pays de l’Est et des indications très intéressantes sur l’Afrique (lire à ce sujet Les médias sociaux en Afrique).

(via Michelle Blanc)

Frédéric CAVAZZA

Les applications sociales à l’assaut des enfants (et des parents)

Avec l’avènement des médias sociaux et le phénomène de “nichisisation” des services, les éditeurs sont à la recherche des niches les plus rentables. S’il y en a bien une qui domine le lot, c’est bien celle des enfants (et des parents qui financent les loisirs de leur progéniture).

Alors que certains ont choisit la voie du casual game (comme Club Penguin), d’autres celles de la poupée virtuelle ( Stardoll, Barbie Girls) et d’autres celle des espaces sociaux “familiaux” (cf.  L’invasion des plateformes sociales familiales), un nouveau type d’acteurs est en train de voir le jour : les applications sociales pour enfants (en anglais ça donnerait : “Teen Social Browser“).

Le principe est redoutable : une application permettant de partager photos, musiques, vidéos, de rencontrer d’autres enfants, d’avoir accès à des jeux et du contenu en ligne, le tout dans un environnement parfaitement sécurisé. Le rêve pour les enfants qui peuvent librement surfer et sociabiliser sans avoir leurs parents qui surveillent, le rêve pour les parents qui n’ont pas à stresser à cause des prédateurs sexuels ou à s’arracher les cheveux à installer un logiciel de contrôle parental.

Deux acteurs sont déjà positionnés sur ce créneau : Kidzui avec un produit déjà très abouti (cf.  Quand service en ligne et browser ne font plus qu’un et  KidZui Starts Youth Off Early on Social Networking).

L'interface de Kidzui

Pikluk dont la proposition de valeur est à peut près la même (cf.  PikLuk Puts Parents in Control of Childrens’ Browsing | The Startup Review).

L'interface de Pikluk

Là où se dispositif est particulièrement redoutable, c’est que les “clients” (enfants et parents) sont dans un environnement captif où les concurrents ne sont pas un clic de souris. À partir de là, le modèle économique de ces acteurs est tout trouvé : monétiser la présence de contenus, services et annonceurs au sein de la plateforme. Oui, ce modèle est rigoureusement le même que celui des opérateurs téléphoniques à la i-mode.

Toujours est-il que je trouve les arguments de ces services tout à fait pertinents :

Le système de contrôle parental

Ils sont en quelque sorte précurseur sur un modèle de SaaS (Softaware and a Service). Coupler cela avec une technologie de déploiement rapide comme Adobe AIR et vous aurez une authentique pépite. Qui sera le premier acteur français à se lancer ?

Frédéric CAVAZZA

50% des initiatives sociales des grandes marques seront des échecs

La semaine dernière l’institut Gartner Research a publié un rapport sur le social computingThe Business Impact of Social Computing. Point d’orgue de ce rapport, cette statistiques complètement fumeuse : parmi les 75% des grands annonceurs qui tenteront une campagne sur les médias sociaux, 50% échoueront.

Bon… passé l’effet de surprise (mais d’où sortent-ils ces chiffres ?), ce rapport à tout de même le mérite de pointer du doigt le déficit flagrant de compréhension des médias sociaux par les annonceurs et grands comptes.

Je m’explique : Beaucoup trop d’annonceurs avec qui je discute se méprennent sur le potentiel des médias sociaux et surtout sur les bénéfices qu’il est possible d’en tirer. Le premier reflexe de ces annonceurs est donc de tenter de reproduire l’approche qu’ils connaissent le mieux : le ROI. La tentation est en effet très grande de reproduire le schéma classique : “Combien ça me coûte, combien ça va me rapporter. Mais là où la vie est mal faites, c’est que les ratios et indicateurs valables pour le search marketing ne le sont pas pour les médias sociaux.

En d’autres termes : inutile d’exiger du ROI ou des metrics fiables car vous n’en aurez pas. Les médias sociaux sont comme le Far West : sauvage, inconnu, avec un très fort potentiel mais surtout très dangereux (attention au retour de flammes de la communauté).

Les médias sociaux sont un formidable terrain d’expression, encore faut-il en comprendre le fonctionnement et surtout encore faut-il y mettre les pieds. Je croise encore beaucoup trop d’annonceurs qui cherchent à complètement déléguer cette partie à des agences. Quel dommage, car une incursion au sein des médias sociaux n’a de valeur que sur le long terme.

Permettez-moi d’être encore plus clair :

  • Si vous voulez augmenter vos ventes du mois avec un ROI assuré, achetez des mots clés.
  • Si vous voulez améliorer votre image de marque et investir sur le long terme, choisissez les médias sociaux.

Attention à ne pas mal comprendre mes propos : je ne critique pas les campagnes d’achat de trafic, mais j’attire juste votre attention sur la limite de cette pratique.

À côté de ça, vous avez aussi la possibilité de vous rapprocher de vos clients / prospects / cibles, d’initier des rapports durables (pas uniquement fondés sur un avantage prix) et amorcer un dialogue constructif (équivalent aux focus group, mais en moins cher).

Encore une fois il n’est pas question de choisir entre telle ou telle initiative, mais plutôt de bien identifier les avantages / inconvénients. Notez que ces différentes pratiques peuvent être cumulées.

Bref, tout ça pour dire que je vous recommande cet article publié sur Social Media Explorer ( How to Be in the Right 50% of Social Media Marketing Campaigns) qui liste un certain nombre de bonnes pratiques pour bien démarrer sur les média sociaux :

  • Essayez de bien comprendre ce que les membres viennent chercher sur les médias sociaux et agissez en conséquence ;
  • Donnez les moyens à vos clients / prospects de s’exprimer et écoutez-les (pour de vrai) ;
  • Fournissez de la matière première à votre communauté (des contenus texte, vidéo…) ;
  • Intégrez votre démarche “sociale” dans une stratégie plus globale d’écoute active ou de co-création.

Voilà, à vous de jouer maintenant !

Frédéric CAVAZZA

La Brute + MMO + Facebook = Elven Blood

Celles et ceux qui n’étaient pas en vacances au fin fond du désert cet été ont forcément été touché par la déferlante La Brute. Pour faire simple, il s’agit d’un jeu en ligne rudimentaire mais extrêment viral (réalisé par Montion Twin qui étaient également à l’origine de MiniVille autre jeu viral). Ce jeu en ligne aux allures modestes a tout de même réussi à se classer dans le Top10 des audiences française en juillet 2008, c’est dire l’ampleur du phénomène.

LA star du web français dans la seconde quinzaine de Juillet 2008

Bon bref, tout ça pour dire qu’en appliquant les bonnes recettes il est possible de démultiplier son potentiel viral et d’atteindre des audiences stratosphériques en quelques semaines. Oui mais après ? Hé bien c’est là où ça coince : après il ne se passe rien. Impossible de capitaliser sur un personnage ou sur le réseau de filleuls créé. Et c’est bien dommage. Second problème : le jeu est rudimentaire et on s’en lasse assez vite.

C’est là où des acteurs comme Challenge Games, Casual Cafe ou  Royal East India Trading Company rentrent en scène : ils proposent une panoplie de social games, des jeux en ligne à vocation virale directement au sein des réseaux sociaux ( Facebook, MySpace, Hi5…).

Illustration avec Elven Blood, un social games où vous incarnez un elf :

L'accueil d'Elven Blood

Pour gagner de l’expérience ou de l’or, vous devez effectuer des quêtes. Quêtes qui vous coûtent de l’énergie (Stamina), énergie qui est limitée (vous ne pouvez faire que 4 à 5 quêtes par jours) :

La liste des quêtes

Première bonne trouvaille : limiter le nombre d’actions possibles pour forcer les utilisateurs à se connecter tous les jours.

Deuxième bonne trouvaille, lister les joueurs du même niveau que vous pour pouvoir les attaquer (comme sur La Brute) :

La liste des joueurs à attaquer

Troisième bonne trouvaille, afficher un tableau des meilleurs joueurs en fonction de différents critères (niveau d’expérience, richesse…) :

Le tableau des scores

Les joueurs sont ainsi récompensés de l’investissement qu’ils mettent dans ce jeu. Ils ont alors la satisfaction d’afficher un profil élogieux :

Le profil d'un membre

Dernière bonne trouvaille, et pas des moindres, la possibilité d’acquérir de l’expérience ou des boost en payant (via Paypal) ou en souscrivant aux programmes des sponsors :

La liste des programmes des sponsors

Sponsors“, voilà une façon bien élégante de désigner des annonceurs qui ne sont pas vraiment regardant sur leurs méthodes de recrutement. Loin de moi l’idée de critiquer un tel dispositif que je trouve redoutable et surtout très ingénieux, il n’empêche que je serais curieux de connaître le taux de transformation de ces programmes.

Toujours est-il que je suis en admiration devant la sophistication de ce jeu. Même si le thème des elfes peut en rebuter plus d’un(e)s, il existe de nombreux autres jeux de ce style pour combler les différents publics (masculin / féminin, jeune / vieux…).

(via Inside Social Games)

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