Bruno CLEMENT

Facebook Places, sonne-t-il le glas pour FourSquare et ses concurrents ?

Mark Zuckerberg, vient d’annoncer sur le tout nouveau Live Channel de Facebook, le lancement officiel de Facebook Places…Un service de géolocalisation accessible depuis l’application Facebook pour Iphone (et dans un futur proche Blackberry et Androïd) qui offre 3 fonctionalités:

- Partager avec vos amis où vous êtes.
- Vous aider à trouver où sont vos amis.
- Vous permettre de découvrir les nouveaux lieux autour de vous..

Watch live streaming video from facebookinnovations at livestream.com

Bref, en surface, un bon “Me too” de Foursquare, ou GoWalla, le système de badges/timbres en moins…

…Mais avec 2 différences fondamentales qui risquent de changer la donne !

1- La possibilité de taguer ses amis en live.
Ce qui ouvre les services de géolocalisation à tous les membres de Facebook qui n’ont pas d’Iphone, et devrait contribuer largement à la popularité de cette pratique , si on la compare au succès que rencontre le service de tag photo sur Facebook.

Évidemment, cela pose de nombreuses questions liées à la vie privée, questions en partie résolues par le fait que l’on ne pourra taguer un ami que si l’on checke soi même.  De plus, tout comme pour le service photo, on peut supprimer un tag à n’importe quel moment.

2- 500 millions de membres à qui l’on offre un véritable service.

Contrairement à un Foursquare ou un GoWalla qui misent sur une logique ludique pour gagner et inciter les membres à jouer le jeu du Check-in, et qui oblige à s’inscrire et utiliser  une application dédiée, Facebook Places s’inscrit dans une logique de pur service intimement lié à son graphe social principal: celui de son profil Facebook.

On pouvait partager ses pensées, ses photos, ses vidéos avec ses amis…Maintenant, on peut aussi dans un même environnement avec ses “vrais amis” partager aussi les lieux où l’on se trouve.

Et si l’on s’en tient à ce sondage proposé par Mashable depuis hier, 1/3 des individus déclarent qu’ils vont utiliser Facebook Places, 1/3 demandent à voir, mais ne sont pas contre...Ramené sur un potentiel de 500 millions de membres de Facebook….Cela risque très vite de marginaliser Foursquare et ses concurrents, qui ne sont déjà pas mainstream surtout en Europe.

Mashable Poll - Facebook Places

Une vision sociétale intéressante du service

Je vous invite regarder l’intervention de Chris Cox, le VP Product et Management de Facebook (38e minute de la vidéo) qui évoque l’approche sociologique quasi sociétale de Facebook Places.

Selon un éminent sociologue, dont il se fait le porte-parole, Facebook Places rend 2 grands services à l’humanité:

1- Il reconnecte la relation digitale avec les lieux traditionnels de vies et d’échange (restaurant, bars, librairies, etc..).Là où les relations humaines se nouaient avant l’Internet. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, je pense.

2- Il crée une sorte de mémoire collective des lieux au travers des traces digitales que les gens auront laissées sur leur passage et que l’on retrouvera sur Facebook. Par exemple, dans 20 ans vos enfants pourront peut-être retrouver une trace de votre premier baiser checkant un lieu où vous aviez publié une photo géolocalisée ;-)

La fin des haricots pour Foursquare, Gowalla et autre Plyce ?

Des représentants de Foursquare, Gowalla, Yelp et Booyah interviennent dans la vidéo, et au-delà de la façade très américaine “Great to be here, wonderfull opportunity…blah blah”…rien de concret n’est annoncé et on peut presque sentir le malaise des intervenants à positionner leur service vis à vis de Facebook Places.

Alors, évidemment, Facebook Places offre un API qui permettra une interaction avec tous ces services, bien entendu on peut déjà synchroniser son compte Foursquare avec Facebook…Mais franchement il y a fort à parier que les utilisateurs iront très vite au plus simple, comme ils le font avec les photos ou le service de chat par exemple.

Pour Yelp, c’est une autre histoire, le service rendu est déjà clair et la base de données bien alimentée (du moins dans certaines villes des US)..Donc la complémentarité est plus évidente avec Facebook Places, et on peut assez vite imaginer des Business deal (graph social contre contenu) entre les 2 parties.

Et c’est quoi le Business modèle ?

La question de la monétisation est évoquée à la fin de la vidéo au travers d’une question, dont la réponse est assez floue, comme souvent avec Facebook lorsque ce sujet est abordé…L’idée étant pour Mark Zuckerberg d’abord rendre un vrai service à ses membres, et que si cette partie du contrat est rempli, les opportunités de business suivront.

Ceci dit, je suis assez convaincu qu’avec 500 millions de membre et la simplicité du service, les deals avec les grandes enseignes de distribution ou restauration risquent de faire assez rapidement.

Bon, la mauvaise nouvelle, c’est que Facebook Places n’est pour l’instant déployé qu’aux US, et que l’agenda d’ouverture à d’autres pays n’est pas clairement annoncé…Le temps pour Foursquare et Plyce de se retourner, qui sait  ;-) ?

Cédric DENIAUD

Quand le député Lionel Tardy pose la question : peut-on tweeter partout, tout le temps ?

Vous avez tous suivi l’élimination en Coupe du Monde et la débâcle autour de l’équipe de France et notamment son entraineur Raymond Domenech. Cette semaine, à l’invitation d’une commission culturelle à l’Assemblée Nationale, il était reçu, tout comme Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF. Ce n’est pas tant cet événement qui m’intéresse ici mais plutôt la large polémique médiatique sur le fait que le député Lionel Tardy, bien connu pour son utilisation fréquente de Twitter (@deputetardy) qui entoure sa non autorisation à utiliser Twitter pendant l’audition privée. La presse en ligne notamment s’en ai fait largement l’écho ces derniers jours :

Hors mis, le “coup de comm” que s’est ainsi payé ce député qui n’en était pas à son premier galop d’essai (La colère UMP en direct sur Twitter), ce qui m’intéresse c’est de se payer la question plus globale de “Est-ce que l’on peut tweeter partout, tout le temps ?”.

Les médias sociaux sont omniprésents et grâce aux supports mobiles, nous pouvons désormais être conecté partout, tout le temps. La question est alors de savoir quoi et quand partager afin de savoir placer ses propres limites dans la diffusion d’informations privées (cf : Vie perso/pro et vie privée/publique). Le deuxième point qui m’intéresse plus n’est pas nécessairement ce qui peut ou pas être dit, mais c’est de savoir, si dans le cas de Twitter, il est opportun de laisser la possibilité de twitter en tout lieu. Je vous propose de voir cela au travers de quelques exemples :

Utilisation de hashtag pendant un séminaire

Afin de faciliter et de permettre aux internautes de pouvoir suivre les échanges dans le cadre d’un événement ou d’une conférence, l’organisateur propose un hashtag à utiliser. Mais si vous savez, si vous utilisez twitter, un mot clé intégré dans un tweet permettant par la suite de voir tous les tweets utilisant le même hashtag. Pratique !

La NFL (Ligue Américaine de Football Américain) interdit aux joueurs de twitter pendant les matches.

Cela peut vous sembler fou mais la NFL a du il y a quelques mois interdire à ses joueurs de twitter pendant les matchs : Twitter effraie les patrons du football américain. La raison est celle des droits de retransmission. Un joueur qui diffuse de l’information créé alors son propre canal d’information, non contrôlé et surtout hors des droits de retranmission payés par les supports. Cela est d’autant plus vrai s’il s’agit par exemple de contenus photos ou vidéos qui offriraient alors la possibilité aux internautes d’être plongés au coeur des coulisses du match… et ce gratuitement.

L’été dernier, un précédent notable et toujours dans le domaine sportif, sur cette question de la problématique des contenus diffusés gratuitement sur Internet pendant que les chaînes payent des droits de retransmission, était celui de Lance Armstrong. On le sait : à travers sa fondation, Livestrong, Lance Armstrong a une politique très avancée dans l’utilisation des médias sociaux pour orchestrer sa communication (cf : Livestrong.com, Armstrong champion du 2.0 !). Pendant le Tour de France, pendant qu’il se limitait au mimimum syndical pour les interviews avec les télés et journalistes, il réservait tous les soirs ses impressions et interviews de d’autres cyclistes sur son site Internet, relayé sur son compte Twitter (qui compte plus de 2 millions de followers à date). A l’heure où l’on parle énormément de la monétisation des contenus et de la perte des revenus des médias classiques, Internet et la gratuité de contenus posent un véritable problème.

Quand Twitter arrive à l’Assemblée et au Sénat

On entend aujourd’hui, suite à la tentative de tweet de Lionel Tardy cette semaine, que l’utilisation de Twitter à l’Assemblée va être examiné en séance parlementaire (Twitter dans le collimateur des députés). Autre cas précédent dont vous aviez sûrement entendu parler à l’époque :  la polémique  impliquant le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, et un sénateur PS, Martial Bourquin, relativement peu au fait de Twitter (Twitter sème la pagaille entre Estrosi et le PS). Ce dernier a interpellé le ministre sur des contenus qu’il (ou plutôt son conseiller) avait posté sur son compte Twitter. Cette polémique montre la non compréhension de part ce sénateur de l’usage qu’il peut être fait Twitter. Reprendre seulement les mots de Christian Estrosi c’est malheureusement s’arrêter à la forme. Bref tout cela prouve une nécessaire évangélisation de ces nouveaux outils pour que d’une les hommes politiques adaptent leur communication et soient prêts à respecter les règles du jeu.

Le procès Clearstream en direct de Twitter

Autre exemple, là encore très médiatique a été celui du suivi en quasi instantané des échanges lors du procès Clearstream. les journalistes et observateurs présents ont en effet largement utiliser Twitter pour relayer quasi minute par minute les échanges : Twitter à la barre du procès Clearstream.

Première question : peut-on vraiment chroniquer un procès en étant limité à des échanges de 140 caractères ? Il faut bien avoueur que la plupart des tweets étaient un simple relais commenté du déroulé du procès. Rien en soi de très palpitant. « Tout le monde n’a pas compris qu’en fait, Twitter, c’est un complément. On ne peut évidemment pas suivre tout le procès si on s’y intéresse, juste sur Twitter. C’est beaucoup trop lapidaire. Ce ne sont pas des compte-rendus d’audience. » comme le rappelle Olivier Toscer. Cela me confirme que ces échanges ne peuvent concerner qu’une minorité de personnes, en dehors du sujet abordé et que Twitter de part ce type d’usage ne me semble pas favoriser un usage grand public (cf : Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public).

Deuxième question : est-ce légal de twitter depuis une salle d’audience ? Comme le rappelle Maitre Eolas sur son blog : ” Ce que la loi interdit, c’est de fixer une image ou un son. L’écrit, et le tweet est un écrit, n’est pas concerné, il est même couvert par la liberté d’informer.”

Conclusion

Tout cela confirme à mon sens deux choses :

  • Twitter, au même que d’autres outils Internet, permet de diffuser facilement et rapidement une information. Il semble alors relativement vain de vouloir y poser une censure au niveau du contenus. Par contre, on peut se demander, de la même manière que pour un usage privé, du type de contenu qui peut être diffusé car jugé public ou privé. Est-ce que demain dans une réunion ou événement confidentiel, on sera obligé d’interdire les téléphones connectés à Internet pour éviter toute diffusion d’information ? On est en droit de se le demander…

  • Twitter a de nombreux usages et le “journalisme en temps réel” fait par tous en est un. De la même manière que Lance Armstrong peut devenir un producteur de contenus et un journaliste, n’importe quel internaute est un journaliste en puissance si je prends le terme “journaliste” comme diffuseur de contenu sur un média.

Bruno CLEMENT

Iceland wants to be your friend…

On vous parle souvent dans nos colonnes de l’importance de l’approche relationnelle dans les médias sociaux pour une marque ou un institution. Je ne vais pas revenir sur le fond de la discussion qui en gros consiste à dire qu’il ne faut pas confondre communication et conversation , mais je préfère plutôt illustrer le propos par un cas que je trouve exemplaire de par sa simplicité et la finesse de son approche – celui de l’Islande et de son dispositif:  Icelandwantstobeyourfriend.

Voilà donc un petit pays lointain, insulaire, connu pour la beauté sauvage de ses paysages,  qui a fait beaucoup parler de lui récemment sous un angle perturbateur en raison de l’éruption du Volcan Eyjafjöl. Une simple recherche sur Google, vous permet d’en avoir un petit aperçu.

On peut en déduire que le pays doit sans doute avoir un léger déficit d’image qui plus est, relativement déshumanisé de par sa situation géographique et la rudesse de son climat.

Iceland Wants to be My Friend ?

Iceland wants to be your Friend

C’est par cette accroche étonnante de simplicité que j’ai été interpellé via un simple tweet…”Iceland wants to be your friend”

Plutôt que de chercher à m’en mettre plein la vue avec la beauté sauvage de ses paysages, le parti-pris de l’office de tourisme Islandais est d’ humaniser au maximum sa présence digitale…De tout miser sur la RELATION dans son approche, plutôt que de chercher à me séduire à coup de slogans publicitaires.

L’approche relationnelle est à la fois humble et sympathique: “Hello My Name is Iceland.” - “I am very old, but I am new to this Internet. I have heard that many people use this Internet to make friends, and to talk about themselves. So I decided to do that, too.”

Iceland Field

L’humour et la dimension relationnelle sont présents jusque dans les mentions légales, prenez le temps de lire le texte ci-dessous:

Iceland Mentions

Avec à la clé une surprise ;-)

Le dispositif digital est ensuite “Classique” : Page FaceBook, Twitter, Tumblr, Vimeo, Flickr et un blog.

Mais toujours avec une réalisation impeccable et une ligne éditoriale qui capitalise sur la dimension humaine et relationnelle, en mettant en avant quelques “peoples” locaux qui nous offrent un regard très personnel de leur pays.

Iceland blog

Doktor Gunni’s list of only moderately touristy things to do in Reykjavík from Iceland on Vimeo.

Pour conclure, je dirais qu’à l’heure où la plupart des marques se sont lancées dans une véritable “course aux fans” et tentent même d’en mesurer la valeur marchande, cette approche tranche vraiment dans la jungle digitale.

Avec un pays qui a compris que sur Internet la dimension relationnelle est un pré-requis indispensable pour pouvoir bien communiquer avec sa cible.

Et si c’était ça le vrai Social CRM ?


Frédéric CAVAZZA

Forrst = Tumblr + FriendFeed + StackOverflow + Blellow

La semaine dernière a été marquée par le “coming-out” d’un nouveau service tout à fait intéressant (Forrst) qui marie de façon crédible une approche verticale avec des fonctions de publication, de microblog et de collaboration : Forrst, Stack Overflow Meets Tumblr.

La page d'accueil de Forrst

La page d'accueil de Forrst

La philosophie de Forrst est de s’adresser à une population homogène (les designeurs / développeurs) et de leur proposer un outil complet pour les accompagner dans leur quotidien professionnel avec :

Example de publications dans Forrst

Example de publications dans Forrst

Le service vient tout juste d’ouvrir en phase beta mais on sent déjà un très fort potentiel car :

  • Il propose une approche intégrée qui évite aux membres de s’éparpiller sur plusieurs plateformes ;
  • Il s’attaque à une niche verticale où les pratiques de publication / collaboration sont fortement ancrées (existe-t-il une profession plus connectée ?) ;
  • Il ambitionne de conquérir des utilisateurs de première heure des médias sociaux qui sont sûrement à la recherche d’un nouveau service intimiste loin des badauds et autres spammeurs ;
  • Il lui suffit d’activer des services tout simples (certification de compte, job board…) pour commencer à dégager des revenus.

Bref, voici un très bon exemple de service de “seconde génération” qui a su apprendre de ses cadets et proposer une plateforme cohérente avec une proposition de valeur tout à fait crédible. Pour plus d’infos, je vous recommande l’interveiw du fondateur : Forrst, Where Designers Who Code meet Developers Who Design.

Cédric DENIAUD

Vivons l’immobilier de Crédit Foncier : quand une banque mixe participatif et éditorial

J’aime vous présenter des initiatives menées par des sociétés en France sur les médias sociaux.  J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de Cisco, SNCF, RATP, Crédit Coopératif et récemment Danone (Pour ses 40 ans, Danette communique intelligemment sur Marmiton) et Coca-Cola (Coca-Cola Light : DailyWoman avec Yahoo! et PauseDej’ avec AuFeminin)… On me demande assez régulièrement de relayer telle ou telle opération menée par une marque sur les médias sociaux et il arrive fréquemment que je ne le fasse pas lorsque ces démarches relèvent plus de cas de Social Media Washing et pas de démarches conversationnelles, participatives ou communautaires cohérentes faites dans une vision relationnelle.

Aujourd’hui, je voulais revenir sur une opération dont j’avais déjà eu l’occasion de parler dans sa version 1 (Crédit Foncier + Feedback2.0 = ouvrir le dialogue avec ses clients sur Internet) et qui a été repensée il y a quelques semaines : Vivons l’immobilier.

Présentation

Je trouve le site intéressant puisqu’il est à mon sens le parfait exemple de mix intelligent entre contenus éditoriaux  et participatifs. Contenus éditoriaux car Crédit Foncier a des contenus à valoriser et ne met pas ainsi seulement à disposition un outil, comme c’est le cas pour certaines plateformes participatives de marque.  Contenus participatifs qui ne sont pas un appel à tout ou n’importe quoi ou un patchwork de fonctionnalité. J’aurai l’occasion dans les bénéfices de revenir sur le choix de proposer des échanges sur la base de question / réponse avec expert). A noter que la plateforme utilisée ici est française et est la solution Talkspirit et que le sitet a été réalisé par l’agence NextIdea.

vivonslimmobilier_credit_foncier

Quels bénéfices ?

Pour se positionner comme expert sur le thème de l’immobilier, Crédit Foncier a fait le choix d’une plateforme en dehors de son site Internet corporate ou d’une présence abusive sur seulement Facebook ou Twitter, ou bien encore le relais aux billets sponsorisés. Le meilleur moyen de valoriser une expertise pour une société ou pour une personne est de passer par la création de contenus. Je précise ici personne puisque certains ont tendance à croire que relayer des articles sur Twitter ou sur leur blog, ou reprendre des articles de d’autres personnes sans apporter vision / opinion / analyse suffit à prendre la casquette d’expert (Et toi, tu es un Social Media Expert ?). Je referme cette parenthèse puisque ayant déjà abordé le sujet à plusieurs reprises.

Les plateformes de blogs sont probablement un moyen intelligent de valoriser cette expertise. Les agences de communication ont depuis déjà quelques années recourt à cette technique pour valoriser leurs analyses et connaissances du marché (on peut citer ici le blog Culture Buzz de Vanksen qui fut pionnier en la matière, pour relayer les opérations de buzz).

Décoreller ces contenus éditoriaux du site corporate permet de renforcer ce positionnement expert en ne donnant pas la vision de pousser directement une offre commerciale.

L’autre bénéfice majeur que je vois est bien entendu celui de l’image. Cette version, tout comme la version précédente, en valorisant les conversations avec les internautes sur un sujet majeur (l’immobilier) permet de donner une image moderne et ouverte du Crédit Foncier sur Internet.

Enfin le participatif qui passe ici par le biais de question / réponse a un impact positif en terme de référencement. En effet, comme Philippe Druart le précise dans la vidéo ci-dessous, le but du site est de cibler les internautes se renseignant sur un projet immobilier. L’idée est ainsi d’avoir un contenu référençable et bien référencé (d’où le fait de passer par une plateforme de questions / réponses qui permet de multiplier les pages référençables vs un simple site de contenus éditoriaux) sur les questions liées à l’immobilier afin de détourner une partie du trafic naturel vers les sites bien référencés sur les moteurs de recherche comme les forums.

Interview de Philippe Druart, Directeur de la Stratégie et Communication de Crédit Foncier

Dans le cadre des Digitalks, que je mène, vous trouverez la vidéo réalisée il y a quelques semaines de Philippe Druart, Directeur de la Stratégie et Communication de Crédit Foncier. Une bonne occasion de remercier Julia de l’agence NextIdea pour l’organisation de la rencontre

Cédric DENIAUD

Nouveaux paramètres de confidentialité de Facebook : rassurer sur le respect de la vie privée

Les paramètres de confidentialité de Facebook auront fait couler beaucoup d’encre. Pas seulement depuis quelques semaines, puisque la confidentialité et Facebook souffrent déjà d’un large historique : Polémique autour des nouvelles CGU de Facebook et Facebook fait appel à la communauté pour les CGU, sans parler des discussions qui avaient entourées Facebook Beacon…

Facebook annonçait donc aujourd’hui quelques changements dans la gestion des paramètres de confidentialité, sur lesquels j’aurai l’occasion de revenir dans la suite de cet article.

Quand Facebook reconnaît ses erreurs…

L’impression est que Facebook veut aller plus vite que la musique et essaie de débloquer des verrous sur les données personnelles. Facebook essaie malheureusement de passer en force, soit en étant assez flou dans la mise en avant de la gestion des paramètres personnels, soit en profitant des refontes successives pour modifier également la gestion des données personnelles.

Mais ce coup-ci promis, tout sera plus clair. En tout cas, Facebook revendique qu’il s’agit plus d’un problème de communication et de mauvaise compréhension de la part des internautes qu’une volonté consciente de leur part de ne pas respecter la vie privée des utilisateurs. Sur ce terrain, Facebook est prêt en partie à reconnaître ses erreurs : Facebook va revoir sa politique de confidentialité. En effet, dans une lettre ouverte ainsi que dans un échange d’email avec Robert Scoble – que l’on ne présente plus -, le fondateur de Facebook reconnaissait certaines erreurs (comme il avait fait à l’époque des CGUs en impliquant alors dans un second temps les utilisateurs à la démarche).

“Je sais que nous avons fait un paquet d’erreurs, mais j’espère qu’au final le ser­vice s’en trou­vera amé­lioré et que les gens réa­li­se­rons que nos inten­tions sont bonnes et que nous répon­dons aux feed­backs des per­sonnes à qui nous offrons le service.”

Petit retour sur la polémique

Il faut dire que la polémique n’a cessé d’enfler depuis le les différentes annonces de Facebook dans le cadre de Facebook F8. Facebook a certainement pris peur à voir :

  • certains “influenceurs” annoncer qu’ils quittaient Facebook;

  • certaines sociétés (je pense ici à Zynga qui édite des social games très populaires comme FarmVille ou Mafia Wars) annoncer qu’elles pensaient s’émanciper de l’interface Facebook et voler de leurs propres ailes : Will Zynga quit Facebook?
  • certaines pétitions, groupes ou fans pages sur Facebook devenir très populaires;

  • des sondages estimant que 60% des utilisateurs seraient prêts à quitter Facebook si ce dernier ne faisait rien pour mieux respecter les données;

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quitfacebook

L’enjeu n’est pas (seulement) la monétisation des informations des utilisateurs issues des informations qu’ils diffusent et de leurs comportements mais également le social search. Si les données sont (trop) privées, elles ne seront alors pas pris en compte ou selon certaines conditions par le moteur de recherche interne et ne pourront pas être aussi facilement récupérées par des services tiers (par le biais des applications).

Dans le cas de Zynga, les social games sont des éléments moteurs faisant rester longtemps les utilisateurs sur le site et les faisant revenir. Voir le premier éditeur quitter la plateforme lancerait un mauvais signe au marché du social game sur Facebook (or on sait que Facebook, pour les monnaies virtuelles et le temps passé sur le site, mise énormément sur les social games). Facebook a donc passé un partenariat (dont les termes sont bien évidemment non divulgués) afin de s’assurer de la “fidélité” de Zynga.

Quels changements ?

La simplification de la façon de rendre publique ou pas les informations de sa page et la possibilité de désactiver les liens vers des services tiers seront les premiers changements à être intégrés rapidement. Je vous invite à consulter la nouvelle page mise en place par Facebook : http://www.facebook.com/privacy/explanation.php

facebook_confidentialite

Les 3 points que je retiendrai sont :

  1. La facilité de bloquer les applications (ce qui était à mon sens l’un des points majeurs sur lequel Facebook devait revoir sa copie);

  2. Masquer sa liste d’amis : j’en parlais dernièrement avec quelque uns d’entre vous. Ce masque existe depuis déjà quelques semaines sur les fan pages et je m’étonnais que cela n’arrive pas sur les pages profil des utilisateurs. En effet, de plus en plus de membres Facebook, et notamment dans notre microcosme du web et de la communication, ont un usage que je qualifierai de limite de Facebook :  ils vous demandent comme amis simplement pour vous “pousser” la super fan page développée par leur société ou dont ils sont le community manager, mais aussi pour voir vos “amis” et entrer en contact avec eux. Et voila comment on gonfle virtuellement le nombre de fans à des pages ou la taille de son réseau afin de faire croire que l’on est influent;

  3. Une interface simplifiée et certainement plus claire pour un plus grand nombre…

Communication et réaction en situation de crise

Il faut en tout cas reconnaître la rapidité de Facebook a réagir et à ne pas laisser trop longtemps la polémique gonfler. Certaines entreprises, dans le cadre de leur communication de crise, ferait bien de s’inspirer à la fois de la forme et du fond (Nestlé et sa page fan Facebook : pourquoi l’échec était-il inévitable). Et oui, car reconnaître ses erreurs, tenter de mieux expliquer sa démarche, dire que l’on va faire quelque chose (Facebook sortira prochainement un outil “simplissime” pour gérer la confidentialité) et impliquer plus fortement les parties prenantes sont les 4 leviers sur lesquels Facebook joue, dans le cadre d’une communication de crise plutôt bien maîtrisée (vue la masse de conversations et d’utilisateurs s’exprimant sur le sujet) afin de rassurer ses membres.

Les Digital Natives seraient-ils des Digital Naives ?

Ce qui est assez surprenant c’est de voir qui sont les utilisateurs les plus enclins à être menacés par le non contrôle de leurs données personnelles. Ce sont certes des gens qui ne sont pas suffisamment alertés sur les risques et la manière  de gérer leurs paramètres mais ce n’est pas nécessairement “Madame Michu”. En effet, si je regarde dans mes contacts, les personnes partageant le plus de contenus personnels (photos, statuts “très” personnels, …), ce sont majoritairement des jeunes (moins de 25 ans) dont pour la plupart je ne connais pas (en tout cas, pas dans la “vraie vie” : IRL). On voit alors le fossé générationnel dans l’usage de l’outil Internet entre une génération qui est née avec et une autre qui a du apprendre l’informatique. Nos réflexes ne sont alors pas les mêmes qu’une population plus jeune qui pour laquelle les notions de partage et d’Internet sont intimement liés. On ne partage pas les mêmes informations et on ne passe pas aux mêmes endroit les frontières entre vie privée (ce que l’on ne dévoile pas) et vie publique (ce que l’on partage) sur Internet. J’abordais ces questions dans Vie perso / pro et vie privée / publique et Pourquoi renonçons-nous à notre anonymat sur Internet ?.

Je pense que le sujet des données privées et de leur respect est l’un des enjeux majeurs qui pourraient voir sombrer le navire Facebook. Facebook serait-il un géant aux pieds d’argile, comme le laisse entendre Fred (Facebook va-t-il révolutionner le Web ?) ?

Cédric DENIAUD

Youtube fête ses 5 ans… mais où sera-t-il dans 5 ans ?

Youtube fête (déjà) ses 5 ans. A cette occasion, le service a retracé son parcours dans cette vidéo et a lancé une chaîne dédiée Youtube 5 ans où les internautes témoignent de comment Youtube a changé leur vie…

Youtube = un phénomène !

Youtube a fait rapidement parti de ces services qui en quelques mois sont devenus de vrais phénomènes. Ces services sont rares et Facebook, Twitter ou peut être Foursquare sont (seront) à ranger dans cette catégorie. Quelques chiffres qui témoigent de l’ampleur du phénomène :

  • 2 milliards de vidéos vues… chaque jour;
  • 24 heures de vidéos uploadées… chaque minute;
  • 33,5% de part de marché en France (contre seulement 7,3% pour DailyMotion). En France, ce sont 5,4 milliards de vidéos qui ont été visionnées sur Internet en 2009;
  • 70% du trafic provient d’en dehors les Etats-Unis.

Pas étonnant que le service est tombé dans l’escarcelle de Google qui l’avait racheté à l’époque pour la bagatelle de 1,65 milliard de dollars. Rappelez-vous tout le monde à l’époque émettait de profonds doutes sur ce rachat pour la question des droits d’auteurs (Quel avenir pour les sites de partage de vidéo ?).

Le service s’est constamment amélioré au fil des années :

  • Format HD
  • Nouvelle taille pour le player vidéo (format 16/9 en 2008)
  • Personnalisation du player vidéo
  • Fonctionnalités de partage
  • Fonctionnalités de vote et de commentaire
  • Les commentaires intégrés dans la vidéo
  • Format 3D

Des User Generated Videos aux contenus sous licence et diffusion live

Depuis Youtube a changé en partie son fusil d’épaule puisque, il faut bien le constater, nous sommes passés de la promesse “Broadcast yourself” (télécharger facilement vos vidéos pour les partager) a finalement la diffusion massive de contenus produits (extraits d’émissions, clips vidéos, …). Youtube s’est ainsi lancé dans une voie qui semble un peu contraire aux UGV (User Generated Videos) – celle des contenus non produits par les utilisateurs et non uploadés par eux : la diffusion légale de contenus sous licence.

Récemment, la richesse s’est faite également au niveau des contenus proposés. Outre, la signature de partenariats avec certains ayants droits, Youtube a récemment diffusé en live un match sportif et va même en diffuser en live toute la saison (rassurez-vous malheureusement il ne s’agit que de cricket). Déjà en novembre 2008, Youtube avait fait son premier événement Live dont Bruno vous avait parlé à l’époque dans Youtube Live : le 22 novembre, Youtube fait son festival des UGC, puis c’était la diffusion en live du concert de U2 et de Alicia Keys qui avait lancé Youtube dans la voie de la diffusion de contenus live.

Quelle monétisation ?

D’un point de vue de monétisation, Youtube a lancé de nombreuses initiatives dont :

  • Le téléchargement payant de certaines vidéos : Youtube permet sur certaines vidéos de directement les télécharger gratuitement. Les téléchargements étaient djà possibles via des services tiers qui s’étaient lancés ces dernières années. Mais Youtube, dans le cadre de la monétisation de son service, essaie de prendre tout le monde de court en bloquant ces services de téléchargement de vidéos sur Youtube (voir : Youtube bloque tous les téléchargements de vidéo ?). Ce bloquage des services externes va permettre à Youtbe de mettre en place une stratégie de téléchargement payant de certaines vidéos : “les partenaires pourront choisir d’offrir leurs vidéos en téléchargement gratuit ou payant grâce à google Checkout, ils pourront ainsi décider des prix et des licences qu’ils souhaitent attribuer à leurs créations”.

  • L’intégration de formats publicitaires : la publicité en overlay (ou InVideo Ads), …

  • Les partenariats pour la diffusion de contenus officiels : il faut voir ici l’influence direct de Hulu qui est quelques mois a fait beaucoup de mois aux Etats-Unis (Social Television : Hulu peut-il s’imposer ?)

  • Les contenus payants : le rachat le mois dernier de la société Episodic va également dans ce sens (monétisation par le biais de contenus payants).

Nul doute que la voie que prendra Google vers plus d’intégration de contenus payants et officiels renforce l’idée que la Social Television passe par des contenus de qualité…

Bruno CLEMENT

LOL is all around :-))

LOL PROJECT

Le rire est-il communicatif ?..Moi je pense franchement que oui.

Et lorsque le rire croise le chemin de Facebook, cela donne un projet formidable: le “LOL Project” mené par David Ken artiste photographe de mode et de renom.

Le principe est à la fois simple et génial:
Saisir le moment où la personne lâche prise en éclatant de rire puis réunir tous ces portraits pour créer une gigantesque fresque de bonne humeur humaine.

La bonne idée est d’avoir capitalisé sur Facebook pour recruter des “LoLisés” et viraliser le LOL Project:

Qui sont-ils ? Principalement des inconnus, mais aussi quelques stars (Zidane pour n’en citer qu’un) , et puis dernièrement pas mal de  blogueurs qui ont largement contribué depuis quelques jours à l’accélération du Buzz autour du projet.

La mécanique virale est particulièrement efficace: L’artiste demande juste à chaque participant de taguer sa photo LOL et de l’afficher en tant que photo de son profil, la matrice Facebook s’occupe du reste ;-)

Déjà plus 7000 fans et 700 portraits, sur un total de 1000…Donc un pari en passe d’être largement réussi !

LOL Mosaique

L’objectif avoué de l’artiste est de créer une grande exposition “I LOL PARIS” avec une sélection de ces portraits. Il y a même une “blogueuse LoLisée”, Caroline Arditti, qui s’est amusée, à l’aide d’un ami graphiste,  à recréer l’ambiance que cela pourrait donner:

I LOL PARIS

Moi si j’étais une marque désireuse de délivrer de la bonne humeur au monde…Je me précipiterais pour contribuer au projet ;-)

Pour ma part, j’ai été “LoLisé il y une 15aine de jours et il a fallut 2 minutes à peine pour que David Ken saisisse mon éclat de rire…

Bruno_LOL

Comment fait-il ? Un seul moyen de le savoir ;-)

1-Etre inscrit sur Facebook
2-Devenir FAN
3-vous INSCRIRE, en envoyant vos coordonnées téléphoniques à info@lolproject.com.

…Et attendre d’être directement contacté par téléphone pour participer au LOL Project.

Alors à qui le tour ? :-)

Frédéric CAVAZZA

Les nouvelles ambitions de Twitter et Facebook

Le mois d’avril a été très riche et surtout très structurant pour les médias sociaux et notamment Twitter et Facebook.

Nouveau modèle économique, couche sémantique et infiltration sociale du web pour Twitter

Il y a tout d’abord eu la grande messe de Twitter où on été révélé les derniers chiffres d’audience :

  • 105 millions d’utilisateurs pour 180 millions de V.U. mensuel ;
  • 300.000 nouveaux inscrits par jour ;
  • 75% du trafic en provenance d’applications tiers.

Avec les 3/4 de son activité en dehors du site web, on comprend mieux pourquoi ils ont décidé de racheter Tweetie (un client Twitter pour Mac OS) et déstabiliser ainsi une bonne partie de l’écosystème.

Cette conférence a également été l’occasion de faire le point sur le chemin parcouru (lire à ce sujet : The State and Future of Twitter 2010: Part One) ainsi que sur le modèle économique (sans grande surprise : The Twitter Ad Model Revealed. What Were You Expecting, a Pony?).

Plus intéressant, ils viennent de lancer un site d’évangélisation à destination des médias (Twitter Media), preuve qu’il y a un intérêt mutuel entre les médias traditionnels (TV, journaux, radio…) et ce service de microblogging.

Encore plus intéressant, la possibilité de rajouter des annotations aux tweets : Twitter reveals details of new “Annotated Tweets” feature. Contrairement à ce que son nom indique (ou n’indique pas), cette évolution technologique est bien en rapport avec une sémantisation des tweets. Plus précisément elle va permettre de structurer / compléter / enrichir les tweets pour faire beaucoup plus que ce que les SMS permettent de faire : 10 Possible Uses of Twitter’s New Annotations.

Et pour finir ils ont également lancé le programme @Anywhere qui permet d’injecter certaines fonctions de Twitter dans n’importe quel site web. En ajoutant quelques lignes de javascript dans votre code source vous aurez droit à :

  • Une reconnaissance automatique des usernames avec le profil affiché au survol de la souris (Hovercards) ;
  • Des boutons Follow automatiques ;
  • Des Tweet Box pour que vos visiteurs puissent tweeter directement depuis votre site ;
  • Un enrichissement des fonctions d’authentification (Twitter Connect).

Tous les détails sont ici : Getting Started with @Anywhere.

La volonté affichée de Twitter est donc de devenir une couche sociale à l’échelle du web, cette dernière reposant sur un usage approfondi des tweets aussi bien par les internautes que les marques que les services eux-mêmes (robots, agents intelligents et systèmes d’information).

Graph social universel, sémantisation des profils et base de données universelle du web pour Facebook

Concernant Facebook, la conférence F8 de la semaine dernière a été l’occasion de rappeler l’audience colossale de Facebook : Presque 400 millions d’utilisateurs, 500 millions de V.U. mensuels… Le constat est sans appel : Facebook est devenu le poids lourd incontesté des réseaux sociaux (il n’y a que LinkedIn et son positionnement de niche qui peut rivaliser en termes de croissance).

Les annonces majeures de cette conférence sont les suivantes :

  • Un mécanisme d’authentification silencieuse plus sophistiqué qui permettra aux éditeurs de sites web de personnaliser leur contenu / offre en fonction du profil Facebook des visiteurs (avec plus de souplesse dans l’exploitation des données) ;
  • Un graph social ouvert qui permet de combiner les données d’autres plateformes sociales (Open Graph Protocol) ;
  • Le lancement officiel des Facebook Credits ;
  • Une série de plug-in à insérer pour injecter des fonctions sociales de Facebook dans votre site (nouveau bouton “Like“, système de recommandations de vos amis…) et d’avoir accès à des statistiques détaillées sur les visiteurs ayant un profil Facebook ;
  • Un système de structuration sémantique des contenus qui repose sur RDF.

Je ne m’attarde pas sur l’Open Graph Protocol ni sur les Social Plug-ins car d’autres l’ont déjà très bien fait (cf. Le nouveau Facebook : un guide complet pour les éditeurs, les annonceurs, les utilisateurs et la concurrence). Par contre je vais détailler un peu plus ce principe de structuration sémantique car c’est à mon avis l’annonce la plus importante : L’idée est d’insérer dans le code source de vos pages un bout de code sémantique permettant de décrire le contenu (article, produit, film, chanson…). Ce code sémantique est ensuite utilisé pour nourrir la base de données de Facebook où sont répertoriés tous les objets sémantiques décrits. Traduction : Ce principe va permettre à Facebook de structurer l’ensemble des contenus du web et d’y associer ses fonctions sociales.

L’objectif de Facebook est donc de se transformer en une gigantesque base de données structurée en s’appuyant pour cela sur son écosystème et sur sa formidable audience. Facebook pourrait ainsi réussir dans cette titanesque tâche de sémantisation du web là où des start-up avec beaucoup moins d’envergure échouent par manque de visibilité.

L’intérêt pour Facebook est donc de se construire un gigantesque index pour relier chaque contenu du web à une page Facebook (ou à défaut un objet sémantique). Je n’avais pas vu d’ambition aussi élevée depuis l’annonce de Google de numériser l’ensemble des livres de la terre.

Il est pour le moment encore un peu tôt pour bien mesurer les implications de ces annonces et l’impact qu’elles vont avoir sur les médias sociaux et le web en général. Toujours est-il que nous avons maintenant la certitude que Facebook est le leader incontesté de sa catégorie et qu’il va très rapidement asphyxier ses concurrents. Nous nous dirigeons donc vers une configuration de marché où Facebook va devenir aux réseaux sociaux ce que Twitter est au microbloging.

Quid des services de social location ?

Force est de constater que Twitter et Facebook ont tous les deux soigneusement évités de parler de fonction de localisation sociale comme peuvent en proposer Foursquare, Gowalla ou Brighkite. Pourquoi cette impasse ? Tout simplement parce que ces deux services avaient besoin de procéder à une évolution majeure de leur plateforme technique afin de développer les outils et leviers qui leur permettront d’écraser ces services.

Donc pour le moment je pense qu’il est juste de parler de sursis plutôt que d’oubli.

Encore une fois il va falloir quelques jours / semaines pour bien digérer ces annonces et pouvoir élaborer des stratégie et anticiper des scénarios d’évolution viables. Mais nous aurons largement l’occasion d’en reparler…

Cédric DENIAUD

Uniqlo + Twitter = intégrer vos tweets à un dispositif de communication

On connaissait déjà les possibilités d’intégration de contenus personnalisés via Facebook Connect. J’avais par exemple présenté le cas du jeu vidéo The Prototype dans le cadre d’une intervention à l’EBG (Conférence EBG : Facebook Connect et Twitter). Vous vous connectiez aux sites avec vos identifiants Facebook et la vidéo teasing de présentation du jeu était alors personnalisée et intégrait votre image, votre nom et d’autres éléments de votre profil Facebook. La personnalisation de la vidéo jouait alors son impact (on n’est plus touché par un message promotionnel lorsque celui-ci est personnalisé).

On sait que la personnalisation lorsqu’elle est originale et créative est un élément important de buzz qui permet d’avoir une communication différenciée autour d’une opération menée. Dernier exemple récent que je vous avais présenté dans : celui de Burger King au Brésil. Regarder cette petite vidéo pour vous faire une idée sur le dispositif :

Cette fois-ci, c’est Uniqlo qui nous propose un dispositif “UTweet” : http://www.uniqlo.com/utweet/#/user/cdeniaud. Le principe est de reprendre certains de vos derniers tweets dans un mini clip flash. Pour se faire, rien de plus simple que de rentrer son identifiant Twitter, et après quelques secondes d’attente le clip démarre.

Image 6

Alors on m’a demande : “Mais quel est l’intérêt ?”. Strictement aucun… si ce n’est l’aspect communication et c’est exactement ce que recherchait Uniqlo à travers ce dispositif. Ce genre de dispositif est encore assez rare et peut donc être assez fortement relayé sur la Toile (retombées sur Twitter, statuts Facebook et articles de blog). Cela fait autant de buzz positif pour la marque et à moindre frais car le mini-clip Flash ne représente pas un coup important sachant que la promotion se fait seulement par le bouche-a-oreille. Comparé à de l’achat média, l’impact est plus puissant, viral. Donc je dis bien joué.

Qu’en pensez-vous ?

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