Frédéric CAVAZZA

Facebook deviendra-t-il notre source d’information principale ?

Les résultats d’une étude publiée en début de semaine par Hitwise agitent la blogosphère en ce moment : Facebook Largest News Reader?. Les chiffres présentés dans cette étude sont sans appel : Facebook est de loin le lecteur de news le plus populaire. L’étude montre ainsi que Facebook avec son audience colossal draine un trafic bien supérieur pour ce qui concerne les news : Google Reader représente 0,1% du trafic sur les sites de news, Google News représente 1,39% et Facebook 3,52%. De plus l’écart est visiblement en train de se creuser.

Forte progression de Facebook en tant que lecteur de news

Parts d'audience Facebook / Google News pour les sites de news

Cette tendance peut être expliquée par deux facteurs :

  1. Les flux RSS ne sont plus à la mode (de même que les portails personnels à la Netvibes)
  2. Facebook est devenu la destination N°1 des internautes (cf.

En fait cela fait bien longtemps que Facebook ou Twitter ont remplacés les flux RSS pour une grosse partie des utilisateurs. Je ne peux expliquer cela que par une saturation des articles qui s’accumulent dans votre lecteur de flux mais ne font que passer dans les flux de Facebook ou Twitter. Le volume est le même mais on perd cette “pression informationnelle”, l’infobésité se fait beaucoup moins sentir. De plus, des services comme Twitter apportent une dimension temps réel dont les utilisateurs sont friands. Pour plus d’explications ça se passe ici : Facebook Is Already The World’s Largest News Reader et Facebook Could Become World’s Leading News Reader (Sorry Google).

Précision importante : Nous parlons bien ici de lecteurs de news, car Google, Yahoo! et MSN restent les leaders en terme d’audience (pour combien de temps encore ?).

L’arrivée en force des grands organes de presse sur Facebook (comme ici le Wall Street Journal) va très certainement encore accélérer ce phénomène (cf. Will Publishers Let Facebook Become the Web’s Biggest News Source?).

Le Wall Street Journal dans Facebook

Le Wall Street Journal dans Facebook

Il faut dire que pour les grandes rédactions, Facebook est une aubaine car l’audience colossale permet d’augmenter la visibilité des articles qui y sont relayés. Certains y voient même une solution pour “libérer” l’information qui est soit-disant manipulée par des chefs de rédaction et responsables de portails qui la filtrent et l’orchestrent sans vergogne : Facebook and the Future of Free Thought. Je n’ai pas trop envi de rentrer dans ce débat car je pars du principe que les chefs de rédaction savent ce qu’ils font et que la programmation des unes des sites d’information sont avant tout des outils pour améliorer le référencement et maximiser l’audience, pas pour manipuler l’opinion publique. Eric, pourrais-tu nous donner ton point de vue STP ?

Bref, tout ça pour dire que les habitudes des internautes changent (ce qui n’est pas une grosse surprise) et que face à l’infobésité de nouveaux acteurs émergent, à l’image de Feedly dont la promesse et de vous simplifier la tâche de sélection / consommation de l’info (cf. cet article rédigé en 2008 : Le filtrage social comme remède à l’infobésité).

La page d'accueil personnelle de Feedly

La sélection d'infos de Feedly

J’ai beaucoup de mal à croire à un scénario où Facebook va progressivement devenir une sorte d’hypermarché du web, un endroit où l’on pourra tout faire : Sociabiliser, communiquer, partager, publier, s’informer, jouer… Je trouve en effet que l’interface de Facebook n’est tout simplement pas adaptée à des usages aussi larges.

De plus nous connaissons tous les limites du journalisme citoyen : L’information brutte est une matière première très complexe à manier et génère surtout beaucoup de bruit. Pour vous en convaincre, lisez donc cet article de Martin Lessard à propos de l’expérience “Huis Clos sur le Net” et des tâtonnements des journalistes face à l’affaire du boom au dessus de Lille : Huis clos : fin de parcours.

Pour conclure je dirais que la montée en puissance de Facebook en tant que lecteur de news est avant tout un signe de la modification du comportement des utilisateurs (qui “consomment” l’infos qu’ils ont sous la main puisqu’ils passe près d’1 H par jour sur Facebook) plutôt qu’une volonté forte de libérer l’information ou d’activer toute forme de filtrage sociale.

Autre phénomène notable, l’arrivée des journaux sur les plateformes sociales locales : Foursquare’s New Frontier: Newspapers. La géolocalisation de l’information s’insère ainsi tout à fait dans ce schéma social et hyperlocal. Démonstration avec le journal Metro présent sur FourSquare dans différentes villes canadienne :

Le journal Metro présent dans différentes villes du Canada avec FourSquare

Le journal Metro présent dans différentes villes du Canada avec FourSquare

Alors… l’avenir de la presse en ligne est-il dans le social ? Oui sûrement, mais Facebook ne représente qu’un maillon d’une longue chaîne.

Frédéric CAVAZZA

Astuce : Utiliser Facebook Connect pour de la pré-inscription

Après plus d’une année d’existence Facebook Connect est un succès : Les chiffres le confirment (60 millions d’utilisateurs et 80.000 sites y ont recours) et les arguments ne manquent pas (Pourquoi intégrer Facebook Connect sur votre site ?). La révolution est telle que MySpace et Yahoo! utilisent maintenant cette solution : MySpace to adopt Facebook Connect et Yahoo brings Facebook Connect into its sites. Nous sommes tous d’accord pour dire que c’est une révolution pour faire de l’authentification douce (en 1 clic) qui va de plus favoriser la viralité, idéale pour les commentaires d’un blog ou pour participer à une opération événementielle.

OK… mais quid de l’utilisation de Facebook Connect pour de l’authentification sur le long terme ? Autrement formulé : Facebook Connect de même que Twitter Sign in sont-elles des solutions viables pour de la création de compte ? La question mérite d’être posée car si vous déléguez la création de compte à l’un ou l’autre vous ne pouvez pas avoir un accès complet aux informations des membres (email, adresse, N° de téléphone…). Une situation embarrassante si vous souhaitez capitaliser sur votre base de membres et faire du ciblage.

En fait il y a deux options :

  • Soit vous autorisez la création de compte avec Facebook / Twitter pour fluidifier les inscriptions et grossir vite (au risque de ne pas pouvoir exploiter cette base) ;
  • Soit vous faites de l’inscription classique pour pouvoir exploiter à loisir les données de votre base (au risque de grossir moins vite).

Un sacré dilemme auquel Facebook pourrait avoir une réponse en autorisant les éditeurs de service à demander l’email à leurs membres (ceux qui utilisent Facebook Connect). Facebook le fait depuis peu pour les développeurs d’applications (Facebook App Notifications Moving to Your E-mail Inbox) mais je doute qu’ils se laissent “piller” de leur bien le plus précieux : les données des membres. Visiblement chez Twitter ils sont plus souples et les prochaines évolutions de l’API devraient aller dans ce sens (Twitter’s Answer To Facebook Connect).

Mais nous n’avons toujours pas répondu à notre grande question : Est-il oui ou non intéressant d’utiliser Facebook Connect pour de la création de compte. J’ai ma petite idée là-dessus, mais je souhaiterais partager avec vous une piste intermédiaire : la pré-inscription.

Le principe est simple : Accélérer le processus d’inscription en récupérant des données personnelles à l’aide de Facebook Connect et/ou Twitter Sign in. C’est ce que pratique par exemple un service comme Plancast.

Pour utiliser le service il faut impérativement se créer un compte, donc remplir un formulaire. Par contre, cette étape peut être raccourcie à l’aide de nos fameuses fonctions de délégation d’authentification :

Création de compte simplifiée avec Facebook Connect et Twitter Sign in

Création de compte simplifiée avec Facebook Connect et Twitter Sign in

Si vous choisissez de coupler votre compte avec votre profil Facebook, le service est capable de récupérer votre photo, vos noms / prénoms et l’URL de votre site perso. Le service vous simplifie la tâche en vous faisant également une proposition de nom d’utilisateur :

Récupération de vos données personelles avec Facebook Connect

Récupération de vos données personnelles avec Facebook Connect

Idem avec Twitter Sign in qui vous permet de récupérer la photo, l’URL, la bio (mais bizarrement pas la ville) :

Récupération de données personelles avec Twitter Sign in

Récupération de données personnelles avec Twitter Sign in

Il ne reste plus à l’utilisateur qu’à remplir les champs restant et le compte est créé. Le bénéfice pour l’éditeur du service est total car il fait d’une pierre trois coups :

  1. Il accélère la création de compte ;
  2. Il possède les données perso dans sa base ;
  3. Il relie un compte avec un profil Facebook / Twitter.

Avouez que cette solution est plus que tentante ! Idéalement il faudrait perfectionner le principe pour pouvoir récupérer un maximum de choses (dont le sacro-saint email) mais c’est déjà un très bon début. Je pousserais ce principe un peu plus loin en pratiquant la pré-inscription : Inscription en 1 clic avec Facebook Connect pour tester le service mais utilisation limitée dans le temps, au bout de 2 ou 3 semaines l’utilisateur est prié de compléter son inscription en donnant ses données perso.

Est-ce que ce principe de pré-inscription vous semble viable ? Quel est votre retour d’expérience sur la délégation d’authentification ?

Cédric DENIAUD

Twitter et les marques en France

Vous êtes nombreux, en tant qu’annonceurs, agences ou observateurs du web, a me demander des exemples plus fréquents de marques en France qui sont présentes sur les médias sociaux. Parce que “oui”, Twitter n’est pas utilisé que par les stars outre-Atlantique (Utilisation de Twitter par les célébrités : le cas Ben Stiller) et par les professionnels du web, journalistes et politiques (Twitter + Politique + LePost.fr = Tweest mais quelle utilité ?). Et comme je prends en compte votre feedback, je vous propose aujourd’hui une présentation autour de la présence des marques en France sur Twitter. La présentation intègre quelques exemples de marques de différents secteurs, mais bien entendu n’a pas vocation à présenter une liste exhaustive. Je vous rappelle à la fin de cet article l’ensemble des marques citées dans la présentation.

Quelques grands enseignements à tirer :

  • Beaucoup de marques sont présentes mais il convient de remarquer que l’animation est souvent faible. C’est l’une des raisons majeures qui expliquent que beaucoup de marques même Internet (Cdiscount, Rue du Commerce, GrosBill.com, …) ne sont suivies que par un nombre limité d’utilisateurs.

  • On voit que bien souvent le lancement a été peu réfléchie en amont et ne s’intègre pas dans une stratégie de communication sur Internet mais comme une simple volonté, certainement personnelle (du fait d’un employé ou d’un directeur) d’être présent sur un outil dont les médias parlent fréquemment. Il s’agit alors plus du côté hype (comme l’était à l’époque Second Life) d’être présent sur l’outil dont tout le web parle…

  • Les marques qui ont une présence et une animation cohérente créé de vraies best practices qui bénéficient alors à leur image sur Internet. Je pense ici par exemple à la Redoute ou bien encore SFR, qui font probablement partie des marques qui ont l’usage le plus pertinent de Twitter.

style=”text-align: justify”Listes des marques présentées :

Frédéric CAVAZZA

Facebook et Twitter surreprésentés dans les médias sociaux ?

L’année 2009 étant définitivement derrière nous, il est temps de mettre à jour les chiffres de vos pitch et autres présentations avec les dernières statistiques datant de 2010.

Il y a tout d’abord cette très intéressante vague 4 de l’Observatoire des réseaux sociaux de l’IFOP où l’on apprend que Facebook est le réseaux à la plus forte notoriété (ce n’est pas une surprise vu qu’il y a plus de 15 millions de comptes ouverts en France) et que Twitter est celui qui a le plus progressé :

Notoriété des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Notoriété des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Facebook est donc en tête avec 97% de notoriété spontanée et est talonné par CopainsDavant avec 93%. Beaucoup plus surprenant, cette étude réalisée sur un échantillon de 1.000 individus nous révèle par contre que CopainsDavant domine en nombre d’utilisateurs :

Nombre d'utilisateurs des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Nombre d'utilisateurs des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Heu… je ne sais pas pour vous mais là j’ai comme du mal à comprendre… Première hypothèse : L’échantillon n’est pas représentatif (dans ce cas il faut revoir le principe même d’échantillonnage - improbable). Deuxième hypothèse : Il y a beaucoup de comptes “fantôme” sur Facebook (à vérifier).

Autant vous dire que cette statistique jette un sacré pavé dans la marre et démontre une nouvelle fois que Facebook est surreprésenté dans le paysage des médias sociaux. D’autant plus que certains gros annonceurs US déplorent une fois de plus les très faibles taux de clic : 0,038 % (cf. Facebook Self-Serve Ad Pricing Is Extremely Low – This May Not Be A Huge Business After All). Là encore nous manquons de statistiques détaillées sur le taux de clic moyen des annonceurs français.

(via TheNextWeb)

Sinon il y a aussi les derniers chiffres de Twitter publiés par Sysomos : Exploring the Use of Twitter Around the World. Là encore les chiffres font mal : Seulement 13 millions de tweeteurs actifs dans le monde avec une grosse majorité pour les pays anglophones (plus de 65%). La France se classe à la 13ème position avec moins de 1 % :

Répartition des utilisateurs de Twitter dans le monde

Répartition des utilisateurs de Twitter dans le monde

Sil ‘on tient compte de cette répartition, cela nous donne 127.500 utilisateurs actifs de Twitter en France. C’est peu… beaucoup trop peu pour le nombre de fois om l’on en parle et où Twitter est évoqué dans les stratégies de social marketing (cf. 127 500 utilisateurs de Twitter en France).

Conclusion : Ne faites pas l’erreur de ne concentrer votre présence que sur ces deux services. Il existe une multitude de plateformes sociales qui doivent toutes être étudiées / envisagées dans la définition de votre schéma de présence et de votre architecture communautaire.

Tout ceci me donne envie de mettre une nouvelle fois à jour mon panorama des médias sociaux

Frédéric CAVAZZA

Recommandation produits, la blogosphère loin devant Facebook et Twitter

Il parait que dans un avenir très proche les utilisateurs de médias sociaux ne feront plus aucun achat sans avoir auparavant vérifier l’avis de leurs proches au travers de plateformes sociales accessibles en situation de mobilité et en temps réel (sous-entendu Facebook et Twitter). OK… très bien… un bien beau scénario auquel j’adhère, même s’il faut tout de même tempérer ce type d’affirmation tant elle est en décalage complet par rapport à la réalité. D’une part du fait que tous les produits ou services ne sont pas publiquement testés (car les membres de plateformes sociales ne publient que les recommandations de produits qui vont les valoriser – cf. Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateurs) et d’autre part car l’information sur les produits (les reviews) sont beaucoup plus riches sur la blogosphère ou dans les forums que sur des plateformes comme  Facebook et Twitter où les utilisateurs s’expriment en tweets.

Seuls les produits valorisant sont mentionnés sur Facebook et Twitter

Aviez-vous déjà remarqué à quel point les échanges sur Facebook et Twitter sont caricaturaux ? Si l’on s’en tient à ce qui est relayé (les évènements auxquels les membres participent, les produits qu’ils ont achetés, les services auxquels ils ont recours…) nous pourrions avoir rapidement l’impression que le français lambda passe sont temps à voyager aux 4 coins de la planète, qu’il possède la totalité des produits Apple et qu’il fréquente les meilleurs resto et soirées les plus branchées.

Mais nous savons tous que ceci n’est aucunement le reflet de la réalité, il n’est que la partie visible du quotidien que les membres veulent bien montrer. De ce fait, les produits d’exception ou bénéficiant d’un bon buzz y sont sur-représentés par rapport à des produits du quotidien. Il existe ainsi des centaines de milliers de tweets sur le Nexus One de Google mais très peu sur le téléphone bas de gamme de Nokia. Idem pour les déplacement / voyages, on entend beaucoup plus parlé de Los Angeles ou Las Vegas que de Cergy-Pointoise (avec tout le respect que j’ai pour ses habitants).

Ce phénomène est problématique pour les marques “de milieu de tableau”  ou pour les fabriquant / distributeurs de produits de commodité : on ne parle jamais d’eux. Mais ce n’est pas autant que personne ne consomme ces produits. Il existe ainsi bien plus de mentions des Bucky Balls que fil dentaire.

Les plateformes sociales comme Facebook et Twitter fonctionnent donc comme une chambre de résonance  au grès des derniers buzz ou phénomènes viraux (ex. : les t-shirts 3 wolves moon). Sur des plateformes sociales d’ancienne génération comme les blogs ou les forums la situation est différente car les sujets abordés y sont beaucoup plus vastes et les discussions complètement libérées car les utilisateurs ne sont pas influencés par la pression sociales des pairs (vous seriez très surpris de l’intensité des discussions sur Doctissimo).

Des produits / services bien mieux analysés dans les blogs

Autre phénomène que j’ai pu constater : les mentions de produits sur Facebook ou Twitter sont très superficielles (car limitée en taille) et surtout inhibées par le groupe. À contrario il existe une infinité d’avis très détaillés dans la blogosphère grâce à la fameuse longue traîne.

Illustration avec les écouteurs HiDefDrum d’Atomic Floyd que j’ai acquis très récemment. Une recherche sur Google me remonte trois avis très complets dès la première page issus de blogs plus ou moins spécialisés dans les gadgets technologiques :

Les avis sur les HiDefDrum sur Google

Les avis sur les HiDefDrum sur Google

Sur Twitter c’est beaucoup moins riche avec seulement deux ou trois mentions et un avis minimaliste :

Les HiDefDrum sur Twitter

Les HiDefDrum sur Twitter

Sur Facebook c’est encore pire puisqu’ils ne sont pas mentionnés (malgré les 350 millions de membres) si ce n’est dans un article sur le web :

Les HiDefDrum sur Facebook

Les HiDefDrum sur Facebook

Au final la réalité du marché est que les avis les plus riches (ceux qui seront réellement utiles dans le processus de décision d’achat) sont publiés sur des outils sociaux classiques (blogs, forums) et pas forcément par des personnes qui sont dans votre entourage direct ou indirect. Est-il réellement important que celui qui a rédigé la revue soit proche de mon cercle d’amis ? Après tout mes amis ne sont pas forcément des pros en acoustique (mais je les aime quand même !). De même, la dimension temps-réel n’est pas réellement pertinente : une revue pertinente rédigée il y a quelques semaines représente plus de valeur qu’un avis de 140 caractères rédigé il y a quelques minutes, non ?

Bref, j’ai comme l’impression que Facebook et Twitter sont encore largement sur-vendues en tant qu’outils d’aide à la décision d’achat. L’outil de prédilection des “influenceurs publics” (je déteste ce terme) reste le blog et celui des “influenceurs anonymes” (dont on ne parle pas assez) reste le forum.

Mais bon… en disant ça je prêche pour ma paroisse (étant moi-même un serial blogueur).

Frédéric CAVAZZA

OpenFeint, la plateforme de référence de social gaming sur iPhone

Vous connaissez les social games, vous connaissez les jeux sur mobile, alors vous connaissez forcément les mobile social games. Le principe est simple : des jeux installés sur votre mobile mais inscrits dans une dynamique sociale (publication des résultats, tableau des meilleurs joueurs, récompenses…). Le problème c’est que pour bien sociabiliser dans un contexte de jeux mobiles, il faut s’authentifier. Heureusement pour cela il y a Facebook Connect (entre autre). OK mais que se passe-t-il une fois que vous êtes authentifier ? Comment faire pour initier la fameuse dynamique sociale ? C’est là où OpenFeint rentre en scène avec un proposition de valeur remarquable.

À la base, il y avait Aurora Feint, un jeu de puzzle sur iPhone qui était équipé de nombreuses fonctionnalités sociales. Puis ce jeu a évolué en une plateforme sociale et est maintenant une authentique couche sociale pour joueurs mobiles. La recette est toute simple pour les éditeurs de jeux sur iPhone : plutôt que de développer eux-même leur couche sociale, ils la sous-traitent à OpenFeint.

L'évolution d'Aurora Feint en OpenFeint

L'évolution d'Aurora Feint en OpenFeint

Il y aujourd’hui plus de 650 jeux “compatibles” avec OpenFeint qui propose plusieurs choses :

  • Un système d’authentification mutualisé (qui repose sur Facebook Connect) ;
  • Une liste d’amis (avec les jeux auxquels ils jouent) ;
  • Un leaderboard des meilleurs joueurs ;
  • La possibilité d’envoyer des chalenges à vos amis ;
  • Un ensemble de récompenses (”achievements“) acquises aux cours des parties.

La machine est redoutablement bien rodée et les jeux compatibles proposent une interface générique où l’on retrouve le tableau des scores :

Mes scores comparés à ceux de ma communauté

Mes scores comparés à ceux de ma communauté

Il y a également le très important tableau des récompenses (en fonction des chalenges remportés) :

Les chalenges remportés dans un jeu

Les chalenges remportés dans un jeu

Il y a aussi la liste de vos jeux (ainsi que les points que vous avez obtenus pour chacun de ces jeux) :

La liste de mes jeux

La liste de mes jeux

Et bien sûr la liste de vos amis (ici un import de mes amis sur Facebook) :

La liste de mes amis ainsi que leur score

La liste de mes amis ainsi que leur score

Le système est très bien fait et s’intègre parfaitement à chacun des jeux. Le succès de cette couche sociale est telle (plus de 7 millions de membres) que l’éditeur va très prochainement lancé une version autonome de sa plateforme : Aurora Feint To Launch Standalone OpenFeint App. Les membres pourront ainsi sociabiliser avec leurs amis, comparer leurs scores sans nécessairement avoir besoin de passer par un jeu :

La future application OpenFeint

La future application OpenFeint

En quelques mois l’éditeur a donc su imposer sa plateforme comme couche sociale de référence et s’apprête maintenant à passer à l’étape suivante : Devenir un véritable canal de diffusion en faisant de la recommandation active de jeux (le système de recommandation sera fondé sur la communauté et le graph social des membres). Un marché très lucratif car les commissions sur la vente de jeux peut rapidement représenter une très grosse somme, surtout quand on connait la taille de l’écosystème des jeux sur iPhone.

Pour le moment l’éditeur n’a pas dévoilé tous ses plans concernant cette nouvelle plateforme mais on peut tout à fiat imaginer la place que pourraient prendre les annonceurs dans ce tableau : sponsoring de jeux dans le cadre de campagnes, lancement de chalenges avec dotation, sponsorisation des meilleurs joueurs (en échange de la présence de la marque dans le leaderboard)…

Les possibilités sont nombreuses et OpenFeint est idéalement placé pour dominer le secteur. Affaire à suivre…

Cédric DENIAUD

Facebook Fan Pages : principes et bénéfices

Intéressantes pour les annonceurs car elles regroupent “facilement” et gratuitement des fans de la marque, les fan pages semblent être l’outil par excellence qui vous permettra de gérer efficacement votre présence sur Facebook d’une manière centralisée, tout en vous offrant un large panel d’usages possible.

 Voyons en quelques points essentiels l’intérêt pour une marque d’avoir aujourd’hui une fan page sur Facebook.

Une fan page = une page profil de marque

La Fan page, d’une certaine manière est l’équivalent pour une marque de ce qu’est la page profil pour un utilisateur. On y retrouve des fonctionnalités similaires :

  • un mur pour poster des statuts et permettre aux utilisateurs de poster des messages visibles des autres membres ;
  • un système d’onglets pour mettre en avant du contenu varié;

Mais s’arrêter à ces simples points communs serait réducteur et ne permettrait pas de bénéficier de tous les avantages proposées par une Fan Page. Dans la comparaison avec les groupes, nous vous détaillons d’autres fonctionnalités majeures des fan pages. La Fan Page est donc le « lieu » privilégié sur Facebook où vous allez pouvoir fédérer les membres qui se déclarent « fan » de votre marque et qui sont donc autant de potentiels ambassadeurs de celles-ci.

Capture d’écran 2009-12-02 à 22.22.09

Quelles différences entre une Fan Page et un groupe ?

Les groupes sont un élément historique sur Facebook alors que les fan page sont apparus qu’au début de l’année 2009. On comprend pourquoi alors historiquement de nombreux annonceurs étaient d’abord présents sur Facebook via leur groupe. Pour autant ce n’est pas l’outil idéal à utilisé pour une marque et ce, pour les raisons suivantes.

  • Un groupe est l’équivalent d’un forum. C’est donc un outil d’échange entre utilisateurs (communication horizontale) et non pas entre une marque et ses fans (communication verticale).
  • Un groupe peut être privé ou public là une fan page est nécessairement publique. Le groupe privé est un outil qui peut être utilisé dans un cadre interne d’une entreprise par exemple.
  • Le système de notifications et l’affichage sur la page profil du fan d’un statut créé par la marque sont deux atouts majeurs, propres uniquement à la Fan Page. En effet, lorsque vous créez et administrez un groupe, votre seul moyen de contacter et d’alerter les membres qui ont rejoint ce groupe est par la messagerie interne qui possède des taux de clics et visibilité en dessous des notifications et les messages sur les pages profil.
  • Un back office relativement intéressant permet aux administrateurs d’une fan page d’avoir des informations profilées suite à la participation des fans sur une page. Vous savez ainsi l’indication de l’âge, du sexe, … Le back office d’une fan page est donc un véritable outil marketing qui vous permet de voir l’impact de vos messages et communication.
  • La création d’onglet avec l’intégration de flash ou toute autre application offre une vraie liberté créative (graphique et fonctionnelle) dans l’ajout de contenus sur une fan page. En effet, l’application statique FBHTML peut être utilisée pour rendre les pages plus attrayantes en y intégrant un contenu HTML. Par exemple, la retransmission en direct par vidéo du défilé Louis Vuitton, dans le cadre de la semaine de la mode en octobre dernier sur leur fan page officielle, et la possibilité de commenter celle-ci via le module Live feed de Facebook a permis à la marque de recruter plus de 100 000 fans dans le cadre de cet événement (cf : Animer votre fan page Facebook : diffusion en direct du défilé Louis Vuitton)

La Facebook Fan Page va-t-elle remplacer mon site de marque ?

Cette question, j’entends déjà certains la murmurer et j’avais eu l’occasion de l’aborder dans un cadre plus vaste que le simple prisme Facebook : Va-t-on vers la mort des sites Internet de marque ?. On a vu que Facebook laissait une possibilité créative importante dans l’intégration de contenus sur ces fans pages, tout en permettant à une marque d’être présente sur un carrefour d’audience et de bénéficier de l’ensemble des fonctionnalités sociales innérantes à Facebook. La question peut alors paraitre légitime toutefois deux points importants semblent importants à mettre en évidence ici :

  • 77% des fans pages comptent moins de 1 000 fans, comme je le rappelais dans Facebook Fan Pages : oui mais… Oui, des marques comme Starbucks, Coca-Cola, ou encore Apple compte un nombre majeur de fans sur Facebook mais gardons à l’esprit que ces marques, partant d’un capital marque fort, ont un pouvoir communautaire intrinsèque facilement reportable sur un outil comme Facebook. Une fan page sur Facebook connaît alors les mêmes problématiques de médiatisation ou de promotion que votre site Internet sur la Toile, à la nuance près que les fonctionnalités virales sont intégrées à Facebook. Mais le viral et le bouche-à-oreille ne sont pas suffisants et on ne peut se passer d’une nécessaire médiatisation. Que ce soit via le Facebook FanBox Widget (cf : Annonce du lancement du FanBox Widget de Facebook : quels bénéfices pour votre marque ?) ou via une véritable stratégie d’animation de votre page grâce à laquelle vous pourrez communiquer.
  • Que ce soit dans une vision communication ou dans une vision orientée Social Shopping, beaucoup de marques ne se servent aujourd’hui que de Facebook ou Twitter pour faire du push promotionnel (éventuellement exclusif comme les ventes flash de Carrefour avec leur application FaceShopping). Mais ce n’est pas pour autant qu’un canal de distribution sur Internet doit en remplacer un autre. Et c’est là toute la logique de démultiplier les points d’entrée et de cibler la communication et éventuellement les offres en fonction de l’outil pour avoir un discours de marque adapté.
Cédric DENIAUD

Les médias sociaux, une révolution ou évidente évolution ?

Expression à la mode ? Toutes les marques souhaitent y être présentes mais ne savent pas toujours (souvent) comment faire ? Nouveaux métiers (Social Media Expert ? Community Manager ?) ? Beaucoup de questions entourent les médias sociaux qui sont trop souvent présentés comme une révolution.

Les médias sociaux : innérant à Internet

Les médias sociaux ne sont qu’une expression pour désigner l’ensemble des outils actuels qui intègrent une dimension sociale. On peut aller plus loin dans ces deux définitions et généralement j’en utilise deux que j’avais eues l’occasion de présenter dans Le Social Media… c’est quoi ? :

  • Le Social Media c’est considérer Internet comme un média i.e un moyen de communication (que l’on entende le mot communication comme promotion ou comme dialogue / échange. La communication n’est alors plus seulement descendante et verticale, mais également horizontale – entre utilisateurs où alors la marque a un rôle important de facilitateur à jouer – et ascendante – qui nécessite de l’écoute et de l’interaction de la part de la marque -) qui utilise l’ensemble des outils indiqués ci-après (blogs, plateformes de partage, réseaux sociaux, wikis, flux RSS, podcasts, plateformes communautaires …) dans une vision participative et ouverte.
  • Le Social Media, c’est le fait de communiquer en utilisant tous les outils proposés par Internet pour initier un dialogue, échanger, partager, écouter, entrer en relation…

A travers ces définitions, finalement on en revient au coeur d’Internet qui à la base défini un système d’échange et non a proprement parler un média de diffusion. On semble aujourd’hui redécouvrir ces notions alors qu’en fait c’est innérant à Internet, mais que la technologie ne permettait pas.

Le retour aux sources est alors le même pour les entreprises qui doivent réapprendre à voir les marques comme des relations avec des cibles (ambassadeurs, prospects, clients, …) et non comme un packaging, un logo, un produit, une image, une communication… (cf : De la logique de l’image à la logique de la réputation)

La vraie révolution est culturelle et doit se faire dans l’entreprise

Finalement la vraie révolution est celle qui doit être faite dans les entreprises pour adapter les processus et la culture d’entreprise aux changements impliqués par les médias sociaux. La démarche englobe bien souvent à la fois des problématiques Internet, communication et marketing. Ils font donc permettre à l’ensemble de ces département d’échanger et de pouvoir travailler efficacement ensemble. J’échangeais encore hier avec un chef de projet Internet d’un grand groupe d’assurances qui m’expliquait la difficulté de faire coordonner sur un média (Internet) des opérations différentes menées par des départements différents.

Article précédemment publié sur CedricDeniaud.com

Cédric DENIAUD

De la logique d’image à la logique de réputation

Je lisais récemment un article sur le passage d’un mode de gestion d’une image de marque à la gestion de la réputation d’une marque : Pourquoi les nouveaux médias digitaux obligent les entreprises à revoir leur façon de communiquer ? Je pense que la question est pertinente même si le travail de tout consultant en communication est d’accompagner une marque sur son “capital marque” et non pas seulement sur son image. Vous me direz que c’est jouer sur les mots mais je vous répondrai que non car l’image de marque fait partie du capital marque qui est une notion plus large. Je reprends ici la défintion du capital marque de David Aaker. Ce dernier détermine cinq facteurs contribuant à la constitution du capital de marque : la fidélité à la marque, la notoriété de la marque, la qualité perçue, les associations à la marque et les autres atouts propres à la marque.

Lorsque l’on parle d’une marque, on ne parle pas seulement d’un logo, d’un packaging produit ou d’une campagne de communication mais d’abord de la relation que l’on veut avoir avec les gens (clients, prospects, ambassadeurs, …) et que ceux-ci ont avec elle. J’aime beaucoup cette définion de la marque qui reprend cette notion (et que j’emprunte à une présentation de Bruno):

Image 1

Toutefois, pour en revenir au sujet, la notion sous entendu derrière la notion de réputation est bien entendu celle du marketing conversationnel et de comment gérer les conversations et la participation des internautes. En soi, cela n’est pas nécessairement nouveau car comme je le précisais plus haut, c’est inérant à la notion même de la gestion d’une marque. Toutefois, la toute puissance des médias de diffusion et du marketing a fait oublié aux entreprises cette notion essentielle de la relation et c’est pourquoi que celles-ci doivent passer de la publicité (diffusion de messages de communication / promotion) au marketing conversationnel.

Comme en témoigne l’exemple du site Skittles n’intégrant que des médias sociaux (Skittles.com se fond dans les médias sociaux), la marque est faite des conversations des utilisateurs autour des éléments constituants la marque. Pour certains, la tentation actuelle est forte de dire que la réputation d’une marque ne peut se gérer qu’en participant aux conversations existantes sur les médias sociaux et en étant donc présents sur les outils actuels utilisés par les internautes. C’est toutefois une condition nécessaire mais loin d’être suffisante. En effet, la marque continue à avoir besoin de son site marque qui doit par contre évoluer pour passer de site vitrine à des sites participatifs : Va-t-on vers la mort des sites Internet de marque ? Gérer un capital marque c’est à la fois gérer les messages que l’on diffuse mais aussi les messages diffusés par d’autres. Avant “les autres” se résumaient à quelques influenceurs (journalistes, …) mais aujourd’hui chacun a un pouvoir d’influence plus ou moins grand et ce pouvoir d’influence fait partie des conditions d’un marketing efficace.

Cédric DENIAUD

Peut-on twitter partout, tout le temps ?

Les médias sociaux sont omniprésents et grâce aux supports mobiles,  vous pouvez désormais être conecté partout, tout le temps. La question est alors de savoir quoi et quand partager afin de savoir placer ses propres limites dans la diffusion d’informations privées (cf : Vie perso/pro et vie privée/publique). Le deuxième point qui m’intéresse plus n’est pas nécessairement ce qui peut ou pas être dit, mais c’est de savoir, si dans le cas de Twitter, il est opportun de laisser la possibilité de twitter en tout lieu. Je vous propose de voir cela au travers de quelques exemples :

Utilisation de hashtag pendant un séminaire

Afin de faciliter et de permettre aux internautes de pouvoir suivre les échanges dans le cadre d’un événément ou d’une conférence, l’organisateur propose un hashtag à utiliser. Mais si vous savez, si vous utilisez twitter, un mot clé intégré dans un tweet permettant par la suite de voir tous les tweets utilisant le même hashtag. Pratique !

La NFL (Ligue Américaine de Football Américain) interdit aux joueurs de twitter pendant les matches.

Cela peut vous sembler fou mais la NFL a du il y a quelques mois interdire à ses joueurs de twitter pendant les matchs : Twitter effraie les patrons du football américain. La raison est celle des droits de retransmission. Un joueur qui diffuse de l’information créé alors son propre canal d’information, non contrôlé et surtout hors des droits de retranmission payés par les supports. Cela est d’autant plus vrai s’il s’agit par exemple de contenus photos ou vidéos qui offriraient alors la possibilité aux internautes d’être plongés au coeur des coulisses du match… et ce gratuitement.

L’été dernier, un précédent notable et toujours dans le domaine sportif, sur cette question de la problématique des contenus diffusés gratuitement sur Internet pendant que les chaînes payent des droits de retransmission, était celui de Lance Armstrong. On le sait : à travers sa fondation, Livestrong, Lance Armstrong a une politique très avancée dans l’utilisation des médias sociaux pour orhcestrer sa communication (cf : Livestrong.com, Armstrong champion du 2.0 !). Pendant le Tour de France, pendant qu’il se limitait au mimimum syndical pour les interviews avec les télés et journalistes, il réservait tous les soirs ses impressions et interviews de d’autres cyclistes sur son site Internet, relayé sur son compte Twitter (qui compte plus de 2 millions de followers à date). A l’heure où l’on parle énormément de la monétisation des contenus et de la perte des revenus des médias classiques, Internet et la gratuité de contenus posent un véritable problème.

Quand Twitter arrive à l’Assemblée et au Sénat

Vous avez sûrement entendu parler de cette polémique il y a quelques jours impliquant le minsitre de l’Industrie, Christian Estrosi, et un sénateur, Martial Bourquin, relativement peu au fait de Twitter (Twitter sème la pagaille entre Estrosi et le PS). Ce dernier a interpellé le ministre sur des contenus qu’il (ou plutôt son conseiller) avait posté sur son compte Twitter. Cette polémique montre la non compréhension de part ce sénateur de l’usage qu’il peut être fait Twitter. Reprendre seulement les mots de Christian Estrosi c’est malheureusement s’arrêter à la forme. Bref tout cela prouve une nécessaire évangélisation de ces nouveaux outils pour que d’une les hommes politiques adaptent leur communication et soient prêts à respecter les règles du jeu.

Le procès Clearstream en direct de Twitter

Autre exemple, là encore très médiatique a été celui du suivi en quasi instantané des échanges lors du procès Clearstream. les journalistes et observateurs présents ont en effet largement utiliser Twitter pour relayer quasi minute par minute les échanges : Twitter à la barre du procès Clearstream

Première question : peut-on vraiment chroniquer un procès en étant limité à des échanges de 140 caractères ? Il faut bien avoueur que la plupart des tweets étaient un simple relais commenté du déroulé du procès. Rien en soi de très palpitant. « Tout le monde n’a pas compris qu’en fait, Twitter, c’est un complément. On ne peut évidemment pas suivre tout le procès si on s’y intéresse, juste sur Twitter. C’est beaucoup trop lapidaire. Ce ne sont pas des compte-rendus d’audience. » comme le rappelle Olivier Toscer. Cela me confirme que ces échanges ne peuvent concerner qu’une minorité de personnes, en dehors du sujet abordé et que Twitter de part ce type d’usage ne me semble pas favoriser un usage grand public (cf : Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public).

Deuxième question : est-ce légal de twitter depuis une salle d’audience ? Comme le rappelle Maitre Eolas sur son blog : ” Ce que la loi interdit, c’est de fixer une image ou un son. L’écrit, et le tweet est un écrit, n’est pas concerné, il est même couvert par la liberté d’informer.”

Tout cela confirme à mon sens deux choses :

  • Twitter, au même que d’autres outils Internet, permet de diffuser facilement et rapidement une information. Il semble alors relativement vain de vouloir y poser une censure au niveau du contenus. Par contre, on peut se demander, de la même manière que pour un usage privé, du type de contenu qui peut être diffusé car jugé public ou privé. Est-ce que demain dans une réunion ou événement confidentiel, on sera obligé d’interdire les téléphones connectés à Internet pour éviter toute diffusion d’information ? On est en droit de se le demander…
  • Twitter a de nombreux usages et le “journalisme en temps réel” fait par tous en est un. De la même manière que Lance Armstrong peut devenir un producteur de contenus et un journaliste, n’importe quel internaute est un journaliste en puissance si je prends le terme “journaliste” comme diffuseur de contenu sur un média.

Article également publié sur www.cedricdeniaud.com

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