Cédric DENIAUD

Evolution dans la perception des médias sociaux par les entreprises

J’ai l’impression que nous avons lancé ce blog hier alors que finalement ca fait déjà plus de deux ans que je publie, en plus de mon autre blog, sur ce espace dédié uniquement aux médias sociaux. L’expression Social Media, ou médias sociaux en bon français, est plus récente au regard de l’histoire d’Internet et de l’emploi de d’autres expressions comme Web 2.0.

L’autre impression que j’ai, et qui n’est pas qu’une impression puisqu’elle est confirmée par rapport aux missions que je mène depuis bientôt 4 ans est que la perception des médias sociaux a bien changé depuis quelques années et que l’on aimerait nécessairement que les choses aillent encore plus vite.

En effet, voici, à mon sens, l’évolution de la perception des médias sociaux par les entreprises :

2007 :

  • “C’est super ce truc de Web 2.0.”
  • ” Je fais déjà du buzz et des vidéos virales : ca suffit pas ?”
  • “On m’a parlé de Second Life : je comprends pas à quoi ca sert mais on m’a dit que c’est l’avenir alors je vais créer un île”

2008 :

  • “C’est quoi les médias sociaux : c’est bien la même chose que le Web 2.0 ?”
  • Y’a vraiment du monde du Second Life ? J’ai lu que c’était devenu has-been…”
  • “On m’a parlé de Facebook : ça à l’air bien ce truc, non ? On retrouve plein de monde. Tiens, y’a des marques américaines qui s’en servent.”

2009 :

  • “Comment je fais pour faire des trucs sur les médias sociaux ?”
  • C’est quoi le ROi des médias sociaux parce que moi, j’ai un site Internet à faire tourner et puis je suis payé pour que ma boîte vende des produits ?”
  • “Arrêtez de me parler que de Dell, Starbucks et Coca-Cola. Moi je suis une banque française donc comment je peux utiliser les médias sociaux ?”

2010 :

  • “Je veux des fans sur Facebook. Il me faut des fans !!”
  • “Je me suis inscrit sur Twitter mais je comprends pas. Je poste des actualités sur mon entreprise mais j’ai l’impression que ca n’intéresse personne. Et poutant, on m’a dit que Dell c’est fait 3 millions de $ avec ça… Ils sont forts ces Américains !”
  • “J’ai un super outil de veille mais je crois que je l’utilise mal mais bon on m’a dit que c’était important d’écouter pour ma e-reputation.”
  • “Ils sont gentils les gars du marketing, ils ont crée aussi leur page Facebook. Je fais comment maintenant pour créer la mienne ?”
  • “C’est qui ce Community Manager dont tout le monde parle ?”

Bon et si maintenant on se projette un peu, voici ce qui pourrait arriver…

2011 :

  • “Ah mais y’a plein d’autres choses que Facebook. Mais pourquoi mon agence m’en a pas parlé avant ?”
  • “J’ai l’impression que Facebook commence à faire peur à plein de monde. Il faut vraiment que j’y reste ?”
  • “Il faut peut être que j’apporte de vrais indicateurs de performance…”
  • “Je fais quoi de mes 10 000 fans, maintenant ?”
  • “Bon, faut que j’aille voir les gars du marketing pour qu’on essaie de s’organiser car je crois que l’on a 10 pages sur Facebook, 5 comptes sur Youtube, 3 sur FlickR”
  • “Ca sert à quoi Foursquare ?”

Si vous avez souri au moins une fois à la lecture de ce billet, c’est que vous vous êtes au moins une fois posé l’une de ces questions ou que vous avez rencontré l’une de ces situations…

Frédéric CAVAZZA

Kmart affiche les avis des internautes dans ses magasins

J’avais déjà eu l’occasion de vous parler de Sears / Kmart et de l’incroyable richesse de leur plateforme sociale (avis clients, profils unifiés, groupes, forums, blogs, suggestion collaborative…) : Sears et Kmart se lancent sur les traces d’Amazon avec une plateforme de social shopping. Pour info, le groupe est un géant de la distribution qui exploite non seulement près de 3.000 points de vente au travers des marques Sears, Kmart, Craftsman ou Kenmore , mais également de la VPC avec Land’s End.

Ils s’étaient déjà fait remarqué avec des opérations astucieuses comme l’application Facebook Campus 2010 (cf. Sears, Kmart launch Facebook application for college students) ou leurs portails MySears et MyKmart :

Le portail social de Kmart

Le portail social de Kmart

Aujourd’hui ils vont plus loin en développant des synergies entre ces portails et les points de vente : Video game reviews: Get YOUR MyKmart review featured on store shelves. L’idée est de sélectionner les avis les plus pertinents pour les afficher en magasin :

Les avis des internautes dans les magasins Kmart

Les avis des internautes dans les magasins Kmart

Bien évidemment pour qu’un avis soit affiché, il doit répondre à un certain nombre de critères (pertinence, clarté, orthographe, conformité avec les CGU…), mais chaque membre de la communauté à ses chances. Même s’ils se réservent le droit de “corriger” les avis (fautes d’orthographe, syntaxe, terminologie), c’est tout de même une initiative remarquable.

Ce qui est particulièrement intéressant dans cette initiative c’est que tout le monde y gagne : Le membre est valorisé socialement, les jeux se vendent mieux et les clients ont du contenu directement là où ils en ont besoin. Peut-être pourraient-ils aller plus loin en affichant non pas uniquement un avis mais la note globale. Nous pourrions même envisager des têtes de gondoles équipées d’écrans où l’on pourrait consulter l’ensemble des avis. En fait il y a une infinité de synergies à trouver, l’important étant de ne pas trop perturber l’expérience d’achat hors-ligne.

À quand un équivalent à la Fnac ?

(via The Inquisitr)

Cédric DENIAUD

Les médias sociaux : quelques présentations avant de partir en vacances

Avant de partir en vacances pour certains d’entre vous, je vous propose quelques présentations intéressantes reperées ces dernières semaines. Je vois de plus en plus de présentations ne parler que des outils (”Le guide de l’influence sur Twitter”, “Pour être un pro du marketing sur Facebook”…). Autant d’inepties délivrées parfois par des agences plus ou moins compétentes qui mettent à leur sauce une présentation déjà vue ailleurs qui n’offre qu’une vision outils chiffrée (”Il faut aller sur Facebook car 500 millions de personne y sont”…) Sortons des chiffres d’audience ou de participation des outils pour raisonner en vraie démarche.

Social Trends

Plus besoin de présenter Razorfish. Cette présentation a encore le mérite d’être claire et d’aller à l’essentiel au travers de 5 points…

http://www.slideshare.net/shivsingh/social-trends-june-2010

Social Media Analytics

Cette présentation a été évoquée par Fred dans 3 approches des Social Media Analytics. Je vous la diffuse ici. Il faut pas la prendre de but en blanc comme parole d’évangile car quand on parle de Social Media Analytics, il faut les mettre en perspective par rapport aux objectifs recherchés. L’explication est par contre dense mais claire.

Ce qu’il faut voir est qu’il faut sortir des indicateurs uniques d’audience (combien de visiteurs ? combien de fans ?) qui sont parfois pris pour des objectifs (combien d’agences vous vendent le fait d’atteindre 10 000 fans comme un objectif dans une vision de consitution de base ?). J’aurai l’occasion d’y revenir mais se déclarer fan ou plutôt simplement cliquer sur un bouton “J’aime” à une toute autre valeur que de laisser volontairement son adresse e-mail à un site d’informations ou marchand. Il faut raisonner en terme d’attention, participation et influence. Ce sont les 3 mots que je retiens lorsque l’on parle de Social Media Analytics.

http://www.slideshare.net/jeremiah_owyang/social-marketing-analytics-4464428

Cédric DENIAUD

Le Community Manager que vous recherchez se trouve déjà dans votre entreprise

Je me suis posé la question avant de publier cet article et d’enfoncer le clou par rapport à un article récent sur le community management qui avait largement fait réagir : Réflexions autour du community management : pourquoi le community manager doit faire partie de l’entreprise.

J’estimais effectivement que le community manager devait faire partie de l’entreprise. Suite aux échanges, je vais même plus loin : le community manager se trouve déjà dans votre entreprise…

En effet, j’ai eu ces derniers jours, suite à l’article, pas mal de demandes assez diverses (agences, annonceurs, etudiants) autour des différents points que j’abordais. Les retours, de manière assez unanimes, sont que dans la théorie tout le monde reconnaît que le community manager se trouve au sein de l’entreprise. Les entreprises et community managers apportent les deux bémols suivants :

  • L’entreprise a un temps de retard et l’agence est là pour combler ce retard et ne pas bloquer ainsi l’adoption des dispositifs communautaires par l’entreprise.

  • Les freelances mettent en avant leurs connaissances du marché et leur adaptabilité.

Vous comprendrez que ces deux arguments sont une vaine tentative de défense qui ne tient pour les raisons suivantes :

  • L’entreprise n’a pas de retard si elle est accompagnée. L’agence se contente du rôle de proposer une personne qui fera office de community manager en attendant que l’entreprise trouve meilleure solution. La solution que je préconise est tout autre : l’entreprise doit être accompagnée par des conseillers afin de faire acquérir les compétences aux personnes ciblées dans l’entreprise qui tiendront ce rôle. On comprend que dans ce dispositif ce n’est pas l’agence qui peut tenir ce rôle (puisqu’elle préférera vendre sa compétence via des jours / homme plutôt que de la diffuser) mais bien de vrais experts prêts à accompagner et diffuser leurs connaissances et compétences. Sauf, que ces experts ne peuvent pas être le premier bloggeur trouvé sur la Toile qui parle de Community Management car il a animé deux forums dans sa vie, mais bien une personne pouvant avoir un vrai retour d’expérience. J’en viens ici au point que finalement le community management n’existe pas. Il serait plus opportun de parler de “Brand Management” à travers une communauté. La compréhension des enjeux communication / marketing / stratégique de la marque sont essentielles, d’où l’importance de trouver la personne en interne répondant à ces critères. Les compétences (rédactionnelles, web – usages et outils, …) pourront être apportées par un conseiller externe…

  • Une personne ne peut gérer qu’une communauté à la fois… Pour se revendiquer comme community manager d’une communauté, on comprend qu’il faut comprendre la communauté (ses membres, la marque, …). Comme je l’évoquais précédemment, le brand management implique que l’on ne gère pas de la même manière une communauté politique qu’une communauté de joueurs en ligne, par exemple. Les agences et freelance feront tomber les annonceurs dans des généralités. J’en ai l’exemple puisque j’accompagne des annonceurs dans leurs démarches et que je vois en face les recommandations en community management d’agences qui sont stéréotypes et non adaptés à la communauté…

Je souhaite donc arriver à la conclusion que le community manager existe déjà en interne dans les entreprises. Il ne faut pas aller chercher en dehors de vos murs le community manager idéal. C’est un mouton à 5 pattes qui, par définition, n’existe pas. Il vaut mieux capitaliser sur des personnes qui ont une logique et une compréhension des enjeux de l’entreprise plutôt qu’une personne qui sur le CV vous vantera ses capacités web, rédactionnelles, relationnelles ou d’expertise en social media. Votre community manager existe : il suffit de le trouver au sein de votre entreprise et de le faire accompagner par des experts.

Cédric DENIAUD

Gare au “Social Media Washing”…

Allez je me lance dans l’invention de nouveau mot et expression. Je tire l’expression “SocialMediaWashing” d’un parallèle qui peut être assez facilement avec la communication actuelle de nombreux annonceurs autour de leur “démarche” environnementale. Certains sont en effet taxés fréquemment de Greenwashing. Ce concept dénonce les marques qui tombent dans les dérives d’une “communication propre” mais non appliquée dans les faits. Heureusement, le cas Nestlé nous l’a rappelé, Internet est devenu un territoire permettant aux parties prenantes de faire entendre leur voix (Nestlé et sa page Fan Facebook : pourquoi l’échec était-il inévitable ?).

Pourquoi je parle de “SocialMediaWashing” ?

Le Social Media est à la mode : c’est hype…

  • Les agences de buzz disent désormais faire de l’influence et du Social Media;
  • Les consulants Internet se transforment en nouveaux gurus du Social Media;
  • Les agences qui gèrent une page Facebook pensent être reines pour faire comprendre à leurs clients les nouveaux enjeux des médias sociaux;
  • Les annonceurs qui ont lancé une campagne de billets sponsorisés pensent faire de l’influence.

Bref en ce moment, on voit clairement tout et n’importe quoi dans le discours de certains et dans les faits. Je préfère tirer la sonnette d’alarme face à la montée de cette bulle autour du Social Media orchestrée par nombre d’agences.

Le SocialMediaWashing : c’est voir la dimension communication avant la relation…

On ne voit dans le Social Media que le mot “média” qui renvoie au schéma traditionnel de communication. “Facebook : quel formidable nouveau canal de communication et de promotion de mes contenus, services et produits… “. Le Social c’est la relation et c’est placer l’humain au centre.

En théorie, tout le monde dira que je ne dis ici rien de nouveau, que tout le monde l’a compris mais que les changements prennent du temps… Les agences ne veulent pas faire changer les annonceurs : un exemple récent pour s’en convaincre : relisez l’article sur le Community Management (Réflexions autour du community management et du rôle des agences) ou implicitement, on comprend que la défense des intérêts business se fait (trop souvent) au détriment de vraies démarches pérennes et construites.

Votre stratégie Social Media ne vous sauvera pas !

Je fais ici le parallèle avec un article d’il y a déjà quelques mois : Your social media strategy won’t save youUne stratégie Social Media n’est pertinente que s’il est englobée dans une démarche globale. Être présent sur les médias sociaux (et Facebook en premier lieu) n’est pas un objectif…

Combien je vois d’agences me ressortir les mêmes démarches stéréotypées pour lancer une campagne ou un dispositif communautaire sur Internet en oubliant que le community management n’existe pas. Il faut, au contraire, penser au “brand management” à travers une communauté. Oui il faut respecter certaines règles, mais c’est à la marque de créer ses propres règles de jeu qui seront adaptées à sa stratégie, sa démarche, sa culture, ses clients, son organisation. Là encore, on peut renvoyer en partie sur les méthodes de community management qu’ont appliquées en partie Nestlé, ou aux grandes théories qu’énoncent certains soi-disants experts du Community Management sur leur blog…

Le SocialMediawashing peut augmenter les chances de “net-gripping” (que votre marque soit prise en grippe par les internautes)

Les cas de “net-gripping” vont se multiplier et aucune marque n’est à l’abri (Un client seul a le pouvoir d’entraîner une véritable crise pour une marque). C’est pour cela que le “SocialMediaWashing” est un risque majeur : c’est donner le bâton pour se faire battre que de penser faire du beau, là ou il faut faire de l’utile. Cela ne sert à rien de lancer un magnifique patchwork fonctionnel là où la simplicité aiderait à l’adoption d’une démarche participative. Cela ne sert à rien de faire la politique de l’autruche sur certains sujets là où on va essayer de faire venir tous les publics sur une Fan Page.

“Il faut commencer petit”, “Aller étape par étape” : ce sont les phrases que j’entends souvent dans la bouche de consultants en agence. Je ne dis pas le contraire mais cette montée en puissance doit s’accompagner d’une compréhension forte des enjeux (risques et opportunités) et des mécanismes, de la prévision de démarches adaptées dans le cas de crise.

Passez au Social Relationship Management !

Le Social Relationship Management définit cette démarche relationnelle forte que les marques doivent engager sur Internet avec leurs publics cibles (influenceurs, enthousiastes, prospects, suspects, …). Ce “hub” doit être géré dans une démarche relationnelle et non communicationnelle.

L’idée est que, par exemple, la Relation Client doit changer pour utiliser les “mêmes armes” que les internautes. Comme le présente cet article du site Internet du journal The Boston Globe, Hurry up, the customer has a complaint, par exemple, le service client doit changer pour prendre en compte la dimension qu’avec Internet tout va vite et il faut être en mesure de pouvoir répondre et réagir rapidement, en cas de situation de crise (et même idéalement avant que celle-ci intervienne).

Conclusion :

Donc, gare aux :

Cédric DENIAUD

Uniqlo + Twitter = intégrer vos tweets à un dispositif de communication

On connaissait déjà les possibilités d’intégration de contenus personnalisés via Facebook Connect. J’avais par exemple présenté le cas du jeu vidéo The Prototype dans le cadre d’une intervention à l’EBG (Conférence EBG : Facebook Connect et Twitter). Vous vous connectiez aux sites avec vos identifiants Facebook et la vidéo teasing de présentation du jeu était alors personnalisée et intégrait votre image, votre nom et d’autres éléments de votre profil Facebook. La personnalisation de la vidéo jouait alors son impact (on n’est plus touché par un message promotionnel lorsque celui-ci est personnalisé).

On sait que la personnalisation lorsqu’elle est originale et créative est un élément important de buzz qui permet d’avoir une communication différenciée autour d’une opération menée. Dernier exemple récent que je vous avais présenté dans : celui de Burger King au Brésil. Regarder cette petite vidéo pour vous faire une idée sur le dispositif :

Cette fois-ci, c’est Uniqlo qui nous propose un dispositif “UTweet” : http://www.uniqlo.com/utweet/#/user/cdeniaud. Le principe est de reprendre certains de vos derniers tweets dans un mini clip flash. Pour se faire, rien de plus simple que de rentrer son identifiant Twitter, et après quelques secondes d’attente le clip démarre.

Image 6

Alors on m’a demande : “Mais quel est l’intérêt ?”. Strictement aucun… si ce n’est l’aspect communication et c’est exactement ce que recherchait Uniqlo à travers ce dispositif. Ce genre de dispositif est encore assez rare et peut donc être assez fortement relayé sur la Toile (retombées sur Twitter, statuts Facebook et articles de blog). Cela fait autant de buzz positif pour la marque et à moindre frais car le mini-clip Flash ne représente pas un coup important sachant que la promotion se fait seulement par le bouche-a-oreille. Comparé à de l’achat média, l’impact est plus puissant, viral. Donc je dis bien joué.

Qu’en pensez-vous ?

Bruno CLEMENT

8 tendances digitales qui vont tout changer…

Je suis tombé hier sur cette présentation de Jeff Hilimire, Chief Digital Officer de l’agence Engauge, basée à Atlanta.

Les plus “affutés” d’entre vous n’apprendront sans doute pas grand chose, mais cette présentation a le mérite de synthétiser 8 grandes tendances des pratiques digitales du moments, avec une bonne approche pédagogiques.

Les 8 tendances en questions, avec mes commentaires:

Trend #1: Facebook is killing it!

Eh oui, avec 400 Millions d’utilisateurs,  Facebook  est devenu tellement mainstreet que son audience a dépassé celle de Google aux USA au mois de Mars.

Facebook est désormais un véritable éco-système en soit, tendance largement démontré par le succès du social gaming type Farmville, et qui devrait encore s’accélérer avec l’arrivée de la monnaie virtuelle, du e-commerce, et le développement du SRM (Social Relationship Management) via les Fans Pages….Et si c’était le grand retour des modèles 1ères génération à la Compuserve ou AOL ;-) ?

Trend #2: Lifestreaming!

Personnal branding + interconnexion des flux + Real Time web: 2010 est l’année de généralisation de l’identité numérique. Une tendance lourde qui contribue massivement au rééquilibrage de la relation entre les marques et ses clients, et qui pose aussi une question de fond en terme de RH pour les entreprises…Pas simple a aborder d’un point de vue marketing.

Trend #3: Checking In!

Ah..Foursquare ! Le truc vraiment hype du moment…Il fallait bien que la géolocalisation apparaisse dans le Real Time Web avec l’émergence du web mobile…Si la pratique se généralise, Il y a là une véritable opportunité de réconcilier le “Clic & le Mortar” (ça faisait longtemps que je n’avais pas utiliser ce terme ;-) )..Par exemple avec des actions qui récompensent le trafic vers un point de vente par le biais du “Check-in”

Trend #4: Visual Search!

Le nouveau graal des interfaces riches. Clairement une tendance de fond, si on s’en tient au fait que 60 à 70% de la compréhension d’un message passe par l’image chez l’individu…Un grande opportunité pour les marques de créer des expériences utilisateurs encore plus immersives, notamment en e-commerce…Allez faire un tour sur le site InterfacesRiches.fr de Fred pour voir plein d’exemples intéressants.

Trend #5: Social games!

La cash machine du moment: exploiter le social graph des internautes sur Facebook pour développer des jeux massivement sociaux. Plus de 80 millions de joueurs à Farmville..dont 2% achètent des tracteurs, des cochons, des vaches virtuelles…et génèrent ainsi des dizaines de millions de revenus nets pour Zynga en quelques mois.

Trend #6:Augmented reality!

Mon dada personnel du moment…Énorme potentiel marketing, la réalité augmentée est déjà largement exploitée partout, sur les packagings des marques, en vitrine, en tatouage, sur les cartes à collectionner, sur le Tee-shirt…Sans parler des applications Iphone/Androïd et des jeux videos…Tout le monde s’y met et ce n’est que le début d’une longue, longue traîne avec l’amélioration de la technologie.

Trend #7: Google Wave & Google Buzz!

Ce qui est sûr c’est que ces 2 services correspondent à une tendance forte en termes d’usages et de besoins des utilisateurs: Une relation plus collaborative et moins itérative (Google wave), et l’agrégation des flux RTM (Google Buzz)…Ensuite,  personnellement je ne suis pas hyper fan de l’ergonomie de Wave à la pratique…et j’ai du mal à percevoir l’intérêt d’un Google Buzz quand on a déjà Facebook, Twitter, friendfeed, posterous, Tumblr, Foursquare etc…

Trend #8: Sh!t you’re not ready for that !

Eh oui…qui aurait pu prévoir autant de succès et de Buzz autour de Chatroulette !!!…Comme quoi les idées les plus simples sont souvent les meilleures. Bon évidemment avec 15% de pervers , y’a pas forcément de quoi s’en réjouir mais bon…Certaines marques ont déjà tenté leur chance, comme French Connection, mais il faut aimer le risque ;-)

Avec le succès les premiers clones arrivent, notamment le Français Camtoya…qui offre la possibilité de Chatter à 4...Waaouh, ça nous promet de belles soirées en perspectives !!!

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J’ajouterais peut-être une 9ème tendance:

L’ émergence d’un nouveau mode de consommation du web: La tablette multi-touch

Car même si l’IPad est très controversé avant même d’être lancé, les 120 000 pré-commandes le 1er jour de l’ouverture sur l’ AppleStore, ainsi que les me-too qui arrivent chez les concurrents type Dell, semblent démontrer l’intérêt du produit et de son usage…

Du reste, si vous ne pouvez attendre sa sortie en Europe, vous pouvez tenter de l’acheter aux US par cet intermédiaire de Borderlinx dont le modèle économique est particulièrement original.

Bruno CLEMENT

Vous avez dit “sérendipité” ? – L’art de trouver de que l’on ne cherche pas !

Je dois reconnaitre que j’ai appris un nouveau concept hier : “La Sérendipité“.
Grâce à Henri Kaufman interviewé dans le cabinet des tendances de Darkplanneur TV au sujet de son bouquin “Internet à tout changé” (cf video ci-dessous).

La sérendipité ou “L’art de trouver ce que l’on ne cherche pas”

Ce concept vient d’un néologisme anglais la “serendipity”, un mot inventé en 1754 par le philosophe anglais Sir Horatio WALPOLE, pour qualifier la faculté qu’ont certains de trouver la bonne information par hasard, un peu sans la chercher.

Quelques exemples historiques fameux me viennent en tête: Christophe Colomb qui découvre l’Amérique en croyant rejoindre les Indes, Le Post-It trouvé par hasard lors de recherches sur un produit totalement différent, ou bien encore le Viagra conçue a l’origine pour guérir les angines de poitrine !!!

Quel rapport avec le web social me direz-vous ?…Et bien TOUT !

En fait quand on y réfléchit, TOUT le web (social ou pas) ramène à la sérendipité

- Le principe fondateur même du web, L’Hypertexte,  est porteur de ce concept:

On clique, on reclique, on re-reclique et on fini par trouver une info, un site, un service, une personne, un produit que l’on avait absolument pas en tête quelques minutes auparavant et qui tout d’un coup nous semble génial et totalement indispensable..

- De nombreux sites web majeurs se sont développés sur ce principe sérendipité:

Flickr par exemple, a été conçu d’abord comme un ChatRoom avec la possibilité d’échanger des photos…Et que dire de Facebook, à l’origine simple trombinoscope pour les étudiants de Harvard

- Le Real Time Web repose totalement sur ce concept…Mieux il l’accélère:

On “follow” de parfait inconnus sur Twitter, on “RT” des tweet qui nous semblent intéressant…Chaque seconde, des milliers d’avis, de liens, de photos, de videos circulent de plateformes en plateformes…Et pour ma part, je dois dire qu’il ne se passe pas une journée sans que je ne découvre un truc intéressant que je ne cherchais pas !

- Le modèle économique dominant du web 2.0, le “Freemium”, exploite complètement ce phénomène:

Puisque la plupart des gens trouvent et adoptent des services presque par hasard, autant leur simplifier l’accès en leur proposant d’utiliser ces même services gratuitement..Puis les inciter à payer pour en avoir un peu plus s’ils sont satisfait.

Si je regarde mon exemple personnel, la plupart des services que j’utilise et pour lesquels j’ai fini par payer ont été trouvé au hasard de mon vagabondage digital et reposent sur le modèle du Freemium: :Feedly, Tweetie, Remember the Milk, Spotify, Drop.io, Prezi

- Même le Buzz du moment, Chatroulette, est l’illustration parfaite de la sérendipité

S’il y a bien un endroit ou l’on trouve ce que l’on ne cherche pas…c’est bien Chatroulette ! Et force est de constater que le succès est énorme, malgré les dérives sexuelles condamnables ( A moins ce que soit le sexe qui soit le moteur du succès de Chatroulette..du coup ça tue mon argumentation, car on sait ce qu’on va y trouver ;-) )

- Pour finir, je pense même que l’addiction au web est liée à la sérendipité.

Car au final qu’est-ce qui nous pousse tous à ouvrir nos navigateurs chaque matin ? Si ce n’est d’aller de surprises en surprises espérant tomber sur une pépite que l’on se précipitera de partager avec notre entourage proche ou moins proche ?

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Pour conclure, je vous propose de découvrir un site musical exceptionnel, From the Basement, que j’ai découvert par hasard au fil des publications des mes “friends” sur Facebook…Une belle illustration de l’art de la sérendipité…Car il y a fort à parier que vous nous vous attendiez pas a découvrir ce site sur ce blog et dans cet article ;-)

Le hasard fait bien les choses non ? Enjoy :-)

From the Basement

Frédéric CAVAZZA

Chatroulette, le nouveau service qui ne sert à rien

Connaissez-vous Chatroulette ? Mais si enfin, c’est le nouveau service qui ne sert absolument à rien mais dont tout le monde parle en ce moment. L’idée de départ est très simple : Un vidéo-tchat aléatoire. Le service est assez rudimentaire et permet de commencer à jouer avec en quelques secondes : Vous démarrez votre webcam et vous vous retrouvez nez à nez avec des inconnus.

L'interface de Chatroulette

L'interface de Chatroulette

Si la tête de l’inconnu(e) ne vous plait pas, il suffit de presser une touche pour en trouver un autre. Au début vous y passer 30 secondes, puis 5 minutes, puis 1/4 d’heure, puis… Autant le dire tout de suite : Ce service est complètement con mais il possède un incroyable pouvoir hypnotique qui vous scotche à l’écran.

Bien évidement on trouve de tout et de rien sur ce service avec parfois des situations cocasses (cf. The 24 Best Chat Roulette Screenshots) :

Exemple de situation absurde dans Chatroulette

Exemple de situation absurde dans Chatroulette

Pour le moment le service n’est pas modérer et l’on y trouve une ambiance proche de 4chan où se côtoient le meilleur comme le pire. Pour vous donner une idée de ce qui s’y passe sans montrer votre trombine, voici une petite visite guidée par Monsieur Dream :

Le plus fou dans cette histoire est que ce service a été monté par un adolescent russe et 3 semaines : Chatroulette’s Creator, 17, Introduces Himself. Le concept de base est vraiment tout bête, mais il fait des ravages car la prolifération virale de ce service est exponentielle, au point d’attirer l’attention d’investisseurs potentiels : ChatRoulette Gets Fred Wilson’s Attention.

Pourquoi investir ou s’intéresser de prêt à Chatroulette ? Tout simplement car tout est possible avec les médias sociaux. Qui sait si Chatroulette ne va pas être le Hot or Not des années 2010 ? Il n’en faut pas forcément plus pour démarrer une dynamique communautaire et construire un service plus élaboré par dessus. Dois-je vous rappeler que l’illustre Mark Zuckerberg a commencé sa “carrière” en lançant un clone de Hot or Not ? En tout cas cela devrait donner des idées à des services comme JustinTV ou Ustream pour diversifier leur activité.

Bref, tout ça pour dire que Chatroulette est LE phénomène viral du moment. Faut-il investir cette plateforme dès à présent ? Oui pourquoi pas, au titre d’expérimentation pour essayer de comprendre ou au moins pour profiter de l’aura médiatique autour de la montée en puissance de ce service. D’ailleurs certains sont déjà en train d’investir les lieux : Les écolos font campagne sur Chatroulette.

Est-ce bien sérieux pour une grande marque d’être présente sur Chatroulette ? Oui et non, disons que c’est à double tranchant pour l’image de cette marque. Est-ce bien sérieux pour une grande marque d’ouvrir un point de vente dans la galerie commerçante d’un hypermarché alimentaire ? Oui et non également pour les mêmes raisons. L’intérêt serait de faire preuve de réactivité pour être présent là où ça se passe au bon moment. Pas de quoi bâtir une solide stratégie de social marketing, mais de quoi faire évoluer les mentalités dans des départements marketing / communication qui ont besoin de se renouveler. Dans tous les cas de figure, une petite visite sur Chatroulette s’impose afin de voir à quoi ressemble l’internaute lambda d’un service lambda.

Cédric DENIAUD

Les médias sociaux : première priorité marketing en 2010 ?

Je suis tombé dernièrement sur cette étude de Emarketer sur les priorités marketings en termes d’investissements des directions marketing.

social_media_emarketer

On constate que les médias sociaux sont LE sujet hype. Première réaction : je me réjouis car je me dis que les marques ont compris que les médias sociaux ne sont pas gratuits et qu’un investissement budgétaire pour une présence, et surtout une animation, conséquentes est nécessaire.

D’autres éléments viennent confirmer cette tendance :

  • Le succès de ce blog ? (petite séance d’auto-congratulations, je dois le reconnaître ;) )

  • Les demandes des grands annonceurs qui ont compris que, après une première phase d’expérimentation en 2009, sans vraiment de stratégie et seulement dans une vision 360°, (”il faudrait que je mette du Facebook dans mon plan de communication”),  en 2010 la mise en place d’une vraie stratégie de laquelle découlerait des tactiques et des guidelines devient indispensable. C’est avec plaisir de pouvoir travailler sur ce genre de problématiques avec des entreprises qui comprennent la nécessité d’être accompagnées dans une stratégie qui n’implique pas qu’un changement dans la communication ou le marketing mais une évolution culturelle de l’entreprise (De la publicité au marketing conversationnel et De la logique d’image à la logique de réputation ).

  • L’intérêt des médias sociaux que porte les acteurs du Web de la génération précédente (les sociétés spécialisées dans l’affiliation, le référencement…les outils webmarketing “classiques”) qui commencent à voir leur budget se réduire puisque pour une marque il n’est plus aussi primordiale d’être le mieux référencé dans Google puisque de nouvelles sources de trafic, que représentent les médias sociaux, sont incontournables. Certains le font bien évidemment d’une manière très maladroite (j’en ai eu la preuve avec TradeDoubler lors d’une conférence sur les médias sociaux au salon Emarketing cette semaine, qui annonçait fièrement son outil d’affiliation dédié à Twitter et Facebook, en somme une formidable boite à polluer les tweets et statuts Facebook. J’aurai l’occasion d’y revenir plus amplement dans un article dédié).

  • Corollaire du point précédent ; je vois émerger pleins de pseudos experts… Très bien… sauf qu’en discutant je retombe dans 99% dans les cas d’observateurs / lecteurs d’informations qui ne sont pas des praticiens et pire qui n’ont pas compris qu’avant d’être du Web, c’est de la communication et du marketing (cf : Et toi, tu es un Social Media Expert ?) Du coup, on tombe dans le cas de sociétés ou d’agences qui appliquent leur ancien modèle aux médias sociaux sans comprendre ne serait-ce que la nouvelle “netiquette” des médias sociaux.

Je vous conseille pour terminer quelques conseils  :

  • Analyser tout ce que l’on vous dit et que plusieurs voix sont toujours préférables que une seule car elle permet d’affiner son opinion. Je conseille parfois à certaines entreprises le brainstorming avec des personnalités différentes (un blogueur, un consultant externe, “l’agence de com”, le directeur marketing, le directeur communication). Les échanges sont bien souvent plus constructifs…

  • Les généralités sont des généralités et bien souvent ne correspondent pas aux cas particuliers et aux besoins spécifiques auxquels doit répondre une entreprise. Ce n’est plus l’heure de sortir la “tarte à la crème” des médias sociaux en citant les 350 millions de membres de Facebook, ou en parlant de proximité ou de transparence. Ce sont des must known informations mais ce n’est pas ce qui fera qu’une recommandation qu’une agence soi disant experte sera pertinente.

  • Avant de penser Facebook, Twitter et blogs, pensez stratégie, besoins et usages (cf : Avant de voir les outils, voyez les usages… et  ).

PS : Oui ce billet était légèrement “coup de gueule” mais après être passé quelques heures sur le salon Emarketing à écouter ce que les entreprises ou les intervenants évoquaient autour des médias sociaux, j’ai été profondément déçu de l’approche “commerciale” (oui je sais c’est un salon) et des généralités dites et redites à tout bout de champs… Je pense dire, comme j’avais dit il y a 2 ans “Nos marketeurs ne savent pas ce qu’est une communauté” (les choses ont changé depuis lors et les demandes nombreuses que j’aies autour de ce qu’est une communauté, ce qu’est un bon “community manager” prouvent une plus grande mâturité), que “certains pseudo-experts du Web, même d’agence positionnée sur ce créneau, sont de bons commerciaux mais de mauvais évangélistes et stratégistes”.

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