Frédéric CAVAZZA

Vers des campagnes à 720° ?

Les campagnes à 360°, vous connaissez ? Mais si enfin, ce sont ces campagnes multi-supports qui permettent de respecter l’intégrité du message quelque soit le média utilisé (presse, affichage, TV, radio, web). En ce moment c’est le terme à la mode dans les agences : faire du 360°. Mais considérer le web comme un canal homogène (comme peuvent l’être les chaînes de TV) est-il bien pertinent ? Non je ne pense pas.

Depuis l’avènement des médias sociaux les annonceurs doivent ainsi faire face à un phénomène de fragmentation de l’audience mais également de ré-appropriation du web par les internautes (notamment au travers de blogs, wikis, sites de partage…). Car une marque peut maîtriser la teneur du message qui passe dans un spot TV, mais qu’en est-il des parodies ou détournements qui tournent sur YouTube ?

Dernière exemple  en date : EuroRSCG qui accuse Wikipedia de nuire à l’image de leurs client et de ruiner leurs efforts : La communication des marques fâchée avec Wikipedia. Le débat est complexe mais la réaction de l’agence est  maladroite : le problème ne vient pas de Wikipedia (les détracteurs trouvent toujours un support pour d’exprimer) mais plutôt de l’écart existant entre la voie officielle et la vision des “opposants”. Qui a raison ? Qui a tort ? Je ne me prononcerais pas sur ce point.

Ceci est d’autant plus important qu’une marque n’existe pas dans le diaporama du directeur marketing, elle n’existe que dans l’esprit des clients et prospects. Il est donc beaucoup plus important de surveiller le “non dit” (matérialisé en partie par les détracteurs) que le “dit” (le message contenu dans un spot TV).

Toujours est-il que le décor est maintenant planté : la présence d’une marque sur le web ne se limite pas à son site web (institutionnel, évènementiel ou marchand). Il existe une multitude de voix qui vont porter, relayer, interpréter un message ou une posture de communication. Et nous n’en sommes qu’au début puisqu’à tous ces forums, blogs, wikis, réseaux sociaux, microblogs… viennent s’ajouter de nouvelles plateformes sociales : univers virtuels, social gaming…

Les marques les plus matures sur le sujet intègrent déjà la dimension de “médias sociaux” dans leur stratégie de communication et de RP notamment au travers des Social Media Release, comme par exemple Ford (merci à Aziz pour la trouvaille). Mais ont-elles intégrées la dimensions “plateformes sociales virtuelles” ? Car avec l’avènement des univers virtuels, portails de Social Games, plateformes de User Generated Games et autres Casual-MMO, nous en arriverons bientôt à envisager des Virtual Media Release.

C’est là où se situe un des enjeux majeurs de la nouvelle vague de communication de marque : arriver à maîtriser l’intégrité d’un message publicitaire sur l’ensemble des supports physiques (un premier 360° avec la presse, affichage, TV, radio) et des supports numériques (un deuxième 360° avec les blogs, forums, réseaux sociaux, sites de partage, univers virtuels, social gaming…).

Ceci me conforte dans l’idée que les grandes marques doivent se doter de moyens pour surveiller les conversations sur tous ces nano-médias, pour détecter et évaluer ceux qui présentent le plus de potentiel et éventuellement pour y participer (suggestion collaborative, co-création…). D’où l’intérêt de créer des postes de Social Media Planneur ou de Social Media Analytics Expert.

Frédéric CAVAZZA

Tout savoir sur les médias sociaux et sur le buzz-marketing

Comme je sais que vous avez beaucoup trop de choses à lire je vous propose un petit condensé de ce qu’il faut savoir sur les médias sociaux et le buzz marketing (”Word-of-Mouth“) :

Voilà, ça vous fera de la lecture dans le métro.

Frédéric CAVAZZA

Qu’est-ce qu’un ami ?

Depuis quelque temps j’ai plein d’amis. C’est même fou le nombre d’amis que j’ai accumulés sur les différentes plateformes sociales ( LinkedIn, Viadeo, Xing, Facebook, Plaxo, Orkut, FlickR, Skype, Google Talk…). Par contre ce qui est surprenant c’est que toutes celles et ceux que je considère comme mes vrais amis (qui sont dans mon carnet d’adresses) ne sont pas dans ces listes.

Bref, cette profusion d’amis me pousse à me poser les questions suivantes : Quelle est la réelle nature de mes relations sociales avec ces personnes ? Existe-t-il réellement un lien entre elles et moi (autre qu’une ligne dans une base de données) ? Quelle est la définition que l’on pourrait donner d’un ami dans le sens “médias sociaux” du terme ?

Car il faut bien avouer que cette notion d’amitié est un peu superficielle. Bien évidement rien ne vous empêche de sympathiser voir de vous marier avec les personnes qui sont dans votre buddy list, mais force est de constater que “ami” n’est pas forcément le bon terme.

Les systèmes de messagerie en ligne sont plus sobres et parlent de “contacts“, mais ce n’est pas trop engageant. Certains réseaux sociaux essayent de moduler cette notion d’amitié avec des qualificatifs comme “Family“, “Friend“, “Work“, “Haven’t met“… C’est mieux mais la liste devrait être plus précise, et là nous entrerions dans une description bien trop précise du graph social qui pourrait en faire fuir plus d’un (façon Facebook).

Peut être la bonne approche est celle de Twitter qui parle de “Followers” (plus subtile que les “Fans” de Plurk), des personnes qui vous suivent (de près ou de loin), ce ne sont ni des contacts ni des étrangers, et surtout ils n’y a pas d’autorisation ou de confirmation à donner.

Bref, pour que les plateformes sociales évoluent dans le bon sens (un graph social plus précis mais sans trop empiété sur la confidentialité) il faudrait complètement revoir cette notion d’amis en lui injectant une couche d’intelligence. Peut-être un premier pas vers un web sémantique social ? Finalement peut-être que des grammaires sémantiques comme FOAF ou XFN avaient une longueur d’avance…. Peut-être qu’en faisant évoluer des microformats comme hCard nous arriverions à un résultat similaire ? Peut-être que des initiatives d’interopérabilité comme DataPortability ou OpenId pourraient apporter une solution (en impliquant un tiers de confiance qui serait le garant du respect de la confidentialité) ?

Ou peut-être pas. Tout simplement car les utilisateurs ne souhaiterons jamais franchir cette barrière (et conserverons deux listes d’amis : virtuels et réels). Ou tout simplement parce que ce n’est pas compatible avec les scénarios de monétisation des plateformes sociales.

Vaste question à laquelle je n’ai pas la prétention de répondre… et visiblement je ne suis pas le seul à me la poser : Understanding the Value of ‘Friends’ in Social Media Websites.

Vanessa KRIVAJA

La télévision fait-elle partie des Médias Sociaux ?

En théorie non dans le sens où elle ne met pas en relation des individus pour leur permettre de créer un réseau virtuel et qu’elle ne propose pas de services en ligne, etc. … Certes …

 

Mais que penser alors de la demande en mariage de Raymond Domenech hier soir en direct sur M6 ( http://www.m6.fr) juste au moment où un journaliste vient l’interviewer sur son avenir à la tête de l’équipe de France et sur ses projets immédiats ?

 

Pour ceux qui ont loupé ce grand moment voici sa réponse :

“J’ai qu’un seul projet, c’est d’épouser Estelle. Donc c’est aujourd’hui que je lui demande. Je sais que c’est difficile, mais c’est dans ces moments-là qu’un a besoin de tout le monde. Et moi j’ai besoin d’elle.”

 

Et surtout, Estelle Denis a-t-elle répondu « oui » dans son émission « 100% foot » qui suivait juste après ?!? …

 

Tout ceci m’amène à me demander si finalement on ne pourrait pas désigner la télévision comme LE nouveau grand média social puisque désormais nous ne sommes plus simplement passifs devant notre écran, nous pouvons aussi l’utiliser pour trouver des amis, un (nouveau) travail, une épouse, afficher sa vie privée, …

 

Les chaines du câbles vont-elles donner l’exemple aux autres comme Paris Cap’ pour la « communauté » des Parisiens ( http://pariscap.com/) où tout un chacun peut s’exprimer ?

 

En attendant de répondre à cette question, si l’un d’entre vous a des informations sur le mariage d’Estelle & de Raymond … :-)

Vanessa KRIVAJA

Doit-on s’inquiéter de la collecte de données personnelles par les médias sociaux ?

A priori, oui puisque pas plus tard que le mois dernier, la commission nationale de l’informatique et des libertés ( www.cnil.fr ) a alerté les internautes sur l’utilisation et la commercialisation de leurs données personnelles par les médias sociaux comme Facebook, Myspace et autres.

Les annonceurs (et leurs agences donc …) utilisent en effet ces données pour délivrer des messages ciblés auprès des internautes qualifiés. Alex Türk, actuel président de la CNIL, propose carrément de faire inscrire dans le préambule de la constitution française le droit à la protection des données personnelles.
Il explique que ce qui est déclaré à un moment donné par un internaute peut être enregistré et utilisé bien des années après et que cela pose problème dans le sens où un individu perd alors ce qu’Alex Türk nomme “le droit à l’oubli”.

D’un autre côté, il ne faut pas oublier que ces données sont communiquées par les internautes eux-mêmes et que les cas d’utilisations de ces données par les annonceurs demeurent pour le moment dans un registre plutôt “traditionnel”.

Quoi que l’on puisse penser de ce débat une chose est sure : le fait qu’un organisme comme la CNIL s’intéresse aux médias sociaux va obliger ces derniers à se réguler … et un peu plus d’informations pour tous ne nuira à personne !

D’ici là, tâchons de ne pas sombrer dans la paranoïa … toujours est il que je serais curieuse de savoir combien de comptes Facebook ont été fermés depuis les alertes de la CNIL ?

Johann OUAKI

Facebook un monde sans complexe

Un des éléments les plus frappants lorsqu’on visite les fiches de nos “amis” sur Facebook c’est de voir à quel point certains (beaucoup) mettent à la vue de tout le monde des détails de leur vie privée. Sur la fiche d’un ami, on a souvent accès à ses photos, à la liste de ses amis, au descriptif de son parcours scolaire et professionnel, aux groupes auxquels il a adhéré, à ses envies, ses goûts musicaux… Bref, tout un tas de renseignements personnels qui nous fournissent non seulement des informations sur l’identité civile de notre ami mais aussi sur ses goûts, sur ses envies, et en lisant les messages postés sur son mur on a même accès à des bribes de conversations avec ses autres amis.

Pour quelle raison nous amusons-nous à étaler à ce point plusieurs facettes de notre personnalité à la vue de tous ?

Avez-vous déjà eu l’occasion de vous voir en vidéo ? Pour la plupart d’entre nous, la première fois où l’on se regarde en vidéo, la même remarque nous vient à l’esprit: “c’est dingue, je ne me reconnais pas !“. C’est assez étrange mais on a du mal à reconnaître sa voix, son intonation, sa gestuelle, son allure générale…

L’interprétation à faire de cette observation est assez simple : l’image qu’on se fait de soi n’est pas l’image qu’on reflète réellement. Et pourtant, ce ne se sont pas les efforts qui manquent. On choisit des vêtements qui nous ressemblent, un vocabulaire et une intonation adéquats à la situation et qu’on pense cohérent avec notre personnalité… Mais rien à faire, il y a une différence entre celui qu’on pense être et celui qu’on voit à l’écran.

La psychologie nous explique qu’il existe en fait trois personnes en chacun de nous :

  • Celui qu’on pense être
  • Celui qu’on aimerait être
  • Celui qu’on est réellement

J’en rajouterai une quatrième, en quelque sorte un mélange de celui qu’on aimerait être et celui qu’on est réellement : celui que les autres perçoivent.

Une autre expérience permettant d’observer ces différences entre l’image qu’on pense laisser apparaître et l’image que les autres ont de nous est de demander à notre entourage l’image qu’il a de nous. Il y aura autant de réponses que de répondants, et presqu’aucune ne sera celle que nous aurions donné instinctivement.

Tout ça pour dire quoi ? Tout simplement que l’identité virtuelle qu’on se créé par l’intermédiaire de ces fiches, représente un intérêt dans la mesure où elle nous permet de contrôler l’image de nous-mêmes que nous véhiculons.

On affiche nos photos, mais on prendra la peine de sélectionner les bonnes. On affiche les résultats des tests qu’on effectue, seulement si les résultats sont avantageux. On affiche nos goûts musicaux et cinématographiques, mais on prendra la peine d’éliminer ceux qui ne correspondent pas à l’image que l’on souhaite donner.

Peut-on aller jusqu’à dire que Facebook nous donne la possibilité d’exister (virtuellement) sans nos défauts ni nos complexes et donc de contrôler l’image de nous que nous donnons aux autres ?

Olivier CEDRATI

Presse en ligne : encore une victoire du canard !

Il faut le dire, le voir, le lire: la presse prend sa revanche, et se veut être un secteur qui s’étend avec plus de succès que d’autres sur la toile…

Sa déclinaison numérique est une véritable librairie virtuelle, un kiosque dans lequel vous pouvez consulter un, plusieurs, voire une infinité de magazines, le tout pour un abonnement à tarif très abordable et par le biais d’un logiciel de lecture, ou “reader”, qui peut facilement prendre le relais d’Adobe Acrobat Reader, par une interface plus pratique, lisible et confortable. Bien entendu la mise en page reste la même que celle d’un journal papier, mais se présentent à nous les évidentes économies d’argent, de scrupules écologiques (et zou, plus de papier !) mais aussi d’espace: vous pouvez ainsi stocker tous vos magazines, sans vous soucier de les jeter régulièrement et y revenir quand vous voulez..

Ces kiosques en ligne vont plus loin que les offres gratuites de quotidiens comme 20 minutes ou Metro ou à abonnement comme Le Monde et Le Figaro, sans parler de journaux.fr, qui n’est qu’une boutique en ligne de journaux et magazines papier.

Deux sites se démarquent pour l’instant : lekiosque.fr et Virgin Mega Presse. Chacun y va de ses démos, ses offres d’essai (allez essayer l’offre de nos confrères de techcrunch !) ou de ses forfaits illimités, plus qu’attrayants. Bref, de quoi flinguer les offres d’abonnement de votre C.E. ou de l’école de votre gosse !

L’éditeur y gagne en lisibilité, en diffusion, en image de marque hi-tech et web, réalise d’importantes économies de papier et d’encre, tout en réutilisant les maquettes de ses éditions papier. Les seuls vrais challenges pour lui sont la gestion de serveurs aux reins solides, et d’un système de sécurité performant à l’abri des pirates, les eBooks pulullant quotidiennement sur les sites de torrents.

Il flatte également le côté bobo/vélib du lecteur, qu’il soit régulier ou occasionel: “je suis branché, intello, mobile et écolo”. Certes, cette mobilité est dépendante de la lecture physique de ce média numérique: l’ordi portable en est pour l’instant le seul support, mais les technologies d’écran-papier se développent à grande vitesse ces dernières années. Enfin, il existe même des versions USB de ces magazines, avec reader intégré, mais elles ne marchent pas sur toutes les clés. Des balbutiements technologiques que l’on peut facilement comprendre.

Alors oui, comme le mp3 et les baladeurs numériques, ces eBooks offrent un réel gain de place et une économie de déplacements, de temps et d’argent. mais cette “liberté” n’est elle pas illusoire ? à l’image de ces creative et archos qui vous permettent de voir vos divx n’importe-où-n’importe-quand-même-sur-un-télésiège, les yeux en prennent tout de même un sacré coup à la longue. le lecteur pantouflard est-il prêt à se flinguer les rétines et se brûler les cuisses au petit déj avec son laptop juste pour lire l’équipe ? seul l’avenir nous le dira…

Bruno CLEMENT

Vous avez dit Social Media Release 2.0 ?

Le blogueur est-il un journaliste comme les autres…Et vice versa ?

Nous autre agence de communication sommes confronté de plus en plus à l’émergence d’un nouveau métier que nous appelons chez nous de manière très inspiré: Les “RB” (Relations Blogs)…une sorte de savant mélange entre les Relations Presse et le webmarketing…  Le Ying face au Yang…Pour ne pas dire la nitro & la glycérine… ;-)

En effet, pas facile de faire comprendre à une attachée de presse qu’un blogueur n’est pas un journaliste comme les autres…Pas simple non plus d’expliquer à un webmarketeur qu’une stratégie d’influence ne se mesure pas qu’en PAP ou en click rate

Soyons honnête…On apprend tous en marchant…et que celui qui n’a jamais reçu les foudres d’un blogueur suite à un “communiqué” un peu maladroit, ou d’un journaliste vexé d’être traité au même rang qu’un blogueur me jette sa souris à la tête ;-).

Mais la bonne nouvelle c’est que tout ça s’organise. Un des indicateur qui me semble clé, c’est que l’on commence à recevoir des VRAIS briefs de grands annonceurs qui nous interrogent sur l’organisation systémique de leur relation vis à vis de la communauté des blogueurs et de leur présence sur les médias sociaux en général.

Chacun y va de sa théorie, sa méthode, ses processus… Et si l’on regarde outre Atlantique, on se rend vite comme que les médias sociaux contribuent fortement  à faire progresser le marché en réunissant le meilleur des 2 mondes: Celui du partage et du 2.0 auquel est habitué le blogueur, et celui du traditionnel communiqué de presse des journalistes.

INTRODUCING THE  SMR 2.0: “SOCIAL MEDIA PRESS RELEASE 2.0″
…OU comment utiliser tous le potentiel des medias sociaux pour optimiser la relation avec les journalistes….Et les blogueurs


Coté méthologie, Todd Defren de l’agence SHIFT Communications a publié la V1 d’un template très d’un Communiqué de presse 2.0 (Social Media Release 2.0 ou SMR). Ce template recense toutes les bonnes pratiques d’exploitation des outils des médias sociaux en terme d’hébergement, de partage et diffusion.
Personnellement, je trouve cette initiative vraiment intéressante, d’autant qu’elle s’inscrit dans une démarche totalement “open source” et 2.0…Rare dans le monde impitoyable des agences ;-)

(cliquez sur l’image pour télécharger la version pdf)

Je vous invite également à lire l’article de Brian Solis du blog  PR 2.0 sur le sujet, particulièrement intéressant qui liste les différentes plateformes destinées à la diffusion 2.0 des contenus auprès des journalistes et des blogueurs. Notamment avec ce tableau ci-dessous :

SMR_services_comparison.pdf (1 page)

Je vous conseille de vous intéresser plus particulièrement à la plateforme 2.0 de diffusion de communiqué   Marketwire :

Le service est très impressionnant et permet de diffuser et de partager tout type de contenus multimedias sur les cibles RP & RB…Avec bien évidemment tous le tracking qui va bien…2.0 oblige.
En plus une version Francophone de la plateforme existe…alors ne vous privez pas ;-).

Et vous ? Êtes-vous prêt pour le SMR 2.0 ?

Frédéric CAVAZZA

Plurk, la nouvelle coqueluche du microblogging

Vous pensiez être à la pointe du hype avec votre fil Twitter ? Hé bien non c’est raté. Suite à de nombreux problèmes techniques (surcharge, coupures…) et à quelques comportements déviant (spams, tweets sponsorisés, vente aux enchères de profile avec de nombreux followers…) il semblerait que la blogosphère se soit trouvé une nouvelle coqueluche : Plurk.

Derrière ce nom étrange (qui fait la compétition avec Sprout) se cache un service de microblog de nouvelle génération : plus intelligent, plus riche, mieux conçu… Vous remarquerez d’emblée l’interface novatrice où les entrées (les “plurks“) sont représentées sur une timeline qui défile de droite à gauche en faisant du drag & drop ou avec la molette de votre souris :

Plurk1.jpg

Il y a ensuite de nombreuses améliorations qui ont été faites sur les entrées elles-mêmes : plus compactes elles s’empilent de façon élégante sur la timeline, elles affichent également le nombre de commentaires :

Plurk3.jpg

Là où ça devient intéressant c’est qu’un plurk propose tout un tas de raccourcis pour filtrer la timeline en fonction de l’auteur, pour accéder à sa fche, pour lire les commentaires… Les plurks sont également structurés en fonction de verbes-clés : is, like, share… qui permettent de catégoriser les entrées :

Plurk2.jpg

Ça n’a l’air de rien mais cette caractéristique est tout simplement révolutionnaire : un premier pas vers du microblog sémantique ?

Au menu des autres fonctionnalités : les traditionnelles listes d’amis, de followers, la version mobile, les API… Autre nouveauté intéressante : le principe de Karma. Le Karma Score fonctionnent comme des récompensent pour votre implication sociale. Ces points permettent de faire augmenter votre Karma score, un indice que l’on peut comparer à un social score. Pour acquérir des Karma points il faut recruter de nouveaux membres ou publier souvent. Ce Karma Score est ensuite utilisé pour faire des statistiques (meilleur Karma de la semaine…). Avoir un bon Karma est donc socialement valorisant (vous êtes dans le Top10) et vous permet également de “briller” (vous avez accès à de nouveaux smileys, une étoile est affichée sur votre photo…).

Bref, sur le plan fonctionnel Plurk est largement meilleur que Twitter (un victoire haut la main). Par contre la question est de savoir si ce service va savoir séduire rapidement un noyau dur d’utilisateurs ainsi que des stars à la Robert Scoble… De même, vont-ils savoir créer un écosystème d’applications et de services qui vont venir augmenter la valeur perçue ainsi que la fidélisation ?

Pour en savoir plus sur cette étoile montante, je vous propose cette sélection d’articles :

Et n’hésitez pas à donner l’URL de votre Plurk dans les commentaires (pour mon Plurk c’est ici : http://www.plurk.com/user/fredcavazza).

Frédéric CAVAZZA

Social Networks + Casual Games = Social Games

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des redoutables plateformes de jeux en ligne Sud-coréennes, des MMO avec une couche sociale (cf. Réseau social + univers virtuel + jeu en ligne = $), mais il semble qu’une nouvelle catégories de jeux en ligne commence à prendre de plus en plus d’importance : les social games, des simili-réseaux sociaux avec une couche de jeux.

Pour être plus précis, les social games peuvent être définis comme des jeux en ligne intégrant une très forte dimension communautaire (au point que les jeux n’ont aucun intérêt pour un joueur isolé). Si vous vous sentez d’humeur à débattre sur la terminologie, je vous renvoie sur cet article : What Makes Gaming Social?

Rappelons également que les social games sont considérés par les analystes comme une niche à très forte valeur ajoutée (faible coût de développement et forte marge fondée sur les micro-transactions de biens et services virtuels) : Social Gaming Pwns The Industry et The Truth About the Biz of Casual Games.

Pour illustrer tout cela je vous propose de découvrir quelques exemples que l’on peut scinder en trois sous-catégories : les portails de casual games, les plateformes de social games et les jeux sociaux hébergés.

Portails de casual games, qu’importe les jeux du moment qu’ils soient sociaux

Connaissez-vous les casual games ? Mais si enfin, ce sont ces jeux sans prétention qui occupent vos temps morts (course de voitures, tire au pigeon…). Certains se sont fait une spécialité de ce type de jeux en les agrégeants des des portails : Kongregate, Cafe, Pogo

Pogo.jpg

Outre un catalogue de jeux très large, ces portails proposent également un certain nombre de fonctionnalités sociales : profils, listes d’amis, meilleurs scores… certains poussent la logique encore plus loin avec des systèmes d’avatars comme les MiniMe de Cafe :

MiniMe.jpg

L’objectif de ces portails est de créer de l’émulation de groupe et de la viralité autour de jeux variés et de drainer une audience toujours plus large avec un modèle de revenus fondés sur la publicité. Les jeux ne peuvent être joués qu’en ligne, donc nous sommes sur un principe d’achat d’espace avec un ciblage lié au type de jeu (plutôt masculin ou féminin, plutôt jeune ou pas…).

Dans ce domaine là, c’est très certainement Shockwave.com qui avait montré l’exemple il y a de nombreuses années. Heureusement la relève est déjà là avec des portails à très fort trafic et grosses ambitions.

Prochaine étape : des jeux exportables sur les blogs (via des widgets) qui permettraient de jouer à plusieurs par blogs interposés.

Plateformes de social games, un premier pas vers des OS en ligne dédiés ?

Pour ceux qui seraient passé à coté, je préfère vous prévenir tout de suite : ne cliquez pas sur ce lien et ne vous inscrivez surtout pas sur le site ImInLikeWithYou. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette plateforme est terriblement addictive. Plateforme ? Oui tout à fait dans le mesure où tout dans l’interface est là pour vous rappeler la métaphore graphique du bureau sur lequel repose un certain nombre d’applications (carnet d’adresses, messagerie…) :

ImInLike2.jpg

Ce qui frappe d’emblée sur ce service c’est l’omniprésence des fonctions communautaires : listes d’amis… Mais l’intérêt de cette plateforme est avant tout de sociabiliser au sein de la communauté au travers de jeux comme ‘Dessiner c’est gagner‘ ou ‘Tetris‘ qui se jouent bien évidement à plusieurs simultanément :

ImInLike1.jpg

Et c’est là où la force de la plateforme réside : créer de l’émulation communautaire au travers de parties informelles, et ça fonctionne très très bien. Il y a également des fonctions sociales plus classiques qui reposent sur la publication et le partage de photos, de vidéos, de musique… mais le cœur du système est centré sur les jeux.

Autre exemple avec Doof, une plateforme à l’approche graphique similaire (qui simule un bureau et des fenêtres applicatives :

Doof.jpg

Ici le concept est différent dans la mesure où tout repose sur les paris : les jeux sont en libre accès mais il faut parier pour pouvoir jouer avec les autres. Et tout est prévu pour vous y inciter : les tableaux de high-scores, les profils…

Là encore le “minimal social” est assuré avec les classiques listes d’amis et autres invitations. Sur cette plateforme la monnaie virtuelle est parfaitement exploitée : elle est omniprésente mais jamais de façon intrusive ou vulgaire (”Insert coin“).

Jeux sociaux hébergés, les futures stars des réseaux sociaux ?

Autre stratégie : Des jeux en ligne qui viennent se greffer à un réseau social (Facebook, Bebo, Myspace…). Cette forme de jeux en ligne n’a été rendu possible que par l’ouverture de plateformes d’hébergement d’applications aux éditeurs tiers (à l’image de la célèbre Facebook Platform). Encore uen fois j’attire votre attention sur le fait que cette niche attise la curiosité de nombreux investisseurs : Is Facebook Gaming The Next Big Thing?.

Certains éditeurs se sont ainsi fait une spécialité de ces jeux : SGN, Three Rings ou encore Zynga.

3rings.jpg

Concrètement, vous installez l’application et vous invitez d’autres joueurs de votre réseau à des parties asynchrones. Et c’est là où réside la force de ces jeux : ils sont beaucoup moins sophistiqués et gourmands que les jeux multijoueurs en temps réel comme ceux de ImInLikeWithYou mais ils proposent des parties tout aussi intéressantes.

On retrouve ainsi dans le top10 des applications Facebook des social games comme Texas Hold’em ou Scrabulous. Loin derrière vous retrouvez des jeux plus difficiles d’accès mais tout aussi addictifs comme Warbook (un simili MMORPG).

Une approche complètement différente pour les éditeurs de ces jeux qui n’ont pas à supporter les frais d’hébergement et qui profitent de l’effet réseau pour la prolifération.

Quid du modèle économique ?

Et c’est encore et toujours la même question qui revient : comment gagner de l’argent ? Ce à quoi je répondrais par une autre question : Est-ce si important ? Ou du moins : Est-ce le seul objectif ?

Hé oui, car nous sommes maintenant dans l’économie de l’attention : celui qui a l’audience a la pouvoir. Le pouvoir de quoi ? Le pouvoir de faire vivre à un membre une expérience ludique et sociale. Après ça, il existe différents scénarios de monétisation mais la première étape obligatoire est maintenant d’attirer l’attention et de se créer un fond d’audience (les problématiques de monétisation viendront plus tard). Non ne riez pas, dois-je vous rappeler que des services incontournables comme YouTube ou MySpace viennent à peine de comprendre comment gagner de l’argent (sans pour autant être rentables) ? Et je vous signale également que d’autres sont toujours en train de chercher (Twitter, Facebook…).

Bref, tout ça pour vous dire que les social games sont la preuve d’un retour en force des éditeurs US sur le marché des jeux en ligne à dimension communautaire (ils avaient beaucoup de retard sur les éditeurs asiatiques).

Difficile pour l’instant de dire qui va prendre le dessus dans ces 3 sous-catégories, en tout cas je suis intimement convaincu que les jeux en ligne seront le prochain levier dont les médias sociaux ont besoin pour maintenir leur croissance.

Et le pire dans tout ça, c’est que je n’ai même pas abordé les mobile social games !

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Page 10 of 13« First...«89101112»...Last »