Frédéric CAVAZZA

Google Buzz va accélérer l’éparpillement et la pollution des conversations

Deux jours après l’annonce de son lancement Google Buzz devrait être presque déployé sur l’ensemble des utilisateurs de Gmail. Une bonne chose car cela va stimuler la concurrence et offrir plus de choix aux utilisateurs des médias sociaux. Mais ont-ils réellement réclamés plus de choix dans les services ? Je ne suis pas sur. Même si certains trouvent GBuzz plus performant que Facebook (cf. Google Buzz is brilliant, Facebook just lost half its value) je pense que cela ne va faire qu’accélérer le phénomène de dispersion des conversations et pénaliser les blogueurs.

Avec le principe de suggestion de followers à partir de votre liste de contacts, Buzz est déjà très actif :

Déjà de nombreux commentaires sur Google Buzz

Déjà de nombreux commentaires sur Google Buzz

Cette présentation et le principe de commentaires / appréciations est ainsi très proche de ce que proposent FriendFeed et Facebook :

Mise en page et fonctionnement similaire à Facebook

Mise en page et fonctionnement similaire à Facebook

Comme vous pouvez le constater, il y a plus de commentaires sur Facebook et GBuzz que sur les blogs dont les articles sont relayés par ces services. Ceci est tout simplement du à la colossale audience de ces deux services (surtout Facebook). Il en résulte un certain nombre d’interactions sociales dont les blogs sont dépossédés puisqu’ils n’hébergent pas ces commentaires.

J’avais décrit ce phénomène l’année dernière et présenté des solutions par rapatrier les commentaires sur le billet d’origine : Vers des commentaires distribués pour les blogs ?. Des services comme BackType Connect ou JS-Kit sont ainsi là pour parcourir la statusphère à la recherche des commentaires égarés et les re-publier sur la page de l’article. Mais sont-ils réellement des commentaires ? Non pas réellement car la plupart du temps se ne sont que des mentions de l’article qui se “contentent” de le relayer sans participer à la réflexion. Il en résulte une grande pollution dans le flux de commentaires qui sont noyés au milieu de nombreux tweets sans grande valeur ajoutée (j’ai installé puis rapidement désinstallé ce service car ça devenait ingérable). Cette pollution se retrouve également dans Twitter / Facebook & cie où les commentaires à valeur ajoutée ne sont pas légions.

Donc au final Google Buzz est-il une bonne chose pour les blogs ? Non pas réellement car il existe déjà sur le marché de nombreux canaux pour relayer les billets et celui-ci ne fait qu’ajouter à la cacophonie ambiante. Comprenez par là qu’il va devenir de plus en plus compliquer de suivre / gérer les conversations autour d’un article.

Google Buzz est livré avec tout un tas d’APIs et c’est une très bonne chose car il va bien falloir remédier un jour à cette dangereuse dérive qui risque de nuire à la blogosphère, car un blog sans commentaires ou rétroliens n’est plus réellement un blog, c’est un site web comme un autre. Voilà pourquoi les éditeurs de plateformes ou solutions de blog doivent impérativement réagir pour palier à ce phénomène d’éparpillement qui va s’accélérer.

PS : Si vous lisez ce billet depuis Google Buzz ou Facebook, merci de venir le commenter sur le blog d’origine.

Frédéric CAVAZZA

La revanche (vaine) des plateformes de blog sur le microblog

2009 aura été l’année de la consécration pour Twitter : une audience qui explose et une couverture médiatique sans précédent. En fait le phénomène du microblogging a fait un tel tabac que l’on en oublierait presque que la tweetosphère est 10 fois plus petite que la blogosphère. J’irais même plus loin en disant que malgré tout ce que l’on a pû entendre (ou lire), nous sommes toujours en attente de découvrir les stars de la tweetosphère tout comme nous avons vu émerger les stars de la blogosphère (Peter Rojas de Gizmodo et Engadget, Michael Arington de TechCrunch, Arianna Huffington du Huffington Post…). Mais là n’est pas mon propos.

Face à une tel raz-de-marée médiatique, les grandes plateformes de blog se devaient donc de réagir et de proposer à leur tour une riposte face à la mode du microblogging.

WordPress a été le premier à réagir avec deux initiatives :

  • RSSCloud, une technologie (et un plug-in) qui permet de faire de la notification en quasi-temps réel (dès qu’un billet est publié) ;
  • Publicize, une fonctionnalité permettant de faire de la co-publication (sur votre blog et sur Twitter).

TypePad n’est pas en reste avec TypePad Motion, un service de microblogging et d’agrégation : TypePad Motion, Six Apart’s Take on Microblogging. Ce “Motion” se présente donc sous la forme d’un social stream qui permet d’agréger du contenu en provenance de différentes plateformes sociales mais également de laisser à la communauté la possibilité de faire des publications express, et c’est là la grande force de ce service : proposer une plateforme communautaire d’un nouveau genre. Plus d’infos (techniques) sur le blog de Leah Curver.

Motion, le service de microblogging de TypePad

Motion, le service de microblogging de TypePad

Pour illustrer cette nouvelle pratique, ils ont réussi à convaincre deux stars US d’adopter cette plateforme pour propulser leur communauté de fans : Zachary Quinto (de Heroes) et Ryan Star.

La communauté en ligne de Zachary Quinto

La communauté en ligne de Zachary Quinto

Vous noterez au passage que les updates de l’intéressé sont faites avec Twitter !

Bon vous l’aurez compris, il n’est pas si simple de contourner Twitter et ces deux acteurs ne sont pas les seuls à se donner autant de peine (cf. Facebook et sa stratégie d’étranglement de Twitter).

Je reste pour ma part persuadé que se sont des services complémentaires et qu’il n’est pas pertinent de les comparer ou de les opposer. Par contre, il est tout à fait possible de chercher une solution intermédiaire (entre blog, microblog et lifestream) du côté de Posterous ou Tumblr (cf. Tumblr, nouveau Twitter ou nouveau FriendFeed ?).

Frédéric CAVAZZA

Vers des commentaires distribués pour les blogs ?

Blogs et commentaires ont toujours été étroitement liés, et pour cause : les commentaires sont l’une des principales raisons du succès des blogs. Par contre on ne pourrait pas en dire autant des trackbacks (”rétroliens” en français) qui sont censés liés les conversations entre-elles mais ne sont que très peu utilisés par les lecteurs.

Il existe bien des solutions de centralisation des commentaires comme (CoComment, Disqus…) mais cela implique de remplacer le système natif de commentaire et de tout confier à un tiers. Il existe aussi des solutions de syndication des commentaires par auteur comme Backtype (dont j’ai déjà parlé ici : Les commentaires au centre de votre graph social ?) mais là encore ça se passe en dehors du blog. Heureusement tout est en train de changer avec l’apparition de deux services, ou plutôt les dernières évolution de Backtype et de JS-Kit, qui permettent de rapatrier sur un blog les conversations qui ont lieu à l’extérieur.

Il y a tout d’abord Backtype Connect, un plugin pour Wordpress qui parcoure la toile (blogsophère, statusphere, digg…) à la recherche de conversations ou de mentions de votre billet : Backtype Connect le plugin pour intégrer les commentaires diffus sur votre blog. Concrètement ce plugin affiche une petite ligne qui énumère le nombre de mentions sur chacun des services :

BackType_Connect.jpg

L'activité sociale en dehors de votre blog avec BackType Connect

Bon par contre un clic sur ces liens vous ramène sur Backtype.com…

Sur un principe similaire, Echo de JS-Kit va également parcourir la toile mais afficher les résultats en temps réel : Comments have Evolved, Introducing Echo. Comme ce service fonctionne en temps réel, il vient remplacer les commentaires natifs pour afficher un live stream de réactions :

JS_Kit_ECHO.jpg

Les commentaires en temps réel de JS-Kit

Un service particulièrement intéressant pour les grosses annonces et autres sujets, donc à réserver aux chasseurs de scoops. Plus d’infos ici : JS-Kit’s Real-Time Commenting Widget Echo Captures The Pulse Of Comments On The Web.

Les promoteurs de ce service ont à ce sujet une théorie tout à fait intéressante sur la notion de Synaptic Web, en référence aux synapses qui relient les neurones entre eux. L’idée étant que le web 1.0 était une plateforme de documents, le web 2.0 une plateforme de discussions (néanmoins individualisées) et que le synaptic web est une plateforme de connection (entre les individus connectés ou plutôt entre leurs interactions).

Tout ceci est très intéressant et permet d’éviter un éparpillement des discussions entre les blogs, tweets… Quel dommage qu’il ne soit pas possible de faire un mix de ces deux services (scan en temps réel + affichage “natif” sur la page). Je suis vraiment impatient de savoir ce qu’Automattic (la maison mère de WordPress) va faire d’IntenseDebate

Sinon vous pouvez toujours donner un “coup de peinture” à vos vieux commentaires en leur payant un beau template de chez CommentBits : Hate styling theme comments? Say hello to CommentBits.com!.

CommentBits.jpg

Les beaux commentaires de chez CommentBits

Bon… il va vraiment que je me décide à faire quelque chose avec les commentaires de ce blog… Qui a déjà testé quoi ?

Cédric DENIAUD

On reparle de l’influence des bloggeurs…

Sujet récurrent et souvent plus ou moins bien traité, et sur lequel j’ai déjà eu l’occasion de donner à plusieurs reprises mon avis (Qui influence qui ? et Influence vs Popularité ?). C’est pour cela que sur ce blog, comme sur www.cedricdeniaud.com, il n’y a que peu de places au relais d’opérations de buzz et encore moins d’articles sponsorisés (même indépendants : Youtoyou lance les indépendants).

Je pense que la notion même d’influence du bloggeur est remise en cause par le fait que chacun aujourd’hui sur Internet, qu’il soit bloggeur ou pas, a la possibilité de facilement et rapidement diffuser du contenu, qu’il en soit le créateur ou le simple relais (Où sont les producteurs d’information sur les médias sociaux ?). Que ce soit via Facebook, via Twitter, tous ces outils sont devenus des outils permettant aux internautes de pousser du contenu auprès de leur réseau. A ce titre, et sur l’évolution de Twitter, je vous conseille cet excellent article sur Soschable : Twitter Today : What are you… pushing ?.

Deux notions sont importantes lorsque l’on parle de stratégie d’influence sur Internet.

  • Cibler le top du classement Wikio des bloggeurs en croyant que ce sont les plus influents est loin d’être la condition nécessaire et suffisante pour espérer avoir une stratégie d’influence gagnante. Certes, toucher les bloggeurs qui ont une large audience auprès de la cible visée est préférable mais le véritable enjeu est celui de la répétition des messages. Il faut donc toucher le plus de relais potentiels, et ce qu’il soit bloggeur ou pas…

  • Le deuxième point qui est indispensable et qui est le corollaire du premier est la proximité sociale entre le relayeur de l’information et la personne qui reçoit le message. Et c’est là qu’intervient la notion que j’avais abordé dans Mes amis sont des meilleurs influenceurs que les bloggeurs influents et qui est confirmée par une étude récente du cabinet Mintel et relayé par eMarketer. Même si à l’heure des réseaux sociaux, la notion d’amis est plus floue (Nous avons plus de “friends” ou de “followers” que de vrais amis), le réseau de chacun est plus dense, plus connecté et plus facile à toucher. Autant d’atouts pour les marques à l’heure du bouche à oreille…

productrecommandations.gif

Les agences qui opèrent dans le domaine du buzz marketing et des stratégies d’influence doivent donc savoir évoluer et prendre cette dimension en compte. De la même manière que dans le domaine politique ou économique, les vrais réseaux d’influence sont ceux que l’on ne perçoit pas aux premiers abords. J’aime beaucoup cette citation de Gustav Meyrink autour de cette notion : “Les influences qu’on n’arrive pas à discerner sont les plus puissantes.”. L’influence est une notion beaucoup plus complexe que le simple fait de dire que l’on va toucher ponctuellement les personnes qui ont le réseau le plus large… Cette autre citation de Albert Einstein, peut parfaitement être utilisée pour aborder la différence majeure qu’il existe entre influence et popularité : “Ce qui compte ne peut pas toujours être compté et ce qui peut être compté ne compte pas toujours

Deux conseils tout de même pour travailler avec des influenceurs :

  • Les intégrer à votre démarche globale plutôt que de simplement compter sur eux pour relayer une information. A ce titre, j’apprécie le travail réalisé notamment par I&E, avec qui j’ai eu l’occasion de collaborer, qui souhaite travailler dans la durée avec quelques personnes qu’ils savent proches et donc enclins à comprendre les problématiques des marques avec lesquelles il travaille.

  • Mettre des outils en place plutôt que d’envoyer un simple communiqué de presse. Au sein de Feedback2.0, l’outil de recueils de feedbacks permet par exemple pour une marque de faire appel à des bétâ-testeurs propres à être les futurs ambassadeurs et early adopters d’un produit afin de travailler en amont avec cette cible, le tout dans une démarche privée mais transparente et engageante envers cette cible.

Bruno CLEMENT

Posterous: votre blog automatique par email

J’ai découvert aujourd’hui Posterous, par l’intermédiaire d’un flux twitt de Garr Reynolds qui semble l’utiliser depuis peu…et je dois dire que je suis assez scotché.

Posterous c’est quoi ?

Je dirais que c’est un peu le chaînon manquant entre le blog, le microblog, et l’email.

Le tout dans une ergonomie ultra simple, puisque pour poster un contenu  quelqu’il soit, il suffit d’envoyer un email à l’adresse post@posterous.com

That’s all…Posterous se charge du reste, et votre blog/flux est automatiquement mis à jour.

Même pas la peine de se créer un compte pour le premier post…La page est crée automatiquement à partir de l’envoi de votre premier email.

posterous HP

- Vous envoyez un lien vers une video Youtube ? Posterous vous l’embed directement.
- Vous envoyez un présentation powerpoint ?elle est immédiatement transformé en format slideshare et embedé dans votre blog
- Vous envoyez une photo depuis votre mobile ? Elle est automatiquement mis en lignea avec votre commentaire.

Mieux encore Posterous communique avec vos autres medias sociaux, et peut publier automatiquement vos contenus envoyez par email sur votre flux twitter, votre page Facebook, votre espace Flickr et même votre blog…

posterous autopost

Enfin, il est toujours possible de manager vos contenus publiés, à postériori, via une interface d’administration de type wordpress. Ce qui par exemple permet d’envoyer à la volé une photo, une video dans un premier temps, puis d’en faire un article plus complet dans un second temps.

Le service a été lancé au mois de Juin dernier (il s’agit d’une start-up californienne), je ne sais pas si le succès est au rendez-vous, mais je trouve l’approche vraiment interessante, car elle part de l’usage le plus passé dans les moeurs: celui d’envoyer un email, pour inciter les gens à entrer dans une démarche “sociale” de blog.

J’ai crée mon blog posterous pour tester l’appli et je me demande si je ne vais continuer de l’alimenter en complément de mes contributions sur ce blog, tellement l’utilisation en est simple ;-)

le blog Posterus de Bruno CLEMENT

Et vous, que pensez-vous de cette application ?

Frédéric CAVAZZA

Les commentaires au centre de votre graph social ?

Vous connaissiez les blogs, vous connaissiez les commentaires, mais connaissiez-vous les plateformes sociales de commentaires ? Pour faire simple, il s’agit de systèmes permettant de centraliser votre production de commentaires sur la blogosphère.

Les champions de cette catégorie sont des services comme CoComment, Disqus ou encore IntenseDebate (très récemment racheté par Automattic l’éditeur de Wordpress). Mais la bataille pour le contrôle des commentaires va bien au-delà puisque l’on retrouve également des acteurs beaucoup plus gros comme Google (avec son Friend Connect) et Facebook (avec son Connect) qui propose des systèmes d’authentification simplifiés.

Pourquoi une telle concurrence ? Tout simplement parce que les commentaires sont un ingrédient essentiel de la discussion et parce qu’ils vous permettent de rayonner sur les médias sociaux.

Les avantages d’une centralisation des commentaires sont nombreux :

  • pour pouvoir suivre les différentes discussions dans lesquelles vous êtes engagé ;
  • pour ne pas avoir à s’identifier à chaque fois ;
  • pour maîtriser l’image et les traces que vous laissez (limitant ainsi le vol d’identité et les petits malins qui s’amusent à parler en votre nom) ;
  • pour vous donner encore plus de visibilité.

Le but de ces plateformes est de pouvoir facilement lier un nom (le commentateur) à un profil (avec ou sans blog) et à un historique (les dernières discussions). Même si l’idée est bonne, l’implémentation de ces systèmes est contraignante puisqu’il faut remplacer la fonction de commentaires et donc choisir entre l’une des solutions précitées.

Heureusement est arrivé Backtype qui propose une approche intéressante car elle repose sur une authentification “douce” (à l’aide de votre email). L’idée est que vous précisez le pseudo ou email que vous utilisez ainsi que la liste des plateformes sociales sur lesquelles vous avez vos habitudes et le service se charge de les parcourir pour rapatrier tous vos commentaires (ici les commentaires de Robert Scoble) :

La liste des commentaires de Robert Scoble

La liste des commentaires de Robert Scoble

Ce principe est malin car il permet d’agréger beaucoup plus de plateformes et de ne pas nécessité d’installation technique. Certes l’authentification est moins rigoureuse (car ne reposant que sur l’email) mais elle a déjà fait ses preuves sur d’autres systèmes comme les Gravatars. Les autres plateformes de discussions sont d’ailleurs en train de faire évoluer leur offre à l’image de CoComment qui propose maintenant une extension pour Firefox.

Voici donc un pas de plus franchi dans la re-socialisation des internautes en leur proposant un nouvel espace de centralisation (pour ceux qui rechignent à ouvrir un blog ou un profil Facebook) qui risque d’être très convoité par les pourvoyeurs de solutions d’authentification et de profils (Facebook, Google, Yahoo…) qui pourraient bien y voir un intérêt.

Cédric DENIAUD

Un blog de marque pour animer et fédérer une communauté ?

Vous allez trouver cela certainement bizarre qu’un blogueur critique l’usage d’un blog dans une démarche de dialogue. Deux choses que je souhaite préciser en préambule :

  • Je ne parle ici que des blogs de marques et à aucun moment de blogs de CEO ou de blogs “media” ou “métier” (comme par exemple, un blog d’agence de communication).

  • Je me base sur une étude US de juin 2008 de Forrester Research : How to derive value from B2B blogging ?

J’ai quelques exemples en tête, tous bien différents, et je me pose la question de savoir si le blog de marque est un outil adapté pour fédérer une communauté. Au départ, je trouvais ce type d’action intéressante car elle semble donner aux lecteurs la vision transparente d’une entreprise à l’opposé d’une communication commerciale. Mais les derniers exemples de blogs de marque que j’ai en tête, me laisse penser que le blog de marque ne peut être utilisé comme un outil seul et  qu’il doit être intégré dans une vision communautaire et de dialogue plus large.

Les trois arguments qui m’ont amené à cette conclusion sont :

  • La discussion n’est pas ouverte mais restreinte aux seuls commentaires sur un sujet précis sur lequel la marque a précédemment publié un article.

  • Il n’y a finalement que peu de commentaires par article. L’interactivité semble donc plutôt faible.

  • Une communauté a besoin de s’exprimer et avant de prendre la parole, une marque doit écouter. Le blog de marque est le contraire : la marque parle d’abord puis les lecteurs réagissent, dans un modèle, en somme proche de la communication classique.

  • Le seul moyen d’interaction est le commentaire, ce qui limite les modes des participation possibles (même si les commentaires vidéos via Seesmic sont désormais possibles et intégrés sur certains blogs US et francophones

Le blog de marque peut être un outil pertinent pour diffuser un contenu plus éditorial que celui qui est généralement diffusé sur le site institutionnel de la marque. Par contre, pour être pertinent, le blog de marque doit être un outil à intégrer dans une dimension communautaire plus vaste, permettant véritablement aux clients de s’exprimer et de dialoguer avec la marque.

Pour reprendre des données de l’étude dont je vous parlais dans les premières lignes de cet article.

  • 25% des blogs des 500 plus grosses entreprises (selon le classement Fortune), selon Forrester Research, sont “ennuyeux, inintéressants et ne stimulent pas le dialogue”.

  • 70% de ces blogs ne parlent uniquement de l’activité de l’entreprise, ce qui témoigne d’un manque d’ouverture des sujets alors que les consommateurs souhaitent réagir sur des thématiques plus vastes.

  • 56% se contentent seulement de republier des communiqués de presse et des informations publiques (disponibles sur des sites spécialisés ou médias).

Que peut-on tirer comme enseignement ?

  • Certaines marques ne font que suivre la tendance sans être véritablement accompagnées dans leur stratégie d’utilisation des médias sociaux. Certes, mettre en place un blog coûte peu à la marque, mais encore faut-il avoir une stratégie pertinente d’utilisation au risque d’avoir une simple réédition sous un format actuel de la classique rubrique “Communiqués de presse” des sites institutionnels.

  • Lorsque l’on souhaite véritablement passer au dialogue, les utilisateurs ne se contentent plus seulement d’un blog. En ça, un blog ne remplace pas une plateforme de dialogue en ligne où la remontée des informations est plus riche, plus engageante et plus vaste. Pour autant, comme le prouve l’exemple de DELL, mettre en place une plateforme de suggestion en ligne n’est pas contraire à avoir un blog. Le blog sert à la marque à relayer des informations exclusives sur les prochaines nouveautés ou actualités de la marque. La fréquence de mise à jour est régulière et représente donc une source d’information plutôt qu’une plateforme d’échange.

Pour reprendre un article de récent de Fred Cavazza (Ne confondez plus communautaire et social) c’est là toute la différence entre un outil social et un outil communautaire.

Frédéric CAVAZZA

Quelles tendances d’évolution pour les blogs ?

Coup de tonnerre dans la blogosphère la semaine dernière avec la parution du rapport annuel de Technorati : State of the Blogosphere – 2008. Les conclusions de ce rapport sont sans appel (du moins à mon sens) : les blogs se banalisent. Comprenez par là que les bloggueurs ne sont plus vus comme des pionniers, que la majeur partie des 130 millions de blogs créés sont à l’abandon et que les autres médias sociaux prennent une part d’audience toujours plus forte.

Est-ce que la blogosphère est morte pour autant ? Non bien évidement. Elle a juste besoin d’un petit vent de fraicheurs et d’innovations. En clair : les blogs (et les pratiques de blogging) doivent évoluer pour survivre.

C’est justement de cette évolution que traitait la BlogWorldExpo de la semaine dernière. Un grand rassemblement de bloggueurs, de fournisseurs de services liés aux blogs (hébergement, moteur, monétisation…) et d’autres acteurs gravitant dans cet écosystème. Heureusement pour ceux qui n’ont pas pu assister à cette manifestation, le site Mashable nous propose un compte-rendu : Trendspotting at BlogWorldExpo: What’s Next in Blogging and Social Media?.

Il résulte de ce rassemblement un certain nombre de tendances :

  • Les utilisateurs vont reprendre la main sur les commentaires par l’intermédiaire de services comme Disqus, Cocoment, Alenty ou encore IntenseDebate. L’objectif étant de donner plus de contrôles aux commentateurs et de fédérer de véritables communautés inter-blogs.
  • Les widgets vont devenir les nouveaux webrings en favorisant le partage d’audience et les chaînes thématiques ou d’intérêts. Les acteurs les mieux placés dans ce domaine sont Widgetbox et ClearSpring (mais il y en a d’autres).
  • Trop de réseaux publicitaires. Un phénomène de concentration est inévitable dans cette profusion de réseaux et autres places de marché des influenceurs.
  • Toujours plus de microblog. Nous avons vu de nombreux bloggueurs de renom délaisser progressivement leur blog au profit de leur microblog (Twitter, FriendFeed…). Nous en revenons donc à ma notion d’individu en tant que micro-média.
  • Les plus grands blogs deviennent des médias et inversement. Avec des blogs comme Techcrunch, Engadget, HuffingtonPost ou encore PerezHilton qui dépassent les 50 M de visiteurs par mois, peut-on encore parler de blog ? Nous ne parlons pas ici de l’outil technique mais plutôt du rapport de proximité entre le bloggueur et son lectorat. Bref, le changement d’époque est largement consommé et les acteurs des grands médias se servent maintenant des blogs (ceci est ma première référence explicite au blog de JM Morandini).
  • L’avenir est dans les niches. N’espérez pas faire fortune avec un blog de gadgets ou un blog sur les peoples, ces places sont déjà prises. Par contre il reste une infinité de niches encore vierges (ou peu structurées) au sein desquelles il est toujours possible d’installer une marque (dans le sens micro-média).

Voilà, des tendances d’évolution qui me semblent tout à fait fiables et dont nous commençons à voir les premiers effêts.

Cédric DENIAUD

Social Media + Banque = Regagner la confiance des clients

Il est drôle de voir la réaction d’instituts bancaires en période de crise. Il est vrai que l’on peut aisément comprendre, qu’en période de crise financière et bancaire, ces dernières soient plutôt frileuses à investir en communication, soit parce qu’elles ne le peuvent pas, soit parce qu’elles ne le veulent pas, soit parce qu’elles n’osent pas.

Pour autant c’est durant cette période que les banques au contraire devraient se montrer à l’écoute de leurs clients pour pouvoir les rassurer, leur apporter la bonne information par rapport à leurs doutes ou appréhensions. Les médias sociaux en ce sens présentent une véritable opportunité pour les banques d’initier un dialogue, et notamment en période de crise, où leurs actions trouveront un écho supplémentaire. Je pense, toutefois, qu’il est préférable d’avoir su instituer en période faste ce dialogue pour ne pas communiquer qu’en période de crise et d’avoir déjà su mettre en place les bons outils d’écoute, d’échange et de dialogue.

Quelques exemples de ce que, en tant que client, j’attendrai d’une banque dans cette période délicate :

  • Ne pas diffuser des publicités où l’on ne me diffuse que des messages commerciaux alors que j’ai besoin d’être rassuré : le client en cette période a besoin d’être rassuré. Les banques doivent regagner la confiance de leurs clients et je ne suis pas persuadé que c’est à grand coup de matraquage publicitaire que l’on rassure son client ou son non-client.

  • Faire de votre banque un institut qui va apporter de l’information pertinente. Outre le fait de dire que “Dans ma banque, tout va bien”, je pense qu’en amont et pendant cette période de crise, les clients attendent de la part des banques encore plus de transparence. Ces dernières ont besoin donc d’éduquer leurs clients sur leurs métiers, sur le fonctionnement de la finance de marché. .. Imaginer une plateforme où le banquier me présente son métier, où le trader m’explique quelles sont ses missions et où en tant que client je suis à même de leur poser des questions…

  • Blogger mais pour les bonnes raisons. L’un des moyens qui semble les plus simples pour communiquer en période de crise est de mettre en place un blog où quotidiennement la marque apporte de l’information, décorellée de toute communication commerciale, visant à rassurer ses clients et à donner de la transparence sur ses actions ou ses produits. C’est par exemple le cas de récent de Lesieur (Lesieur et le scandale de l’huile de moteur, un futur cas d’école des médias sociaux ?). J’en attends la même chose de la part d’une banque plutôt qu’elle me diffuse sur son site un PDF ou un communiqué de presse.

  • Écouter et savoir réagir à ce que vos client disent de votre institut sur Internet : le meilleur moyen de rassurer ses clients est de comprendre leurs attentes et de savoir y répondre rapidement. Le travail de veille est en période de crise encore plus autant pour permettre à toute marque de réagir rapidement.

  • Développer une communauté autour de votre banque basée sur la confiance : mettre en place une plateforme,de dialogue en ligne où la banque se proposer d’inviter ses clients à dialoguer directement avec elle et à éventuellement lui poser des questions sur les problèmes conjoncturels actuels seraient un bon moyen d’initier un dialogue avec des clients pour casser la méfiance et la transformer en confiance.

Cédric DENIAUD

1 million d’articles de blogs par jour… et moi, et moi, et moi

Sans parodier la chanson de Dutronc, le chiffre est relativement parlant : 1 million de billets de blogs sont réalisés chaque jour. Celui-ci viendra donc s’ajouter à la liste quotidienne.

Technorati nous fournit ses chiffres ainsi que d’autres détaillés dans le schéma ci-dessous.

technorati_blogs.png

Comme vous en a parlé Vanessa dernièrement, la blogosphère évolue rapidement si bien qu’aujourd’hui il est devenu un moyen d’expression mainstream.

Moyen d’expression ou outil de communication ?

Le blog se définissait il y a encore quelques années comme un moyen personnel d’expression libre. Certains parlaient même de journal intime sur Internet (journal qui n’était donc plus si “intime” que cela). Aujourd’hui, le blog est utilisé aussi bien par les hommes politiques, que par les entrepreneurs, que par les personnes en recherche d’un emploi, que par des experts sur un domaine, ou que par des marques. Le blog est devenu donc un outil de communication que cette communication soit personnelle, collective ou corporate.

L’adoption d’un outil par un plus grand nombre en fait donc évoluer ses usages. Ce qui est arrivé pour les blogs arrivent aujourd’hui encore plus rapidement pour des outils de microblogging comme Twitter puisque sont-ce des outils de microblogging ou des outils de relation client ou des outils de promotion ? (cf : Quelle utilisation une entreprise peut-elle faire de Twitter ? et Twitter = nouvel outil du Service Client ?) Difficile aujourd’hui de catégoriser les nouveaux outils puisque les usages sont rapidement trouvées par les différents types d’utilisateurs.

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