Frédéric CAVAZZA

Ray-Ban et Levi’s, quand les vieilles marques font du buzz

Je n’ai jamais été un grand fan des campagnes de buzz car le résultat est très aléatoire et car trafic ne rime pas forcément avec meilleure image de marque ou augmentation des ventes. Certaines marques sont devenues des spécialistes du buzz décalé voir trash (comme Diesel), d’autres ne misent que sur le buzz pour exister (principalement les marques “jeunes” qui veulent percer à l’image de Zoo York et de sa campagne avec les cafards).

Mais que se passe-t-il quand il s’agit d’une marque bien installée voir légendaire ? Nous sommes là dans une configuration tout à fait intéressante avec le travail de Ray-Ban et Levi’s puisque la réputation de la marque en question n’est plus à faire (nous parlons de marques qui existent depuis des dizaines d’années avec des produits cultes) mais qu’il leur manque juste un peu de peps. Un petit grain de folie pour “bousculer” les codes de communication de marques qui doivent composer avec leur héritage culturel. Nous avons donc dans ces deux cas de figure des marques en perte de vitesse qui continuent d’investir dans une ligne de communication traditionnelle mais qui tentent des opérations dissidentes avec une forme de communication alternative.

Pour Ray-Ban cela donne la campagne Never Hide Films avec en tête de pont cette vidéo visionnée plus de 4 millions de fois : Guy catches glasses with face.

Et ce n’est pas tout puisqu’il y a tout une série de vidéos virales avec des scores tout à fait impressionnants : Cow gives birth to a dude (presque 2 M de visionnages) et Super Chameleon (près d’1 M de visionnages). En tout cela représente presque 8,3 millions de visionnages. Une audience tout à fait intéressante car elle ne se situe à priori pas dans le spectre visé par les campagnes traditionnelles.

Autre exemple avec Levi’s et sa campagne Guys backflip into jeans :

Une très belle opération car ils font un score de plus de 6 millions de visionnage avec seulement deux vidéos (+ Powersliding Is Not A Crime).

Au final nous avons donc deux marques parfaitement “installées” qui se servent du buzz pour redonner un coup de jeune à leur image. Une bonne opération ? Oui tout à fait, à mon sens un des meilleurs cas d’école de vidéos virales.

Frédéric CAVAZZA

L’évolution des médias sociaux et leur impact sur les consommateurs

Le cabinet Forrester Research a récemment publié une étude qui a fait sensation : The Future of the Social Web. Rédigée par Jeremiah Owyang, un gourou du social marketing, cette étude fournit une catégorisation très intéressante des différents stades de maturation des médias sociaux :

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Cinq ères y sont ainsi décrites :

  1. L’ère des relations sociales qui décrit les réseaux sociaux d’ancienne génération (avec profils et listes d’amis) ;
  2. L’ère des fonctionnalités sociales avec l’émergence des plateformes sociales comme Facebook où il est possible de greffer des applications ;
  3. L’ère de la colonisation sociale où les utilisateurs vont pouvoir exporter leur graph social à l’aide de technologies d’authentification comme Facebook Connect ou Google Profile ;
  4. L’ère du contexte social où les sites seront personnalisés en fonction du profil du visiteur ;
  5. L’ère du commerce social où les communauté d’acheteurs influeront directement sur la conception des produits / services.

Une vision très optimiste du futur puisqu’elle sonne la fin des formulaires d’inscription ! Je vous propose maintenant de rentrer dans le détail de ces “prédictions”.

Tous les acheteurs ne sont pas encore hermétiques à la publicité

Il y a tout d’abord un excès d’optimisme en ce qui concerne l’importance que vont avoir les communautés d’acheteurs. L’auteur prévoit que d’ici deux ans les groupes vont ainsi supplanter les marques. Je veux bien être d’accord sur le fait que l’impact des publicité traditionnelles sera de plus en plus faible, mais cela ne concerne qu’une seule tranche de la population (la plus connectée), le reste sera toujours fortement sensible à une belle pub (comme par exemple la dernière de Chanel avec Audrey Tautou) ou au contraire complètement hermétique pour des raisons économiques (les plus pauvres se rabattent sur les marques de distributeurs et hard discounters car ils n’ont pas le choix).

Je veux également bien admettre que les internautes ont maintenant à leur disposition un certain nombre d’outils (blogs, forums…) pour donner leur avis et faire du lobbying auprès des fabricants / fournisseurs de services, mais cela ne concerne que les marques les plus faibles. Des marques fortes comme Apple ou Google imposent leurs produits / services sans solliciter la communauté, et cela ne risque pas de changer en deux ans.

L’influence des “amis” en question

De même, l’auteur parle de “peer-to-peer trust” et de l’influence suprême des amis et relations dans l’acte d’achat, mais l’on en revient toujours à la question de “qu’est-ce qu’un ami“. Je veux bien croire que l’on peut faire entièrement confiance à un ami d’enfance, mais qu’en est-il d’une simple relation dans votre (longue) liste d’amis sur Facebook ? Et que dire aussi des stratégies d’influence mises en place par les marques pour essayer de toucher leurs cibles au travers des “amis et relations”. Est-ce que cette notion d’influence des “amis” n’est pas biaisée ? Faut-il ne plus considérer comme des amis ceux qui relayent les campagnes d’influence de marques ?

De mon expérience personnelle, je peux vous assurer que les “blogueurs influents” et autres “leaders d’opinion” (cible privilégiée des campagnes d’influence) subissent une forme de suspicion permanente quand à l’indépendance de leurs propos dès que cela touche à une marque ou que cela ressemble à un conseil d’achat. Bref, la légende du “peer-to-peer trust” à du plomb dans l’aile et mériterait un peu plus de précision.

L’utopie de la personnalisation 1to1 à la sauce sociale

Pour finir, et c’est le point le plus important, je suis plus que sceptique quand à cette notion de social context et de personnalisation du contenu en fonction du profil des internautes. Les vieux de la vieille se souviendront sans doute que ce débat n’est pas jeune et que le coup de la personnalisation 1to1 remonte aux années 2000. Pour raccourcir une longue histoire, disons que c’est une utopie principale portée par des vendeurs de solutions informatiques, une mécanique de personnalisation performante est bien trop coûteuse à mettre en oeuvre et n’a jamais réellement prouvé son efficacité (lire à ce sujet un billet qui date de 2003 : A bas la personnalisation, vive la simplicité d’usage !).

Soyons sérieux : qui peut réellement comprendre mes besoins / contraintes / motivations / freins à partir de mon profil Facebook ou de ma playlist Deezer ? Aussi étendu que soit mon social graph, je doute fortement qu’il soit raisonnable de penser que mes connaissances ou mon comportement sur une plateforme sociale vont pouvoir aider les marques à modéliser mon profil d’acheteur. Éventuellement si je vais visiter le site de Renault, que j’accepte de m’y authentifier avec mon compte Facebook (sur lequel il est préciser que je suis marié et père de 2 enfants), est-il juste de penser qu’il ne faut m’afficher que les informations relatives aux modèles monospace ? Et si j’ai envie de m’acheter une seconde voiture ? Et si je me renseigne pour un autre membre de ma famille ? Bref, l’idée est bonne mais sa mise en application pose beaucoup trop de problèmes sans pour autant répondre à un besoin clairement exprimé.

Et pourtant, plus rien ne sera comme avant

Malgré ces points sur lesquels je suis sceptique, il n’en reste que les marques vont devoir s’attendre à une véritable révolution dans les prochaines années : la clairvoyance des consommateurs. Après ½ siècle de domination des formats publicitaires broadcast (émetteur > cibles), les consommateurs ont appris à se méfier des stratégies publicitaires des marques et à détecter une fausse promesse (”ma lessive lave plus blanc“, “avec ma mousse à raser vous aurez plus de succès auprès des femmes“…).

Les marques seront à l’avenir jugées sur la qualité de leurs produits / services plutôt que sur l’image que la campagne de pub veut faire rentrer dans vote cerveau. Il ne sera plus possible de compenser : si un produit n’est pas bon, ça se saura immanquablement (idem pour les produits “moyens” qui ne parviendront pas à sortir du lot).

La bonne nouvelle dans cette histoire c’est que les médias sociaux sont là à la fois pour sanctionner un mauvais produit mais également pour nourrir la marque de feedbacks directs de la communauté pour améliorer / repositionner son offre. Ce sera donc un grand rééquilibrage des budgets pub / marketing qui ont trop longtemps été vampirisés par les grands médias : moins d’achat d’espace et plus de marketing de terrain.

En tout cas c’est ma conviction, d’autant plus en temps de crise.

Frédéric CAVAZZA

Sprite expérimente la Web Télé-réalité sponsorisée avec Green-eyed World

Vous connaissez la web télé-réalité ? Mais si enfin, ce sont ces émissions de télé-réalité qui ne sont diffusées que sur le net à l’instar de Married on MySpace. Certes, l’audience y est moindre (quoi que…) mais nettement mieux ciblée. Bon par contre les revenus publicitaires ne sont pas les mêmes… Bref, voilà pourquoi ce type de “programme” n’est pas encore très développé (car le couple audience / revenus publicitaires est incertain).

Sauf si les revenus publicitaires sont retirés de l’équation par le biais du sponsoring. Le principe est simple : une marque finance l’opération et se “rémunère” en visibilité et en image (cf. les exemples de The Cell Experience ou le Rip Curl Venus Trip). C’est donc le choix qu’a fait Sprite lançant le programme Green-Eyed World.

La web-TV réalité de Sprite

La web-TV réalité de Sprite

Plus qu’un programme, le dispositif est hébergé chez YouTube et propose de suivre les aventures de Katie, une jeune chanteuse britannique en quête de gloire. Le concept se situe à mi-chemin entre la Nouvelle Star et Real Life puisqu’il y a eu un casting sévère et puisque des épisodes (webisodes ?) du quotidien de Katie sont régulièrement publiés. Ici, le premier webisode :

Outre la belle voix de Katie, ce qui est particulièrement intéressant dans ce dispositif, c’est la mise à contribution de plusieurs plateformes sociales : YouTube pour l’hébergement des vidéos et Facebook pour les commentaires (via Facebook Connect). Nous avons donc un “programme” fédérateur pour les jeunes avec une présence double sur les médias sociaux, très malin.

Les commentaires déportés sur Facebook

Les commentaires déportés sur Facebook

Bon par contre il y a bien un profil sur Facebook mais dont la page reste vide, le Friend Stream n’est consultable que sur la page YouTube :

Le Flux Facebook uniquement consultable sur... YouTube

Le Flux Facebook uniquement consultable sur... YouTube

C’est donc u mélange des genres assez perturbant mais dans tous les cas de figure un choix audacieux de la part de Sprite. Peut-être aurais-je opté pour un environnement “neutre” où il aurait été possible de centraliser différents flux sociaux (YouTube, Facebook, Twitter, FlickR…) sans pour autant parasiter leur fonctionnement (le profil Facebook de Katie est tout de même très vide et peu accueillant).

En tout cas il est intéressant de constater que dans cet exemple, une marque se substitue à une maison de disque pour assurer la production d’un artiste en herbe. Après le crowdfunding d’artistes, c’est un cas d’école intéressant.

(via Marketing 2.0)

Frédéric CAVAZZA

Révélation exclusive : certains annonceurs peuvent se passer des médias sociaux

Normalement si vous lisez ce blog c’est que vous devez vous intéresser un minimum au sujet. Je ne vais pas vous faire l’article sur l’intérêt d’être présent sur les médias sociaux (pas tout de suite en tout cas) mais plutôt vous parler de cet article très intéressant : When to avoid social media. L’auteur y a ainsi listé 5 cas de figure où il est déconseillé d’être présent sur les médias sociaux :

  • Si vous avez un nombre très limité de clients qui vous payent une fortune (luxe ou BtoB) ;
  • Si vous êtes en guerre avec vos collaborateurs (citons l’exemple dévastateur de Domino’s Pizza) ;
  • Si votre direction est sceptique et ne souhaite pas jouer le jeu ;
  • Si vous n’avez pas de vision à long terme (si vous cherchez juste à faire du buzz) ;
  • Si vous êtes soumis à des impératifs légaux.

Très peu d’entreprises répondent à ces 5 cas de figure mais peu ne répondent qu’à un seul. Traduction : Vous n’avez que très peu d’excuses pour ne pas être présent sur les médias sociaux. Pour compléter cette réflexion je vous propose également un deuxième article où il est question du ROI : When to Use and When Not to Use Social Media.

Le ROI… encore et toujours le spectre du ROI. Ce fameux ROI qui conditionne les investissements et finit par transformer les marketeux plein de bonnes volontés à dociles acheteurs de mots clés. Bien évidement je sais que nous sommes en contexte de crise, qu’il faut surveiller les dépenses et que les budgets doivent être optimisés mais laissez moi vous rappeler quelques évidences :

  • Est-il pertinent de parler de ROI dans une démarche d’amélioration de l’image de marque ? (car c’est à ça que son utiles les médias sociaux : se rapprocher des prospects / clients pour améliorer la relation, affiner le discours et travailler le branding) ;
  • Vous pouvez être présent sur les médias sociaux sans dépenser 1 seul centime (c’est juste une question d’organisation et de bonne volonté) ;
  • Il n’est pas question d’abandonner un mode de communication pour un autre, mais de compléter un dispositif de marque (les médias sociaux sont un canal de plus dans votre stratégie de relation client).

J’ai parfois l’impression de me répéter dans mes articles (notamment sur un débat similaire au sujet du social scoring) mais je suis persuadé qu’il y a encore un gros travail d’évangélisation à faire pour se débarasser de nombreuses idées reçues (les campagnes virale ne coûtent rien, le bouche à oreille est idéal pour faire de déstockage de produit à moindre frais, seules les agences de buzz sont capables de bien dialoguer avec les blogueurs “influents”…).

En résumé : Être présent sur les médias sociaux n’est pas une option ou une stratégie, c’est un impératif. Bien évidement il existe différents degrés d’engagement pour une marque mais les médias sociaux sont à mon sens ce que nous avons de mieux en ce moment pour améliorer l’image de marque, maintenir les marges et passer la crise.

Frédéric CAVAZZA

Panasonic, Cisco et Timberland, trois exemples de présence complète sur les médias sociaux

J’ai déjà eu l’occasion sur ce blog de décrire la diversité des médias sociaux et surtout de vous mettre en garde contre le “tout-Facebook”. Non pas que Facebook soit un mauvais support pour relayer une présence sociale mais plutôt qu’il est toujours dangereux de mettre tout ces oeufs dans le même panier. Comprenez par là que si vous envisagez d’étendre la présence de votre marque sur les médias sociaux (en complément des médias traditionnels), il convient de ne pas se limiter à Facebook mais de tirer parti de l’ensemble des outils à disposition. En clair : ne vous contentez pas d’un groupe dans Facebook, il en faut plus pour se rapprocher réellement de vos clients / prospects.

Pour illustrer ceci, je vous propose d’étudier la présence de trois marques sur les médias sociaux : Panasonic et sa gamme Lumix, Cisco  pour ses routeurs ASR 1000 et Timberland pour sa gamme Earth Keepers. Ces trois marques ont ainsi opté pour une présence étendue avec un dispositif qui repose sur une forte visibilité (multiplication des supports) et sur différentes initiatives de dialogue.

Une fois la campagne lancée, toute la difficulté sera alors de surveiller et de piloter le dispositif. Sur ce point précis, Panasonic (aidé par l’agence Ahead of Time) a réalisé un intéressant travail de cartographie de sa présence : Corporate Social Map.

Cartographie de la présence de Panasonic sur les médias sociaux

Vous pouvez donc constater sur ce schéma l’étendu de la présence de la marque sur les différent services regroupés en plusieurs catégories : Recommend, Buy, Inform, Express & Win, Communicate, Collect et Connect & Share. Le billet est en allemand mais pour explication en français, je vous recommande cet article : Cartographie personnelle et professionnelle de présence dans les médias sociaux.

Deuxième exemple avec Cisco qui a également déployé un dispositif complet pour sa gamme ASR 1000 : How Cisco Tried to Make Routers Sexy Using Social Media. Nous retrouvons ainsi dans le dispositif de lancement :

  • Un micro site à destination du coeur de cible ;
  • Des vidéos sur YouTube ;
  • Une île et des évènements dans Second Life ;
  • Un groupe sur FaceBook ;
  • Un jeu en ligne (Edge Quest) pour les cibles périphériques ;
  • Un widget pour centraliser les vidéos et documents produits par Cisco ;
  • Plusieurs billets sur le blog de Cisco ;
  • Un social media release pour faire plaisir aux bloggueurs ;
  • Un forum spécialisé (‘Ask the Expert’) pour établir un dialogue entre clients et ingénieurs de chez Cisco.

Pour en savoir plus je vous recommande de visionner ce diaporama qui résume les points-clés du dispositif : Building a Community with Social Media and Web 2.0 – A Cisco Product Launch Case Study.

Troisième et dernier exemple avec Timberland pour le lancement d’une nouvelle ligne de chaussures qui a également lançé une campagne localisée (en français donc) avec un site évènementiel (NeReculezDevantRien.com), un widget Skyrock, un module MySpace, des liens pour relayer le buzz sur Technorati, StumbleUpon et Twitter (à l’aide de TwitThis) ainsi qu’une vidéo sur YouTube :

Au final c’est donc un dispositif moins ambitieux (ils ne disposaient pas du même budget) mais tout à fait ciblé car n’exploitant pas des supports en dehors de la cible comme Facebook ou pire : LinkedIn.

Pour conclure, je me permettrait de vous rappelez deux règles essentielles pour votre présence dans les médias sociaux :

  • Sans engagement, pas de réponse. Comprenez par là qu’une présence au sein des médias sociaux n’a d’intérêt que si vous cherchez à engager le dialogue (sinon vous pouvez toujours acheter des mots-clés, vous obtiendrez de meilleurs résultats) ;
  • Le ROI se calcul sur le long terme. Ne cherchez pas à calculer un éventuel taux de rentabilité à votre camapgne sur les médias sociaux car il s’agit avant tout de valoriser votre marque, pas de faire des ventes éclair (pour cela il y a les soldes).

Si vous connaissez d’autres exemples bien documentés, n’hésitez pas à publier des liens en commentaire.

Frédéric CAVAZZA

Ajouter une couche sociale à votre site, une vraie fausse bonne idée

Jusqu’à présent, si vous vouliez sociabiliser votre site, vous pouviez ajouter des commentaires ou des notes. OK, mais les commentaires / notes sont maintenant partout, et ça ne vous arrange pas forcément…

Qu’à cela ne tienne, vous avez aussi la possibilité de greffer dessus une communauté. OK, mais cela ne fait que déporter le trafic.

Heureusement arrive la LiveBar : LiveBar Adds A Little Strip Of Community To Any Site. Pour faire simple, il s’agit d’un module qui vient se greffer sur n’importe quel site web en rajoute en superposition une petite barre communautaire en bas de page :

Cette barre permet de centraliser les discussions, publications et autres tweets de votre communauté. Plus intéressant, vous avez la possibilité d’agréger l’activité sociale de plusieurs sites du même domaine :

Voici donc une solution à mi-chemin entre Google Friend Connect et Gabbly (qui visiblement à fait des émules : Meebo To Turn On Chat For Communities).

Même si la performance technique est là, force est de constater que cette “rustine sociale” ne peut pas compenser une stratégie communautaire digne de ce nom. Je trouve cette solution particulièrement rétrograde à une époque où les médias sociaux sont en pleine croissance et où la majeure partie de l’exposition d’une marque ou d’un produit se fait en dehors du site web “officiel”.

Bref, je suis intimement persuadé que ces gadgets sociaux n’ont qu’une infime chance de réussir à mobiliser et fidéliser une communauté habituée à des dispositifs beaucoup plus sophistiqués.

Seule une stratégie communautaire bien ficelée (avec des community managers bien rôdés) peut apporter une réelle valeur ajoutée pour une marque. Surtout si vous n’êtes ni Apple, ni Harley Davidson.

Frédéric CAVAZZA

Lifestream + Brand = Brandstream

Avec l’avènement des médias sociaux, la dispersion de l’audience sur une infinité de services (blogs, sites de partage, réseaux sociaux…) et les piètres performances des campagnes de bannières, les marques doivent redoubler d’efforts pour séduire les prospects et fidéliser les clients. La meilleure façon façons de maintenir le dialogue avec cette tranche si volatile de la population en ligne est de multiplier les points de contact et de passer d’une communication basée sur l’exposition à une communication basée sur l’engagement. Traduction : il faut aller chercher les cibles là où elles sont (blogosphère, services de partage, réseaux sociaux, web mobile…).

De ce fait, la présence des marques s’en trouve diluée sur de nombreux supports. Conséquence logique du fait que plus de la moitié des contenus produits sont consommés en dehors du site d’origine (lire à ce sujet l’étude de Universal McCann), ce qui est valable pour le contenu l’est aussi pour les marques. À partir de là, si une marque souhaite offrir une vision synthétique de ses manifestations / présences à ses clients (fans ?) pourquoi n’auraient-elles pas recours aux services de lifestream ? D’où la notion de brandstream qui ne s’applique pas à un individu mais à une marque (et potentiellement à ses ambassadeurs).

Bien évidement les marques pourraient se charger de consolider et de diffuser leur propre flux mais elles ne bénéficieraient pas du levier communautaire (commentaires, ping, découverte empirique…) qu’offrent des services comme FriendFeed, SocialThing, Lifestream.fm ou Plurk.

Ceci est d’autant plus facile que FriendFeed propose maintenant des widgets tout à fait appropriés pour ça : Feed Widget et Badges (cf. FriendFeed Unveils New Widget Offerings). Ne manque plus que la possibilité de customiser la page de profil (comme les Corporate profiles de LinkedIn ou les Brand pages de Facebook) pour parfaire ce tableau. Vous noterez au passage la proximité de ce concept avec celui de Social Media Release.

Pour pousser la réflexion un peu plus loin, je vous recommande ces articles du blog de Pheedo (une agence spécialisée dans les RSS Advertising Solutions) : Brandstreams, The Next Generation Social Media Tool for Companies to Reach Their Audience et Brandstreaming, Hot New Social Trend?.

Alors ? Les brandstreams comme nouveaux leviers de diffusion et d’engagement ? (via Read/Write Web)