Cédric DENIAUD

Evolution dans la perception des médias sociaux par les entreprises

J’ai l’impression que nous avons lancé ce blog hier alors que finalement ca fait déjà plus de deux ans que je publie, en plus de mon autre blog, sur ce espace dédié uniquement aux médias sociaux. L’expression Social Media, ou médias sociaux en bon français, est plus récente au regard de l’histoire d’Internet et de l’emploi de d’autres expressions comme Web 2.0.

L’autre impression que j’ai, et qui n’est pas qu’une impression puisqu’elle est confirmée par rapport aux missions que je mène depuis bientôt 4 ans est que la perception des médias sociaux a bien changé depuis quelques années et que l’on aimerait nécessairement que les choses aillent encore plus vite.

En effet, voici, à mon sens, l’évolution de la perception des médias sociaux par les entreprises :

2007 :

  • “C’est super ce truc de Web 2.0.”
  • ” Je fais déjà du buzz et des vidéos virales : ca suffit pas ?”
  • “On m’a parlé de Second Life : je comprends pas à quoi ca sert mais on m’a dit que c’est l’avenir alors je vais créer un île”

2008 :

  • “C’est quoi les médias sociaux : c’est bien la même chose que le Web 2.0 ?”
  • Y’a vraiment du monde du Second Life ? J’ai lu que c’était devenu has-been…”
  • “On m’a parlé de Facebook : ça à l’air bien ce truc, non ? On retrouve plein de monde. Tiens, y’a des marques américaines qui s’en servent.”

2009 :

  • “Comment je fais pour faire des trucs sur les médias sociaux ?”
  • C’est quoi le ROi des médias sociaux parce que moi, j’ai un site Internet à faire tourner et puis je suis payé pour que ma boîte vende des produits ?”
  • “Arrêtez de me parler que de Dell, Starbucks et Coca-Cola. Moi je suis une banque française donc comment je peux utiliser les médias sociaux ?”

2010 :

  • “Je veux des fans sur Facebook. Il me faut des fans !!”
  • “Je me suis inscrit sur Twitter mais je comprends pas. Je poste des actualités sur mon entreprise mais j’ai l’impression que ca n’intéresse personne. Et poutant, on m’a dit que Dell c’est fait 3 millions de $ avec ça… Ils sont forts ces Américains !”
  • “J’ai un super outil de veille mais je crois que je l’utilise mal mais bon on m’a dit que c’était important d’écouter pour ma e-reputation.”
  • “Ils sont gentils les gars du marketing, ils ont crée aussi leur page Facebook. Je fais comment maintenant pour créer la mienne ?”
  • “C’est qui ce Community Manager dont tout le monde parle ?”

Bon et si maintenant on se projette un peu, voici ce qui pourrait arriver…

2011 :

  • “Ah mais y’a plein d’autres choses que Facebook. Mais pourquoi mon agence m’en a pas parlé avant ?”
  • “J’ai l’impression que Facebook commence à faire peur à plein de monde. Il faut vraiment que j’y reste ?”
  • “Il faut peut être que j’apporte de vrais indicateurs de performance…”
  • “Je fais quoi de mes 10 000 fans, maintenant ?”
  • “Bon, faut que j’aille voir les gars du marketing pour qu’on essaie de s’organiser car je crois que l’on a 10 pages sur Facebook, 5 comptes sur Youtube, 3 sur FlickR”
  • “Ca sert à quoi Foursquare ?”

Si vous avez souri au moins une fois à la lecture de ce billet, c’est que vous vous êtes au moins une fois posé l’une de ces questions ou que vous avez rencontré l’une de ces situations…

Bruno CLEMENT

Facebook Places, sonne-t-il le glas pour FourSquare et ses concurrents ?

Mark Zuckerberg, vient d’annoncer sur le tout nouveau Live Channel de Facebook, le lancement officiel de Facebook Places…Un service de géolocalisation accessible depuis l’application Facebook pour Iphone (et dans un futur proche Blackberry et Androïd) qui offre 3 fonctionalités:

- Partager avec vos amis où vous êtes.
- Vous aider à trouver où sont vos amis.
- Vous permettre de découvrir les nouveaux lieux autour de vous..

Watch live streaming video from facebookinnovations at livestream.com

Bref, en surface, un bon “Me too” de Foursquare, ou GoWalla, le système de badges/timbres en moins…

…Mais avec 2 différences fondamentales qui risquent de changer la donne !

1- La possibilité de taguer ses amis en live.
Ce qui ouvre les services de géolocalisation à tous les membres de Facebook qui n’ont pas d’Iphone, et devrait contribuer largement à la popularité de cette pratique , si on la compare au succès que rencontre le service de tag photo sur Facebook.

Évidemment, cela pose de nombreuses questions liées à la vie privée, questions en partie résolues par le fait que l’on ne pourra taguer un ami que si l’on checke soi même.  De plus, tout comme pour le service photo, on peut supprimer un tag à n’importe quel moment.

2- 500 millions de membres à qui l’on offre un véritable service.

Contrairement à un Foursquare ou un GoWalla qui misent sur une logique ludique pour gagner et inciter les membres à jouer le jeu du Check-in, et qui oblige à s’inscrire et utiliser  une application dédiée, Facebook Places s’inscrit dans une logique de pur service intimement lié à son graphe social principal: celui de son profil Facebook.

On pouvait partager ses pensées, ses photos, ses vidéos avec ses amis…Maintenant, on peut aussi dans un même environnement avec ses “vrais amis” partager aussi les lieux où l’on se trouve.

Et si l’on s’en tient à ce sondage proposé par Mashable depuis hier, 1/3 des individus déclarent qu’ils vont utiliser Facebook Places, 1/3 demandent à voir, mais ne sont pas contre...Ramené sur un potentiel de 500 millions de membres de Facebook….Cela risque très vite de marginaliser Foursquare et ses concurrents, qui ne sont déjà pas mainstream surtout en Europe.

Mashable Poll - Facebook Places

Une vision sociétale intéressante du service

Je vous invite regarder l’intervention de Chris Cox, le VP Product et Management de Facebook (38e minute de la vidéo) qui évoque l’approche sociologique quasi sociétale de Facebook Places.

Selon un éminent sociologue, dont il se fait le porte-parole, Facebook Places rend 2 grands services à l’humanité:

1- Il reconnecte la relation digitale avec les lieux traditionnels de vies et d’échange (restaurant, bars, librairies, etc..).Là où les relations humaines se nouaient avant l’Internet. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, je pense.

2- Il crée une sorte de mémoire collective des lieux au travers des traces digitales que les gens auront laissées sur leur passage et que l’on retrouvera sur Facebook. Par exemple, dans 20 ans vos enfants pourront peut-être retrouver une trace de votre premier baiser checkant un lieu où vous aviez publié une photo géolocalisée ;-)

La fin des haricots pour Foursquare, Gowalla et autre Plyce ?

Des représentants de Foursquare, Gowalla, Yelp et Booyah interviennent dans la vidéo, et au-delà de la façade très américaine “Great to be here, wonderfull opportunity…blah blah”…rien de concret n’est annoncé et on peut presque sentir le malaise des intervenants à positionner leur service vis à vis de Facebook Places.

Alors, évidemment, Facebook Places offre un API qui permettra une interaction avec tous ces services, bien entendu on peut déjà synchroniser son compte Foursquare avec Facebook…Mais franchement il y a fort à parier que les utilisateurs iront très vite au plus simple, comme ils le font avec les photos ou le service de chat par exemple.

Pour Yelp, c’est une autre histoire, le service rendu est déjà clair et la base de données bien alimentée (du moins dans certaines villes des US)..Donc la complémentarité est plus évidente avec Facebook Places, et on peut assez vite imaginer des Business deal (graph social contre contenu) entre les 2 parties.

Et c’est quoi le Business modèle ?

La question de la monétisation est évoquée à la fin de la vidéo au travers d’une question, dont la réponse est assez floue, comme souvent avec Facebook lorsque ce sujet est abordé…L’idée étant pour Mark Zuckerberg d’abord rendre un vrai service à ses membres, et que si cette partie du contrat est rempli, les opportunités de business suivront.

Ceci dit, je suis assez convaincu qu’avec 500 millions de membre et la simplicité du service, les deals avec les grandes enseignes de distribution ou restauration risquent de faire assez rapidement.

Bon, la mauvaise nouvelle, c’est que Facebook Places n’est pour l’instant déployé qu’aux US, et que l’agenda d’ouverture à d’autres pays n’est pas clairement annoncé…Le temps pour Foursquare et Plyce de se retourner, qui sait  ;-) ?

Cédric DENIAUD

Rien ne va plus pour MySpace : les artistes quittent le réseau et le site serait à vendre…

MySpace, cela fait quelque temps que l’on vous en a pas parlé. MySpace ! Il y a encore pas si longtemps c’était le numéro 1, la plateforme de référence au niveau mondial. Mais de nouveaux acteurs sont arrivés et ont connu une croissance rapide voire exponentielle comme Facebook ou Bebo… et MySpace n’a pas su évolué aussi rapidement. D’autres expliquent l’échec de Myspace par la mauvaise expérience utilisateur… et il faut bien reconnaître que de ce côté là, MySpace n’a peut être pas fait les bons choix (Why MySpace failed – or when you kill the user experience, you kill yourself).

Facebook vs MySpace : la guerre est finie depuis longtemps…

Pourtant si on se replonge quelques années en arrière, c’était le rival numéro 1 de Facebook (Stratégie de développement de MySpace pour faire face à Facebook).

Je me suis donc amusé à faire un petit test sur Google Trends qui permet de savoir en fonction du volume de recherche sur la Toile, ce qui intéresse ou pas les internautes… et voici ce que cela donne lorsque l’on compare Facebook et MySpace.

myspace_facebook_trends

Il faut bien constater que MySpace n’a pas su prendre le virage “social” jusqu’au bout et adapter son service aux nouvezaux usages du web. La bataille finalement avec Facebook a eu lieu jusqu’à l’explosion des réseaux sociaux dont Facebook et l’arrivée en force de Twitter.

MySpace : le choix de la musique…

C’est pour cela notamment que MySpace s’est réorienté il y a quelques temps déjà vers l’univers de la musique (Et après MySpace ?). Créneau intéressant, porteur sur la Toile ? Dans ce cadre, MySpace a servi de supports pour de nombreux artistes et même émissions de radio (OuiFM lance une nouvelle émission avec MySpace).  En effet, d’un point de vue stratégique, MySpace est largement différent des autres réseaux sociaux. MySpace a ainsi centré son service autour du contenu crée par les utilisateurs et principalement la musique afin d’être en mesure derrière de mieux monétiser (par le biais de la publicité) auprès d’annonceurs. Facebook, a contrario, a préféré placer l’utilisateur et son social graph (les relations qu’il peut avoir avec les autres membres) au centre et cela finalement indépendamment des actions et interactions qu’il peut avoir.

On en  revient ici à la différence entre plateforme communautaire et réseau social…

Dans ce cadre avec l’explosion de Facebook et la forte montée en puissance de services comme Twitter, les temps s’annoncent durs pour MySpace. La “place for friends” commencent à sentir bien vide et mis à part les cibles captives du début, force est de constater que MySpace est loin d’être le service dont la Toile parle le plus, et ce depuis déjà un certain nombre de mois.

MySpace : et si les artistes quittaient le navire à leur tour

Lorsque vous avez choisi un positionnement, il est important d’essayer que le lieu de conversation ou communautaire soit le plus important sur le sujet, encore plus lorsque votre stratégie de monétisation sont les partenariats et la publicité qui tous les deux dépendent au final de l’audience. Or, comme le révèle cette semaine le blog SandBox, les artistes mettent de moins en moins à jour leur profil MySpace, au profit de leur compte Twitter et Facebook (How are the biggest artists using social media ?).

music_socialmedia_facebook

Or, sur l’univers de la musique, certes le participatif et la découverte de nouveaux artistes est intéressantes et on sait le rôle qu’à jouer MySpace dans la carrière des Arctic Monkeys ou de Lily Allen pour ne citer qu’eux, pour autant les “têtes d’affiche” font venir les utilisateurs. Aujourd’hui la promesse des artistes de pouvoir échanger directement avec leurs fans sur Twitter et Facebook est une promesse qui n’est plus tenue sur MySpace si le profil de ces mêmes artistes n’est pas mis à jour

MySpace serait-il donc à vendre ?

En tout cas, c’est la rumeur qui court sur la Toile (MySpace could be sold soon). Rupert Murdoch, son propriétaire (MySpace avait été racheté par NewsCorp) en voudrait 700 millions de $. Dur de voir qui pourrait être intéressé, tant sur le domaine de la musique Facebook et Twitter semble avoir un temps d’avance dans la relation entre artistes et fans. Il est drôle de voir que dans les mêmes temps d’autres rumeurs entourent Facebook… mais c’est sur son entrée en Bourse (Facebook bientôt côté en Bourse ?). Facebook qui rit et MySpace qui pleure ?

Un modèle avec des partenariats plus forts avec l’industrie de la musique et des plateformes comme Deezer ou Spotify peut être une piste mais me semble peu probable. Revenir sur le terrain pur du réseau social semble être perdu quand on voit là encore que d’autres se sont cassés les dents dans leur lutte face à Facebook sur le terrain des réseaux sociaux génériques (Bebo…). Ouvrir pour aller sur crowdfunding comme ce que propose MyMajorCompany ou KissKissBankBank en France est une autre possibilité à ne pas écarter…

Frédéric CAVAZZA

De la qualité des contenus sur Facebook

Alors que Facebook avoisine la barre symbolique des 500 millions d’utilisateurs et qu’il affiche des fréquence et temps de connexion records, nous sommes en droit de nous demander si Facebook n’est pas en train de petit à petit grignoter les parts d’audience de l’ensemble des sites et acquérir une posture ultra-dominante sur les usages du web. Même si je ne peux contester les chiffres, je m’interroge tout de même sur la réalité de cette domination et sur la nature même de Facebook : Initialement un réseau social, c’est devenu une plateforme quasi-universelle qui ambitionne de devenir le point de départ de toute session de surf, la nouvelle page de démarrage des internautes.

A partir de ce postulat, il est possible de faire des projections optimistes sur une capitalisation de cette audience et la conquête d’autres services à valeur ajoutée. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur la réalité du social search (cf. Recommandation produits, la blogosphère loin devant Facebook et Twitter) où l’on se rend compte que Facebook est très loin d’être la destination de choix pour du contenu de qualité. Je souhaiterais aujourd’hui faire un test sur les contenus : Puisque Facebook est la destination N°1, c’est donc qu’il y a forcément des choses intéressantes à y trouver, donc qu’il y a du bon contenu. OK, vérifions…

Je vais donc me placer dans la position d’un internaute qui souhaite se documenter sur une thématique particulière dans le cadre d’une passion. Prenons l’exemple du longboard (ou “longskate” pour ne pas confondre avec son cousin nautique), une discipline peu connue mais qui mobilise un noyau dur de passionnés. Si je fais une recherche sur “longboard” dans Facebook, que me remonte-t-on comme résultats ? Pas grand chose si ce n’est une page générée à partir de Wikipedia :

La page "Longboard" de Facebook

La page "Longboard" de Facebook (issue de Wikipedia)

Rien de bien intéressant, et encore moins en français. Une recherche sur Google remonte par contre des choses beaucoup plus riches en terme de contenus, et notamment le blog longskate.typepad.com (bien connu des pratiquants) et son illustre rédacteur (Pappy Boyington, qui possède également une page-miroir sur Facebook). Autant son profil est plutôt pauvre (pas de contenu ni de conversations), autant sur son blog sont accessibles plus de 6 ans d’archives. Ces archives sont très précieuses car un longboard est composé de nombreux éléments (planche, roulements, trucks, roues, gommes…) qui influent énormément sur son comportement et sur ce que vous pouvez faire avec. Les informations et avis relatifs à ces composants sont essentiels pour prendre une décision d’achat.

Le blog de référence pour le longboard en France

Le blog de référence pour le longboard en France

Une recherche sur Google me remonte également un autre blog (longboardskate.typepad.com) où l’on retrouve des tests et de précieux conseils (endossant ainsi le rôle de prescripteur).

Les précieux conseils du blog LongboardSkate

Les précieux conseils du blog LongboardSkate

En poussant également vos investigations vous tomberez sur YouTube où les plus grandes marques (Sector 9, LoadedRayne…) éditent chacun une chaîne avec de nombreuses vidéos qui sont idéales pour faire rêver et stimuler les prospects dans leur prise de décision d’achat.Vous noterez que ces mêmes marques ne possèdent pas de profils sur Facebook (si ce n’est des pages squattées).

La page YouTube de Sector9

La page YouTube de Sector9

Poussons encore plus loin nos recherches et nous tombons sur RiderZ.net, un forum bien connu des adeptes de planches qui roulent. Là encore il y a des années d’archives et une masse considérable de contenus, conseils et discussions. Si enfin vous faite des recherches ciblées sur un modèle de planche en particulier vous tomberez immanquablement sur le site SilverfishLongboarding.com où est publié une base de donnée impressionnante de matériel et surtout d’avis clients sur les planches, roulements, trucks, roues… Là encore, pas d’équivalent sur Facebook.

Le site de test SilverfishLongboarding.com

Le site de test SilverfishLongboarding.com

Au final que pouvons-nous en déduire ? Que pour une thématique bien précise les contenus et discussions les plus intéressants ne sont pas sur Facebook mais sur des médias sociaux plus anciens (blogs, YouTube, Forums…). Non seulement Facebook n’offre pas la même flexibilité pour héberger des contenus sur sa plateforme (car il faut se conformer aux formats de profils ou groupes) mais en plus le moteur de recherche social (soi-disant la révolution qui est censée balayer Google) n’indexe aucun de ces contenus. La raison est toute simple : Les discussions naissent et vivent à proximité des contenus car elles s’en nourrissent.

Voilà qui est fâcheux dans la mesure où Facebook mise justement sur ces fameuses discussions autour de marques et produits pour rentabiliser sa plateforme. A partir du moment où Facebook n’héberge pas les contenus ni les discussions et où les internautes ne transitent pas par lui pour y accéder, il y a comme un problème. Je veux bien faire preuve de bonne volonté et dire que le longboard n’est peut-être pas la bonne thématique mais je suis à peu près persuadé qu’il est possible d’arriver aux mêmes conclusions avec d’autres sujets nourrissant une passion. Est-il important d’être passionné ? Oui car c’est justement elle qui pousse les internautes à rechercher et consommer du contenu ainsi qu’à participer aux discussions. Pas de passion, pas d’échanges. Pas d’échanges, pas d’achat. Pas d’achat, pas de besoin d’influence.

Cette démonstration peut vous sembler simpliste, mais elle illustre une réalité : Facebook n’est qu’un intermédiaire entre des internautes et du contenu ou des interactions sociales. Bien évidemment il existe des tonnes d’interactions sociales sur Facebook, mais celles qui sont en rapport à une passion (longboard, scrapbook, auto / moto, bricolage…) lui échappent. Quel dommage car c’est la matière première du social marketing (n’espérez pas que des discussions naissent de façon spontanée sur votre page officielle).

Partant de ce principe, que reste-t-il à Facebook ? Les profils. Les profils et le système d’authentification (Facebook Connect devenu Facebook Graph API) qui permet de participer de façon plus rapide à ces discussions. OK très bien, mais tous les utilisateurs ont-ils l’envie ou l’intérêt d’associer leurs passions à leur profil public ? Et c’est bien là que la mécanique magique de Facebook se grippe : Ils ne sont qu’un intermédiaire et comme tous les intermédiaires, ils sont fragilisés par leur capacité à transformer leur intermédiation en revenus (pour rembourser les salaires et infrastructures techniques). Les lecteurs attentifs auront remarqué que dans une certaine mesure Facebook est le Netvibes des années 2010 : Un point d’entrée et de passage vers des contenus et services. Certes la plateforme mise en place par Facebook est beaucoup plus sophistiquée et permet d’encapsuler des services (notamment de très nombreux jeux), mais la situation est à peu près la même : Le modèle économique de Facebook repose sur la relation de confiance qu’ils développent avec les utilisateurs et sur la richesse des informations contenus dans les profils.

Les changements récents dans les conditions générales d’utilisation et la façon dont Mark Zuckerberg aborde la notion de confidentialité ne favorisent pas réellement le développement d’une relation de confiance avec les membres. De lus, j’ai déjà eu l’occasion de donner mon point de vue sur la tendance au travestissement dans les profils (cf. Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateurs).Combiner ces deux aspects et vous vous rendrez compte de la fragilité de Facebook et surtout de sa toute relative “domination” de l’audience. Pour MySpace (qui a eu également son heure de gloire), la situation était différente car cette plateforme héberge ses propres contenus (billets et musique).

Ceci étant dit, l’audience de Facebook reste colossale et il serait très dommage de ne pas en profiter. Par contre gardez bien à l’esprit la situation que j’ai décrite pour bâtir une stratégie de présence sur les médias sociaux qui ne repose pas uniquement sur Facebook car la richesse se trouve ailleurs. En fait le fond de cette histoire est qu’il y a “conversations” et “conversations”. Je ne remet pas en cause l’activité quotidienne de Facebook (les status updates représenteraient dix fois le contenu de l’ensemble des blogs : Facebook And The Fall Of Google), par contre je suis très sceptique quand à la qualité de cette activité, ou plutôt quand à la capacité des marques à pouvoir exploiter une activité de qualité. Il y a en effet beaucoup de bavardage et de buzz sur Facebook (on y relaye et commente des contenus intéressants qui sont hébergés ailleurs) mais assez peu de contenus à valeur ajoutée car ceux-ci restent éparpillés sur les blogs, les forums… Ce n’est ainsi pas un hasard si des inconnus ont pu se constituer une audience ou fédérer une grosse communauté avec des outils comme les blogs et forums mais pas avec Facebook.

Alors bien sur il est tout à fait possible d’organiser des apéros géants avec Facebook, mais est-il possible d’exploiter ces interactions dans un contexte de marque ? J’en doute car la qualité de la relation entre la marque et ses clients / prospects est fonction de la qualité des contenus. Hors Facebook n’est pas réellement la destination de choix pour des contenus de qualité. Rien ne vous empêche de la faire, mais votre marge de manoeuvre risque d’être restreinte car vous devrez vous conformer aux CGU de Facebook (qui évoluent souvent).

Moralité : Une présence sur les médias sociaux doit s’envisager de façon plus complète que sur Facebook. Votre dispositif d’écoute et d’engagement doit couvrir à la fois les supports à fortes audiences ou visibilité (Facebook, Twitter, YouTube) mais également les supports qui hébergent les contenus et conversations à valeur ajoutée (blogs, forums, sites d’avis clients, FAQ collaboratives…).

Cédric DENIAUD

Nouveaux paramètres de confidentialité de Facebook : rassurer sur le respect de la vie privée

Les paramètres de confidentialité de Facebook auront fait couler beaucoup d’encre. Pas seulement depuis quelques semaines, puisque la confidentialité et Facebook souffrent déjà d’un large historique : Polémique autour des nouvelles CGU de Facebook et Facebook fait appel à la communauté pour les CGU, sans parler des discussions qui avaient entourées Facebook Beacon…

Facebook annonçait donc aujourd’hui quelques changements dans la gestion des paramètres de confidentialité, sur lesquels j’aurai l’occasion de revenir dans la suite de cet article.

Quand Facebook reconnaît ses erreurs…

L’impression est que Facebook veut aller plus vite que la musique et essaie de débloquer des verrous sur les données personnelles. Facebook essaie malheureusement de passer en force, soit en étant assez flou dans la mise en avant de la gestion des paramètres personnels, soit en profitant des refontes successives pour modifier également la gestion des données personnelles.

Mais ce coup-ci promis, tout sera plus clair. En tout cas, Facebook revendique qu’il s’agit plus d’un problème de communication et de mauvaise compréhension de la part des internautes qu’une volonté consciente de leur part de ne pas respecter la vie privée des utilisateurs. Sur ce terrain, Facebook est prêt en partie à reconnaître ses erreurs : Facebook va revoir sa politique de confidentialité. En effet, dans une lettre ouverte ainsi que dans un échange d’email avec Robert Scoble – que l’on ne présente plus -, le fondateur de Facebook reconnaissait certaines erreurs (comme il avait fait à l’époque des CGUs en impliquant alors dans un second temps les utilisateurs à la démarche).

“Je sais que nous avons fait un paquet d’erreurs, mais j’espère qu’au final le ser­vice s’en trou­vera amé­lioré et que les gens réa­li­se­rons que nos inten­tions sont bonnes et que nous répon­dons aux feed­backs des per­sonnes à qui nous offrons le service.”

Petit retour sur la polémique

Il faut dire que la polémique n’a cessé d’enfler depuis le les différentes annonces de Facebook dans le cadre de Facebook F8. Facebook a certainement pris peur à voir :

  • certains “influenceurs” annoncer qu’ils quittaient Facebook;

  • certaines sociétés (je pense ici à Zynga qui édite des social games très populaires comme FarmVille ou Mafia Wars) annoncer qu’elles pensaient s’émanciper de l’interface Facebook et voler de leurs propres ailes : Will Zynga quit Facebook?
  • certaines pétitions, groupes ou fans pages sur Facebook devenir très populaires;

  • des sondages estimant que 60% des utilisateurs seraient prêts à quitter Facebook si ce dernier ne faisait rien pour mieux respecter les données;

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quitfacebook

L’enjeu n’est pas (seulement) la monétisation des informations des utilisateurs issues des informations qu’ils diffusent et de leurs comportements mais également le social search. Si les données sont (trop) privées, elles ne seront alors pas pris en compte ou selon certaines conditions par le moteur de recherche interne et ne pourront pas être aussi facilement récupérées par des services tiers (par le biais des applications).

Dans le cas de Zynga, les social games sont des éléments moteurs faisant rester longtemps les utilisateurs sur le site et les faisant revenir. Voir le premier éditeur quitter la plateforme lancerait un mauvais signe au marché du social game sur Facebook (or on sait que Facebook, pour les monnaies virtuelles et le temps passé sur le site, mise énormément sur les social games). Facebook a donc passé un partenariat (dont les termes sont bien évidemment non divulgués) afin de s’assurer de la “fidélité” de Zynga.

Quels changements ?

La simplification de la façon de rendre publique ou pas les informations de sa page et la possibilité de désactiver les liens vers des services tiers seront les premiers changements à être intégrés rapidement. Je vous invite à consulter la nouvelle page mise en place par Facebook : http://www.facebook.com/privacy/explanation.php

facebook_confidentialite

Les 3 points que je retiendrai sont :

  1. La facilité de bloquer les applications (ce qui était à mon sens l’un des points majeurs sur lequel Facebook devait revoir sa copie);

  2. Masquer sa liste d’amis : j’en parlais dernièrement avec quelque uns d’entre vous. Ce masque existe depuis déjà quelques semaines sur les fan pages et je m’étonnais que cela n’arrive pas sur les pages profil des utilisateurs. En effet, de plus en plus de membres Facebook, et notamment dans notre microcosme du web et de la communication, ont un usage que je qualifierai de limite de Facebook :  ils vous demandent comme amis simplement pour vous “pousser” la super fan page développée par leur société ou dont ils sont le community manager, mais aussi pour voir vos “amis” et entrer en contact avec eux. Et voila comment on gonfle virtuellement le nombre de fans à des pages ou la taille de son réseau afin de faire croire que l’on est influent;

  3. Une interface simplifiée et certainement plus claire pour un plus grand nombre…

Communication et réaction en situation de crise

Il faut en tout cas reconnaître la rapidité de Facebook a réagir et à ne pas laisser trop longtemps la polémique gonfler. Certaines entreprises, dans le cadre de leur communication de crise, ferait bien de s’inspirer à la fois de la forme et du fond (Nestlé et sa page fan Facebook : pourquoi l’échec était-il inévitable). Et oui, car reconnaître ses erreurs, tenter de mieux expliquer sa démarche, dire que l’on va faire quelque chose (Facebook sortira prochainement un outil “simplissime” pour gérer la confidentialité) et impliquer plus fortement les parties prenantes sont les 4 leviers sur lesquels Facebook joue, dans le cadre d’une communication de crise plutôt bien maîtrisée (vue la masse de conversations et d’utilisateurs s’exprimant sur le sujet) afin de rassurer ses membres.

Les Digital Natives seraient-ils des Digital Naives ?

Ce qui est assez surprenant c’est de voir qui sont les utilisateurs les plus enclins à être menacés par le non contrôle de leurs données personnelles. Ce sont certes des gens qui ne sont pas suffisamment alertés sur les risques et la manière  de gérer leurs paramètres mais ce n’est pas nécessairement “Madame Michu”. En effet, si je regarde dans mes contacts, les personnes partageant le plus de contenus personnels (photos, statuts “très” personnels, …), ce sont majoritairement des jeunes (moins de 25 ans) dont pour la plupart je ne connais pas (en tout cas, pas dans la “vraie vie” : IRL). On voit alors le fossé générationnel dans l’usage de l’outil Internet entre une génération qui est née avec et une autre qui a du apprendre l’informatique. Nos réflexes ne sont alors pas les mêmes qu’une population plus jeune qui pour laquelle les notions de partage et d’Internet sont intimement liés. On ne partage pas les mêmes informations et on ne passe pas aux mêmes endroit les frontières entre vie privée (ce que l’on ne dévoile pas) et vie publique (ce que l’on partage) sur Internet. J’abordais ces questions dans Vie perso / pro et vie privée / publique et Pourquoi renonçons-nous à notre anonymat sur Internet ?.

Je pense que le sujet des données privées et de leur respect est l’un des enjeux majeurs qui pourraient voir sombrer le navire Facebook. Facebook serait-il un géant aux pieds d’argile, comme le laisse entendre Fred (Facebook va-t-il révolutionner le Web ?) ?

Bruno CLEMENT

LOL is all around :-))

LOL PROJECT

Le rire est-il communicatif ?..Moi je pense franchement que oui.

Et lorsque le rire croise le chemin de Facebook, cela donne un projet formidable: le “LOL Project” mené par David Ken artiste photographe de mode et de renom.

Le principe est à la fois simple et génial:
Saisir le moment où la personne lâche prise en éclatant de rire puis réunir tous ces portraits pour créer une gigantesque fresque de bonne humeur humaine.

La bonne idée est d’avoir capitalisé sur Facebook pour recruter des “LoLisés” et viraliser le LOL Project:

Qui sont-ils ? Principalement des inconnus, mais aussi quelques stars (Zidane pour n’en citer qu’un) , et puis dernièrement pas mal de  blogueurs qui ont largement contribué depuis quelques jours à l’accélération du Buzz autour du projet.

La mécanique virale est particulièrement efficace: L’artiste demande juste à chaque participant de taguer sa photo LOL et de l’afficher en tant que photo de son profil, la matrice Facebook s’occupe du reste ;-)

Déjà plus 7000 fans et 700 portraits, sur un total de 1000…Donc un pari en passe d’être largement réussi !

LOL Mosaique

L’objectif avoué de l’artiste est de créer une grande exposition “I LOL PARIS” avec une sélection de ces portraits. Il y a même une “blogueuse LoLisée”, Caroline Arditti, qui s’est amusée, à l’aide d’un ami graphiste,  à recréer l’ambiance que cela pourrait donner:

I LOL PARIS

Moi si j’étais une marque désireuse de délivrer de la bonne humeur au monde…Je me précipiterais pour contribuer au projet ;-)

Pour ma part, j’ai été “LoLisé il y une 15aine de jours et il a fallut 2 minutes à peine pour que David Ken saisisse mon éclat de rire…

Bruno_LOL

Comment fait-il ? Un seul moyen de le savoir ;-)

1-Etre inscrit sur Facebook
2-Devenir FAN
3-vous INSCRIRE, en envoyant vos coordonnées téléphoniques à info@lolproject.com.

…Et attendre d’être directement contacté par téléphone pour participer au LOL Project.

Alors à qui le tour ? :-)

Cédric DENIAUD

Le pouvoir de l’influence : mes amis avant des inconnus

Lorsque l’on parle d’influence sur Internet, on voit poindre le mythe du bloggeur influent (vous connaissez ma position sur le sujet : On reparle de l’influence des bloggeurs et Qui influence qui ?) ou l’idée fausse que l’influence se fait en faisant le plus du bruit (ou plutôt ramdam) sur la Toile…

L’influence n’a rien a voir avec ces éléments même si intégrer des relais d’opinion dans une stratégie d’influence est un point mais ne doit pas être l’essentiel. Avant donc de faire une campagne de billets sponsorisés (Réflexions autour des billets sponsorisés sur les blogs) qu’une agence vous facturera 30 000 euros, et qui ne vous rapportera que des articles écrits par des gens d’un microcosme et lu par ce même microcosme (principalement des gens de la communication comme si les blogueurs d’agence essayaient d’influencer leur lectorat constitués de d’autres blogueurs et agences…), il vous faut poser les questions de la pertinence de cette démarche dans une vraie stratégie d’influence.

L’influence passe, comme on le verra dans l’article, par la notion de relation (et non de communication) et de proximité…

L’importance de la proximité

L’une des notions clés lorsque l’on parle d’influence est celle de la proximité avec la personne qui va vous influencer. La proximité n’est pas nécessairement que sentimentale ou amicale (des proches : amis ou famille) mais peut être celle de l’expertise.

Toutefois, l’évolution de la communication et de la société a fait que nombre de produits sont devenus des marqueurs sociaux. Les marques nous ont envahis comme le montre de manière très graphique le court métrage oscarisé Logorama.

Influenceur = un métier ? (l’importance de la relation)

Cette question est la partie centrale du synospis du film “The Joneses” avec David Duchovny et Demi Moore, dont je vous présente la bande annonce ci-dessous.

Une “fausse” famille américaine qui donne l’image de la famille parfaite (et que donc les autres familles idolâtrent) passe de ville en ville pour, dans un but sournois : recommander des produits qu’ils utilisent auprès de leurs nouveaux amis. C’est comme si le vendeur de porte à porte préférait d’abord devenir votre meilleur ami pour ensuite vous recommander des produits…

Il est intéressant de voir que les phénomènes de recommandation et d’influence arrivent aujourd’hui au cinéma.  L’influence est véritablement l’avenir du marketing…

Facebook a compris l’importance de l’influence à travers le social shopping

Le social shopping englobe cette notion que l’achat que vous faites est influencé par les avis de pairs. Or, le bémol de nombre de modules ou sites d’avis consommateurs étaient la non proximité avec la personne qui laissait un avis (cf : Le problème des avis utilisateurs sur les sites e-commerce). Facebook via son système OpenGraph et le module “I like” intégrable sur des sites externes (voir l’article de Fred sur le sujet pour plus de détails : Facebook va-t-il révolutionner le Web ?) représente la volonté de Facebook de prendre une main mise sur le web social, mais en dehors de son site.

Que les sites de marque deviennent sociaux est une tendance inévitable (Va-t-on vers la mort des sites Internet de marque ?), que Facebook veut prendre la part du gâteau est une stratégie opportune. En effet, Facebook affiche ainsi sur des sites de marque qui parmi vos amis ont aimé tel ou tel article, ou tel produit… La recommandation est donc ancrée dans le cycle d’achat (vous êtes sur le site marchand et non sur un site externe) et peut alors encore plus facilement déclenchée l’acte d’achat.

J’aurai l’occasion dans les prochains jours de revenir un peu plus longuement sur Facebook Open Graph et les autres nouveautés annoncées dans Facebook F8 (prononcé “Fate”…) au travers de une ou deux interviews vidéos d’acteurs du marché.

Frédéric CAVAZZA

Les nouvelles ambitions de Twitter et Facebook

Le mois d’avril a été très riche et surtout très structurant pour les médias sociaux et notamment Twitter et Facebook.

Nouveau modèle économique, couche sémantique et infiltration sociale du web pour Twitter

Il y a tout d’abord eu la grande messe de Twitter où on été révélé les derniers chiffres d’audience :

  • 105 millions d’utilisateurs pour 180 millions de V.U. mensuel ;
  • 300.000 nouveaux inscrits par jour ;
  • 75% du trafic en provenance d’applications tiers.

Avec les 3/4 de son activité en dehors du site web, on comprend mieux pourquoi ils ont décidé de racheter Tweetie (un client Twitter pour Mac OS) et déstabiliser ainsi une bonne partie de l’écosystème.

Cette conférence a également été l’occasion de faire le point sur le chemin parcouru (lire à ce sujet : The State and Future of Twitter 2010: Part One) ainsi que sur le modèle économique (sans grande surprise : The Twitter Ad Model Revealed. What Were You Expecting, a Pony?).

Plus intéressant, ils viennent de lancer un site d’évangélisation à destination des médias (Twitter Media), preuve qu’il y a un intérêt mutuel entre les médias traditionnels (TV, journaux, radio…) et ce service de microblogging.

Encore plus intéressant, la possibilité de rajouter des annotations aux tweets : Twitter reveals details of new “Annotated Tweets” feature. Contrairement à ce que son nom indique (ou n’indique pas), cette évolution technologique est bien en rapport avec une sémantisation des tweets. Plus précisément elle va permettre de structurer / compléter / enrichir les tweets pour faire beaucoup plus que ce que les SMS permettent de faire : 10 Possible Uses of Twitter’s New Annotations.

Et pour finir ils ont également lancé le programme @Anywhere qui permet d’injecter certaines fonctions de Twitter dans n’importe quel site web. En ajoutant quelques lignes de javascript dans votre code source vous aurez droit à :

  • Une reconnaissance automatique des usernames avec le profil affiché au survol de la souris (Hovercards) ;
  • Des boutons Follow automatiques ;
  • Des Tweet Box pour que vos visiteurs puissent tweeter directement depuis votre site ;
  • Un enrichissement des fonctions d’authentification (Twitter Connect).

Tous les détails sont ici : Getting Started with @Anywhere.

La volonté affichée de Twitter est donc de devenir une couche sociale à l’échelle du web, cette dernière reposant sur un usage approfondi des tweets aussi bien par les internautes que les marques que les services eux-mêmes (robots, agents intelligents et systèmes d’information).

Graph social universel, sémantisation des profils et base de données universelle du web pour Facebook

Concernant Facebook, la conférence F8 de la semaine dernière a été l’occasion de rappeler l’audience colossale de Facebook : Presque 400 millions d’utilisateurs, 500 millions de V.U. mensuels… Le constat est sans appel : Facebook est devenu le poids lourd incontesté des réseaux sociaux (il n’y a que LinkedIn et son positionnement de niche qui peut rivaliser en termes de croissance).

Les annonces majeures de cette conférence sont les suivantes :

  • Un mécanisme d’authentification silencieuse plus sophistiqué qui permettra aux éditeurs de sites web de personnaliser leur contenu / offre en fonction du profil Facebook des visiteurs (avec plus de souplesse dans l’exploitation des données) ;
  • Un graph social ouvert qui permet de combiner les données d’autres plateformes sociales (Open Graph Protocol) ;
  • Le lancement officiel des Facebook Credits ;
  • Une série de plug-in à insérer pour injecter des fonctions sociales de Facebook dans votre site (nouveau bouton “Like“, système de recommandations de vos amis…) et d’avoir accès à des statistiques détaillées sur les visiteurs ayant un profil Facebook ;
  • Un système de structuration sémantique des contenus qui repose sur RDF.

Je ne m’attarde pas sur l’Open Graph Protocol ni sur les Social Plug-ins car d’autres l’ont déjà très bien fait (cf. Le nouveau Facebook : un guide complet pour les éditeurs, les annonceurs, les utilisateurs et la concurrence). Par contre je vais détailler un peu plus ce principe de structuration sémantique car c’est à mon avis l’annonce la plus importante : L’idée est d’insérer dans le code source de vos pages un bout de code sémantique permettant de décrire le contenu (article, produit, film, chanson…). Ce code sémantique est ensuite utilisé pour nourrir la base de données de Facebook où sont répertoriés tous les objets sémantiques décrits. Traduction : Ce principe va permettre à Facebook de structurer l’ensemble des contenus du web et d’y associer ses fonctions sociales.

L’objectif de Facebook est donc de se transformer en une gigantesque base de données structurée en s’appuyant pour cela sur son écosystème et sur sa formidable audience. Facebook pourrait ainsi réussir dans cette titanesque tâche de sémantisation du web là où des start-up avec beaucoup moins d’envergure échouent par manque de visibilité.

L’intérêt pour Facebook est donc de se construire un gigantesque index pour relier chaque contenu du web à une page Facebook (ou à défaut un objet sémantique). Je n’avais pas vu d’ambition aussi élevée depuis l’annonce de Google de numériser l’ensemble des livres de la terre.

Il est pour le moment encore un peu tôt pour bien mesurer les implications de ces annonces et l’impact qu’elles vont avoir sur les médias sociaux et le web en général. Toujours est-il que nous avons maintenant la certitude que Facebook est le leader incontesté de sa catégorie et qu’il va très rapidement asphyxier ses concurrents. Nous nous dirigeons donc vers une configuration de marché où Facebook va devenir aux réseaux sociaux ce que Twitter est au microbloging.

Quid des services de social location ?

Force est de constater que Twitter et Facebook ont tous les deux soigneusement évités de parler de fonction de localisation sociale comme peuvent en proposer Foursquare, Gowalla ou Brighkite. Pourquoi cette impasse ? Tout simplement parce que ces deux services avaient besoin de procéder à une évolution majeure de leur plateforme technique afin de développer les outils et leviers qui leur permettront d’écraser ces services.

Donc pour le moment je pense qu’il est juste de parler de sursis plutôt que d’oubli.

Encore une fois il va falloir quelques jours / semaines pour bien digérer ces annonces et pouvoir élaborer des stratégie et anticiper des scénarios d’évolution viables. Mais nous aurons largement l’occasion d’en reparler…

Cédric DENIAUD

Nestlé et sa page Fan Facebook : pourquoi l’échec était-il inévitable ?

Vous avez sûrement entendu parler à la fin de la semaine dernière du “fail” qu’a connu Nestlé sur Fan Page Facebook. de nombreux blogs ont relayé l’histoire, ce n’est donc pas nécessairement l’objet de revenir en détails sur l’histoire. je vous invite à consulter Nestle fails at Social Media et Five lessons from Nestle’s Facebook PR disaster

L’histoire en 4 points

  • Tout est parti d’une vidéo dans le cadre d’une campagne Greenpeace visant à critiquer Nestlé (via la marque KitKat) utilisant de l’huile de palme dans ses produits, cause majeure de la déforestation;
  • Les commentaires et l’invasion sur la page fan Facebook de Nestlé ont alors été très importants;
  • Nestlé, dans un souci de dialogue et de transparence, n’a pas souhaité modérer ces commentaires;
  • Devant le relais important sur la Toile vendredi, Nestlé a fermé sa Facebook Fan Page (le contraire de ce qu’il faut a priori faire – Kit de secours en cas de bad buzz).

Est-il pertinent pour Nestlé d’avoir une Facebook Fan Page ?

Bien entendu, beaucoup de blogs français ont relayé l’information mais en ne se posant pas la première question que l’on devrait se poser à savoir est-il pertinent pour Nestlé d’avoir une Facebook Fan Page. La question peut paraitre silmple avec une une réponse positive évidente (et oui, comment se passer de l’audience potentielle de 400 millions d’internautes ?). Pour autant, à la différence de Coca-Cola, Pepsi, Kinder, Nestlé n’est pas une marque produit mais une marque groupe. En tant que tel, une marque groupe a-t-elle vocation à developper sa présence sur Facebook, lieu BtoC ? Oui, sûrement mais il faut le faire via une communication corporate…

Le besoin de savoir piloter sa conversation

Or, lorsque l’on est une marque comme Nestlé qui doit souvent faire face à certains scandales, cette communication doit être pilotée et même sur Facebook. Piloter sa conversation, cela veut dire guider les conversations et suivre “un contrat social” (Du contrat social ou l’engagement de l’entreprise dans une démarche conversationnelle). C’est ce que fait par exemple très bien SNCF avec debats.sncf.com. Oui, il faut qu’une marque soit transparente, ouverte et accepte les mécontents et les critiques mais il faut le faire sur des lieux dédiés et ne pas mélanger les critiques, les fans, les enthousiastes sur un endroit externe où l’internaute se sent le roi vs la marque. Si encore Nestlé proposait du contenu sur la marque, cela permettrait de guider les conversations dans un sens. Ici, créer une porte conversationnelle permet à chacun de s’y engouffrer…

Le community management : ce n’est pas suivre des règles génériques mais suivre ses propres “guidelines”

Clairement le tort de Nestlé est de ne pas avoir déporté ses conversations sur un lieu où elle peut les gérer dans une vraie démarche conversationnelle. Oui, une marque a le droit de modérer des contenus sur ses outils, dont sa Fan Page Facebook, si ces contenus ne sont pas dans la ligne conversationnelle de l’outil (Quelles règles de modération adopter sur un site participatif ?). Mais cela implique pour ne pas être taxé de censure d’avoir des outils permettant de répondre aux différents types de conversations (critiques, enthousiastes, …). Le résultat en a été que jouer la transparence s’est retournée contre la marque. A force d’écouter de pseudo experts sur la Toile vendre “la tarte à la crème des médias sociaux” (transparence, engagement, …) dans le cadre de généralités, on en arrive à ce que ces généralités soient fausses. Le community management, ce n’est pas appliquer des règles à la gestion de sa marque et des outils sur Internet mais plutôt instaurer pour une marque ses propres guidelines de community management qu’elle doit suivre.

La grande erreur de Nestlé n’est donc pas finalement comme le relaie Greg Pouy (Community Management : le cas Nestlé et de sa page Facebook), son community management. Il n’est que le résultante d’une mauvaise stratégie initale. Nestlé, mais finalement comme toutes les marques, ne voit en Facebook que l’audience et pense être alors dans l’obligation d’y être fortement présente.

Rappelez-vous Dell…

Prenons un exemple bien connu du Social Media que l’on cite souvent comme exemple : Dell. On parle de sa plateforme d’idées (Le modèle direct de Dell appliqué à l’innovation), de ses comptes Twitter (Dell + Twitter = la vidéo), de sa stratégie (Dell + Social Media = 2 vidéos pour mieux comprendre leur stratégie), de ses plateformes dédiées à différentes cibles (Connaissez-vous Digital Nomads de Dell ? et Dell Ideastorm Healthcare)… mais jamais de sa présence Facebook. Pourquoi ?

Dell a compris qu’avoir une stratégie conversationnelle passait par des vrais outils dédiés. Attention, je ne dis pas qu’une conversation ne peut pas avoir lieu sur Facebook, mais Dell a su analyser avec pertinence son historique de conversations (qui était plutôt négatif lors de la mise en place de leur stratégie) et avoir une vraie stratégie engageante et volontaire en se demandant comment entrer en conversation avec ses différentes cibles.

Et c’est là que la réflexion aujourd’hui échappe aux marques et agences. Pour échanger souvent et régulièrement avec des personnes œuvrant dans le Social Media, ce sont toujours les mêmes mots autour des outils qui reviennent. J’intervenais la semaine dernière à la conférence Social Media Aces où j’ai axé mes deux interventions (voir la synthèse des présentations) autour du fait de ne pas avoir les médias sociaux comme seulement des outils de promotion et de communication mais comme de vrais outils marketing dans une démarche Social CRM. Il faut le constater aujourd’hui même les opérations les plus intéressantes sur Facebook restent dans une démarche très orientée autour de l’image et donc de la communication alors qu’il y aurait tellement mieux à faire.

Cédric DENIAUD

Vers une intégration toujours plus poussée des médias sociaux dans les sites de marque : Twitter @anywhere

Les médias sociaux ce ne sont pas juste des outils externes à votre site, qui vivent indépendamment dans une seule stratégie de promotion et relais de vos contenus / offres / services. Les intégrations sont toujours plus poussées et toujours plus fortes, comme nous avons déjà eu l’occasion de vous le présenter.

A travers ces exemples, on comprend que bien entendu les sites de marque ne sont pas mort (Va-t-on vers la mort des sites Internet de marque ?) et que les agences qui arrivent avec une promesse de ne pas vous vendre de site et seulement des opérations sur les médias sociaux ne voient pas les médias sociaux dans votre écosystème Web où vous devez avoir un hub. Ce hub est joué par votre site qui bien entendu par contre doit évoluer pour devenir un hub social et conversationnel.

Twitter @anywhere

L’annonce hier par Twitter du lancement de @anywhere confirme cette tendance (voir annonce sur le blog officiel de Twitter) Malgré sa forte croissance (de 2,5 millions de tweets début 2009 à 50 millions de tweets début 2010), Twitter peine à fidéliser ses utilisateurs (73% des inscrits ont posté moins de 10 tweets comme je l’indiquais dans Quelques chiffres méconnus sur Twitter). Ainsi, prochainement, des sites comme eBay, Amazon, Digg, Bing, Yahoo! intégreront Twitter en leur sein.

L’avantage est de rendre ainsi les sites encore plus conversationnels en y intégrant un outil de microblogging (et ainsi capter encore plus l’internaute sur leur site), et pour Twitter développer l’usage de son outil afin de le démocratiser (Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public).

L’utilisation de ses identifiants Twitter pour s’identifier sur le site (à la manière de Facebook Connect) apportera un autre bénéfice et confirme la concurrence entre Twitter et Facebook sur les systèmes de délégation d’identification.

Stribe : module communautaire

Stribe est une société française encore peu connue et qui pourtant commence à cumuler les prix (notamment prix de la meilleure Start-Up au dernier Web’09). Stribe propose un service pertinent que l’on pourrait simplifier en disant que c’est un module communautaire plug and play. Aujourd’hui les fonctionnalités sont surtout axer autour de la partie chat et messagerie privée mais la promesse de développement fait qu’il faudra suivre en 2010 le développement de cette jeune start-up.

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Ce qui est intéressant à travers ces deux exemples, c’est la complémentarité recherchée entre les outils. Plutôt que de redévelopper ad hoc un service similaire, les sites comprennent l’importance de fonctionner à travailler dans un ecosystème.

Le mouvement inverse : vers plus d’intégration sur Facebook

Dans un mouvement inverse, mais finalement complémentaire, on voit certaines marques intelligemment développer leur contenu sur Facebook ou en tout cas adapter leur offre à ce réseau social, on le sait très captif et regroupant les principaux usages actuels du web (réseau, partage, ludique, …). On peut par exemple citer :

  • 1800-flowers.com qui propose sur Fan Page Facebook une boutique intégrée. L’acte d’achat de la sélection du produit au paiement (en passant par heure et lieu de livraison) est intégrée dans un module applicatif accessible depuis l’onglet “Shop”. Pratique pour des sites proposant un acte d’achat dit simple (peu de recherche dans la sélection du produit, faible profondeur du panier d’achat, achat peu engageant).

1800flowers

  • GetSatisfaction qui propose un service de ideagora et de questions / réponses se lance dans un service intégré à Facebook (cf : GetSattisfaction turns Facebook Fan Pages into Customer Support hubs). Ainsi, demain sur votre Fan Page, vous pourrez véritablement proposer un service client plus poussé en gardant l’utilisateur sur Facebook. On le sait que la majorité des fans sur Facebook sont clients de cette marque (52% selon l’étude réalisée en février par FullSIX )
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