Frédéric CAVAZZA

2010, année décisive pour Facebook

Ces derniers temps il n’y a guère que Chatroulette pour nous faire oublier Facebook, en vain. Il faut dire que le rythme de croissance de Facebook est toujours aussi important et que l’on approche tranquillement la barre des 400 millions d’utilisateurs. Avec un tel volume d’activité nous pourrions nous dire que Facebook est une locomotive lancée à pleine vitesse, que rien ne peut lui arriver, que ce service est insubmersible… tout comme le Titanic l’était à son lancement !

Plus sérieusement Facebook semble plus puissant que jamais, et il faut bien reconnaitre qu’il concentre à la fois l’audience mais également l’attention des médias, une configuration magique qui fait tourner la tête des analystes (Facebook Will Be Worth $35 Billion To $40 Billion When It Goes Public Next Year, Investors Predict). Cette valorisation est-elle crédible ? Difficile à dire car il reste encore beaucoup trop de zones d’ombre dans la stratégie du roi des réseaux sociaux (à l’image des affaires qui commencent à sortir sur le fondateur : Mark Zuckerberg Will Personally Hack Your Facebook Account).

Plus que jamais Facebook est à un tournant de sa carrière et va devoir réussir deux gros challenges au cours de cette année 2010 qui vont conditionner son entrée (ou non) en bourse : Le lancement des Facebook Credits et la gestion de son exposition médiatique.

Facebook Credits, la clé de la rentabilité ?

Facebook gagne de l’argent, ce n’est un secret pour personne. Le chiffre d’affaires annuel pourrait ainsi dépasser le milliard de dollars : Facebook Revenues Up to $700 Million in 2009, On Track Towards $1.1 Billion in 2010. OK très bien, mais il ne faut pas confondre chiffre d’affaires et bénéfices, ce sont deux notions très différentes surtout lorsqu’il faut financer une infrastructure utilisée quotidiennement par 400 millions d’utilisateurs. Il convient donc de s’intéresser aussi aux charges d’exploitation ainsi qu’à l’endettement (chiffres qui ne sont pas et ne seront pas dévoilés avant un petit bout de temps). Puisqu’il n’est pas possible de bâtir des hypothèses sur ces chiffres, intéressons-nous aux variations de ceux que l’on connait :

Ventilation du C.A. estimé de Facebook

Ventilation du C.A. estimé de Facebook

Ce n’est pas tant le montant du bas de tableau que les variations qui sont ici révélatrices et je rejoins tout à fait l’avis d’Alexis : Facebook gagne de l’argent, mais ne rassure personne. Trois choses sont à noter dans ce tableau :

  • Les revenus en provenance de Microsoft sont divisés par 3 (une stratégie de retrait est-elle en préparation ?) ;
  • La vente de biens virtuels est en dégringolade (une ré-évaluation sévère des estimation ?) ;
  • La majeure partie des revenus reposent sur de la publicité ciblée ou à la performance.

Ceci nous laisse donc avec une très grosse part de revenus qui dépendt de l’exploitation de données personnelles / comportementales pour le ciblage ou de l’intrusion dans la consommation quotidienne des services (au travers de la publicité à la performance qui à obligation de performer pour rapporter de l’argent). Traduction : Pour bien gagner sa vie Facebook devra exploiter sans vergogne le social graph des utilisateurs, mauvais signe car synonyme d’instabilité et de grogne de la communauté d’utilisateurs.

À moins qu’ils parviennent à dégager des revenus importants d’une source non-intrusive : les Facebook Credits. En généralisant sa monnaie virtuelle Facebook pourrait ainsi s’assurer d’un arrivage régulier et conséquent de cash (cf. 20% of Facebook gamers spend money, an average of $35 per month et Facebook to Take 30% Cut of Developers’ Facebook Credits Revenues). Les Facebooks Credits seraient ainsi la vache à lait de la plateforme, une hypothèse viable à condition d’intégrer les micro-transactions dans les gènes de la plateforme (à l’image de Xanga ou Hi5), ce qui est loin d’être le cas car jusqu’à preuve du contraire Facebook est le royaume du tout gratuit.

Quant on parle de micro-transaction les regards se tournent vers les social games, véritables poules aux oeufs d’or qui attisent les convoitises et pour lesquels l’intensité concurrentielle  est terriblement élevée. Entre EA qui rachète Playfish et Zynga qui aimerait bien prendre ses distances avec Facebook en lançant Farmville.com, la situation risque d’être de plus en plus tendu pour Facebook dont le rapport de force va progressivement diminuer face à ces éditeurs.

Rajouter à cela les problèmes d’évasion fiscale et autres dérives liées aux monnaies virtuelles et vous obtenez un casse-tête juridico-fiscal à très grande échelle, en fait dans tous les pays où est implanté Facebook et où les gouvernements cherchent désespérément de nouvelles sources de revenus pour financer les solutions de sortie de crise. Bref, ça ne va pas être simple et Facebook manque cruellement de soutiens industriels / politiques.

Vers une explosion de la bulle médiatique ?

Jusqu’à présent Facebook bénéficiait d’une presse largement favorable. Oui mais voilà, le vent tourne et l’on commence à compter de plus en plus de détracteurs contre Facebook dont la réussite agace et dont le fondateur emblématique est maintenant la cible d’attaques savamment orchestrées : Le fondateur de Facebook: “Saboteur, pirate et traître”.

Je pense que nous n’en sommes qu’au tout début d’une nouvelle mode de Facebook-bashing dont on atteindra l’apogée à la sortie du film The Social Network au troisième trimestre. Cette probable future mauvais presse a toutes les chances de peser sur les investissements publicitaires ou plutôt sur la façon dont les annonceurs vont appréhender la plateforme.

D’ailleurs nous commençons déjà à en voir les premiers effets avec une pression toujours plus forte des éditeurs d’applications et de jeux pour récupérer l’email des utilisateurs (et s’assurer ainsi une “porte de sortie”) ou avec l’utilisation détournée de Facebook Connect (cf. Astuce : Utiliser Facebook Connect pour de la pré-inscription). Le but de ces manoeuvres est ainsi de réduire voir de supprimer la dépendance à Facebook et à ses conditions générales d’utilisation qui évoluent au fil des temps (dernière évolution en date : La limitation des notifications par les applications tiers - Facebook Kills Comment Reply Notifications Within Applications).

La stratégie du suiveur réactif en question

Dans un contexte aussi instable, les équipes de Facebook devront déployer des efforts considérables pour rassurer / séduire les marchés financiers en prévision d’une IPO. L’introduction en bourse est-elle une étape obligatoire ? Oui je le pense car Facebook va avoir besoin d’une très grande quantité de liquidités pour soutenir son rythme de croissance (renouvellement et ouverture de nouveaux data-centers, R&D, recrutement des meilleurs talents…) sans aggraver son endettement ou céder encore plus de liberté à des investisseurs institutionnels.

2010 va donc être une année décisive pour le roi des réseaux sociaux qui va non seulement devoir stabiliser son modèle économique mais aussi subir une pression concurrentielle toujours plus forte des géants comme Google, Microsoft ou Yahoo! qui rêvent de revenir dans la course aux applications sociales. Il y a plusieurs façon de faire mais les équipes de Facebook semblent opter une nouvelle fois pour la tactique du suiveur réactif avec le lancement prochain d’un service de localisation : Facebook to Launch Location Features Next Month (après Twitter, ils s’attaquent donc à Foursquare et Gowalla).

Cette fuite en avant ne risque-t-elle pas d’affaiblir encore plus Facebook en étendant sa couverture fonctionnelle et le rendant ainsi encore plus vulnérable ? Quelle sera la prochaine étape : Un service concurrent à Chatroulette ?

Avec cette stratégie de mimétisme (ils implémentent les fonctionnalités qui fonctionne bien chez les autres), Facebook perd petit à petit son âme d’innovateur pour se complaire dans celle du supermarché du web social. Avec une telle stratégie il est clair qu’ils parviennent à drainer une audience considérable en banalisant les outils à succès du web social auprès des adopteurs tardifs et de la majorité tardive.

La courbe d'adoption des nouveautés

La courbe d'adoption des nouveautés

Une posture intéressante pour un service dont le modèle repose sur la taille critique, mais qui va les éloigner des précurseurs et autres initiateurs de tendances (les fameux influenceurs). Dommage car ce sont justement eux que les marques cherchent à identifier / pister / cibler. En basculant de l’autre côté du chasm, Facebook risque de s’enliser dans une situation de marché inconfortable où les tendances seront détectées sur d’autres plateformes et où les marques feront évoluer leurs campagnes en conséquences sur Facebook en croisant les doigts pour que cela fonctionne bien auprès de la “masse”.

Il n’y a pas de mal à vouloir se positionner comme le supermarché du web social, d’autres y sont parvenus (Amazon sur le e-commerce, Yahoo! sur les services en ligne courants) mais avec des efforts et des moyens considérables. D’où l’obligation de lever beaucoup d’argent en bourse pour viabiliser cette posture, d’où la nécessité de stabiliser le modèle économique. Retour à la case départ. Facebook ne fait que repousser l’échéance en augmentant sa base d’utilisateurs (“avec autant de membres, nous trouverons bien un modèle viable“).

Pourtant il faudra bien un jour où ce service devra définitivement abandonner son côté start-up et montrer un visage plus “corporate” pour rassurer les marchés financiers et trouver les liquidités nécessaires à sa transformation. Affaire à suivre…

Cédric DENIAUD

Ce que la nouvelle interface Facebook change…

Si vous vous êtes connecté ces dernières heures sur votre page profil Facebook, vous avez sûrement dû remarquer le lifting ergonomique opéré par Facebook (qui n’est pas encore déployé sur tous les comptes… mais cela ne serait tarder). Celui-ci est beaucoup moins important, à première vue, les derniers relooking qu’avaient subi l’interface puisqu’ici le contenu central n’est pas impacté par cette refonte.

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Aujourd’hui Facebook, ce sont plus de 400 millions inscrits dans le monde (soit +50 Millions en un seul mois !!!) et près de la moitié qui se connecte tous les jours. Il me paraît déjà loin le temps où j’écrivais 200 millions de membres sur Facebook… et après ?. L’interface doit donc s’adapter pour deux raisons majeures : rendre plus lisible le contenu et valoriser “discrètement” certaines fonctionnalités par rapport à d’autres.

Pourquoi accélérer le rythme dans le lifting ?

Comme je le montrais en préambule de cet article, en reprenant trois anciens articles que j’avais publiés autour des relookings de Facebook, et qui sont opérés environ tous les 6 mois, la nouvelle interface est lancée en février 2010, soit seulement un peu plus de 4 mois depuis la dernière interface qui avait modifié profondément l’approche du fil d’actualités.

En fait, avec Facebook, le relooking de son interface ne correspond pas à une lubie d’un ergonome mais au contraire à un constant besoin de s’adapter aux évolutions fonctionnelles. A la différence toutefois des deux derniers relooking, aujourd’hui le problème n’est pas de travailler sur l’élément central, à savoir le newsfeed, mais sur les éléments annexes, comme nous allons le détailler ci-après (valorisation des contenus, …).

De plus, je ne pense pas qu’il s’agit seulement d’une simple coïncidence mais jeudi 04 février, Facebook arrosait sa 6eme année d’existence (à l’orgine le site s’appelait même TheFacebook.com)… On peut dire qu’en 6 ans, le service a su profondément évoluer et s’adapter pour devenir l’un des pions majeurs dans le futur d’Internet.

Avoir une interface au maximum compréhensible pour les “nouveaux arrivants” sur Facebook

Ces “new comers” sont des populations beaucoup moins adeptes des médias sociaux et même tout simplement d’Internet. L’interface donc donc valoriser la richesse fonctionnelle de Facebook (les pages, les applications, …) tout en ne minorant pas l’élément central que représente le flux d’activité. On voit ici l’influence qu’à eux les tests sur la version allégée de Facebook, Facebook Lite, qui avait été lancée l’année dernière.

Si on fait un comparatif avec la version précédente, la nouvelle interface donne toute place au système à 3 colonnes qui avait été adopté en mars 2009 (Nouvelles pages profils sur Facebook). La colonne de de gauche permet de naviguer dans ses contenus (photos, amis, applications) avec un système de menu et de sous rubrique, le contenu central affiche le flux d’activités, et la partie droite affiche des contenus annexes (blocs de contenus). On est donc proche d’un système assez classique que l’on retrouve sur les blogs (MediasSociaux.com n’est pas le bon exemple puisque nous avons privilégié faire la part belle au contenu et aux articles et opté aujourd’hui pour un système à deux colonnes). Les 3 colonnes étaient déjà présentes dans la version précédente mais le contenu de la partie gauche avait plus vocation a valoriser la présentation de la personne.

Minorer certaines fonctionnalités ou certains contenus au profit de d’autres…

Autre point de mon analyse qui découle du point précédent est que la photo du profil sur cette nouvelle version est totalement minorée. Elle n’apparait plus qu’en “petit” sous le logo. Globalement ce sont les informations statiques du profil (photo, qui vous êtes, …) qui sont minorées…

Les notifications (avant situées en bas à droite), les demandes d’ajout d’amis (avant dans la colonne de droite) et les messages (dans le header mais dans la partie droite) sont concentrés à gauche et les textes ont été remplacés par des pictogrammes peut visibles dans le cas où il n’y a aucune information nouvelle. Cela me semble beaucoup plus cohérent et plutôt dans l’ère du temps (cf interface du réseau d’actions Les Créateurs de Possibles, sur lequel j’ai travaillée).

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On peut se demander par contre pourquoi les invitations à des événements ou à rejoindre des pages n’ont pas été intégrées dans ces pictos et restent positionnées dans la partie droite. Cela ne m’étonnerait que cela change lors de la prochaine refonte…

Autre point important est la place beaucoup plus importante donnée au moteur de recherche interne. Rien d’étonnant en soit quand on sait l’enjeu que représente aujourd’hui la recherche dans les plateformes comme Facebook (Vers le “Real Time Search” ?). La modifications des contenus consultables, depuis le changement des règles de protection de la vie privée sur Facebook, permet à Facebook d’indexer plus de contenus qu’auparavant dans son moteur de recherche et ainsi de le rendre probablement plus utile.

Enfin dernière revalorisation de fonctionnalité importante est celle concernant le module de tchat intégré. Il reste toujours visible en bas à droite mais remonte également désormais dans la colonne de droite.

Les changements ne s’arrêtent pas à la page profil mais continuent sur les pages de contenus

D’autres pages de Facebook sont impactés par ce relooking pré-printannier. Il s’agit par exemple des pages de photos qui ne sont plus seulement des pages où vous retrouvez vos seules photos mais toutes les photos de vos amis également qu’ils ont souhaité partager.

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Même constat pour les vidéos, même s’il est bizarre de retrouver les “vidéos” comme une sous catégorie de la rubrique “Photos”. Je pense qu’il faudrait renommer cette rubrique en “Médias” avec par défaut les photos par exemple. Cela serait plus clair…

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En terme de communication, Facebook essaie de mieux accompagner au changement (enfin !!) en expliquant les changements et la nouvelle interface. Vous pouvez retrouvez le guide de la nouvelle interface sur le SiteTour.

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Allez, je m’arrête ici pour mon analyse et je vous laisse la poursuivre dans les commentaires en me faisant part de vos remarques et premières impressions sur cette nouvelle interface.

Frédéric CAVAZZA

Facebook deviendra-t-il notre source d’information principale ?

Les résultats d’une étude publiée en début de semaine par Hitwise agitent la blogosphère en ce moment : Facebook Largest News Reader?. Les chiffres présentés dans cette étude sont sans appel : Facebook est de loin le lecteur de news le plus populaire. L’étude montre ainsi que Facebook avec son audience colossal draine un trafic bien supérieur pour ce qui concerne les news : Google Reader représente 0,1% du trafic sur les sites de news, Google News représente 1,39% et Facebook 3,52%. De plus l’écart est visiblement en train de se creuser.

Forte progression de Facebook en tant que lecteur de news

Parts d'audience Facebook / Google News pour les sites de news

Cette tendance peut être expliquée par deux facteurs :

  1. Les flux RSS ne sont plus à la mode (de même que les portails personnels à la Netvibes)
  2. Facebook est devenu la destination N°1 des internautes (cf.

En fait cela fait bien longtemps que Facebook ou Twitter ont remplacés les flux RSS pour une grosse partie des utilisateurs. Je ne peux expliquer cela que par une saturation des articles qui s’accumulent dans votre lecteur de flux mais ne font que passer dans les flux de Facebook ou Twitter. Le volume est le même mais on perd cette “pression informationnelle”, l’infobésité se fait beaucoup moins sentir. De plus, des services comme Twitter apportent une dimension temps réel dont les utilisateurs sont friands. Pour plus d’explications ça se passe ici : Facebook Is Already The World’s Largest News Reader et Facebook Could Become World’s Leading News Reader (Sorry Google).

Précision importante : Nous parlons bien ici de lecteurs de news, car Google, Yahoo! et MSN restent les leaders en terme d’audience (pour combien de temps encore ?).

L’arrivée en force des grands organes de presse sur Facebook (comme ici le Wall Street Journal) va très certainement encore accélérer ce phénomène (cf. Will Publishers Let Facebook Become the Web’s Biggest News Source?).

Le Wall Street Journal dans Facebook

Le Wall Street Journal dans Facebook

Il faut dire que pour les grandes rédactions, Facebook est une aubaine car l’audience colossale permet d’augmenter la visibilité des articles qui y sont relayés. Certains y voient même une solution pour “libérer” l’information qui est soit-disant manipulée par des chefs de rédaction et responsables de portails qui la filtrent et l’orchestrent sans vergogne : Facebook and the Future of Free Thought. Je n’ai pas trop envi de rentrer dans ce débat car je pars du principe que les chefs de rédaction savent ce qu’ils font et que la programmation des unes des sites d’information sont avant tout des outils pour améliorer le référencement et maximiser l’audience, pas pour manipuler l’opinion publique. Eric, pourrais-tu nous donner ton point de vue STP ?

Bref, tout ça pour dire que les habitudes des internautes changent (ce qui n’est pas une grosse surprise) et que face à l’infobésité de nouveaux acteurs émergent, à l’image de Feedly dont la promesse et de vous simplifier la tâche de sélection / consommation de l’info (cf. cet article rédigé en 2008 : Le filtrage social comme remède à l’infobésité).

La page d'accueil personnelle de Feedly

La sélection d'infos de Feedly

J’ai beaucoup de mal à croire à un scénario où Facebook va progressivement devenir une sorte d’hypermarché du web, un endroit où l’on pourra tout faire : Sociabiliser, communiquer, partager, publier, s’informer, jouer… Je trouve en effet que l’interface de Facebook n’est tout simplement pas adaptée à des usages aussi larges.

De plus nous connaissons tous les limites du journalisme citoyen : L’information brutte est une matière première très complexe à manier et génère surtout beaucoup de bruit. Pour vous en convaincre, lisez donc cet article de Martin Lessard à propos de l’expérience “Huis Clos sur le Net” et des tâtonnements des journalistes face à l’affaire du boom au dessus de Lille : Huis clos : fin de parcours.

Pour conclure je dirais que la montée en puissance de Facebook en tant que lecteur de news est avant tout un signe de la modification du comportement des utilisateurs (qui “consomment” l’infos qu’ils ont sous la main puisqu’ils passe près d’1 H par jour sur Facebook) plutôt qu’une volonté forte de libérer l’information ou d’activer toute forme de filtrage sociale.

Autre phénomène notable, l’arrivée des journaux sur les plateformes sociales locales : Foursquare’s New Frontier: Newspapers. La géolocalisation de l’information s’insère ainsi tout à fait dans ce schéma social et hyperlocal. Démonstration avec le journal Metro présent sur FourSquare dans différentes villes canadienne :

Le journal Metro présent dans différentes villes du Canada avec FourSquare

Le journal Metro présent dans différentes villes du Canada avec FourSquare

Alors… l’avenir de la presse en ligne est-il dans le social ? Oui sûrement, mais Facebook ne représente qu’un maillon d’une longue chaîne.

Frédéric CAVAZZA

Astuce : Utiliser Facebook Connect pour de la pré-inscription

Après plus d’une année d’existence Facebook Connect est un succès : Les chiffres le confirment (60 millions d’utilisateurs et 80.000 sites y ont recours) et les arguments ne manquent pas (Pourquoi intégrer Facebook Connect sur votre site ?). La révolution est telle que MySpace et Yahoo! utilisent maintenant cette solution : MySpace to adopt Facebook Connect et Yahoo brings Facebook Connect into its sites. Nous sommes tous d’accord pour dire que c’est une révolution pour faire de l’authentification douce (en 1 clic) qui va de plus favoriser la viralité, idéale pour les commentaires d’un blog ou pour participer à une opération événementielle.

OK… mais quid de l’utilisation de Facebook Connect pour de l’authentification sur le long terme ? Autrement formulé : Facebook Connect de même que Twitter Sign in sont-elles des solutions viables pour de la création de compte ? La question mérite d’être posée car si vous déléguez la création de compte à l’un ou l’autre vous ne pouvez pas avoir un accès complet aux informations des membres (email, adresse, N° de téléphone…). Une situation embarrassante si vous souhaitez capitaliser sur votre base de membres et faire du ciblage.

En fait il y a deux options :

  • Soit vous autorisez la création de compte avec Facebook / Twitter pour fluidifier les inscriptions et grossir vite (au risque de ne pas pouvoir exploiter cette base) ;
  • Soit vous faites de l’inscription classique pour pouvoir exploiter à loisir les données de votre base (au risque de grossir moins vite).

Un sacré dilemme auquel Facebook pourrait avoir une réponse en autorisant les éditeurs de service à demander l’email à leurs membres (ceux qui utilisent Facebook Connect). Facebook le fait depuis peu pour les développeurs d’applications (Facebook App Notifications Moving to Your E-mail Inbox) mais je doute qu’ils se laissent “piller” de leur bien le plus précieux : les données des membres. Visiblement chez Twitter ils sont plus souples et les prochaines évolutions de l’API devraient aller dans ce sens (Twitter’s Answer To Facebook Connect).

Mais nous n’avons toujours pas répondu à notre grande question : Est-il oui ou non intéressant d’utiliser Facebook Connect pour de la création de compte. J’ai ma petite idée là-dessus, mais je souhaiterais partager avec vous une piste intermédiaire : la pré-inscription.

Le principe est simple : Accélérer le processus d’inscription en récupérant des données personnelles à l’aide de Facebook Connect et/ou Twitter Sign in. C’est ce que pratique par exemple un service comme Plancast.

Pour utiliser le service il faut impérativement se créer un compte, donc remplir un formulaire. Par contre, cette étape peut être raccourcie à l’aide de nos fameuses fonctions de délégation d’authentification :

Création de compte simplifiée avec Facebook Connect et Twitter Sign in

Création de compte simplifiée avec Facebook Connect et Twitter Sign in

Si vous choisissez de coupler votre compte avec votre profil Facebook, le service est capable de récupérer votre photo, vos noms / prénoms et l’URL de votre site perso. Le service vous simplifie la tâche en vous faisant également une proposition de nom d’utilisateur :

Récupération de vos données personelles avec Facebook Connect

Récupération de vos données personnelles avec Facebook Connect

Idem avec Twitter Sign in qui vous permet de récupérer la photo, l’URL, la bio (mais bizarrement pas la ville) :

Récupération de données personelles avec Twitter Sign in

Récupération de données personnelles avec Twitter Sign in

Il ne reste plus à l’utilisateur qu’à remplir les champs restant et le compte est créé. Le bénéfice pour l’éditeur du service est total car il fait d’une pierre trois coups :

  1. Il accélère la création de compte ;
  2. Il possède les données perso dans sa base ;
  3. Il relie un compte avec un profil Facebook / Twitter.

Avouez que cette solution est plus que tentante ! Idéalement il faudrait perfectionner le principe pour pouvoir récupérer un maximum de choses (dont le sacro-saint email) mais c’est déjà un très bon début. Je pousserais ce principe un peu plus loin en pratiquant la pré-inscription : Inscription en 1 clic avec Facebook Connect pour tester le service mais utilisation limitée dans le temps, au bout de 2 ou 3 semaines l’utilisateur est prié de compléter son inscription en donnant ses données perso.

Est-ce que ce principe de pré-inscription vous semble viable ? Quel est votre retour d’expérience sur la délégation d’authentification ?

Bruno CLEMENT

Marre des medias sociaux ? Essayez la Web2.0 Suicide Machine !

A l’heure des premières désillusions sur l’efficacité marketing  des actions dans les médias sociaux, souvent pour de “mauvaises” raisons (lire l’article: Pourquoi les marques échouent en Social Media) , un collectif Néerlandais nous propose depuis quelques semaines de commettre l’irréparable: Le suicide de votre identité numérique.

Web2.0 Suicide Machine

L’objectif de tout ça ? Revenir à “la vraie vie”, celle que l’on partage avec sa famille et ses vrais amis, comme l’explique ce film d’auto promotion, avec une certaine dose d’humour noir ;-)


Concrètement, le site semble proposer de lancer un script qui vous permet de supprimer de manière automatique vos comptes et amis sur FaceBook, Twitter, Linkedin et Myspace…Bref un bon 80% de l’identité numérique moyenne des internautes.

Le site propose même un mémorial en temps réel de ceux qui ont commit un suicide numérique:

memorial

Est-ce un Fake ou pas ? A priori non, (mais je n’ai pas testé…Mais conviction digalo-religieuse m’en empêche ;-) ).

Toujours est-il que Facebook, en bon leader du marché de l’identité numérique semble prendre le sujet très au sérieux si on en croit ce courrier de leur cabinet d’ avocats reçu par le collectif !!!..Pas trop le sens de l’humour du côté de Palo Alto ;-) .
Et vous ? Seriez-vous prêt à quitter l’enveloppe charnelle de votre identité numérique pour l’éternité ;-) ?


Frédéric CAVAZZA

Facebook et Twitter surreprésentés dans les médias sociaux ?

L’année 2009 étant définitivement derrière nous, il est temps de mettre à jour les chiffres de vos pitch et autres présentations avec les dernières statistiques datant de 2010.

Il y a tout d’abord cette très intéressante vague 4 de l’Observatoire des réseaux sociaux de l’IFOP où l’on apprend que Facebook est le réseaux à la plus forte notoriété (ce n’est pas une surprise vu qu’il y a plus de 15 millions de comptes ouverts en France) et que Twitter est celui qui a le plus progressé :

Notoriété des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Notoriété des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Facebook est donc en tête avec 97% de notoriété spontanée et est talonné par CopainsDavant avec 93%. Beaucoup plus surprenant, cette étude réalisée sur un échantillon de 1.000 individus nous révèle par contre que CopainsDavant domine en nombre d’utilisateurs :

Nombre d'utilisateurs des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Nombre d'utilisateurs des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Heu… je ne sais pas pour vous mais là j’ai comme du mal à comprendre… Première hypothèse : L’échantillon n’est pas représentatif (dans ce cas il faut revoir le principe même d’échantillonnage - improbable). Deuxième hypothèse : Il y a beaucoup de comptes “fantôme” sur Facebook (à vérifier).

Autant vous dire que cette statistique jette un sacré pavé dans la marre et démontre une nouvelle fois que Facebook est surreprésenté dans le paysage des médias sociaux. D’autant plus que certains gros annonceurs US déplorent une fois de plus les très faibles taux de clic : 0,038 % (cf. Facebook Self-Serve Ad Pricing Is Extremely Low – This May Not Be A Huge Business After All). Là encore nous manquons de statistiques détaillées sur le taux de clic moyen des annonceurs français.

(via TheNextWeb)

Sinon il y a aussi les derniers chiffres de Twitter publiés par Sysomos : Exploring the Use of Twitter Around the World. Là encore les chiffres font mal : Seulement 13 millions de tweeteurs actifs dans le monde avec une grosse majorité pour les pays anglophones (plus de 65%). La France se classe à la 13ème position avec moins de 1 % :

Répartition des utilisateurs de Twitter dans le monde

Répartition des utilisateurs de Twitter dans le monde

Sil ‘on tient compte de cette répartition, cela nous donne 127.500 utilisateurs actifs de Twitter en France. C’est peu… beaucoup trop peu pour le nombre de fois om l’on en parle et où Twitter est évoqué dans les stratégies de social marketing (cf. 127 500 utilisateurs de Twitter en France).

Conclusion : Ne faites pas l’erreur de ne concentrer votre présence que sur ces deux services. Il existe une multitude de plateformes sociales qui doivent toutes être étudiées / envisagées dans la définition de votre schéma de présence et de votre architecture communautaire.

Tout ceci me donne envie de mettre une nouvelle fois à jour mon panorama des médias sociaux

Cédric DENIAUD

Après Facebook Lite, une nouvelle avancée de Facebook dans sa lutte face à Twitter : le “Retweet”

Fut une époque où l’on disait que Facebook s’inspirait fortement de Friendfeed. Depuis le rachat de Friendfeed en août dernier (Facebook achète Friendfeed, et met la pression sur Twitter), il convient de constater que Friendfeed a disparu en grande partie des discussions actuelles sur les blogs et via Twitter. On sait également que Twitter et Facebook mènent une lutte sur la “gestion des conversations instantanées en ligne” (Facebook vs Twitter : qui sera la “Live Conversation Platform”) et comme le précisait l’article de CNet, que je linkais précédemment, le rachat de Friendfeed rentrait totalement dans cette stratégie.

Certains parlent de twittersphère, d’autres de statusphère, d’autres encore d’infosphère (Blogosphère, statusphère, médiasphère ? Non, infosphère) : en tout cas les statuts Facebook et les tweets sur Twitter sont les deux principaux témoignages actuels que le Web est devenu un Web en temps réel avec l’internaute en son centre et où le partage d’une information l’est tout autant.

Facebook Lite, “Mentions @” dans les statuts… et maintenant le “Retweet”

Dans ce cadre, il n’est pas étonnant de voir Facebook, afin de lutter face à la concurrence en terme d’audience et de fuite d’un usage (conversations instantanées) de la part de Twitter, s’inspirer fortement de ce dernier, comme il l’avait précédemment fait avec Friendfeed pour des éléments liés à son interface (cf : Facebook et sa stratégie d’étranglement de Twitter)

  • Facebook Lite : nous avons déjà eu droit à une version allégée de Facebook, Facebook Lite, qui avait justement pour vocation de proposer une version sans certaines fonctionnalités sociales mais où les statuts devenaient encore plus centraux. Ce lancement, en août dernier, avait été directement perçu par les observateurs comme une interface concurrente à Twitter : Facebook lance Facebook Lite, un Twitter like et Facebook Lite, futur Twitter killer ?

  • Mentions @ : autre point témoignant du rapprochement entre Twitter et Facebook était la possibilité offerte à l’iutilisateur de pouvoir mentionner dans un statut l’un de ses amis en utilisant le “@” afin de pouvoir créer et rendre visible à son réseau le lien avec la personne citée. Comme je l’avais évoqué à l’époque dans Dernières nouveautés sur Facebook : Mentions dans les statuts et applications Prototypes, on est proche de la fonctionnalité de mention de Twitter qui permet alors à l’utilisateur cité de pouvoir être alerté et suivre ce qui se dit sur lui. C’est également une fonctionnalité d’interpellation sur Twitter.

  • Le Retweet made in Facebook : Facebook dans son jargon l’appelle “Via”. Comme je vous le montre dans l’image ci-dessous, elle vous permet lorsque vous partager une information sur votre mur Facebook, auprès de votre réseau de citer la “source” de l’information lorsque vous partagez celle-ci depuis la personne qui l’avait précédemment partagée.

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Quel intérêt pour Facebook ?

L’intérêt de proposer une telle fonction par Facebook est double :

  • Agréger une fonctionnalité supplémentaire dans le partage d’information : même si on parle de Twitter comme un outil de conversation, c’est également, voire surtout pour nombre d’utilisateurs, un outil de partage auprès d’une communauté d’internautes d’une information sélectionnée. Facebook a le même positionnement par rapport au statut : les statuts permettent de poster une humeur, une réflexion mais également de partager une vidéo, photo, lien, … à son réseau. Donc bien évidemment puisque les statuts Facebook et Twitter ont pour vocation, en partie, de répondre à un même usage, il n’est pas étonnant de voir Facebook s’inspirer de Twitter par rapport à la fonctionnalité Retweet, comme Twitter avait su agréger récemment cette fonctionnalité à son interface après s’être inspiré de son écosystème (D’une fonctionnalité à un produit : l’exemple de l’écosystème Twitter).

  • Social graph… still and always : la force première de Facebook et, qui fait qu’il sera définitivement détrônable comme réseau social, est son social graph et il est évident que tous les autres réseaux sociaux génériques ou de niche s’engagent aujourd’hui tant qu’il n’y pas la fonctionnalité d’import de social graph dans une lutte vaine. Lorsque je vois des services assumant dans leur communication la filiation avec Facebook en n’y proposant que des fonctionnalités proches, n’ont pas compris que lutter face à un service qui a déjà agrégé son social graph est vain et qu’il vaut mieux avoir une démarche communautaire (placer le contenu comme élément central, contenu par lequel les internautes peuvent échanger puis devenir “contact”). La fonctionnalité “via”, comme l’était déjà la fonctionnalité “Mention”, permet à  Facebook de valoriser son social graph (le fait de se déclarer ami avec une autre personne et qui permet à Facebook de mailler les relations qui unissent tous ses utilisateurs) en mettant plus seulement en avant la personne qui partage une information mais la personne dont provient l’information.

Frédéric CAVAZZA

Recommandation produits, la blogosphère loin devant Facebook et Twitter

Il parait que dans un avenir très proche les utilisateurs de médias sociaux ne feront plus aucun achat sans avoir auparavant vérifier l’avis de leurs proches au travers de plateformes sociales accessibles en situation de mobilité et en temps réel (sous-entendu Facebook et Twitter). OK… très bien… un bien beau scénario auquel j’adhère, même s’il faut tout de même tempérer ce type d’affirmation tant elle est en décalage complet par rapport à la réalité. D’une part du fait que tous les produits ou services ne sont pas publiquement testés (car les membres de plateformes sociales ne publient que les recommandations de produits qui vont les valoriser – cf. Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateurs) et d’autre part car l’information sur les produits (les reviews) sont beaucoup plus riches sur la blogosphère ou dans les forums que sur des plateformes comme  Facebook et Twitter où les utilisateurs s’expriment en tweets.

Seuls les produits valorisant sont mentionnés sur Facebook et Twitter

Aviez-vous déjà remarqué à quel point les échanges sur Facebook et Twitter sont caricaturaux ? Si l’on s’en tient à ce qui est relayé (les évènements auxquels les membres participent, les produits qu’ils ont achetés, les services auxquels ils ont recours…) nous pourrions avoir rapidement l’impression que le français lambda passe sont temps à voyager aux 4 coins de la planète, qu’il possède la totalité des produits Apple et qu’il fréquente les meilleurs resto et soirées les plus branchées.

Mais nous savons tous que ceci n’est aucunement le reflet de la réalité, il n’est que la partie visible du quotidien que les membres veulent bien montrer. De ce fait, les produits d’exception ou bénéficiant d’un bon buzz y sont sur-représentés par rapport à des produits du quotidien. Il existe ainsi des centaines de milliers de tweets sur le Nexus One de Google mais très peu sur le téléphone bas de gamme de Nokia. Idem pour les déplacement / voyages, on entend beaucoup plus parlé de Los Angeles ou Las Vegas que de Cergy-Pointoise (avec tout le respect que j’ai pour ses habitants).

Ce phénomène est problématique pour les marques “de milieu de tableau”  ou pour les fabriquant / distributeurs de produits de commodité : on ne parle jamais d’eux. Mais ce n’est pas autant que personne ne consomme ces produits. Il existe ainsi bien plus de mentions des Bucky Balls que fil dentaire.

Les plateformes sociales comme Facebook et Twitter fonctionnent donc comme une chambre de résonance  au grès des derniers buzz ou phénomènes viraux (ex. : les t-shirts 3 wolves moon). Sur des plateformes sociales d’ancienne génération comme les blogs ou les forums la situation est différente car les sujets abordés y sont beaucoup plus vastes et les discussions complètement libérées car les utilisateurs ne sont pas influencés par la pression sociales des pairs (vous seriez très surpris de l’intensité des discussions sur Doctissimo).

Des produits / services bien mieux analysés dans les blogs

Autre phénomène que j’ai pu constater : les mentions de produits sur Facebook ou Twitter sont très superficielles (car limitée en taille) et surtout inhibées par le groupe. À contrario il existe une infinité d’avis très détaillés dans la blogosphère grâce à la fameuse longue traîne.

Illustration avec les écouteurs HiDefDrum d’Atomic Floyd que j’ai acquis très récemment. Une recherche sur Google me remonte trois avis très complets dès la première page issus de blogs plus ou moins spécialisés dans les gadgets technologiques :

Les avis sur les HiDefDrum sur Google

Les avis sur les HiDefDrum sur Google

Sur Twitter c’est beaucoup moins riche avec seulement deux ou trois mentions et un avis minimaliste :

Les HiDefDrum sur Twitter

Les HiDefDrum sur Twitter

Sur Facebook c’est encore pire puisqu’ils ne sont pas mentionnés (malgré les 350 millions de membres) si ce n’est dans un article sur le web :

Les HiDefDrum sur Facebook

Les HiDefDrum sur Facebook

Au final la réalité du marché est que les avis les plus riches (ceux qui seront réellement utiles dans le processus de décision d’achat) sont publiés sur des outils sociaux classiques (blogs, forums) et pas forcément par des personnes qui sont dans votre entourage direct ou indirect. Est-il réellement important que celui qui a rédigé la revue soit proche de mon cercle d’amis ? Après tout mes amis ne sont pas forcément des pros en acoustique (mais je les aime quand même !). De même, la dimension temps-réel n’est pas réellement pertinente : une revue pertinente rédigée il y a quelques semaines représente plus de valeur qu’un avis de 140 caractères rédigé il y a quelques minutes, non ?

Bref, j’ai comme l’impression que Facebook et Twitter sont encore largement sur-vendues en tant qu’outils d’aide à la décision d’achat. L’outil de prédilection des “influenceurs publics” (je déteste ce terme) reste le blog et celui des “influenceurs anonymes” (dont on ne parle pas assez) reste le forum.

Mais bon… en disant ça je prêche pour ma paroisse (étant moi-même un serial blogueur).

Cédric DENIAUD

Facebook Connect : l’interaction cross-plateforme confirmée

Parmi les tendances majeures de 2010 sera sans nul doute l’intégration encore plus forte du social et du conversationnel sur les sites de marque. Les contenus sociaux ne doivent pas seulement se limiter à Facebook ou Twitter mais doivent concerner également directement les sites de marques qu’ils soient vitrines ou marchands. A ce titre, une solution comme celle proposée par Stribe, une start-up française qui vient de remporter le 1er prix au Concours des Star-Up de la Conférence LeWeb’09, est pertinente.

Les lancements depuis un peu plus de un an des modules Facebook Connect (que j’avais eu l’occasion de vous présenter dans Pourquoi intégrer Facebook Connect sur votre site ?) ou de Google Friend Connect confirme la tendance de la délégation d’authentification a des services tiers (cf : le billet récent de Fred Cavazza sur le sujet) afin de simplifier la participation sur les sites (en ne créant plus le frein de l’inscription) et de permettre potentiellement une viralisation de la participation de l’internaute sur le site, le contenu pouvant alors être valorisés sur la page profil de l’utilisateur, dans le cas de Facebook.

Ces services sont de plus en plus plébiscités comme le confirme les chiffres annoncées cette semaine par Facebook (Facebook Connect : Celebrating Year One). Facebook vient en effet d’annoncer qu’après un an, plus de 80 000 sites utilisent le module Facebook Connect qui a servi à l’authentification de plus de 60 millions de personnes. Aujourd’hui, on retrouve donc Facebook Connect sur les consoles de jeux (Nintendo DSi ou Microsoft Xbox) et sur des sites majeurs comme MSN ou encore Yahoo!

Le deuxième usage et qui, à mon sens, va fortement se répandre en 2010 est l’interaction cross-plateforme. Qu’est-ce que c’est encore ce barbarisme ? Cette expression ne représente que les connexions plus grandes entre les sites sur lesquels une marque est présente. Aujourd’hui, trop souvent, une marque gère indépendamment et sans réelle cohérence et stratégie sa présence sur Facebook, Twitter, l’animation de son site de marque, la gestion de lancement de site de marque présentant du contenu annexe. L’important aujourd’hui pour une marque est de trouver de la cohérence et du liant entre toute sa présence afin par exemple dans le cas de Facebook de créer, via sa Fan Page, un sas d’arrivée (outil de recrutement) sur son site marchand. Facebook Connect est l’un des éléments majeurs de cette interaction cross-plateforme puisqu’il permet cette viralisation de contenus (flux sortant du site) et la simplicité d’accès au site (flux entrant).

Alors lorsque vous lancez une présence de votre marque sur Internet que ce soit sur un site que vous gérez ou sur un site externe, pensez à replacer ce site dans votre démarche Internet global, mais surtout dans un parcours utilisateur éventuel cohérent en créant des interactions entre ces différents sites.

Cédric DENIAUD

Facebook Fan Pages : principes et bénéfices

Intéressantes pour les annonceurs car elles regroupent “facilement” et gratuitement des fans de la marque, les fan pages semblent être l’outil par excellence qui vous permettra de gérer efficacement votre présence sur Facebook d’une manière centralisée, tout en vous offrant un large panel d’usages possible.

 Voyons en quelques points essentiels l’intérêt pour une marque d’avoir aujourd’hui une fan page sur Facebook.

Une fan page = une page profil de marque

La Fan page, d’une certaine manière est l’équivalent pour une marque de ce qu’est la page profil pour un utilisateur. On y retrouve des fonctionnalités similaires :

  • un mur pour poster des statuts et permettre aux utilisateurs de poster des messages visibles des autres membres ;
  • un système d’onglets pour mettre en avant du contenu varié;

Mais s’arrêter à ces simples points communs serait réducteur et ne permettrait pas de bénéficier de tous les avantages proposées par une Fan Page. Dans la comparaison avec les groupes, nous vous détaillons d’autres fonctionnalités majeures des fan pages. La Fan Page est donc le « lieu » privilégié sur Facebook où vous allez pouvoir fédérer les membres qui se déclarent « fan » de votre marque et qui sont donc autant de potentiels ambassadeurs de celles-ci.

Capture d’écran 2009-12-02 à 22.22.09

Quelles différences entre une Fan Page et un groupe ?

Les groupes sont un élément historique sur Facebook alors que les fan page sont apparus qu’au début de l’année 2009. On comprend pourquoi alors historiquement de nombreux annonceurs étaient d’abord présents sur Facebook via leur groupe. Pour autant ce n’est pas l’outil idéal à utilisé pour une marque et ce, pour les raisons suivantes.

  • Un groupe est l’équivalent d’un forum. C’est donc un outil d’échange entre utilisateurs (communication horizontale) et non pas entre une marque et ses fans (communication verticale).
  • Un groupe peut être privé ou public là une fan page est nécessairement publique. Le groupe privé est un outil qui peut être utilisé dans un cadre interne d’une entreprise par exemple.
  • Le système de notifications et l’affichage sur la page profil du fan d’un statut créé par la marque sont deux atouts majeurs, propres uniquement à la Fan Page. En effet, lorsque vous créez et administrez un groupe, votre seul moyen de contacter et d’alerter les membres qui ont rejoint ce groupe est par la messagerie interne qui possède des taux de clics et visibilité en dessous des notifications et les messages sur les pages profil.
  • Un back office relativement intéressant permet aux administrateurs d’une fan page d’avoir des informations profilées suite à la participation des fans sur une page. Vous savez ainsi l’indication de l’âge, du sexe, … Le back office d’une fan page est donc un véritable outil marketing qui vous permet de voir l’impact de vos messages et communication.
  • La création d’onglet avec l’intégration de flash ou toute autre application offre une vraie liberté créative (graphique et fonctionnelle) dans l’ajout de contenus sur une fan page. En effet, l’application statique FBHTML peut être utilisée pour rendre les pages plus attrayantes en y intégrant un contenu HTML. Par exemple, la retransmission en direct par vidéo du défilé Louis Vuitton, dans le cadre de la semaine de la mode en octobre dernier sur leur fan page officielle, et la possibilité de commenter celle-ci via le module Live feed de Facebook a permis à la marque de recruter plus de 100 000 fans dans le cadre de cet événement (cf : Animer votre fan page Facebook : diffusion en direct du défilé Louis Vuitton)

La Facebook Fan Page va-t-elle remplacer mon site de marque ?

Cette question, j’entends déjà certains la murmurer et j’avais eu l’occasion de l’aborder dans un cadre plus vaste que le simple prisme Facebook : Va-t-on vers la mort des sites Internet de marque ?. On a vu que Facebook laissait une possibilité créative importante dans l’intégration de contenus sur ces fans pages, tout en permettant à une marque d’être présente sur un carrefour d’audience et de bénéficier de l’ensemble des fonctionnalités sociales innérantes à Facebook. La question peut alors paraitre légitime toutefois deux points importants semblent importants à mettre en évidence ici :

  • 77% des fans pages comptent moins de 1 000 fans, comme je le rappelais dans Facebook Fan Pages : oui mais… Oui, des marques comme Starbucks, Coca-Cola, ou encore Apple compte un nombre majeur de fans sur Facebook mais gardons à l’esprit que ces marques, partant d’un capital marque fort, ont un pouvoir communautaire intrinsèque facilement reportable sur un outil comme Facebook. Une fan page sur Facebook connaît alors les mêmes problématiques de médiatisation ou de promotion que votre site Internet sur la Toile, à la nuance près que les fonctionnalités virales sont intégrées à Facebook. Mais le viral et le bouche-à-oreille ne sont pas suffisants et on ne peut se passer d’une nécessaire médiatisation. Que ce soit via le Facebook FanBox Widget (cf : Annonce du lancement du FanBox Widget de Facebook : quels bénéfices pour votre marque ?) ou via une véritable stratégie d’animation de votre page grâce à laquelle vous pourrez communiquer.
  • Que ce soit dans une vision communication ou dans une vision orientée Social Shopping, beaucoup de marques ne se servent aujourd’hui que de Facebook ou Twitter pour faire du push promotionnel (éventuellement exclusif comme les ventes flash de Carrefour avec leur application FaceShopping). Mais ce n’est pas pour autant qu’un canal de distribution sur Internet doit en remplacer un autre. Et c’est là toute la logique de démultiplier les points d’entrée et de cibler la communication et éventuellement les offres en fonction de l’outil pour avoir un discours de marque adapté.
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