Frédéric CAVAZZA

Tumblr, nouveau Twitter ou nouveau FriendFeed ?

Voilà un petit bout de temps que je veux rédiger un article plus complet sur Tumblr, et l’actualité récente m’en offre l’occasion. Je prolonge donc la réflexion initiée précédemment (Il y a une vie après Twitter, heu… laquelle déjà ?) pour détailler un service en pleine croissance qui pourrait bien reprendre le flambeau du service le plus hype du moment (surtout avec le rachat de FriendFeed par Facebook et l’evordose de Twitter).

Mais commençons par le commencement : Tumblr est un service de publication de partage et de discussion à mi-chemin entre le blog, le microblog et le lifestreaming. Je pense qu’il ne serait pas faux de dire que Tumblr reprend le meilleur de ces trois types de services, vous pouvez ainsi :

  • Publier des articles sans limitation de taille (et même des notes vocales via téléphone mobile) ;
  • Partager tout type de contenu (liens, photo, vidéo, audio, citation…) que vous croissez au hasard du web ;
  • Publier par email ou depuis un téléphone portable ;
  • Agréger les flux de différents autres services et re-publier vers eux ;
  • Personnaliser votre thème à loisir…

Bref, ce service est riche mais paradoxalement très simple à utiliser. Au niveau de la mise en page ça ressemble à un blog (ou peut-être un lifestreaming ?) et l’on croise des gabarits très variés. Du beau et du très laid mais le niveau est globalement bon :

Exemples de Tumblr

Exemples de Tumblr

En termes d’audience, Tumblr annonce 255 millions de pages vues en Juillet et approche les 2 millions d’utilisateurs : Tumblr Takes Over World: 255,000,000 Pageviews in July. 2 millions c’est peu, mais c’est largement assez pour attirer l’attention des blogueurs et autres leaders d’opinion qui y voient la prochaine pépite des médias sociaux : Twitter is Done. Tumblr is Next.

Concernant l’intégration avec d’autres services, Tumblr se fait discret mais intègre déjà de nombreuses fonctionnalités présentes sur d’autres plateformes sociales (recherche en temps réel, #tags…) : Tumblr Launches Hashtags and Facebook Integration. Le tableau de bord est sobre et le processus de publication très fluide :

Le tableau de bord de Tumblr

Le tableau de bord de Tumblr

Récemment Tumblr a ouvert une nouvelle page de découverte en temps réel (Tumblr Wire) ainsi qu’une place de marché pour les concepteurs de design (Tumblr Projects) : Tumblr Adds a Real-Time Wire And A MarketPlace For Designers.

A la découverte des autres utilisateurs de Tumblr

A la découverte des autres utilisateurs de Tumblr

Bien évidement Tumblr n’est pas tout seul sur ce créneau car d’autres services rentrent en concurrence direct (Posterous, Storytlr…) : Posterous vs. Tumblr: A Head to Head et Storytlr et Tumblr ouvrent de nouvelles possibilités d’expression online. Ma préférence va à Tumblr car il est plus riche fonctionnellement mais Posterous propose l’énorme avantage de pouvoir utiliser son profil Facebook via Facebook Connect.

En conclusion je pourrais dire que même si le trafic n’est pas à la hauteur, ce service mérite largement que l’on s’intéresse à lui de part la qualité de sa communauté et par les nouvelles formes d’interactions qu’il induit (cf. Comment le microblog a bouleversé les pratiques de blog). Une bonne opportunité pour les marques de se différentier des adopteurs tardifs qui ouvrent des comptes officiels sur Twitter.

Pour le moment je me contente d’agréger mes productions diverses sur mon profil (fredcavazza.tumblr.com) mais si je devais abandonner mes blogs, c’est ce service que je choisirais. N’hésitez pas à publier vos profils ou à me signaler des profils intéressants dans les commentaires.

Cédric DENIAUD

Premières difficultés pour Twitter ?

Loin de moi l’idée de vouloir dénigrer un service que toute la presse encense et qui crée un engouement médiatique comparable à Second Life à l’époque. Mais comme je l’ai déjà exprimé à plusieurs reprises (Le débat “Twitter” de l’Express : voilà ce qui arrive quand on n’utilise pas les bons outils et Attention aux chiffres et à l’engouement médiatique : l’exemple Twiter), l’engouement médiatique est certain puisque les journalistes font partie avec les marketeurs, les “social media experts”, les célébrités et les hommes politiques des populations sur-représentés dans les utilisateurs Twitter.

Et oui, et c’est sûrement l’une des raisons pour lesquelles à mon sens Twitter (le service et non l’usage) ne deviendra pas grand public en France. L’engouement Internet semble également retombé et je suis content de voir que l’on commence à être quelques uns à émettre des doutes sur le succès à long terme de Twitter. Le but ici n’est pas de parler de la monétisation du service qui est un sujet à part entière (voir le récent article de Fred sur le sujet : Twitter est-il définitivement corrompu ?) et l’arrivée des tweets sponsorisés (Peut-on vraiment rémunérer des Tweets ?) prouvent que les choses ne vont pas nécessairement dans le bon sens. Quelques phrases que j’ai glânées au hasard de mes lectures :

  • In fact in Twitter, if you remove journalists, politicians, celebrities, geeks, bloggers, companies… it remains only a few active users…- Cédric GIORGI (http://twitter.com/cgiorgi)
  • “[Twitter] has now become the playfield of a thousand cheap marketers, social media “experts” and 10,000 people who auto-follow the other 10,000 people.” – Jorge ESCOBAR

Juste pour rappel, en juin, Twitter en France comptait… 125 000 utilisateurs dont certains titres d’articles me font toujours sourire sur le phénomène Twitter.

  • Le jeudi noir

Hier, Twitter a connu une attaque sérieuse et a été down pendant plusieurs heures (Hackers attack Twitter…). Rien de nouveau pour les habitués de la baleine à l’époque où Twitter avait du mal à encaisser la montée en charge côté serveur. Ce jeudi, le problème était tout autre et lié manifestement à la sécurité de l’infrastructure. Je vous conseille la lecture de cet article de Wired qui explique que selon des experts sécurité, cette attaque et la non capacité à y répondre de Twitter était prévisible : Twitter, Facebook attacks no surprise to security experts. D’autres diront que c’est la rançon du succès mais il faudra voir la capacité de Twitter à sécuriser tout cela pour éviter d’autres attaques à l’avenir.

twitter_traffic_arbor.jpg

D’un point de vue usage, il est intéressant de voir le report important d’une partie des utilisateurs sur Facebook avec l’utilisation des statuts (+ de 600% d’augmentation de l’usage des statuts par rapport à une moyenne à la même heure). La preuve supplémentaire que sur le terrain des conversations instantanées, ces deux acteurs jouent dans la même cour et qu’un service peut remplacer l’autre (Facebook vs Twitter : qui sera la “Live Conversation Platform” ?).

Toujours d’un point de vue sécurité, il y a quelques semaines des informations confidentielles autour de l’évolution de Twitter avaient filtrées (Des centaines de documents confidentiels sur le site de microblogging Twitter volés et diffusés sur le web). Un problème de confidentialité d’informations qui est à ajouter dans la case “sécurité”…

  • Les jeunes n’utilisent pas Twitter

C’est en tout cas le résultat d’une étude parue il y a quelques semaines, par l’Université américaine Pace ainsi que l’organisme Participatory Media Network. Selon cette étude réalisée auprès de 200 répondants âgés entre 18 et 24 ans, 99 % d’entre eux possèdent un profil d’utilisateur dans un site Internet communautaire comme Facebook, mais moins du quart (22%) des participants utilisent Twitter. Cela tend à confirmer que pour Madame Michu, comme pour des Digital Natives, l’usage et les bénéfices apportés par Twitter ne sont pas immédiats, au contraire du réseau social Facebook.

Est-ce qu’alors Twitter n’aura qu’un usage professionnel réservé aux entreprises et marketeurs ? Je ne pense pas, puisque la part réservée aux informations liées aux célébrités est important (Britney Spears, Ashton Kutcher font partie des personnes les plus suivies…et toujours selon cette étude, parmi les jeunes qui utilisent Twitter, 85% d’entre eux ont indiqué qu’ils aiment bien le service de microblogging pour suivre leurs amis, alors que 54% des participants s’en servent plutôt pour suivre le quotidien de célébrités.). Toutefois, Twitter a des chiffres de croissance insolents mais la sureprésentation de cibles parmi les utilisateurs risquent de ne pas permettre à Twitter de devenir le service mainstream…

  • La règle des 80 / 20 voire des 80/10

Même si le but premier de Twitter est de partager des informations, finalement il y a plus d’utilisateurs “spectateurs” que d’utilisateurs “acteurs”, ce qui pose d’une certaine manière un problème par rapport à l’usage premier du service. Comme l’exprimait très justement Fred dans Enfin des données statistiques sur Twitter, même si les chiffres de croissance sont excellents, les chiffres de participation et d’utilisation le sont moins : 21% des utilisateurs n’ont jamais rien publié, 5% des utilisateurs génèrent 75% de l’activité (10% en genèrent 86%).

  • Et si les early adopters quittaient le navire ?

Epiphénomène ou véritable tendance à l’avenir ? De la même manière qu’une partie des utilisateurs ne voient pas le bénéfice d’utiliser Twitter pour microblogger quand dans le même ils peuvent publier leur état d’âme ou faire suivre des liens depuis leurs statuts Facebook, il semble que les premiers early adopters du service comme Robert Scoble (You are so Unfollowed !) voit l’utilité d’un report vers Friendfeed.

Par rapport à une niche comme celle des experts du Web, Friendfeed permet d’échanger facilement entre cette population dans des groupes sur Friendfeed, ce qui rend d’une certaine manière l’usage de Twitter moins intéressant pour suivre des personnes. Je vous conseille à ce propos cet autre article sur cette tendance : An adventure unfollowing all the people I followed on Twitter (without a happy ending). La question posée est bien entendu celle de la mutliplication des outils pour un usage proche. La convergence des usages et des besoins fera que demain un même outil réunira plusieurs usages et qu’à ce sens, comme je l’exprimais dans Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public, Twitter ne me semble pas le mieux armé…

Cédric DENIAUD

Le futur enjeu du Web : filtrer l’information pour moins de bruit

Le mot “bruit” dans le titre de cet article est, bien entendu, pas à comprendre dans le sens sonore mais bien dans un sens Internet i.e l’afflux d’informations.

Il y a quelques années, on se plaignait déjà de recevoir trop de mails Mais aujourd’hui, il s’agit à la fois de messages instantanées, de flux d’informations en provenance des flux RSS, d’outils comme Twitter ou Friendfeed. Imaginer qu’un gourou du Web comme Robert Scobble reçoit plus d’un message par seconde sur Twitter. Cela peut vous faire comprendre la complexité…

En fait l’un des points à comprendre, c’est que l’utilisateur même si il est de plus en plus “informationovore” (terme inventé à l’instant) a besoin finalement de rapidement trouver et être alerté des informations susceptibles de l’intéresser.

L’important pour tout utilisateur est donc de mettre en place et d’utiliser les bons outils de filtre de l’information. Car, comme je l’avais présenté dans De la recherche au filtre de l’information, l’important à l’heure des médias sociaux, est de pouvoir filtrer la densité d’informations.

Alors, certes l’exemple de Robert Scobble peut paraître bien loin de la très grande majorité des internautes car qui peut dire aujourd’hui qu’il suit 21 000 personnes ?

Le schéma ci-dessous de Chris Saad (et précédemment présenté dans Du Social Media au Personal Media) présente cette gestion de l’information pour faire du Social Media, son média personnel où l’information est filtrée selon ses intérêts.

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