Frédéric CAVAZZA

Google voudrait revenir dans le course au social au travers des jeux

Même si Google reste le maître incontesté du web, il n’est pas faux de dire qu’ils ont du mal à s’imposer sur le terrain des médias sociaux. En fait ils s’en sortent plutôt bien grâce à de nombreuses acquisitions (Blogger, YouTube…) mais peinent à faire décoller les produits “maison” : Google’s Long History of Social Media Attempts. Cette situation n’est pas sans rappeler celle de Yahoo!, et les deux géants de la Silicon Valley aimeraient bien revenir sur le devant de la scène et croquer une part du gâteau que se disputent des acteurs comme Facebook, Twitter ou encore Foursquare (pour ne citer qu’eux). Toujours est-il que Google ne cache plus ses ambitions et annonce une offensive prochaine avec le lancement de Google Me, une meta-plateforme social pour assurer le lien entre ses différents services (cf. Google Me: One Ring To Rule Them All).

Pourquoi s’intéresser aux médias sociaux ? Tout simplement car c’est là où se trouve l’audience en ce moment, ou du moins c’est là où les internautes passent le plus de temps. Et plus particulièrement sur les nombreux social games qui cumulent l’avantage de pouvoir fortement fidéliser les visiteurs mais également de générer des revenus considérables. Pas étonnant que Google décide donc de placer des billes sur ce créneau en investissant 100 millions de $ dans Zynga, l’éditeur de social games le plus en vue du moment  : Google Secretly Invested $100+ Million In Zynga, Preparing To Launch Google Games.

Les jeux de Zynga bientôt sur Google Games ?

Les jeux de Zynga bientôt sur Google Games ?

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cet investissement :

  1. La préparation du lancement de Google Games dans le courant de cette année ;
  2. Le placement “au forceps” de Google Checkout comme solution de micro-paiement ;
  3. L’opportunité d’injecter des liquidités dans une start-up qui a le vent en poupe (100 M$ est une broutille pour Google qui dispose de dizaines de milliards de $ en cash).

Google Games semble donc être un projet d’ambition pour Google qui aimerait bien revenir dans la course après l’abandon de Lively qui devait être la première pierre d’une stratégie de Game-as-a-Platform (cf. Lively deviendra-t-il une plateforme de jeux ?). Il semblerait que Google ne soit d’ailleurs pas le seul à s’intéresser à Zynga puisque l’éditeur californien a également signé des partenariats avec les autres géants du secteur (Zynga Partner to Distribute Social Games Across Yahoo! Network et Zynga’s FarmVille Expands Beyond Facebook to MSN-ier Pastures).

Avec une présence sur Facebook, MySpace, Yahoo! et MSN, Zynga a réussi à bâtir un réseau de distribution impressionnant. Encore plus fort, il a même réussi à conquérir la forteresse d’Apple en distribuant FarmVille dans l’App Store : FarmVille for  iPhone Now Available. À partir de là, on se demande comment Google va pouvoir rattraper sont retard sur des concurrents déjà bien implantés (Facebook, Myspace…) et sur des acteurs de niche comme Hi5 qui s’est spécialisé dans les social games avec succès (Hi5 Raises Over $14 Million For Social Games, Virtual Goods).

Le mobile semble être un très bon levier de différentiation. Et comme toujours, Google a su ne pas se retrouver dans une situation de dépendance et nouer un autre partenariat avec Kongregate (un portail de casual games) pour travailler sur le portage de nombreux jeux sur sa plateforme mobile Android : Kongregate “Tests” New Android Flash Implementation With 100+ Games.

L’équation de Google pour (ré)investir les médias sociaux seraient donc la suivante : Gestion de compte unifiée + Social games + Casual games mobiles + micro-paiement. J’attends avec impatience le lancement de ce nouveau portail de jeux et surtout la façon dont Google va aller à l’affrontement direct avec Facebook…

Frédéric CAVAZZA

Google Buzz va accélérer l’éparpillement et la pollution des conversations

Deux jours après l’annonce de son lancement Google Buzz devrait être presque déployé sur l’ensemble des utilisateurs de Gmail. Une bonne chose car cela va stimuler la concurrence et offrir plus de choix aux utilisateurs des médias sociaux. Mais ont-ils réellement réclamés plus de choix dans les services ? Je ne suis pas sur. Même si certains trouvent GBuzz plus performant que Facebook (cf. Google Buzz is brilliant, Facebook just lost half its value) je pense que cela ne va faire qu’accélérer le phénomène de dispersion des conversations et pénaliser les blogueurs.

Avec le principe de suggestion de followers à partir de votre liste de contacts, Buzz est déjà très actif :

Déjà de nombreux commentaires sur Google Buzz

Déjà de nombreux commentaires sur Google Buzz

Cette présentation et le principe de commentaires / appréciations est ainsi très proche de ce que proposent FriendFeed et Facebook :

Mise en page et fonctionnement similaire à Facebook

Mise en page et fonctionnement similaire à Facebook

Comme vous pouvez le constater, il y a plus de commentaires sur Facebook et GBuzz que sur les blogs dont les articles sont relayés par ces services. Ceci est tout simplement du à la colossale audience de ces deux services (surtout Facebook). Il en résulte un certain nombre d’interactions sociales dont les blogs sont dépossédés puisqu’ils n’hébergent pas ces commentaires.

J’avais décrit ce phénomène l’année dernière et présenté des solutions par rapatrier les commentaires sur le billet d’origine : Vers des commentaires distribués pour les blogs ?. Des services comme BackType Connect ou JS-Kit sont ainsi là pour parcourir la statusphère à la recherche des commentaires égarés et les re-publier sur la page de l’article. Mais sont-ils réellement des commentaires ? Non pas réellement car la plupart du temps se ne sont que des mentions de l’article qui se “contentent” de le relayer sans participer à la réflexion. Il en résulte une grande pollution dans le flux de commentaires qui sont noyés au milieu de nombreux tweets sans grande valeur ajoutée (j’ai installé puis rapidement désinstallé ce service car ça devenait ingérable). Cette pollution se retrouve également dans Twitter / Facebook & cie où les commentaires à valeur ajoutée ne sont pas légions.

Donc au final Google Buzz est-il une bonne chose pour les blogs ? Non pas réellement car il existe déjà sur le marché de nombreux canaux pour relayer les billets et celui-ci ne fait qu’ajouter à la cacophonie ambiante. Comprenez par là qu’il va devenir de plus en plus compliquer de suivre / gérer les conversations autour d’un article.

Google Buzz est livré avec tout un tas d’APIs et c’est une très bonne chose car il va bien falloir remédier un jour à cette dangereuse dérive qui risque de nuire à la blogosphère, car un blog sans commentaires ou rétroliens n’est plus réellement un blog, c’est un site web comme un autre. Voilà pourquoi les éditeurs de plateformes ou solutions de blog doivent impérativement réagir pour palier à ce phénomène d’éparpillement qui va s’accélérer.

PS : Si vous lisez ce billet depuis Google Buzz ou Facebook, merci de venir le commenter sur le blog d’origine.

Frédéric CAVAZZA

Quand la délégation d’authentification devient un enjeu-clé

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur la délégation de l’authentification et les enjeux qui y sont associés (cf. L’authentification au centre de nombreuses attentions et Interopérabilité des plateformes sociales, on y est presque). Je parle bien ici d’authentification et non de gestion de l’identité numérique, donc de la possibilité d’utiliser un login universel pour éviter d’avoir à créer des comptes un peu partout. Il semblerait que la tension concurrentielle soit encore montée d’un cran cette semaine avec quatre annonces majeures.

Il y a tout d’abord ce couplage entre Facebook et Yahoo! : Update once to share with many on Yahoo! and Facebook. Il serait désormais possible de vous authentifier sur Yahoo! News / Sports / … avec votre profil Facebook grâce à Facebook Connect. Une fois authentifié, vous pouvez alors profiter du service et publier des notifications de vos actions sur votre profil Facebook. Serait-ce un aveu d’échec de Yahoo!, incapable de rattraper son retard sur les médias sociaux ? Peut-être…

Il y a ensuite Google qui annonce un partenariat similaire : Friend Connect: Birds of a Feather Tweet Together. L’idée étant que vous pouvez maintenant vous authentifier sur les widgets Friend Connect à l’aide de vos comptes Twitter, Yahoo!, Netlog

Les nouvelles possibilités d'authentification de Google Friend Connect

Les nouvelles possibilités d'authentification de Google Friend Connect

Même principe que précédemment, si vous êtes authentifié avec votre profil Twitter, vous pouvez publier des notifications de ce que vous faites sur votre profil Twitter. Plus d’explications ici :

Toujours chez Google, ils viennent d’annoncer le support d’OpenID par les Google Profiles : Google Profiles Turn Into OpenIDs. En d’autres termes : vous pourrez vous authentifiez à l’aide de votre profil Google sur les sites et services “compatibles” avec OpenID.

Dernière annonce et pas des moindres, les réflexions en cours des équipes de Mozilla sur une gestion centralisée des profils directement dans Firefox : Identity in the Browser (Firefox). L’idée (géniale) serait d’étendre les fonctionnalités de gestion des mots de passe à la gestion de profils génériques pouvant servir à s’authentifier sur un site. Dans l’exemple qui suit, l’utilisateur arrive sur un service Yahoo! où on lui propose de s’authentifier (”login“) en choisissant les profils déjà référencés pour ce site :

L'authentification sur Yahoo! avec Firefox

L'authentification sur Yahoo! avec Firefox

Autre cas de figure, la possibilité de créer à compte à partir d’un profil générique stocké sur le navigateur ou d’utiliser un profil anonyme :

La création de compte avec Firefox

La création de compte avec Firefox

Force est de constater qu’ils ont poussé la réflexion très loin et que la solution proposée est robuste. Reste encore à l’implémenter dans les futures versions de Firefox.

Autres chantiers intéressants :

  • La synchronisation des profils entre plusieurs ordinateurs (au même titre que les bookmarks ou les préférences) ;
  • Les mécanismes de notifications multiples (si je publie un commentaire sur un blog, cette action est annoncée sur mes profils Facebook, Twitter…) ;
  • La gestion des transactions (l’équivalent d’un Google Account + Google Checkout).

Bref, il y a encore beaucoup à faire et l’année 2010 sera très certainement passionnante de ce point de vue.

Frédéric CAVAZZA

Toujours plus de surcouches sociales pour vos sites web

Nous avions déjà des solutions de rustines sociales comme Google Friend Connect, LiveBar, Stribe ou encore des plug-ins comme Glue et maintenant Google nous propose un produit encore plus sophistiqué avec SideWiki : Help and learn from others as you browse the web: Google Sidewiki.

L’idée est de donner accès à un wiki distribué au travers d’un plug-in pour votre navigateur. Donc vous êtes en train de consulter une page web, vous pouvez alors soit déposer un commentaire ou lire les commentaires des autres. Le plug-in permet aussi de trier les commentaires selon leur pertinence et même de les filtrer avec votre liste d’amis. Ils proposent en plus un jeu d’API pour autoriser l’accès à ces commentaires à d’autres applications : Kutano Launches First Third-Party Client for Google Sidewiki.

Mouais… certains y voient une opportunité pour les internautes de faire pression sur les marques et de prendre encore plus de pouvoir (éditorial), quitte à laissez la porte ouverte à la désinformation et aux concurrents : Google’s SideWiki Shifts Power To Consumers –Away From Corporate Websites. Les plus paranoïaques y voient une machination de Google pour améliorer les résultats de son moteur de recherche (en faisant de l’analyse sémantique sur les commentaires et en les intégrant dans le calcul du Page Rank), d’autres enfin s’interrogent sur les dangers de l’éparpillement des conversations (sur le site, sur Twitter, sur Facebook et maintenant sur SideWiki).

Je suis pour ma part très septiques vis à vis de ces “rustines sociales” (cf. Ajouter une couche sociale à votre site, une vraie fausse bonne idée) dans la mesure où je n’envisage une activité sociale qu’intégrée à un site et synchronisée avec la posture sociale d’une marque :

  • “intégrée” veut dire que les commentaires et autres contributions des internautes sont affichées en coeur de page et non dans une iframe ou dans un plug-in (idem pour les profils des membres de la communauté) ;
  • “synchronisée” veut dire la marque ne peut pas être passive vis à vis de ces discussions, elle doit y participer de façon active voire les initiée pour avoir des échanges constructifs.

Même si l’on ne peut que saluer l’exploit technique réalisé avec ces solutions, force est de constater que Google est toujours à la traine et se contente de fournir le sel et le poivre pour assaisonner le web à la sauce sociale sans pour autant proposer un plat complet (comme le fait Facebook ou Yahoo!).

Je manque de recul pour bien appréhender la stratégie de Google vis à vis des médias sociaux (en dehors de YouTube et Orkut) mais j’ai comme l’impression qu’ils appliquent plus la technique de la guérilla en harcelant les concurrents avec initiatives comme Friend Connect, Open Social et cie.

Mais qui sait ce qu’ils nous réservent avec Wave

Frédéric CAVAZZA

Google Maps + Monopoly = Monopoly City Streets

Suite à un partenariat monté avec Hasbro, Google devrait normalement ouvrir demain son premier social games basé sur le célèbre jeu Monopoly : Monopoly City Streets.

Le logo de Monopoly City Streets

Le logo de Monopoly City Streets

On ne sait pas grand chose encore sur les détails du jeu si ce n’est ce qui a déjà filtré sur Mashable ou le Guardian :

  • Le plateau de jeu reposera sur Google Maps (ou peut-être sur une version spécifique de Google Earth) ;
  • Chaque joueur débutera avec 3 M de $ et pourra acheter des rues pour y construire des maisons, stades, buildings ou même des châteaux (??) ;
  • Comme dans le jeu, les joueurs qui s’arrêtent sur la propriété d’un autre doivent lui verser un loyer ;
  • Des cartes “Chance” (ou un équivalent) seront distribuées aléatoirement pour stimuler les parties ;
  • Le but du jeu est de gagner le plus d’argent possible (hum hum, pas très moral en cette période de crise).

Visiblement ils souhaitent de plus donner une dimension résolument sociale puisqu’ils sollicitent déjà la communauté pour concevoir des bâtiments : Shhhh… Your chance to WIN MONOPOLY fame coming soon.

Le plateau de jeu du futur Monopoly City Streets ?

Le plateau de jeu du futur Monopoly City Streets ?

Il reste encore pas mal de question sur ce jeu : Combien de temps vont durer les parties ? Combien de joueurs par partie ? Possibilité d’acheter des $ dans le jeu ? Possibilité de sponsorisation par des marques ? … Les possibilités sont nombreuses mais nous n’aurons pas de réponse avant le lancement officiel demain.

Je ne sais pas pour vous mais j’ai comme l’impression qu’avec ce lancement Google va essayer de ruiner l’effet d’annonce de la prochaine keynote d’Apple…

Cédric DENIAUD

Vers le “real time search” ? Nouveaux enjeux pour Twitter et Google

Je définirai simplement le “Real time search” par la recherche dans les conversations instantanées. Pour certains, nous sommes en effet passés aujourd’hui avec l’utilisation d’outils comme Twitter, Friendfeed ou la valorisation de l’instantané sur  Facebook, dans l’ère du “Real Time Web”. Vous pouvez échangez en temps réel avec vos amis, et ce de manière publique, semi-publique (avec une groupe autorisé), ou privé. L’information se consomme à chaud et à une durée de vie courte sur des outils comme Twitter. L’important c’est l’instantané.

Personnellement, je pense que l’on est loin d’être encore entré dans cette nouvelle ère même s’il faut reconnaître que des outils comme Twitter marquent une avancée dans les usages du Web. Par contre de là à dire que les internautes lambda sont prêts à passer à cette étape alors que beaucoup découvrent seulement le terme Web 2.0, ça serait aller vite en besogne (cf : Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public).

Pour en venir au fond de cet article, je voulais m’intéresser à la recherche. En effet, la recherche, et en premier lieu, Google est le premier moyen d’accéder à la manne d’informations disponibles sur Internet. Que l’on utilise des outils de recherche verticale (cf : Recherche verticale ou méta-recherche) ou des outils classiques comme Google, il n’en demeure pas moins que pour la grande majorité des sites Internet d’entreprise ou de blogs, le référencement et être bien positionné dans les moteurs de recherche est de la première importance. Toutes les nouvelles notions aujourd’hui de Personal Branding (gestion de son identité numérique personnelle) ou de Social Media Optimization (Optimisation de sa présence sur les medias sociaux) continuent à s’axer sur le fait de maitriser ce qu’il se dit de soi ou de sa marque lorsque l’on fait une recherche.

L’importance du real time search

Il est donc important, à l’heure où la densité d’informations est toujours plus grande, à l’heure où l’information à une durée de vie de plus en plus courte, et à l’heure du real time web, d’avoir les outils de recherche adaptés.

C’était à ce titre que l’année dernière Twitter avait racheté le moteur de recherche qui lui était dédié, Summize, accessible aujourd’hui depuis http://search.twitter.com. La recherche est tellement importante que c’était la principale demande des utilisateurs et qu’aujourd’hui Twitter intègre directement sur Twitter.com le moteur de recherche.

Déjà pour la recherche dans les blogs par exemple de Google, le classement par date permettait de s’assurer d’avoir les informations classées chronologiquement. La recherche évolue et les nouveaux critères également puisque les nouveaux enjeux sont :

  • Trouver l’information la plus récente
  • Préciser le type exact de résultats que vous recherchez
  • Savoir ce que vous recherchez
  • Trouvez les mots clefs qui définissent le mieux votre recherche

On peut même résumer cela en une phrase : La recherche doit évoluer vers le filtre de l’information pour permettre aux internautes de trouver rapidement l’information la plus pertinente et la plus récente (cf : De la recherche au filtre de l’information)

Et quid de Google ?

Je vous rassure, Google qui assoit sa domination actuelle avant tout sur la domination du monde de la recherche, et ce dans tous les domaines (vidéo, pages, blogs, images, livres, …) s’intéresse depuis déjà quelques mois à Twitter. Finalement la rumeur qui n’en était pas une n’a aujourd’hui pas débouché sur un rachat de Twitter par le géant Google. Tourefois Google n’en demeure pas moins actif dans le domaine du “real time search” comme nous l’annonce cette semaine cet article de Techcrunch : Google lance de nouvelles options de recherche et déclare la recherche en temps réel sa nouvelle priorité.

D’autres moteurs alternatifs comme Scoopler, OneRiot, ou encore TweetMeme, essaient également de se positionner sur ce créneau de la recherche en temps réel.

Cédric DENIAUD

Google Profile : une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Depuis déjà presque deux ans un an et demi (je préfère le préciser car beaucoup parlent aujourd’hui d’un lancement de Google Profile), Google propose un service de gestion de son profil via un service Google Profile (cf : Google Profile : Google propose la gestion centralisée de son profil) Vous en avez probablement pas entendu parler jusqu’à cet article puisque ce service était effectivement resté dans l’ombre. Pourquoi alors en parler aujourd’hui ? Tout simplement, parce que Google a décidé de se montrer plus offensif dans le domaine de la gestion de son identité numérique et du social via ce service. En effet, à date, Orkut, le réseau social de Google, était la seule véritable immersion de Google dans le social (si j’omets Google Friend Connect qui s’est fait largement prendre la vedette par Facebook Connect et Lively qui a été arrêté à la fin de l’année dernière : Google met fin à son monde virtuel 3D, Lively). Mais ce service n’est aujourd’hui qu’un succès… au Brésil, donc pas de quoi pouvoir concurrencer des acteurs majeurs comme Facebook, Bebo ou LinkedIn.

Quoi de nouveau sur les Google Profile ?

google_profile.jpg

Google se montre plus offensif et a modifié ou complété ce service pour en faire un vrai cheval de Troie dans le domaine du social. Depuis quelques jours, Google propose aux  internautes la gestion d’un profil personnel plus complet que ce qu’il proposait à date : nom et prénom, les écoles que l’on a fréquentées, la ville où l’on a grandi, une brève biographie et quelques informations triviales. Comme sur un véritable réseau social, Google propose d’ajouter des photos, de gérer ses adresses et ses téléphones de contact. Si vous souhaitez vous créez le vôtre, ca se passe ici.

Bref les deux questions qui naturellement se posent sont : quels risques et quels bénéfices de communiquer ses informations à Google ?

Commençons par le côté positif : l’argument mis en avant par Google est la gestion facilitée de son identité numérique. Google se propose de permettre aux utilisateurs de référencer leur page Google Profile et du coup d’inciter les personnes faisant une recherche sur vous de plutôt visiter votre page Google Profile plutôt que de tomber sur Facebook par exemple. Ainsi lorsque vous “googlerez” une personne, Google fera attention a préféré vous diriger vers Google plutôt que vers un autre service.

Côté négatif, on voit tout de suite la question de la protection et de l’utilisation des données ainsi communiquées par Google. ReadWriteWeb met clairement en évidence ses dangers, n’hésitant pas même à parler de “pacte avec le diable” dans son article Now you can change what Google says about you.

A l’heure où l’on parle beaucoup de “Online Reputation Management” ou de “Personal Branding”, ce service est certes pertinent mais je préfére largement une solution plus globale de communication auprès des internautes sur l’importance de la gestion de son identité numérique et des traces que l’on laisse sur la Toile. Ces sujets, très actuels, et qui finalement concernent aussi bien les entreprises que les particuliers, sont sans nul doute une des préoccupations majeures de ces derniers et chaque service ou acteur cherche naturellement à se positionner.

Cédric DENIAUD

200 millions de membres sur Facebook… et après ?

Si Facebook était un pays, ce serait le 5ème pays le plus peuplé… Alors certes, vous le verrez dans la vidéo ci-dessous,  la population Facebook se concentre sur certaines zones et ont voit par exemple que la Chine est totalement absente (QQ est le réseau social numéro 1 dans le monde avec une très forte population chinoise).

C’est l’occasion de revenir sur le situation actuelle de Facebook… Rappelez-vous il y a quelques semaines on parlait des récentes difficultés de Facebook avec ses membres, sur la modification de ses CGU (Facebook fait appel à sa communauté pour les CGU) et sur la récente refonte de ses pages profils qui séduit que peu de membres. Sur ces deux aspects, Facebook est prêt à revoir sa copie, ce qui est une bonne chose en terme d’écoute de client mais certainement une bonne mois chose en terme d’identité et de stratégie.

Om Malik, gouru US du Web, nous parlait justement hier dans Facebook : Population 200M, faces an identity crisis, de ce problème stratégique que semble rencontrer Facebook. La croissance exponentielle de ces derniers mois, les revendications de ses membres, le nécessaire besoin de monétiser viablement l’audience et la montée en puissance de services comme Twitter et Friendfeed, semblent obliger Facebook a plus se montrer opportuniste en se plaçant dans la réaction qu’en donnant une vision claire de son service.

Alors cette vision est peut être caricaturale mais il faut prendre conscience qu’une croissance trop rapide n’est pas nécessairement synonyme que d’opportunité pour un service car celui-ci doit trouver le temps pour plus de placer dans la proaction que dans la réaction.

A ce titre, aujourd’hui, on commence nécessairement à se poser les mêmes questions pour l’un des services dont on parle le plus sur la Toile: Twitter (Dis Papa, c’est quoi Twitter ? pour ceux qui auraient besoin d’un cours de rattrapage). J’exprimais il y a quelques semaines mes doutes sur la possibilité pour Twitter de devenir un service grand public (Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public) Ce n’est pas tant sur l’usage que je trouve au contraire pertinent mais sur la pérennité d’un service qui certes connaît une très forte croissance, notamment ces derniers mois (Twitter : une croissance annuelle de 1382% !), mais qui faut le reconnaître a peu évolué depuis un an, ce qui à mon sens laisse la place à des services similaires potentiellement plus innovants et plus complets. Alors cette vision, certes, est pessimiste je le reconnais : l’avenir de Twitter est sans nul doute dans l’intégration de fonctionnalités supplémentaires pour enrichir l’expérience et surtout de se diriger vers celui de la recherche dans les conversations instantanées. Si aujourd’hui, Google se montre très intéressé par Twitter (Google and Twitter : of course they’re talking), c’est bien à ce titre…

Frédéric CAVAZZA

Un nouveau projet de réseau social chez Google ?

Dans la galaxie Google, tous les projets ne sont pas des réussites. La preuve avec Orkut, un réseau social de petite envergure qui fonctionne bien au Brésil et en Inde mais qui reste anecdotique face aux MySpace et autres Facebook. Jusque là, rien de neuf…

Sauf que le site Google Operating System nous révèle que Google financerait un projet de réseau social next gen qui serait en gestation au sein de l’université de Carnegie Mellon : Google’s Social Networking Projects.

SocialStream.png

D’après le site consacré au projet (SocialStream), ce réseau social aurait l’intention de révolutionner les réseaux sociaux actuels et reposerait sur :

  • une unification des réseaux sociaux (unified social network) où SocialStream permettrait d’alimenter différents applications et services “sociaux” (un peu comme OpenID, mais en plus musclé) ;
  • une architecture ouverte qui permettrait d’importer ou d’exporter des données et services (un comme la Facebook Platform) ;
  • un concentrateur de votre activité qui permettrait de relayer votre production (photos, billets, signets…) et votre état (un peu comme Jaiku).

Bref vous l’aurez compris, ce réseau social nouvelle génération est un pot-pourri des autres réseaux. Ne vous mèprenez pas, je ne suis pas en train de critiquer, mais juste de constater qu’il n’y a rien de réellement révolutionnaire. A moins qu’ils nous cachent des choses, une mauvaise habitude chez Google. Toujours est-il que l’on peut y voir une hypothèse d’évolution pour Orkut.

Hasard du calendrier, je découvre que ce matin que Yahoo! travaillerais également sur un projet de réseau social (nom de code : Mosh) qui remplacerait Yahoo! 360 : Mosh, le nouveau réseau social de Yahoo!.

Voilà de quoi alimenter les rumeurs sur la blogosphère. En tout cas la bataille va être rude, parce que même si on s’appelle Google ou Yahoo!, MySpace et Facebook ont pris beaucoup d’avance (le premier sur la taille, le second sur l’écosystème et la richesse).

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.