Frédéric CAVAZZA

Gravatar se transforme en un réseau social distribué

Si vous êtes un(e) habitué(e) des blogs alors vous devez forcément connaître Gravatar, qui est la contraction de Globaly Recognized Avatar (cf. Mettez des visages sur vos commentaires avec Gravatar). Le but de ce service est d’humaniser les commentaires des blogs en affichant la photo (ou l’avatar) des auteurs des commentaires. Comment font-ils ? Tout simplement en vérifiant si l’email laissé par le commentateur est présent dans leur base (la création de compte est gratuite). Pour la petite histoire ce service a été racheté il y a plusieurs années par Automattic, la maison-mère de Wordpress, et est disponible sur quasiment toutes les plateformes de blog (WordPress, MovableType, TextPattern, Expression Engine, Blogger, LiveJournal…) et les CMS du marché (Joomla, Drupal, Nucleus…). Bref, en quelques années Gravatar est devenue LA technologie de référence pour agrémenter les commentaires d’avatars et pour simplifier grandement la tâche de celles et ceux qui veulent maîtriser leur image.

Maîtriser leur image“, ça fait un peu “gestion de l’identité numérique”, vous ne trouvez pas ? Et c’est justement la direction que l’éditeur a voulu prendre dans la toute récente évolution du service : Gravatar-Powered Profiles. L’idée est donc de lier chacune des ces vignettes (les avatars) au profil des membres :

Les profils publics de Gravatar

Les profils publics de Gravatar

En ce sens Gravatar se positionne donc en concurrence directe avec d’autres services de gestion de profile comme Yahoo! Profiles ou Google Profiles, à la grande différence que les membres de Gravatar (22 millions au dernier comptage) sont déjà massivement présents sur la blogosphère. Or, les blogs étant très bien référencés, les liens vers les profils des commentateurs le seront aussi. Nous sommes donc bien en présence d’un réseau social distribué qui vit et se diffuse au sein de la blogosphère (au même titre que MyBlogLog) : Gravatar Has Just Become an 22 Million+ Strong Social Network.

Voici donc une nouvelle très intéressante car elle ramène la compétition sur un territoire où l’éditeur est en position de force. Pour être plus précis, cela fait un petit bout de temps que je surveille de près Automattic car ils éditent des services et solutions qui ne sont pas aussi médiatiques que Facebook mais sont des piliers des médias sociaux (Wordpress, bbPressPollDaddy…) ainsi que d’autres qui risquent de s’installer durablement et modifier la chaîne de valeur des médias sociaux (BuddyPress, IntenseDebate, GlotPress…). La chaîne de valeur ? Oui tout à fait, celle qui repose sur le contenu (production, traduction, enrichissement…).

Je ne suis pas devin mais j’ai comme l’impression que l’orientation stratégique d’Automattic est de s’imposer comme un maillon essentiel des médias sociaux d’arrière-garde (blogs, forums…) et de laisser les autres s’entre-tuer sur des terrains ultra-compétitifs comme les réseaux sociaux ou le micro-blogging.

Il y a de fortes chances pour que vous ayez déjà un compte Gravatar, je vous invite donc à le mettre à jour en prévision de l’ouverture des profils publics qui devrait arriver très vite.

Frédéric CAVAZZA

Vers la carte de visite électronique multi-profils avec Poken

Connaissez-vous les Poken ? Mais si enfin, ces petits appareils qui communiquent entre-eux avec des ondes à courte portée :

Les Poken Spark

Les Poken Spark

Ces petits appareils ont été lancés l’année dernière (cf. L’avenir des réseaux sociaux est-il à la puce RFID) et étaient destinés à vous faciliter la drague hors-ligne et élargissant votre “territoire de chasse” en ligne. Bref, tout ça pour dire qu’ils ont entièrement revu leur stratégie et qu’ils proposent maintenant une nouvelle approche beaucoup plus pro avec la nouvelle ligne “Pulse” :

Les Poken Pulse

Les Poken Pulse

L’idée est la suivante : Puisque vous avez toujours sur vous une clé USB (mais si enfin !), pourquoi ne pas la rendre communicante. Il s’agit donc d’une clé USB qui peut détecter des clés semblables à l’aide de la technologie NFC (”Near Field Communication“). Admettons que vous vous rendez à une manifestation (salon pro ou conférence), cette petite clé USB communicante va être capable de vous ressortir l’historique de toutes les personnes que vous avez croisés au cours de la journée (et qui étaient elles aussi équipées). C’est en quelque sorte une carte de visite électronique (et communicante).

Vous vous connectez donc à votre tableau de bord pour avoir l’historique des personnes croisées (la courbe à droite de l’écran) :

Votre tableau de bord personnel

Votre tableau de bord personnel

Ce “traçage” fonctionne dans les deux sens : vous voyez qui vous avez croisé et inversement, vous laissez une “trace” de votre passage. Il ne reste plus ensuite qu’à définir votre ou vos cartes pour que l’on vous recontacte facilement. Il est ainsi possible de paramétrer plusieurs cartes pour différents contextes. Par exemple vous avez ici ma carte “business” (par défaut) auquel il est possible d’associer mes profils de réseaux sociaux BtoB (LinkedIn, Viadeo, Plaxo…) :

Mon profil Business chez Poken

Ma carte "business" chez Poken

J’ai également une carte “casual” avec une autre photo et d’autres profils associés (Facebook, Netlog, Brightkite…) :

Ma carte de visite "casual"

Ma carte "casual" chez Poken

L’idée de centraliser les profils n’est pas neuve (pour mieux contrôler votre identité numérique) mais là ce qui est intéressant c’est ce pont entre le web et les rencontres “physiques”, ou pas ! Et c’est là que ces fameux Poken sont intéressants : vous ne pouvez collecter qu’un nombre minimum de cartes de visite lors d’un salon, mais la timeline des rencontres vous permet de rentrer en contact avec les personnes que vous avez croisé mais pas abordé (”nous nous sommes ratés au salon XYZ…“).

Ce procédé combine donc la proximité des rapports physiques (serrage de louche…) avec la praticité et l’exhaustivité du web (accès direct aux profils…). Un dispositif passif très intéressant pour celles et ceux qui veulent rapidement faire grossir leur réseau.

Les plus sceptiques pourraient me dire que cela existe déjà (plus ou moins) sur les smartphones avec des services comme Goomeo mais le concept n’est pas aussi avancé et la technologie pas tout à fait la même (car reposant sur la capricieuse norme Bluetooth).

Bref, je réitère mon enthousiasme vis à vis de ces dispositifs hybrides (en et hors-ligne) d’industrialisation sociale. Et vous, Do You Poken ?