Frédéric CAVAZZA

Un dispositif social complet pour BodyBuilding.com

Souvenez-vous… je vous parlais l’année dernière de BodyBuilding.com, une boutique en ligne dédiée au body building qui affichait un taux de transformation spectaculaire (presque 8%)Dopez votre taux de transformation grâce aux réseaux sociaux.

Ils ont visiblement complété leur dispositif avec une exploitation très complète des médias sociaux :

Force est de constater que le dispositif est impressionnant (le travail de modération doit être titanesque) mais que la communauté est réceptive puisque largement impliquée et surtout très fidèle à la boutique.

Bref, un très bel exemple de réussite “sociale” d’une boutique en ligne qui devrait en inspirer plus d’un !

Petite digression : il ne leur manque plus que le microblog du patron et un brandstream pour faire du “social 360°“.

Frédéric CAVAZZA

Vers une hiérarchisation des médias sociaux ?

J’avais déjà rédigé un billet sur une hypothétique pyramide des besoins 2.0, mais la lecture de récents billets sur des sujets proches me poussent à revisiter le mythe de la pyramide et de la hiérarchisation des utilisateurs / besoins / médias sociaux.

Pyramides et échelles en tous sens

Souvenez-vous, il y a tout d’abord ce célèbre triptyque creator / synthetizers / consumers (autrement appelé la règle du 1/10/89) pour décrire la répartition de la population des médias sociaux :

SocialUsers.jpg

Il y a ensuite la non moins célèbre social ladder de Forrester qui introduit une segmentation plus fine :

SocialLadder.gif

Il y a aussi cette théorie sur la community hierachy ( Consumers Seeking Esteem Drive Communities) :

CommunityHierachy.jpg

Et maintenant je vous propose de découvrir cette pyramide hiérarchique des outils “sociaux” : The Hierachy of Social Media Marketing.

socialmarketing.gif

Selon l’auteur, un utilisateur des médias sociaux débute sont “parcours initiatique” par les blogs et passe par différentes étapes d’implication sociale où il va expérimenter les outils “sociaux” selon l’ordre suivant :

  1. Les blogs (lecture, commentaires)
  2. Les flux RSS (agrégation dans un lecteur)
  3. La recherche sociale (notation ou publication de tests de produits, de restaurants ou de lieux de vacances)
  4. Les liens sociaux (publication d’articles sur des portails de journalisme collaboratif)
  5. Les réseaux sociaux (création d’un profil, création / adhésion à un groupe)
  6. Le microblogging (micro-publication de son statut, de son activité, de photos…)

Étonnant, non ? Le microblogging serait donc le stade ultime de la sociabilisation en ligne. Un point de vue très intéressant mais qui à mon sens ne reflète pas la réalité des médias sociaux.

Le monde se divise en deux…

De mon expérience je dirais qu’il ne faut pas une mais deux échelles pour décrire l’implication sociale d’un utilisateur des médias sociaux. Je suis fermement convaincu qu’il y a deux populations : ceux qui publient chez les autres et ceux qui publient chez eux.

Autant il serait délicat de hiérarchiser l’implication du premier groupe d’individus (où commence-t-on à publier chez les autres ?), autant je vous propose ce schéma de progression pour ceux qui publient en leur nom :

  1. Blog, vous commencez par un blog pour partager vos points de vue (pro ou perso) ;
  2. Microblog, vous enchainez avec de la micro-publication pour diversifier vos écrits et augmenter le rythme ;
  3. Lifestream, vous agrégez l’ensemble de vos publications (photos, vidéos…) ;
  4. Lifecast, vous êtes devenu un personne public, vous n’avez plus rien à cacher et vous vous filmez aussi souvent que vous le pouvez.

Bien évidement tout le monde ne suit pas cette progression mais je pense qu’il y a une logique dans cet enchainement : toujours plus d’exposition (nombre de canaux / durée) et de proximité.

Je suis presque au stade terminal. C’est grave docteur ?

Frédéric CAVAZZA

Panorama des médias sociaux

Aviez-vous remarqué que le terme “web 2.0” n’est plus à la mode ? Il faut dire qu’à force de nous survendre du “2.0″ à toutes les occasions, le concept fini par lasser. Maintenant, on parle de médias sociaux. Car avec un nombre de services en ligne toujours plus important, des concepts tous plus sophistiqués, des copies, des mashups dans tous les sens… il devenait difficile de s’y retrouve. Voilà pourquoi il était important de morceler cette grosse bouillabaisse qu’était devenu le web 2.0 en plusieurs sous-concepts pour en faciliter la compréhension.

De ce morcellement sont nés le social shopping, l’entreprise 2.0, les médias sociaux et bien d’autres encore. Mais a-t-on déjà pris le temps de bien définir ce qu’étaient les médias sociaux ? Voilà où je veux en venir : donner une définition et une vue exhaustive de ce que ce concept regroupe.

Publions, partageons, sociabilisons !

Dans “médias sociaux” il y a “média“, ce qui veut dire que les médias sociaux sont des supports numériques à une prise de parole ou une publication.

Dans “médias sociaux” il y a “social“, ce qui implique des échanges (fichiers, goûts, points de vus…) mais aussi des interactions sociales (structuration de groupes d’individus en réseaux, acquisition de notoriété, influence…).

Vous l’aurez compris, les médias sociaux sont donc des outils et services permettant à des individus de d’exprimer (et donc d’exister) en ligne dans le but de rencontrer / partager (et plus si affinités).

Une infinité d’outils et de services

La principale caractéristique des médias sociaux est le fractionnement de l’audience : aussi bien au niveau des sources (il existe des centaines de millions de blogs, wikis, forums…) que des supports de médiatisation / sociabilisation, c’est à dire des outils.

Ces derniers peuvent prendre de multiples formes (plus ou moins sophistiquées) et répondre à de nombreux besoins (existant ou non). Le schéma suivant illustre ainsi la richesse et la diversité des médias sociaux :

MediasSociaux.jpg

Comme vous pouvez le constater, ces différents outils et services peuvent être regroupés par catégories :

Ouf ! Ça en fait des services… et nous n’en sommes qu’au début ! Maintenant que le cadre est définit, il est temps de rentrer dans le vif du sujet.

Il y a eu un avant Facebook et il y aura un après Facebook

Les communautés en ligne n’ont pas attendu Facebook pour se regrouper et sociabiliser au sein de forums. Ce n’est pas l’outil qui fait vivre une communauté, mais plutôt la capacité des membres à trouver de nouveaux sujets et modes d’interaction. Donc peu importe l’outil, là où il y a des membres motivés il y a aura une communauté, même avec les outils les plus rudimentaires. Et inversement, vous pouvez proposer les outils les plus sophistiqués, la dynamique communautaire n’en sera pas forcément plus forte.

Si vous lisez régulièrement ce blog, alors vous connaissez déjà mon avis sur Facebook, service qui récolte bien plus d’attention qu’il n’en mérite.

Il n’existe pas d’outil unique pour tout faire

Même si les chiffres penchent en faveur des méta-plateformes comme MySpace, Skyblog ou encore Cyworld, les services à cheval entre plusieurs fonctions (publication, réseau social, partage…) risquent de rapidement noyer les membres dans une mélasse de contenus hétéroclites qui finissent pas faire plus de bruit qu’autre chose.

Donc même si l’audience est concentrée sur 2 ou 3 méga-plateforme, les plus fortes progressions se font aujourd’hui sur des services de niche. Concentrez donc vos efforts sur ces plateformes au succès en devenir plutôt que sur les services mainstream.

Vous ne pouvez plus vous cacher

Que vous le vouliez ou non, les conversations sont là et elles ont lieu avec ou sans vous. Comprenez par là qu’il est complètement illusoire de penser que pour contrôler sa marque il suffit d’empêcher vos employés de blogueur ou de ne pas s’exposer sur les médias sociaux.

Votre marque ne vous appartient plus, elle n’existe que dans l’inconscient des clients / prospects, qui sont accessoirement massivement présents sur les blogs, forums, wikis et réseaux sociaux. Donc à vous de choisir si vous voulez subir les conversations ou essayer d’y participer. D’où l’importance de nommer un “champion des médias sociaux” au sein de votre organisation (Community planner, Social media manager, Community architect, Social analytics expert…).

Quels KPIs ?

Se rapprocher des clients et prospects est un but louable, encore faut-il savoir de quels clients et/ou prospects vous souhaitez vous rapprocher et dans quel but. Il va donc très rapidement falloir être en mesure d’évaluer le potentiel des différents nano-médias sur lesquels vous souhaitez investir. Cette évaluation va reposer sur des indicateurs adaptés aux spécificités et contraintes du média.

De même, si vous souhaitez “approcher” des leaders d’opinion, il va vous falloir les qualifier pour repérer les influenceurs qui présentent le plus de potentiel. Et là encore il existe déjà un certain nombre de critères :

  • Pour les blogs (audience, popularité, nombre d’abonnés RSS / nombre de visiteurs, nombre de commentaires par billet…) ;
  • Pour les micro-blogs (activité moyenne, nombre d’upate par jour, nombre de following / followers…) ;
  • Pour les réseaux sociaux (richesse du profil, ancienneté, nombre d’amis et d’amis d’amis…).

Et si vous souhaitez accélérer la manœuvre il existe même des indicateurs de performance fondés sur le potentiel d’influence : pay-per-post pour les blogs, pay-per-tweet pour les microblogs, pay-per-acquisition pour les réseaux sociaux.

Il reste encore un long chemin (mais tout n’est pas perdu pour autant !)

Rassurez-vous, nous n’en sommes qu’au tout début des médias sociaux (et de leur conquête par les marketeux et pubeux du monde entier). Il reste encore de nombreuses places à prendre et les initiatives les plus audacieuses sont en général accueillies avec indulgence (sauf cette opération des 35 lapins que je trouve complètement con).

Donc je récapitule :

  1. Testez et appréciez la diversité des médias sociaux ;
  2. Tâcher de comprendre les mécaniques sociales (motivations, freins…) ;
  3. Nommer un “monsieur communautés” chez vous (qui pourrait être chargé de mettre en place un observatoire de la marque au sein des différents médias sociaux) ;
  4. Définissez une déclinaison sociale de la stratégie de votre marque (positionnement, cibles, proposition de valeur, levier de différenciation…) ;
  5. Identifiez les bons supports (services) et les bons relais de votre message (micro ou nano-communautés) ;
  6. Lancez-vous !

Voilà, encore une fois vous n’avez rien à perdre à expérimenter des opérations novatrices (à l’image de celles décrites ici).

/!\ Article innitialement publié sur FredCavazza.net.

Frédéric CAVAZZA

Lifecast = Podcast 2.0 (et plus si affinité)

Connaissez-vous les lifecasts ? Mais si enfin, ces Web TV où il n’y a qu’un seul protagoniste : l’auteur qui se filme quasiment 24H/24H. C’est Justin Kan qui a été précurseur sur ce segment avec son site Justin.tv (dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet sur la notion de sous-veillance).

Le site Justin.tv est maintenant devenu un portail sur lequel cohabitent plusieurs programmes. Mais il existe aussi d’autres services vous permettant de lancer votre propre lifecast : UStram.tv, BlogTV.com ou encore le récent Yahoo! Live.

YahooLive.jpg

Une évolution extrême du podcast

Nous pouvons considérer ces services de lifecast comme une évolution extrême des podcasts. L’objectif ultime du lifecasteur étant de filmer un maximum de son quotidien, idéalement la totalité (ça ne vous rappelle rien ?).

A priori il n’y a pas trop d’intérêt à se filmer en quasi-continu, sauf si vous avez la possibilité de fouiller dans les archives et de faire des rétrospective des meilleurs moments (des best-of). Et c’est là où ça coince : ces services ne sont visiblement pas encore structurés pour offrir une proposition de valeur suffisante. Comprenez par là qu’il manque à mon sens 3 outils essentiels :

  • Un moteur de recherche vidéo pertinent (l’équivalent d’un Blinkx ou d’un Google Video Search) ;
  • Un outil d’édition et de montage (l’équivalent de JumpCut ou de YouTube Remixer) ;
  • Un mécanisme d’exportation et de publication (un mini-lecteur à encapsuler dans les blogs, pages persos, réseaux sociaux…).

En intégrant ces outils, les services de lifecasting pourraient apportés une réelle valeur ajoutée. Exemple : un passionné de voyage qui ferait des résumés de ces étapes ou de ces rencontres. Le plus gros potentiel de ces services réside ainsi dans la sélection et la compilation d’instants de vie, c’est en quelque sorte la longue traîne de la téléréalité.

Quid du modèle économique ?

Ces services sont encore balbutiants mais l’on se pose déjà la question de savoir comment les rentabiliser, ou du moins de savoir comment les auteurs pourraient monétiser leur audience. Il existe plusieurs options :

  • La publicité contextualisée. Visiblement Google est en train de finaliser un algorithme qui permet d’extraire le sens d’une vidéo et de proposer une publicité ayant un rapport. Toute la difficulté pour ce type de service serait de parvenir à faire ça en temps réel et à synchroniser la pub avec le lifecast à un rythme régulier (toute les 5 minutes par exemple).
  • Les publicités incrustées. Dans la mesure où les sociétés de production arrivent à incruster des bannières dans des matchs de foot ou des produits dans certaines séries TV, pourquoi ne pas le faire dans un lifecast ? Idéalement le lifecasteur pourrait porter un t-shirt avec un carré vert où la publicité viendrait s’incruster. Il y a également la possibilité de faire des bannières en sur-impression (plus simple).
  • Le placement de produits. Ceci peut s’apparenter à du sponsoring mais avouez que ça serait quand même plus simple de mettre de la pub sur le t-shirt du lifecasteur (le transformant ainsi en homme -sandwich) plutôt que de s’embarquer dans des systèmes complexes d’incrustation de produits à la volée.
  • Les productions sur commande. Puisqu’il existe des billets sponsorisés, pourquoi pas des séquences sponsorisées ? Nous parlons ici d’un petit jingle de temps en temps comme on peut en entendre à la radio. Où alors ça peut être une opération plus ambitieuse lors de manifestations. Exemple la couverture du spring break par iJustine pour le compte d’ American Eagle (cf. Du bonne usage de la vidéo pour faire de l’événementiel marchand).

Et Seesmic dans tout ça ?

Même si la nouvelle start-up de Loïc Lemeur peut vous sembler très proche de ce concept, il n’en est rien. Seesmic s’apparente plutôt à une solution de micro-blogging vidéo (quelques courtes séquences dans la journée) qui est plus adaptée à de la conversation collective en mode vidéo. La différence est subtile mais il ne me semble pas du tout pertinent de comparer Seesmic à Yahoo! Live. Deux services au positionnement et à la finalité complètement différente. Peut-être serait-il plus juste de comparer Seesmic à un forum en mode vidéo.

Conclusion : gros potentiel, mais grosses dérives potentielles

Force est de constater que le lifecast est encore une pratique extrême réservée à une minorité d’individus : entre le coût d’acquisition du matériel et le tournage des séquences, c’est un métier à plein temps !

Il y a de plus une forte dérive potentielle à prévoir, notamment quand à l’utilisation des lifecasts comme du contenus pornographiques payants (des sortes de peep-shows ouverts 24H/24H). Qui se souviens ainsi de JennyCam, une expérimentation très en avance sur son temps ?

Tout ça me laisse à penser que la clé du succès de ces services réside dans leur capacité à fournir des outils simples pour les utilisateurs, sinon ces derniers se contenteront de “picorer” ces services. Peut-être les terminaux mobiles sont-ils une solution aux problématiques logistiques : intégrer une application aux téléphones mobiles qui serviraient à capturer et à diffuser les séquences. Il existe déjà des services proposant cela ( Flixavagon, QIK… voir à ce sujet le billet d’ Eric) mais sans parvenir à apporter la même expérience utilisateur que les services leaders cités en début d’article.

Moralité : la compétition reste ouverte et chacun à ses chances…

/!\ Article innitialement publié sur FredCavazza.net.

Frédéric CAVAZZA

Deviendrons-nous tous des médias potentiels ?

Je constate depuis un certain temps une montée en puissance des services d’agrégation du type SocialThing, Ziki, mEgo ou encore LiFE2Front. Dernier en date, FriendFeed qui est semble-t-il la nouvelle coqueluche de la Silicon Valley : FriendFeed Gets $5M, Launches to the Public.

Il faut dire qu’avec cette ribambelle de services “2.0″ tout est prétexte à publication et partage : vos billets (via flux RSS), vos favoris ( del.icio.us), vos photos ( FlickR), vos diaporamas ( Slideshare), vos achats ( Shopalize), vos films loués ( Netflix), vos chansons écoutées ( Last.fm), vos humeurs ( Facebook Feed & Status), vos moindres faits et gestes ( Twitter)…

N’importe qui peut se prêter à ce petit jeu, mais il est tout de même préférable d’avoir un peu d’audience pour que ça devienne intéressant. Exemple : Loic Lemeur, l’homme public que l’on peut suivre au quotidien à l’aide de son blog, de son flux Twitter ou des ses podcast. Imaginez un peu ce que cela pourrait donner avec une version mobile de Seesmic

Petit à petit nous nous rapprochons de la notion de sousveillance pour laquelle il existe déjà des services comme Justin.tv, BlogTV ou encore le tout récent Yahoo! Live. Nouvelle forme d’expression ? Très certainement, car contrairement aux blogs où il faut publier pour exister, dans le cas de ces services de Livecast l’exposition est passive et quasi-pervasive, du moins pour la partie publique de la vie des auteurs. D’ailleurs, produisent-ils réellement du contenu ? Vaste question…

Comment cette tendance va-t-elle évoluer ? Difficile à dire, d’autant plus avec Google qui a récemment racheté Jaiku. Essayez donc d’imaginer ce qu’ils pourraient faire en appuyant ce service sur leurs data-centers : une indexation en quasi-temps réel de notre quotidien, une sorte de back-up permanent de notre vie de tous les jours.

Finalement le concept de lifestream n’a jamais été autant d’actualité (lire à ce sujet ce blog : Lifestream Blog). Je m’étonne que les éditeurs de services en ligne n’ont pas encore étendu ce principe en proposant des variantes :

  • des lifestreams familliaux (regroupant les activités quotidiennes des différents membres de la famille) ;
  • des lifestreams locaux (regroupant le quotidien des habitants d’un même quartier) ;
  • des lifestreams verticaux (pour des groupes homogènes de passionnés ou de professionnels d’un même métier)…

Vous êtes libre de compléter cette liste dans les commentaires.

/!\ Article innitialement publié sur FredCavazza.net.