Frédéric CAVAZZA

Archivez votre présence sur les médias sociaux avec Silentale

Avec la multiplication des plateformes sociales, il devient de plus en plus compliqué de gérer les conversations et les traces que vous laissez. Pire, si un service que vous utilisez ferme ses portes, vous perdez l’historique des interactions sociales qui étaient hébergées dessus.

C’est là où intervient Silentale, une startup française (cocorico !) qui a reçu le prix du public lors de l’édition 2008 de LeWeb (Arg ! Mais comment ça se prononce ?). L’idée est de proposer un service de consolidation et d’archivage de vos emails et conversations sur les principales plateformes sociales du marché (Facebook, Twitter, LinkedIn, Gmail, Yahoo! Mail, Hotmail…).

La première étape consiste donc à brancher sur le service vos différents comptes :

Connectez vos comptes à Silentale

Connectez vos comptes à Silentale

Puis après quelques heures de travail, le service a rapatrié sur la plateforme vos différents messages et conversations :

Vos conversations archivées dans Silentale

Vos conversations archivées dans Silentale

L’interface est agréable et surtout ça fonctionne bien ! Plus sérieusement, la connexion aux comptes et transparente et la navigation dans les archives est plutôt bien faite. J’apprécie particulièrement la possibilité d’avoir une vue unifiée de vos conversations et échanges avec une personne en particulier ou la possibilité de rechercher dans les pièces jointes. Tout ceci est à découvrir dans la page Feature by Feature et dans cet article : Silentale lets you archive and search your every conversation.

Après les services d’agrégation, nous voici donc arrivée à l’étape suivante : l’archivage. Pour la petite histoire, les données sont stockées sur les data centers d’Amazon Web Services en Europe (donc pas aux US, j’insiste). Pour le moment le modèle économique du service n’a pas encore été dévoilé mais je me doute qu’il sera fonction du nombre de comptes et du volume de stockage.

Prochaine étape logique : l’interopérabilité.

Dans un positionnement assez proche il y a aussi Threadsy qui propose un service de “Universal Social Inbox“, ou encore des services d’archivage comme SocialSafe ou Backupify.

Frédéric CAVAZZA

Un pas de plus vers le web social en temps réel avec Cliqset

Depuis le rachat cet été de FriendFeed par Facebook et la publication du code source de Tornado, le serveur qui va avec, nous pensions que le créneau des services d’agrégation sociale était bouché. Que nenni car Cliqset ambitionne de changer tout cela avec sa nouvelle version qui vient de sortie en beta : It’s Here! Cliqset’s Real-Time Community.

Pour faire simple, Cliquset est un service d’agrégation qui permet de compiler  votre activité sur les différents médias sociaux (70 services en tout), de les retraiter en un format standardiser (Activity Streams) et de le rendre accessible (au travers d’API) dans un flux unique et temps réel : Cliqset Transforms Social Media Feeds Into Standardized, Real-Time Data. En français ça veut dire que vous “brancher” sur Cliqset les tuyaux des services où vous publiez des choses et que le service se charge de les traduire en un format utilisable par d’autres services (dont Facebook, Myspace, Windows Live et même Opera).

L'interface de Cliqset

L'interface de Cliqset

Pourquoi vouloir retravailler le format de son flux d’activités sociales ? Tout simplement pour ne pas être dépendant du format propriétaire d’un service. C’est donc sur le terrain de la standardisation et de l’interopérabilité que Cliqset a décidé de se démarquer avec notamment une authentification déléguée (via Google Account, Yahoo! Account ou Open ID).

Pour rentrer dans les détails techniques, le fameux format Activity Streams est une émanation du DiSo Project (qui vise à standardiser les médis sociaux) et repose sur XML : Cliqset Relaunches, Joins the Real-Time Streaming Club. OK très bien, mais il existe d’autres formats de dialogue en temps-réel comme l’imprononçable Pubsubhubbub ou encore RSSCloud proposé par WordPress. Certes, mais Cliqset propose en plus le reformatage.

Une nouvelle très intéressante mais qui s’accompagne des suspicions d’usage : Si le service est gratuit, comment vont-ils gagner de l’argent ? Que vont-ils faire de toutes ces données ? Quel est l’intérêt de passer par un intermédiaire si de toute façon mon lifestream finit sur Facebook ?

Bref, même si l’exploit technique est intéressant, ce n’est tout de même pas simple e s’attaquer au mastodonte FriendFeed / Facebook. J’attends de recevoir un code pour tester la beta…

Frédéric CAVAZZA

Tumblr, nouveau Twitter ou nouveau FriendFeed ?

Voilà un petit bout de temps que je veux rédiger un article plus complet sur Tumblr, et l’actualité récente m’en offre l’occasion. Je prolonge donc la réflexion initiée précédemment (Il y a une vie après Twitter, heu… laquelle déjà ?) pour détailler un service en pleine croissance qui pourrait bien reprendre le flambeau du service le plus hype du moment (surtout avec le rachat de FriendFeed par Facebook et l’evordose de Twitter).

Mais commençons par le commencement : Tumblr est un service de publication de partage et de discussion à mi-chemin entre le blog, le microblog et le lifestreaming. Je pense qu’il ne serait pas faux de dire que Tumblr reprend le meilleur de ces trois types de services, vous pouvez ainsi :

  • Publier des articles sans limitation de taille (et même des notes vocales via téléphone mobile) ;
  • Partager tout type de contenu (liens, photo, vidéo, audio, citation…) que vous croissez au hasard du web ;
  • Publier par email ou depuis un téléphone portable ;
  • Agréger les flux de différents autres services et re-publier vers eux ;
  • Personnaliser votre thème à loisir…

Bref, ce service est riche mais paradoxalement très simple à utiliser. Au niveau de la mise en page ça ressemble à un blog (ou peut-être un lifestreaming ?) et l’on croise des gabarits très variés. Du beau et du très laid mais le niveau est globalement bon :

Exemples de Tumblr

Exemples de Tumblr

En termes d’audience, Tumblr annonce 255 millions de pages vues en Juillet et approche les 2 millions d’utilisateurs : Tumblr Takes Over World: 255,000,000 Pageviews in July. 2 millions c’est peu, mais c’est largement assez pour attirer l’attention des blogueurs et autres leaders d’opinion qui y voient la prochaine pépite des médias sociaux : Twitter is Done. Tumblr is Next.

Concernant l’intégration avec d’autres services, Tumblr se fait discret mais intègre déjà de nombreuses fonctionnalités présentes sur d’autres plateformes sociales (recherche en temps réel, #tags…) : Tumblr Launches Hashtags and Facebook Integration. Le tableau de bord est sobre et le processus de publication très fluide :

Le tableau de bord de Tumblr

Le tableau de bord de Tumblr

Récemment Tumblr a ouvert une nouvelle page de découverte en temps réel (Tumblr Wire) ainsi qu’une place de marché pour les concepteurs de design (Tumblr Projects) : Tumblr Adds a Real-Time Wire And A MarketPlace For Designers.

A la découverte des autres utilisateurs de Tumblr

A la découverte des autres utilisateurs de Tumblr

Bien évidement Tumblr n’est pas tout seul sur ce créneau car d’autres services rentrent en concurrence direct (Posterous, Storytlr…) : Posterous vs. Tumblr: A Head to Head et Storytlr et Tumblr ouvrent de nouvelles possibilités d’expression online. Ma préférence va à Tumblr car il est plus riche fonctionnellement mais Posterous propose l’énorme avantage de pouvoir utiliser son profil Facebook via Facebook Connect.

En conclusion je pourrais dire que même si le trafic n’est pas à la hauteur, ce service mérite largement que l’on s’intéresse à lui de part la qualité de sa communauté et par les nouvelles formes d’interactions qu’il induit (cf. Comment le microblog a bouleversé les pratiques de blog). Une bonne opportunité pour les marques de se différentier des adopteurs tardifs qui ouvrent des comptes officiels sur Twitter.

Pour le moment je me contente d’agréger mes productions diverses sur mon profil (fredcavazza.tumblr.com) mais si je devais abandonner mes blogs, c’est ce service que je choisirais. N’hésitez pas à publier vos profils ou à me signaler des profils intéressants dans les commentaires.

Frédéric CAVAZZA

L’invasion des meta-agrégateurs sociaux

Les agrégateurs sociaux, vous connaissez ? Mais si enfin, c’est grosso-modo la traduction barbare des services de socialstreaming, ceux qui vous servent à centraliser votre vie sociale en ligne (avec des acteurs comme FriendFeed et Facebook). Et bien figurez-vous que la sphère sociale est tellement riche que les agrégateurs ne suffisent plus, il faut maintenant avoir recours à des méta-agrégateurs, des outils qui permettent de “consommer” plusieurs agrégateurs en même temps.

Il y a tout d’abord les rich desktop applications comme TweetDeck, Thwirl, AlertThingy ou encore Skimmer qui se livrent une bataille acharnée pour avoir la maîtrise des flux (lire à ce sujet Tweetdeck and Seesmic: The Twitterization of Facebook Comes to the Desktop).

L'interface de TweetDeck

L'interface de TweetDeck

Vous avez ensuite les extensions de browser comme Feedly qui permettent d’améliorer votre “productivité” en vous livrant une start page qui mélange flux RSS et socialstream (lire à ce sujet : 20 Firefox Extensions for Social Media Addicts).

La start page de Feedly

La start page de Feedly

Et vous avez enfin des services en ligne comme Streamy qui poussent encore plus loin cette logique de meta-agrégation : Streamy Takes Social Media Aggregation to the Next Level. Le principe de se service est de vous permettre d’agréger autant de flux que vous le souhaitez dans une interface horizontale à base de colonnes :

L'interface horizontale de Streamy

L'interface horizontale de Streamy

Bon là c’est sûr que ça commence à ne plus être très lisible, mais l’exploit technique réalisé est tout de même louable.

Je me permet de mettre un bémol à cette surenchère : il y a assez peu de chance que tous ces services survivent. J’anticipe un avenir proche (début 2010) où les logiciels d’agrégations vont petit à petit grignoter des parts de marché aux services en ligne mais il ne peut y avoir que 2 ou 3 concurrents sur ce créneau. Attendez-vous également à voir apparaître des versions mobiles de ces services.

J’ai adopté TweetDeck, et vous ?

Frédéric CAVAZZA

Après le lifestream, le placestream ?

Si vous lisez ce blog régulièrement alors vous connaissez déjà le principe de lifestream, ces flux qui agrégent l’activité d’un individu et permettent de le suivre dans son quotidien numérique.

Mélanger ce principe de lifestream avec celui des réseaux sociaux locaux et vous obtenez les placestreams : un flux d’activité de tous les individus et évènements pour un lieu donné. Prenons l’exemple d’un quartier ou d’une rue, le placestream listera les personnes qui sont passées dans le coin, ce qu’elles ont fait sur place ainsi que les différents événements (travaux, ouverture de restaurant / bar, spectacles en cours…).

Illustration avec Brightkite qui propose ce concept (ici pour la ville de New-York) :

Le placestream de la ville de New-York

Le placestream de la ville de New-York

Pour le moment l’activité est plutôt faible (car il n’y a pas des millions d’utilisateurs) mais à mesure que ces services vont prendre de l’ampleur nous pouvons tout à fait imaginer une granularité plus fine pour descendre au niveau du quartier voir d’une rue (d’un carrefour ?).

Les possibilités de monétisation de ce type de service sont évidentes :

  • Promotions en cours des commerçants du quartier ;
  • Annonces immobilières ;
  • Services de rencontres (amoureuses ou non) ;
  • Messages officiels de la municipalité…

Bref, les idées ne manquent pas et les annuaires locaux “sociaux” (DisMoiOù, Webcity, Peuplade…) ne devraient pas mettre longtemps à implémenter cette fonctionnalité.

Frédéric CAVAZZA

Ping.fm + Yahoo! Pipes = Tarpipe

Gérer son activité sociale sur le web peut rapidement être très chronophage, surtout si vous êtes un minimum actif (blog + partage de photos + vidéos + liens + tweet…). Autant il existe des services simples pour agréger vos publications (à l’image de Friendfeed) autant il est nettement plus complexe de gérer ça dans l’autre sens : publier sur plusieures plateforems en même temps.

C’est là où des services comme Ping.fm ou Pixelpipe prennent tout leur intérêt. Le problème c’est que ces services sont tout de même assez limités et c’est là où Tarpipe rentre en scène. Pour faire simple il s’agit d’un atelier de gestion graphique de vos flux sociaux.

L’intérêt de ce service est de vous permettre de gérer vos flux d’activités sociaux (billets et tweet publiés, photos et liens partagés…) dans un environnement graphique qui n’est pas sans rappeler Yahoo! Pipes :

L'atelier de gestion des flux sociaux de Tarpipe

Cet outil offre ainsi un niveau de sophistication jamais proposé jusqu’à présent avec la possibilité de définir des règles complexes : récupérer les emails envoyés à telle adresse et les republier sous forme de tweets sur différentes plateformes (Twitter, Plurk, Jaiku), partager une photo sur différents services (FlickR, Photobucket…) à partir de la pièce jointe d’un email…

Bref, c’est le paradis du social user sans une seule ligne de code. Au premier abord le service a l’air complexe mais les règles sont assez simples à mettre en oeuvre et le service supporte même les microformats.

Il ne manque plus qu’une version premium avec une couche de “social analytics” pour les marques qui souhaitent faire du brandstream micro management ?

(via RW/W)

Frédéric CAVAZZA

Lifestream + Brand = Brandstream

Avec l’avènement des médias sociaux, la dispersion de l’audience sur une infinité de services (blogs, sites de partage, réseaux sociaux…) et les piètres performances des campagnes de bannières, les marques doivent redoubler d’efforts pour séduire les prospects et fidéliser les clients. La meilleure façon façons de maintenir le dialogue avec cette tranche si volatile de la population en ligne est de multiplier les points de contact et de passer d’une communication basée sur l’exposition à une communication basée sur l’engagement. Traduction : il faut aller chercher les cibles là où elles sont (blogosphère, services de partage, réseaux sociaux, web mobile…).

De ce fait, la présence des marques s’en trouve diluée sur de nombreux supports. Conséquence logique du fait que plus de la moitié des contenus produits sont consommés en dehors du site d’origine (lire à ce sujet l’étude de Universal McCann), ce qui est valable pour le contenu l’est aussi pour les marques. À partir de là, si une marque souhaite offrir une vision synthétique de ses manifestations / présences à ses clients (fans ?) pourquoi n’auraient-elles pas recours aux services de lifestream ? D’où la notion de brandstream qui ne s’applique pas à un individu mais à une marque (et potentiellement à ses ambassadeurs).

Bien évidement les marques pourraient se charger de consolider et de diffuser leur propre flux mais elles ne bénéficieraient pas du levier communautaire (commentaires, ping, découverte empirique…) qu’offrent des services comme FriendFeed, SocialThing, Lifestream.fm ou Plurk.

Ceci est d’autant plus facile que FriendFeed propose maintenant des widgets tout à fait appropriés pour ça : Feed Widget et Badges (cf. FriendFeed Unveils New Widget Offerings). Ne manque plus que la possibilité de customiser la page de profil (comme les Corporate profiles de LinkedIn ou les Brand pages de Facebook) pour parfaire ce tableau. Vous noterez au passage la proximité de ce concept avec celui de Social Media Release.

Pour pousser la réflexion un peu plus loin, je vous recommande ces articles du blog de Pheedo (une agence spécialisée dans les RSS Advertising Solutions) : Brandstreams, The Next Generation Social Media Tool for Companies to Reach Their Audience et Brandstreaming, Hot New Social Trend?.

Alors ? Les brandstreams comme nouveaux leviers de diffusion et d’engagement ? (via Read/Write Web)

Frédéric CAVAZZA

Vers une hiérarchisation des médias sociaux ?

J’avais déjà rédigé un billet sur une hypothétique pyramide des besoins 2.0, mais la lecture de récents billets sur des sujets proches me poussent à revisiter le mythe de la pyramide et de la hiérarchisation des utilisateurs / besoins / médias sociaux.

Pyramides et échelles en tous sens

Souvenez-vous, il y a tout d’abord ce célèbre triptyque creator / synthetizers / consumers (autrement appelé la règle du 1/10/89) pour décrire la répartition de la population des médias sociaux :

SocialUsers.jpg

Il y a ensuite la non moins célèbre social ladder de Forrester qui introduit une segmentation plus fine :

SocialLadder.gif

Il y a aussi cette théorie sur la community hierachy (Consumers Seeking Esteem Drive Communities) :

CommunityHierachy.jpg

Et maintenant je vous propose de découvrir cette pyramide hiérarchique des outils “sociaux” : The Hierachy of Social Media Marketing.

socialmarketing.gif

Selon l’auteur, un utilisateur des médias sociaux débute sont “parcours initiatique” par les blogs et passe par différentes étapes d’implication sociale où il va expérimenter les outils “sociaux” selon l’ordre suivant :

  1. Les blogs (lecture, commentaires)
  2. Les flux RSS (agrégation dans un lecteur)
  3. La recherche sociale (notation ou publication de tests de produits, de restaurants ou de lieux de vacances)
  4. Les liens sociaux (publication d’articles sur des portails de journalisme collaboratif)
  5. Les réseaux sociaux (création d’un profil, création / adhésion à un groupe)
  6. Le microblogging (micro-publication de son statut, de son activité, de photos…)

Étonnant, non ? Le microblogging serait donc le stade ultime de la sociabilisation en ligne. Un point de vue très intéressant mais qui à mon sens ne reflète pas la réalité des médias sociaux.

Le monde se divise en deux…

De mon expérience je dirais qu’il ne faut pas une mais deux échelles pour décrire l’implication sociale d’un utilisateur des médias sociaux. Je suis fermement convaincu qu’il y a deux populations : ceux qui publient chez les autres et ceux qui publient chez eux.

Autant il serait délicat de hiérarchiser l’implication du premier groupe d’individus (où commence-t-on à publier chez les autres ?), autant je vous propose ce schéma de progression pour ceux qui publient en leur nom :

  1. Blog, vous commencez par un blog pour partager vos points de vue (pro ou perso) ;
  2. Microblog, vous enchainez avec de la micro-publication pour diversifier vos écrits et augmenter le rythme ;
  3. Lifestream, vous agrégez l’ensemble de vos publications (photos, vidéos…) ;
  4. Lifecast, vous êtes devenu un personne public, vous n’avez plus rien à cacher et vous vous filmez aussi souvent que vous le pouvez.

Bien évidement tout le monde ne suit pas cette progression mais je pense qu’il y a une logique dans cet enchainement : toujours plus d’exposition (nombre de canaux / durée) et de proximité.

Je suis presque au stade terminal. C’est grave docteur ?

Frédéric CAVAZZA

Toujours plus de réseaux sociaux

Autant vous prévenir tout de suite : vous n’avez pas fini d’entendre parler des réseaux sociaux. De toute façon Charlene Li a prévenu : “Social networks will be like air“.

Alors qu’il est déjà l’heure de faire le bilan de la première année de la Facebook Plateform et qu’ils nous preparent un refonte en profondeur du service (Screenshots of Facebook’s new design and all the old ones too et Facebook New Profile Dev Sandbox Now Live), je vous propose donc ce soir d’élargir votre horizon “social” à d’autres services et habitudes de consommation des médias sociaux :

Ouf, ça en fait des services à tester ! En tout cas cela pourra éventuellement vous divertir des ces lassantes conversations intra-bloggosphériques sur les ratés de Twitter (What’s Killing Twitter: Twitter Gets Help Digging its Grave) ou sur la montée en puissance de FreindFeed (It’s Time For FriendFeed To Kill Twitter).

/!\ Billet innitialement publié sur FredCavazza.net.

Frédéric CAVAZZA

Panorama des médias sociaux

Aviez-vous remarqué que le terme “web 2.0” n’est plus à la mode ? Il faut dire qu’à force de nous survendre du “2.0″ à toutes les occasions, le concept fini par lasser. Maintenant, on parle de médias sociaux. Car avec un nombre de services en ligne toujours plus important, des concepts tous plus sophistiqués, des copies, des mashups dans tous les sens… il devenait difficile de s’y retrouve. Voilà pourquoi il était important de morceler cette grosse bouillabaisse qu’était devenu le web 2.0 en plusieurs sous-concepts pour en faciliter la compréhension.

De ce morcellement sont nés le social shopping, l’entreprise 2.0, les médias sociaux et bien d’autres encore. Mais a-t-on déjà pris le temps de bien définir ce qu’étaient les médias sociaux ? Voilà où je veux en venir : donner une définition et une vue exhaustive de ce que ce concept regroupe.

Publions, partageons, sociabilisons !

Dans “médias sociaux” il y a “média“, ce qui veut dire que les médias sociaux sont des supports numériques à une prise de parole ou une publication.

Dans “médias sociaux” il y a “social“, ce qui implique des échanges (fichiers, goûts, points de vus…) mais aussi des interactions sociales (structuration de groupes d’individus en réseaux, acquisition de notoriété, influence…).

Vous l’aurez compris, les médias sociaux sont donc des outils et services permettant à des individus de d’exprimer (et donc d’exister) en ligne dans le but de rencontrer / partager (et plus si affinités).

Une infinité d’outils et de services

La principale caractéristique des médias sociaux est le fractionnement de l’audience : aussi bien au niveau des sources (il existe des centaines de millions de blogs, wikis, forums…) que des supports de médiatisation / sociabilisation, c’est à dire des outils.

Ces derniers peuvent prendre de multiples formes (plus ou moins sophistiquées) et répondre à de nombreux besoins (existant ou non). Le schéma suivant illustre ainsi la richesse et la diversité des médias sociaux :

MediasSociaux.jpg

Comme vous pouvez le constater, ces différents outils et services peuvent être regroupés par catégories :

Ouf ! Ça en fait des services… et nous n’en sommes qu’au début ! Maintenant que le cadre est définit, il est temps de rentrer dans le vif du sujet.

Il y a eu un avant Facebook et il y aura un après Facebook

Les communautés en ligne n’ont pas attendu Facebook pour se regrouper et sociabiliser au sein de forums. Ce n’est pas l’outil qui fait vivre une communauté, mais plutôt la capacité des membres à trouver de nouveaux sujets et modes d’interaction. Donc peu importe l’outil, là où il y a des membres motivés il y a aura une communauté, même avec les outils les plus rudimentaires. Et inversement, vous pouvez proposer les outils les plus sophistiqués, la dynamique communautaire n’en sera pas forcément plus forte.

Si vous lisez régulièrement ce blog, alors vous connaissez déjà mon avis sur Facebook, service qui récolte bien plus d’attention qu’il n’en mérite.

Il n’existe pas d’outil unique pour tout faire

Même si les chiffres penchent en faveur des méta-plateformes comme MySpace, Skyblog ou encore Cyworld, les services à cheval entre plusieurs fonctions (publication, réseau social, partage…) risquent de rapidement noyer les membres dans une mélasse de contenus hétéroclites qui finissent pas faire plus de bruit qu’autre chose.

Donc même si l’audience est concentrée sur 2 ou 3 méga-plateforme, les plus fortes progressions se font aujourd’hui sur des services de niche. Concentrez donc vos efforts sur ces plateformes au succès en devenir plutôt que sur les services mainstream.

Vous ne pouvez plus vous cacher

Que vous le vouliez ou non, les conversations sont là et elles ont lieu avec ou sans vous. Comprenez par là qu’il est complètement illusoire de penser que pour contrôler sa marque il suffit d’empêcher vos employés de blogueur ou de ne pas s’exposer sur les médias sociaux.

Votre marque ne vous appartient plus, elle n’existe que dans l’inconscient des clients / prospects, qui sont accessoirement massivement présents sur les blogs, forums, wikis et réseaux sociaux. Donc à vous de choisir si vous voulez subir les conversations ou essayer d’y participer. D’où l’importance de nommer un “champion des médias sociaux” au sein de votre organisation (Community planner, Social media manager, Community architect, Social analytics expert…).

Quels KPIs ?

Se rapprocher des clients et prospects est un but louable, encore faut-il savoir de quels clients et/ou prospects vous souhaitez vous rapprocher et dans quel but. Il va donc très rapidement falloir être en mesure d’évaluer le potentiel des différents nano-médias sur lesquels vous souhaitez investir. Cette évaluation va reposer sur des indicateurs adaptés aux spécificités et contraintes du média.

De même, si vous souhaitez “approcher” des leaders d’opinion, il va vous falloir les qualifier pour repérer les influenceurs qui présentent le plus de potentiel. Et là encore il existe déjà un certain nombre de critères :

  • Pour les blogs (audience, popularité, nombre d’abonnés RSS / nombre de visiteurs, nombre de commentaires par billet…) ;
  • Pour les micro-blogs (activité moyenne, nombre d’upate par jour, nombre de following / followers…) ;
  • Pour les réseaux sociaux (richesse du profil, ancienneté, nombre d’amis et d’amis d’amis…).

Et si vous souhaitez accélérer la manœuvre il existe même des indicateurs de performance fondés sur le potentiel d’influence : pay-per-post pour les blogs, pay-per-tweet pour les microblogs, pay-per-acquisition pour les réseaux sociaux.

Il reste encore un long chemin (mais tout n’est pas perdu pour autant !)

Rassurez-vous, nous n’en sommes qu’au tout début des médias sociaux (et de leur conquête par les marketeux et pubeux du monde entier). Il reste encore de nombreuses places à prendre et les initiatives les plus audacieuses sont en général accueillies avec indulgence (sauf cette opération des 35 lapins que je trouve complètement con).

Donc je récapitule :

  1. Testez et appréciez la diversité des médias sociaux ;
  2. Tâcher de comprendre les mécaniques sociales (motivations, freins…) ;
  3. Nommer un “monsieur communautés” chez vous (qui pourrait être chargé de mettre en place un observatoire de la marque au sein des différents médias sociaux) ;
  4. Définissez une déclinaison sociale de la stratégie de votre marque (positionnement, cibles, proposition de valeur, levier de différenciation…) ;
  5. Identifiez les bons supports (services) et les bons relais de votre message (micro ou nano-communautés) ;
  6. Lancez-vous !

Voilà, encore une fois vous n’avez rien à perdre à expérimenter des opérations novatrices (à l’image de celles décrites ici).

/!\ Article innitialement publié sur FredCavazza.net.

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