Frédéric CAVAZZA

Il y a une vie après Twitter (heu… laquelle déjà ?)

Voilà c’est la rentrée, et comme à chaque rentrée je vous propose d’adopter une bonne résolution de rentrée : trouver un remplaçant à Twitter. Pourquoi cela ? Parce que ça fait bien trop longtemps que l’on en parle et que de nombreux signaux nous montrent que la roue est en train de tourner. Attention ne vous méprenez pas : Twitter est et reste un authentique phénomène de société (surtout dans les pays anglo-saxons) qui a révolutionné la façon de publier, consommer et propager de l’info (notamment grâce à sa simplicité et à la dimension quasi-temps réel).

Oui mais voilà toute les bonnes choses ont une fin et la blogosphère est en train de se chercher une nouvelle coqueluche. Pourquoi ? Parce que les médias sont ainsi fait : ils ont besoin de nouveauté et les blogs ne font pas exception, d’autant plus que les poids lourds de la blogosphère ont une organisation et un fonctionnement beaucoup plus proche d’un journal que d’un bloggeur indépendant (avec régie publicitaire et comité de rédaction). Est-ce important ce que la blogosphère pense ? Oui car qu’on le veuille ou non, la masse de blogueurs “spécialisés” dans les médias sociaux influence les agences qui à leur tour influence les annonceurs. Bref, il y a des phénomène de mode (souvenez-vous de Second Life) et elle est en train de changer.

Encore une fois je ne suis pas en train de prédire le déclin de Twitter, mais plutôt le déclin de sa couverture médiatique, un cercle vicieux qui fait que les gros blogs en parlent donc les petits blogs en parlent donc les journaux en parlent donc la TV en parle donc les gros blogs en reparlent… Oui mais là, ça commence à faire beaucoup (cf. Vers une overdose de Twitter). Pourquoi un tel raz-de-marée médiatique ? Parce que Twitter occupe une position ultra-dominante sur le créneau des outils de microblog. Ce service se caractérise par sa simplicité et son ouverture, ce que ne propose pas Facebook par exemple qui a plus fait le choix de l’agrégation sociale (mais j’aurais l’occasion de revenir là-dessus).

Bref, plutôt que de vous demander quel est l’avenir de Twitter, poser-vous plutôt la question de savoir si le microblog à de l’avenir. La réponse est oui, autant que le SMS (une technologie rudimentaire avec de très nombreuses contraintes mais dont le caractère protéiforme et la simplicité à aider les utilisateurs à se l’approprier). Plus qu’un service, Twitter est maintenant en train d’évoluer vers un standard de communication, un protocole autour duquel gravite un écosystème de services et applications. Il y a quelques années je comparais Twitter à la CB du web, maintenant je le compare plus volontiers à la ligne de commande du web (j’aurais l’occasion de revenir là-dessus). Malgré ce que l’on peut en dire, il y a un très gros potentiel derrière ce service et je rejoint l’avis de Robert Scoble : Why Twitter is underhyped and is probably worth five to 10 billion dollars.

Le problème c’est que Twitter est maintenant devenu un phénomène de masse (Twitter a-t-il atteint le point de bascule ?), surtout dans les pays anglo-saxons, et vous savez bien que là où il y a la masse, il n’y a plus le hype. Pire : la moyenne d’âge est plutôt élevé et même s’ils l’utilisent un peu, les “jeunes” préfèrent d’autres services où ils se retrouvent entre eux (Why Don’t Teens Tweet? We Asked Over 10,000 of Them).

Attendez-vous donc à un phénomène de report vers des plateformes plus intimistes : des services ouverts comme identi.ca et Jaiku Engine, ou des services hybrides comme TumblR ou Posterous. Encore une fois je ne parle pas d’un abandon de Twitter par ces utilisateurs, mais plutôt une défection de la part des adopteurs précoces et autres leaders d’opinions (cf. Comment le microblog a bouleversé les pratiques de blog) qui vont entrainer dans leur sillage d’autres utilisateurs.

Mais revenons à nos moutons : la nouvelle coqueluche de la blogosphère. Autant je suis persuadé que l’on a assez parlé de Twitter (ou pour être plus exacte : assez “sur-parlé” de Twitter), autant je constate un intérêt très marqué pour les applications mobiles de nouvelles génération : les plateformes sociales locales à la FourSquare (toujours pas disponible pour Paris) et les applications de réalité augmentée en situation de mobilité (Réalité augmentée, le nouvel eldorado des smartphones).

Le saint Graal de ce nouvel engouement ira très certainement à celui qui parviendra à marier plateforme sociale locale avec terminaux mobiles et réalité augmentée (Augmented reality gets social networking touch with Brightkite Layar). C’est en quelque sorte une plateforme sociale “squared” (façon Web²).

Frédéric CAVAZZA

Après le lifestream, le placestream ?

Si vous lisez ce blog régulièrement alors vous connaissez déjà le principe de lifestream, ces flux qui agrégent l’activité d’un individu et permettent de le suivre dans son quotidien numérique.

Mélanger ce principe de lifestream avec celui des réseaux sociaux locaux et vous obtenez les placestreams : un flux d’activité de tous les individus et évènements pour un lieu donné. Prenons l’exemple d’un quartier ou d’une rue, le placestream listera les personnes qui sont passées dans le coin, ce qu’elles ont fait sur place ainsi que les différents événements (travaux, ouverture de restaurant / bar, spectacles en cours…).

Illustration avec Brightkite qui propose ce concept (ici pour la ville de New-York) :

Le placestream de la ville de New-York

Le placestream de la ville de New-York

Pour le moment l’activité est plutôt faible (car il n’y a pas des millions d’utilisateurs) mais à mesure que ces services vont prendre de l’ampleur nous pouvons tout à fait imaginer une granularité plus fine pour descendre au niveau du quartier voir d’une rue (d’un carrefour ?).

Les possibilités de monétisation de ce type de service sont évidentes :

  • Promotions en cours des commerçants du quartier ;
  • Annonces immobilières ;
  • Services de rencontres (amoureuses ou non) ;
  • Messages officiels de la municipalité…

Bref, les idées ne manquent pas et les annuaires locaux “sociaux” (DisMoiOù, Webcity, Peuplade…) ne devraient pas mettre longtemps à implémenter cette fonctionnalité.

Frédéric CAVAZZA

Nokia lance Friend View, son réseau social local

C’est la semaine dernière que Nokia a lancé via son labs un nouveau réseau social local : Friend View. Nous parlons bien ici d’un réseau social LOCAL, donc qui ne rentre pas (trop) en concurrence avec Mosh (un autre réseau social lancé par Nokia).

NokiaFriendView.jpg

Ce service repose sur 3 fonctions de base :

  • Indiquer à vos proches où vous êtes (géolocalisation via GPS ou triangulation) et ce que vous faites / ressentez (via micro-blogging) ;
  • Se renseigner sur des lieux à proximités (restaurants, bars…) grâce aux recommandations et commentaires de la communauté ;
  • Organiser des RDV spontanés avec vos proches (dans un lieu public ou non).

Plus d’infos ici : Nokia Friend View via Beta Labs, sinon tout est expliqué ici :

Le service est donc très intéressant sur le papier avec en prime une bonne complémentarité avec la version web, mais doit faire face à une concurrence très rudes de la part de services déjà établis comme DodgeBall, BrightKite, LooptMoximity ou encore de services français comme DisMoiOù ou Webcity. Pour le moment ce service n’est disponible que sur la plateforme Symbian (propriété de Nokia, cf. Rachat de Symbian par Nokia : le monde du mobile à nouveau bouleversé) et ne semble pas bénéficier de l’héritage de Plazes (racheté en début d’année : Germany’s Plazes Acquired By Nokia).

Visiblement les premières impressions sont plutôt mitigées (First Impression Of Nokia Friend View) mais nous pouvons faire confiance à Nokia et à sa force de frappe pour faire rapidement évoluer ce service. LA grande question reste maintenant de savoir d’ici quand ce service sera disponible sur les autres plateformes (Windows Mobile, Android, Blockberry et surtout iPhone).

(via Techcrunch)