Cédric DENIAUD

Quelle monétisation pour Twitter : comptes Premium, Promoted Tweets, Promoted Trends ?

Facebook l’avait annoncé et semble-t-il (selon Reuters) Facebook l’a fait ! Je parle ici de la rentabilité de son service. En effet, Facebook avait annoncé en mai 2009 qu’il jugeait pouvoir attendre la rentabilité en 2010 (Facebook lève 200 millions de dollars et estime être rentable en 2010). Selon Reuters, Facebook aurait plus que doublé son chiffre d’affaires en 2009 en passant de 300 millions de dollars en 2008 à plus de 800 millions en 2009 et aurait ainsi été rentable de quelques dizaines de millions de dollars en 2009. Nous connaissons les frais importants liés au maintien d’un réseau social comptant quelques centaines de millions de membres et adressant une audience équivalente à Google, il faut donc témoigner du succès de Facebook à avoir su surfer intelligemment sur le vague de l’investissement massif des marques /annonceurs sur son service.

La question que l’on peut se poser est ce qu’il en est pour un autre service phare (plus médiatiquement que dans l’usage en France : moins de 200 000 inscrits à date, ce qui continue à me faire penser et écrire Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public) des médias sociaux ; Twitter.

Twitter semble vouloir, après avoir fait la course à l’audience, monétiser fortement son service en misant principalement sur la carte entreprise. Petit rappel sur les derniers services payants proposés par Twitter pour les entreprises.

Les comptes Premium BtoB

Annoncés depuis près d’un an (Les comptes premium de Twitter : vers une monétisation BtoB ?), les comptes premium seront des comptes commerciaux payants à destination des entreprises. Globalement, l’idée de Twitter est de leur proposer des services supplémentaires notamment dans l’analyse leur permettant d’avoir plus de fonctionnalités qu’un compte particulier gratuit. Le rachat ce mois-ci de Trendly vise justement à aller dans le sens à agréger et racheter des services ayant développés des outils d’analyse poussés

A première vue, le système s’inspire assez fortement d’un modèle freemium, il faudra voir le prix proposé par Twitter puisque aujourd’hui Twitter puise sa force de son écosystème et des services connexes comme Seemic, Tweetdeck, TweetMeme ou bien encore CoTweet ciblent également à terme les entreprises. En effet, un service comme TweetMeme propose déjà un outil d’analyse payant permettant à l’entreprise d’accéder à des statistiques afin d’améliorer leur utilisation et la visibilité de leur compte Twitter.

Les Promoted Tweets

Pour les Promoted Tweets, les premiers résultats et expérimentations menées par des marques  (Red Bull, VirginiAmerica, NBC, …) semblent trouver un certain écho : Brands owners benefit from Twitter ads. Le CPC (Cost Per Click) semble être supérieur à d’autres formats publicitaires sur d’autres sites. Je suis assez dubitatif du véritable impact de ces formats, hors mis offres promotionnelles dédiées, dans le cadre de la valorisation d’un compte Twitter pour une marque.

Toutefois, dans le cadre d’une recherche via Search.twitter, l’apparition d’un résultat sponsorisé (ici l’inspiration googlienne est évidente) peut être pertinent et à déjà fait ses preuves dans les moteurs de recherche classique.

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La démarche ici est clairement publicitaire au sens premier du terme i.e visant un impact commercial. Je pense, que même si cela va arriver en France rapidement, qu’il ne faut se tromper là encire sur les objectifs d’une marque à développer sa présence pertinente sur les médias sociaux et notamment sur Twitter.

Avec moins de 200 000 utilisateurs en France, je pense que Twitter est un média d’influence qui permet à une marque de créer une relation avec de potentiels influenceurs. N’y avoir qu’une démarche commerciale, via des Promoted Tweets, serait alors à mon sens une erreur qui prouverait la non implication de la marque dans les usages du site…

Les Promoted Trends

Twitter vient de lancer son service de Promoted Trends. Globalement, vous avez sur votre page d’accueil Twitter, dans la partie droite, les tendances les plus populaires. Twitter est un formidable outil pour les annonceurs, journalistes et internautes de prendre le pouls du web  (L’hyper-réactivité des médias sociaux) et la mise en avant de ces “trends” correspondait à cette démarche de valoriser, parmi un grand nombre de conversations, ce qui est le plus discuté. Désormais, des marques peuvent y insérer leurs “hashtags” afin de rendre visible les conversations autour de leurs marques.

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Quelles autres voies de monétisation possibles ?

En dehors de ces voies visant à faire payer les entreprises, on peut se demander si Twitter n’aurait pas intérêt à explorer d’autres voies. Voici quelques propositions dont certains se font l’écho mais sur lesquelles je reste sceptique :

  • Faire payer les développeurs d’API : sur un modèle proche de l’App’Store d’Apple, l’idée serait de faire payer une licence aux développeurs d’API basées sur Twitter, voir derrière de proposer un App’Twitter Store visant à faire la promotion de ses applications. Je pense que c’est la proposition la plus improbable car à la différence de Apple, qui on le sait avance de manière très fermée, Twitter a basé son succès sur son écosystème (Twitter et son écosystème), ce qui clairement à mon sens l’a fait passer de fonctionnalité à véritable produit. D’un point de vue culturel, Twitter est né bien après Apple et cette culture Open Source / Partage de partie du code source fait partie de la culture Web actuelle.

  • Des tweets sponsorisés en dehors de Twitter : la force des Adwords / AdSense de Google est d’avoir su envahir le web et pas se cantonner seulement au moteur de recherche et autres services Google. On peut ainsi se demander si Twitter ne doit pas exploer cette voie. On sait que Twitter est fortement intéressé par intégrer son service et ses tweets sur des sites médias via Twitter Anywhere (Vers une intégration toujours plus poussée des médias sociaux dans les sites de marque : Twitter @anywhere). Les tweets sponsorisés pourraient ainsi également être proposés sur les moteurs de recherche, compte tenu que ces derniers doivent désormais de plus en plus prendre en compte les contenus créés en temps réel par les utilisateurs.

Article inspiré de CedricDeniaud.com : Comment les liens sponsorisés de Google ont influencé la monétisation de Digg, Twitter et Facebook ?

Cédric DENIAUD

Youtube fête ses 5 ans… mais où sera-t-il dans 5 ans ?

Youtube fête (déjà) ses 5 ans. A cette occasion, le service a retracé son parcours dans cette vidéo et a lancé une chaîne dédiée Youtube 5 ans où les internautes témoignent de comment Youtube a changé leur vie…

Youtube = un phénomène !

Youtube a fait rapidement parti de ces services qui en quelques mois sont devenus de vrais phénomènes. Ces services sont rares et Facebook, Twitter ou peut être Foursquare sont (seront) à ranger dans cette catégorie. Quelques chiffres qui témoigent de l’ampleur du phénomène :

  • 2 milliards de vidéos vues… chaque jour;
  • 24 heures de vidéos uploadées… chaque minute;
  • 33,5% de part de marché en France (contre seulement 7,3% pour DailyMotion). En France, ce sont 5,4 milliards de vidéos qui ont été visionnées sur Internet en 2009;
  • 70% du trafic provient d’en dehors les Etats-Unis.

Pas étonnant que le service est tombé dans l’escarcelle de Google qui l’avait racheté à l’époque pour la bagatelle de 1,65 milliard de dollars. Rappelez-vous tout le monde à l’époque émettait de profonds doutes sur ce rachat pour la question des droits d’auteurs (Quel avenir pour les sites de partage de vidéo ?).

Le service s’est constamment amélioré au fil des années :

  • Format HD
  • Nouvelle taille pour le player vidéo (format 16/9 en 2008)
  • Personnalisation du player vidéo
  • Fonctionnalités de partage
  • Fonctionnalités de vote et de commentaire
  • Les commentaires intégrés dans la vidéo
  • Format 3D

Des User Generated Videos aux contenus sous licence et diffusion live

Depuis Youtube a changé en partie son fusil d’épaule puisque, il faut bien le constater, nous sommes passés de la promesse “Broadcast yourself” (télécharger facilement vos vidéos pour les partager) a finalement la diffusion massive de contenus produits (extraits d’émissions, clips vidéos, …). Youtube s’est ainsi lancé dans une voie qui semble un peu contraire aux UGV (User Generated Videos) – celle des contenus non produits par les utilisateurs et non uploadés par eux : la diffusion légale de contenus sous licence.

Récemment, la richesse s’est faite également au niveau des contenus proposés. Outre, la signature de partenariats avec certains ayants droits, Youtube a récemment diffusé en live un match sportif et va même en diffuser en live toute la saison (rassurez-vous malheureusement il ne s’agit que de cricket). Déjà en novembre 2008, Youtube avait fait son premier événement Live dont Bruno vous avait parlé à l’époque dans Youtube Live : le 22 novembre, Youtube fait son festival des UGC, puis c’était la diffusion en live du concert de U2 et de Alicia Keys qui avait lancé Youtube dans la voie de la diffusion de contenus live.

Quelle monétisation ?

D’un point de vue de monétisation, Youtube a lancé de nombreuses initiatives dont :

  • Le téléchargement payant de certaines vidéos : Youtube permet sur certaines vidéos de directement les télécharger gratuitement. Les téléchargements étaient djà possibles via des services tiers qui s’étaient lancés ces dernières années. Mais Youtube, dans le cadre de la monétisation de son service, essaie de prendre tout le monde de court en bloquant ces services de téléchargement de vidéos sur Youtube (voir : Youtube bloque tous les téléchargements de vidéo ?). Ce bloquage des services externes va permettre à Youtbe de mettre en place une stratégie de téléchargement payant de certaines vidéos : “les partenaires pourront choisir d’offrir leurs vidéos en téléchargement gratuit ou payant grâce à google Checkout, ils pourront ainsi décider des prix et des licences qu’ils souhaitent attribuer à leurs créations”.

  • L’intégration de formats publicitaires : la publicité en overlay (ou InVideo Ads), …

  • Les partenariats pour la diffusion de contenus officiels : il faut voir ici l’influence direct de Hulu qui est quelques mois a fait beaucoup de mois aux Etats-Unis (Social Television : Hulu peut-il s’imposer ?)

  • Les contenus payants : le rachat le mois dernier de la société Episodic va également dans ce sens (monétisation par le biais de contenus payants).

Nul doute que la voie que prendra Google vers plus d’intégration de contenus payants et officiels renforce l’idée que la Social Television passe par des contenus de qualité…

Cédric DENIAUD

Quel avenir pour Youtube ?

On reparle de Youtube, suite à l’annonce d’un analyste de Crédit Suisse, Spencer Wang, relayée sur plusieurs blogs des résultats financiers “médiocres” et c’est peu de le dire de la plateforme de partage de vidéo de Google. Et oui, il faut se replacer que il y a quelques années, lors du rachat de Youtube par Google, ce dernier visait la rentabilité pour ce service en 2008. Il faut bien le constater les résultat ne sont pas là : 470 millions de $ de pertes en 2008, on est bien loin d’atteindre le seuil de rentabilité. Wang estime, par ailleurs, que les revenus générés par la plateforme devraient atteindre 240 millions de dollars fin 2009 (+20% environ sur un an), au lieu des 500 millions de dollars attendus.

Ce qui est le plus inquiétant est que Youtube a essayé différentes manières de monétiser son audience mais cela ne semble pas prendre encore totalement : publicités dans les vidéos, partenariats, téléchargements payants de certaines vidéos … L’idée clairement est de continuer dans cette direction et notamment dans celle des partenariats avec les éditeurs de contenus même si cela va finalement contre le modèle originel de Youtube qui est “Broadcast Yourself” et donc une plateforme de User Generated Vidéo. Youtube commence donc à se lancer dans une voie qui semble un peu contraire aux UGV (User Generated Videos) : celle des contenus non produits par les utilisateurs et non uploadés par eux : la diffusion légale de contenus sous licence. Certains comme Marc Cuban n’hésite pas à voir là une contradiction profonde et stratégique avec le modèle original de Youtube qui a fait son succès (Youtube’s Desperation). Par exemple, les tentatives nombreuses, dernièrement, de trouver le meilleur moyen de monétiser ses contenus (publicité en overlay sur les vidéos) sont perçues comme très intrusives (voir détails ci-dessous de données datant de mars 2009)

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L’autre problème majeur pour Youtube et dont je vous ai parlé il y a quelques semaines est la montée en puissance, outre Atlantique, d’un concurrent de poids : Hulu.com (lire : Youtube sur la voie de Hulu ?) qui lui au contraire se positionne sur la diffusion de contenus de partenaires.

Bref un peu comme pour MySpace (MySpace : grand perdant face à Facebook et Twitter ?), il semblerait que une nouvelle vague de services semble prendre le pas sur des services qui semblaient bien établis. Même si Youtube reste encore de loin la 1ère plateforme de partage de vidéos dans le monde d’un point de vue audience, il n’en demeure pas moins que le service peine à trouver un modèle économique viable et des coûts importants (bande passante, hébergement…) inhérents à ce type de service ne permettent pas de jouer sur la dimension charges pour atteindre plus rapidement la rentabilité.