Cédric DENIAUD

De la transparence des personnalités sur les médias sociaux : Ségolène Royal, Ben Stiller, Georges Clooney…

Pour faire suite à l’article précédent qui abordait la question de la transparence dans la diffusion d’information (De la transparence des marques sur les médias sociaux), je pense qu’il  est intéressant de voir ce qu’il en est pour les personnalités qu’elles soient du domaine artistique ou du domaine politique par exemple. Cet article sera probablement le seul sur Internet qui parlera et de Ségolène Royal et de Georges Clooney…

Si je repars de la même problématique que l’article précédent, les personnalités sont également soumises à la critique directe et immédiate sur Internet.

Est-ce que montrer la critique c’est déjà l’accepter ?

C’est un peu ce que l’on pourrait conclure lorsque l’on voit la démarche de la SNCF que je présentais. Autre exemple dont vous n’avez pas pu passé à côté est celui du lancement du nouveau site de Ségolène Royal,  Désirsdavenir.org, et des nombreuses railleries reçues dans les heures et jours qui ont suivies aussi bien sur Internet (Desirsdavenir suscite l’hilarité des internautes) que dans les médias internationaux. La première réaction de Ségolène Royal et de son équipe de communication ne fut pas constructive en la plaçant dans un rôle défensif sans accepter les critiques. La fameuse phrase du “lobby Internet” a certainement fait rire beaucoup de professionnels des métiers d’Internet. La deuxième réaction la semaine dernière fut plus intéressante… En effet, sur son site, l’équipe de Ségolène a mis en avant les principaux détournements dans un article peu équivoque. : Et si on en riait ? Est-ce que comme le présumait, avec un certain second degré, Fred, “Mauvais design = facteur de propagation rapide” ? Je me suis permis de reprendre ci-dessous les premières lignes de l’article :

Chères et chers Amis de Désirs d’Avenir

Ces trois dernières semaines, le site de Désirs d’Avenir a rencontré “quelques” problèmes techniques dont je sais à quel point ils vous ont étonnés, désorientés, voire consternés.

J’assume pleinement ce bug. Mais admettez avec moi que seuls ceux qui n’innovent jamais et ne prennent aucun risque ne se trompent jamais ; comme on dit en poitevin : “ya qu’chola qui fait rin qui peut contenter tout le minde”. L’important, c’est de savoir regarder aussi le positif et en particulier ces quelques 2,5 millions de connexions qu’a enregistré le site en 8 jours !

Et comme nous cultivons le sens de l’humour, nous avons rassemblé sous ce lien « Et si on en riait » les satires et autres plaisanteries mises en ligne ces trois dernières semaines à propos des difficultés du site, rubrique que nous allons d’ailleurs pérenniser : à vous de l’alimenter désormais !

Est-ce que l’auto-dérision est devenu le moyen de stopper un buzz négatif ? Rien n’est moins sûr  et en tout cas, je ne donnais pas ce conseil dans Kit de secours en cas de bad buzz : 5 conseils à ne pas oublier. On pourrait plutôt penser que c’est une manière facile et tardive de retourner sa veste en se montrant ouverte et tolérante et acceptant l’auto-dérision… mais la première réaction ne fut pas la bonne et on a rarement une seconde chance de faire une bonne première impression.

Quelle frontière entre privée et publique ?

D’un point de vue personnel, les médias sociaux, en tant qu’outils de diffusion d’information auprès de personnes (réseau public ou privé), posent la question de la frontière entre vie privée / vie publique et moins entre vie perso et vie professionnelle (cf : Vie perso / pro et vie privée / publique)

Dans ce cadre, on comprend que certaines “célébrités” ou “people” se posent la question de leur présence sur les médias sociaux. En effet d’un côté, les médias sociaux sont les outils permettant sur Internet de créer un lien plus fort et plus immédiat et direct entre un artiste et ses fans. Que ce soit via Twitter, Facebook ou MySpace, les médias sociaux suppriment les intermédiaires (médias traditionnels) entre fans et artiste, ce dernier pouvant avoir une communication directe et instantanée avec son public (cf : Britney Spears sur Twitter).

  • Les personnes les plus suivies sont followers appartiennent au domaine artistique, médiatique ou sportif : Asthon Kutcher, Britney Spears, Oprah Winfrey, Shaquille O’Neal… Outre le phénomène de proximité “marketing” entre un artiste et ses fans, le deuxième est celui du marketing personnel. La question que touchait du bout des doigts Bruno lorsqu’il présentait la présence de Lance Armstrong sur les médias sociaux (Livestrong.com : Armstrong champion du 2.0) est celle du markerting personnel face à la vente de ses droits d’image à d’autres marques ou diffuseurs de contenus. Pourquoi la NFL (ligue américaine de Football américain) a-t-elle interdit à ses joueurs d’utiliser Twitter pendant les marques (cf : Twitter effraie les patrons du football américain) ? Pour une question de droits de retransmission bien entendu. Pourquoi payer pour visionner un match alors que l’on peut suivre immergé parmi les joueurs et leurs impressions ? Certains d’entre vous me diront que c’est peut-être un peu  tiré par les cheveux mais je vous propose un autre exemple. Lors du Tour de France, Lance Armstrong diffusait chaque soir sur son site des interviews de ses amis cyclistes. La star devient journaliste et les diffuseurs officiels passent à côté de contenus… Alors ? Vaste question et enjeu !

  • Les stars ont compris l’enjeu des médias sociaux et en jouent comme Ben Stiller qui n’a pas hésité à mettre sa stratégie de présence sur les médias sociaux en scène : Utilisation de Twitter par les célébrités : le cas Ben Stiller. Le résultat est on ne peut plus drôle…

  • Mais d’autres stars préfèrent faire un distinguo fort entre vie privée et vie publique et ne souhaite alors à aucun moment mélanger les deux. C’est le cas de Georges Clooney qui, lorsque on lui pose la question de sa non présence sur Facebook, répond : “I would rather have a prostate exam on live television by a guy with very cold hands than have a Facebook page”. Pas besoin de traduire pour comprendre…

Cédric DENIAUD

Valérie Pecresse veut faire du participatif…

Pendant qu’aux États-Unis et même en Europe, on loue la politique d’utilisation des médias sociaux que Barack Obama a su mettre en place pendant les élections et après les élections. Nous avons déjà eu l’occasion de vous en parler dans Barack Obama + Social Media + E-commerce = Promouvoir et fédérer et Barack Obama : une victoire pour le Social Media Marketing ?

Pendant ce temps là que fait-on en France ? Beh on essaie de se dire que ça serait bien de faire également du participatif, du dialogue mais malheureusement faute de moyens et je pense surtout de compréhension de ce que sous-entend dialogue, écoute et engagement dans une démarche participative on fait des choses bancales.

La dernier exemple en date est celui de Valérie Pecresse qui sur la base de Google Maps a développé (ou plutôt a fait développer) une API, appelé Agora Carte Ile de France, permettant de voir les suggestions / critiques des citoyens sur une carte d’Ile de France. Au début, je me suis dit que cela pouvait être pertinent mais malheureusement hors mis l’API, il n’y a rien d’autres alors que celle-ci aurait pu juste servir d’éventuelle illustration sur une plateforme participative où la recherche de contenus serait plus simple.

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Le deuxième point qui me gène plus c’est que par le biais de cette API, Valérie Pecresse montre qu’elle écoute ces concitoyens. Oui mais derrière il se passe quoi ? Pas de réponse par rapport aux demandes remontées qui prouve qu’il s’agit là bien d’un gadget pour se donner un côté “web” mais sans en comprendre les enjeux et la démarche global. Pas de réaction permettant de mettre en avant sa compréhension des besoins / attentes des concitoyens. Le tout n’est pas de mettre un outil participatif en place, il faut être en mesure de pouvoir y faire de l’animation afin de montrer sa présence et son engagement.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Cédric DENIAUD

La transparence en politique passe-t-elle par Internet ?

Vous voyez le mot “politique” dans le titre et vous vous dites, ils vont encore nous parler de Barack Obama et sa stratégie Internet et vous n’aurez pas tort. Mais ce qui m’intéresse ce coup-ci ce n’est pas moins le dispositif de présence et d’utilisation des médias sociaux mis en place par le candidat démocrate pendant la campagne (cf : Barack Obama + Social Media + E-commerce = Promouvoir et fédérer et Barack Obama – une victoire pour le Social Media Marketing ?), mais bien ce qui est fait depuis son élection à la présidence.

Même si l’une des particularités du système américain veut que le nouveau président élu ne prenne ses fonctions que le début d’année suivant son élection, celui-ci occupe déjà fortement le terrain médiatique. Pour s’en convaincre, il suffit de voir il y a quelques jours le fait que le G20 avait tout de suite moins d’intérêt politiquement et médiatiquement sans la présence du nouveau président élu américain.

Je vous rassure, le sujet de mon article n’est pas là sur la l’utilisation d’Internet comme arme politique pour rendre sa politique et ses actions transparentes. Je m’explique plus en détail par quelques exemples. En effet, depuis son élection, Barack Obama, dans l’utilisation qu’il fait d’Internet, souhaite se montrer transparent et totalement ouver :

  • Diffusion des photos du soir de l’élection sur FlickR : vous pouvez les retrouver ici si vous ne les avez pas encore vues.

  • Message de remerciement sur son site Internet et par e-mail : ca semble bête mais là en moins de 24 heures, chaque personne qui a soutenu le candidat démocrate sur son site Internet ne pouvait pas se sentir oublier. A noter également que les autres outils de communication comme le blog officiel ne s’arrête pas à la fin de la campagne mais restent des outils de communication qui seront sans nul encore plus utilisés et suivis dans les prochains mois.

  • Utilisation de Youtube – une vidéo chaque semaine : je trouve l’initiative intéressante mais j’aurai largement préféré un livecast (sur Youtube Live par exemple) hebdomadaire d’une conférence de presse ou le fait de répondre en direct à des contributions d’internautes, ce afin d’ouvrir le dialogue plutôt que de seulement passer un message.

  • Création du site officiel du président élu Change.gov : sans attendre sa prise de fonctions, Barack Obama envoie un message fort en montrant qu’ils suit de près l’actualité US et internationale et présente déjà ses plans d’actions.

Vous l’aurez compris toutes ces actions alors que Barack Obama n’a pas encore pris officiellement ses nouvelles fonctions ne font que renforcer le sentiment de transparence.

Je suis sûr que ces actions ne sont pas sans vous rappeler des actions intéressantes menées par exemple par le Premier Ministre Britannique que je vous avais présentées dans Social Media + Politique + Angleterre = dialoguez avec le Prime Minister.

Comme une marque, il est intéressant de voir que l’équipe du nouveau président a compris l’enjeu des médiais sociaux pour au délà de seulement communiquer, fédérer et animer les citoyens américains à participer à la politique de leur pays. Mais comme toute marque, elle ne doit pas oublier que nous sommes également à l’ère de la tyrannie de la transparence

Cédric DENIAUD

Social Media + Politique + Angleterre = dialoguez avec le Prime Minister

Vous avez probablement entendu parlé dernièrement de l’utilisation par les politiques des médias sociaux. Vous n’avez qu’à vous connecter à Twitter pour vous rendre puisque ce service a crée un espace dédié aux élections américaines : Election.twitter.com

Si l’on devait élire le président des États-Unis sur sa stratégie politique d’utilisation des médias sociaux, nul doute que Barrack Obama arriverait facilement premier des votes : Barrack Obama + Social Media + E-commerce = promouvoir et fédérer.

Mais je ne vais vous parler de politique américaine mais d’un exemple plus proche de chez nous : celui de l’Angleterre et du Premier Ministre Gordon Brown.

Vous pouvez en effet entrer en dialogue avec le cabinet du Premier Ministre Anglais directement depuis Twitter.

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Mais il y a encore mieux : il s’agit du site qui vous permet de poser une question vidéo directement au Premier ministre anglais. En effet, une chaîne dédiée sur Youtube permet de poser sa question et de voir la réponse vidéo de Gordon Brown. Une sorte de plateforme de questions / réponses à un expert

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Ce principe est proche de ce que propose également Digg avec Digg Dialog : les internautes soumettent des questions pendant un temps donné et la question la plus populaire sera posée par le journaliste en charge d’interviewer la personne à qui est adressé la question des internautes. En somme, ce que nous retrouvons aujourd’hui  dans de plus en plus d’émissions à la télévision, “La question des internautes”, peut directement être récupérée via des médias sociaux qui permettent une interaction et une participation plus poussée.

Après les User Generated Ideas, voici venu les User Generated Interviews…