Cédric DENIAUD

Les médias sociaux : première priorité marketing en 2010 ?

Je suis tombé dernièrement sur cette étude de Emarketer sur les priorités marketings en termes d’investissements des directions marketing.

social_media_emarketer

On constate que les médias sociaux sont LE sujet hype. Première réaction : je me réjouis car je me dis que les marques ont compris que les médias sociaux ne sont pas gratuits et qu’un investissement budgétaire pour une présence, et surtout une animation, conséquentes est nécessaire.

D’autres éléments viennent confirmer cette tendance :

  • Le succès de ce blog ? (petite séance d’auto-congratulations, je dois le reconnaître ;) )

  • Les demandes des grands annonceurs qui ont compris que, après une première phase d’expérimentation en 2009, sans vraiment de stratégie et seulement dans une vision 360°, (”il faudrait que je mette du Facebook dans mon plan de communication”),  en 2010 la mise en place d’une vraie stratégie de laquelle découlerait des tactiques et des guidelines devient indispensable. C’est avec plaisir de pouvoir travailler sur ce genre de problématiques avec des entreprises qui comprennent la nécessité d’être accompagnées dans une stratégie qui n’implique pas qu’un changement dans la communication ou le marketing mais une évolution culturelle de l’entreprise (De la publicité au marketing conversationnel et De la logique d’image à la logique de réputation ).

  • L’intérêt des médias sociaux que porte les acteurs du Web de la génération précédente (les sociétés spécialisées dans l’affiliation, le référencement…les outils webmarketing “classiques”) qui commencent à voir leur budget se réduire puisque pour une marque il n’est plus aussi primordiale d’être le mieux référencé dans Google puisque de nouvelles sources de trafic, que représentent les médias sociaux, sont incontournables. Certains le font bien évidemment d’une manière très maladroite (j’en ai eu la preuve avec TradeDoubler lors d’une conférence sur les médias sociaux au salon Emarketing cette semaine, qui annonçait fièrement son outil d’affiliation dédié à Twitter et Facebook, en somme une formidable boite à polluer les tweets et statuts Facebook. J’aurai l’occasion d’y revenir plus amplement dans un article dédié).

  • Corollaire du point précédent ; je vois émerger pleins de pseudos experts… Très bien… sauf qu’en discutant je retombe dans 99% dans les cas d’observateurs / lecteurs d’informations qui ne sont pas des praticiens et pire qui n’ont pas compris qu’avant d’être du Web, c’est de la communication et du marketing (cf : Et toi, tu es un Social Media Expert ?) Du coup, on tombe dans le cas de sociétés ou d’agences qui appliquent leur ancien modèle aux médias sociaux sans comprendre ne serait-ce que la nouvelle “netiquette” des médias sociaux.

Je vous conseille pour terminer quelques conseils  :

  • Analyser tout ce que l’on vous dit et que plusieurs voix sont toujours préférables que une seule car elle permet d’affiner son opinion. Je conseille parfois à certaines entreprises le brainstorming avec des personnalités différentes (un blogueur, un consultant externe, “l’agence de com”, le directeur marketing, le directeur communication). Les échanges sont bien souvent plus constructifs…

  • Les généralités sont des généralités et bien souvent ne correspondent pas aux cas particuliers et aux besoins spécifiques auxquels doit répondre une entreprise. Ce n’est plus l’heure de sortir la “tarte à la crème” des médias sociaux en citant les 350 millions de membres de Facebook, ou en parlant de proximité ou de transparence. Ce sont des must known informations mais ce n’est pas ce qui fera qu’une recommandation qu’une agence soi disant experte sera pertinente.

  • Avant de penser Facebook, Twitter et blogs, pensez stratégie, besoins et usages (cf : Avant de voir les outils, voyez les usages… et  ).

PS : Oui ce billet était légèrement “coup de gueule” mais après être passé quelques heures sur le salon Emarketing à écouter ce que les entreprises ou les intervenants évoquaient autour des médias sociaux, j’ai été profondément déçu de l’approche “commerciale” (oui je sais c’est un salon) et des généralités dites et redites à tout bout de champs… Je pense dire, comme j’avais dit il y a 2 ans “Nos marketeurs ne savent pas ce qu’est une communauté” (les choses ont changé depuis lors et les demandes nombreuses que j’aies autour de ce qu’est une communauté, ce qu’est un bon “community manager” prouvent une plus grande mâturité), que “certains pseudo-experts du Web, même d’agence positionnée sur ce créneau, sont de bons commerciaux mais de mauvais évangélistes et stratégistes”.

Cédric DENIAUD

200 millions de membres sur Facebook… et après ?

Si Facebook était un pays, ce serait le 5ème pays le plus peuplé… Alors certes, vous le verrez dans la vidéo ci-dessous,  la population Facebook se concentre sur certaines zones et ont voit par exemple que la Chine est totalement absente (QQ est le réseau social numéro 1 dans le monde avec une très forte population chinoise).

C’est l’occasion de revenir sur le situation actuelle de Facebook… Rappelez-vous il y a quelques semaines on parlait des récentes difficultés de Facebook avec ses membres, sur la modification de ses CGU (Facebook fait appel à sa communauté pour les CGU) et sur la récente refonte de ses pages profils qui séduit que peu de membres. Sur ces deux aspects, Facebook est prêt à revoir sa copie, ce qui est une bonne chose en terme d’écoute de client mais certainement une bonne mois chose en terme d’identité et de stratégie.

Om Malik, gouru US du Web, nous parlait justement hier dans Facebook : Population 200M, faces an identity crisis, de ce problème stratégique que semble rencontrer Facebook. La croissance exponentielle de ces derniers mois, les revendications de ses membres, le nécessaire besoin de monétiser viablement l’audience et la montée en puissance de services comme Twitter et Friendfeed, semblent obliger Facebook a plus se montrer opportuniste en se plaçant dans la réaction qu’en donnant une vision claire de son service.

Alors cette vision est peut être caricaturale mais il faut prendre conscience qu’une croissance trop rapide n’est pas nécessairement synonyme que d’opportunité pour un service car celui-ci doit trouver le temps pour plus de placer dans la proaction que dans la réaction.

A ce titre, aujourd’hui, on commence nécessairement à se poser les mêmes questions pour l’un des services dont on parle le plus sur la Toile: Twitter (Dis Papa, c’est quoi Twitter ? pour ceux qui auraient besoin d’un cours de rattrapage). J’exprimais il y a quelques semaines mes doutes sur la possibilité pour Twitter de devenir un service grand public (Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public) Ce n’est pas tant sur l’usage que je trouve au contraire pertinent mais sur la pérennité d’un service qui certes connaît une très forte croissance, notamment ces derniers mois (Twitter : une croissance annuelle de 1382% !), mais qui faut le reconnaître a peu évolué depuis un an, ce qui à mon sens laisse la place à des services similaires potentiellement plus innovants et plus complets. Alors cette vision, certes, est pessimiste je le reconnais : l’avenir de Twitter est sans nul doute dans l’intégration de fonctionnalités supplémentaires pour enrichir l’expérience et surtout de se diriger vers celui de la recherche dans les conversations instantanées. Si aujourd’hui, Google se montre très intéressé par Twitter (Google and Twitter : of course they’re talking), c’est bien à ce titre…

Cédric DENIAUD

Vers des applications anti-sociales ? (la suite)

Pour faire suite à un récent article la semaine de Fred Cavazza sur l’application lancée par Burger King sur Facebook (Vers des applications anti-sociales ?) et dont le principe est de supprimer des amis Facebook pour avoir droit à un Whopper gratuit. Cette application a été fortement relayée sur les blogs marketing qui globalement trouvaient le principe intéressant. Mais en terme d’image de marque, il faut bien constater qu’il a les “pros” et les “contre” comme le soulignait Fred dans son article.

La réaction de Facebook s’est fait quelque peu attendre mais la décision été prise de supprimer l’accès à l’application qui était en désaccord avec la charte d’utilisation du réseau social : Le Whopper privé de sacrifice par Facebook. Il faut dire que faire de l’anti-social sur un réseau social, l’idée était intéressante  d’un point de vue du buzz (vision court terme) mais risquée du point de vue de l’image (vision moyen terme).

Burger King et son application pour le Whopper n’est pas le premier exemple d’opération anti-sociale. On peut par exemple se rappeler il y a quelques mois le lancement du réseau anti-social Hatebook dont le but vous l’aurez compris est de mettre en avant ses ennemis plutôt que ses amis. On vous en avait parlé sur MediasSociaux dans Hatebook : un vrai média (anti)social.

hatebook.png

Un récent article de Chris Dannen sur FastCompany nous donne 7 autres exemples d’applications Facebook jugées comme anti-sociales : 7 Anti-Social Facebook Apps
. J’en retiendrai principalement deux :

  • Social Profile : donner une note à ses amis s’ils sont “hot or not”. Le visuel ci-dessous parle de lui-même.

social_profile.jpg

  • Status shuffle : donne un statut à votre profil facebook aléatoirement, ce qui est plutôt un non sens par rapport à l’utilité et l’usage du statut.

status_shuffle.jpg

Et vous, en connaissez-vous d’autres ?

Cédric DENIAUD

Les usages des principaux médias sociaux

Le tableau ci-dessous réalisé par Elliance nous présente les usages de médias sociaux les plus connus (ne sont pas présents ni les blogs, ni les univers virtuels).

Avez-vous vu la dernière colonne ? … Et oui, tous ces outils s’ils sont utilisés dans une stratégie de présence sur les médias sociaux cohérente et correspondant aux attentes de vos clients peuvent servir la promotion de votre entreprise ou de votre marque.

Merci Geoffroi Garon pour le lien.