Cédric DENIAUD

De la transparence des marques sur les médias sociaux

A l’heure du Web Social, tout le monde peut participer et tout peut se savoir sur Internet. Que l’on parle d’innovation produit, de politique commerciale, de relation client, de culture d’entreprise, de dispositif de communication, tout peut rapidement se savoir sur une marque lorsque l’on fait quelques recherches car même si l’information devient de plus en plus éphémère, Internet garde une mémoire…

Quelles solutions pour les marques : se protéger ou alors se rendre transparente en ouvrant grand leurs portes ?

L’article vous l’aurez compris, prend le second partie en témoignant qu’aujourd’hui les marques n’ont plus le choix et doivent montrer leur transparence au risque, sinon, de rapidement se faire démasquer par la communauté. On se rappelle il y a quelques années en arrière, l’exemple de marque comme Sony qui en créant un faux blog s’était fait rapidement démasquer avec des conséquences très négatives à court terme pour l’image de marque de l’entreprise, le buzz allant très vite sur Internet.

Capture d’écran 2009-10-13 à 13.54.26Cette transparence passe notamment par la mise en avant des forces actives d’une entreprise, themselves. Ce n’est plus une entreprise en tant qu’entité qui s’exprime mais on peut laisser la parole à différents porte-parole en charge de passer un message plus proche, plus humain et plus ciblé. C’est par exemple cette démarche que l’on retrouve sur une opération comme Opinions & Débats de SNCF. D’une, la marque accepte la critique en la rendant visible sur son propre site, afin de placer les utilisateurs dans une démarche plus constructive et conversationnelle que le fait de poster un message sur un forum où la voix de la SNCF sera alors perdue parmi les dizaines voire centaines de commentaires de d’autres utilisateurs. C’est là la différence entre outil conversationnel horizontal et outil conversationnel vertical… mais cela est une autre question. Pour en revenir à SNCF, la valorisation d’interlocuteurs métiers permet d’apporter de la crédibilité dans les réponses auprès des utilisateurs ainsi que d’impliquer l’ensemble de l’entreprise (et de ses filiales) dans la démarche conversationnelle avec les usagers menée par le groupe sur Internet.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que la gestion de la réputation d’une marque est comme une relation de couple : parler d’un problème plutôt que de faire la politique de l’autruche, c’est déjà atténuer l’importance du problème et commencer à le régler.

A suivre : la suite de l’article qui traitera de la question… pour les personnalités (people et personnalités politiques)…

Cédric DENIAUD

Medias sociaux et cybersquatting : quelques conseils…

De la même manière historiquement que pour les noms de domaines, les marques, à l’ère du “Online Reputation Management“, doivent veiller à leur présence sur les médias sociaux et aux risques de cybersquatting. Aujourd’hui, comme en parlait dernièrement Grégory Pouy, de nombreuses marques parmi lesquelles les plus prestigieuses (Adidas, Nokia, Audi, Reebok..) ont ou ont eu leurs noms de marque cybersquattés sur Twitter. Twitter est un exemple mais il est important de prendre en compte également les autres réseaux sociaux, plateformes participatives ou de partage. Quelques conseils :

  • Surveiller : vérifier la disponibilité de vos noms de marques / produits / dirigeant sur les différents médias sociaux. Je vous recommande par exemple les outils UserNameCheck ou NameChk qui vous permettent rapidement et simplement de voir la disponibilité d’un nom sur un vaste panel des plateformes et réseaux..
  • Ce qui vaut une marque vaut pour les personnes : on pense souvent au cybersquatting de noms de marques ou de produits, et dans une certaine mesure de personnalités (politiques ou culturelles) qui sont les cas les plus fréquents ou les plus médiatisés (rappelez-vous il y a quelques années, le cas de l’affaire Milka). Mais il en de même pour les personnes. On parle beaucoup en ce moment de notions de “E-reputation” ou de “Personal Branding”, le terme Online Reputation Management est le mot utilisé outre-Atlantique qui a mon sens décrit mieux la problématique ainsi que les nécessaires actions. J’intervenais récemment à Strasbourg lors d’une conférence à destination de jeunes sur ces sujets là. Pour vous donner un exemple, il y a encore quelques semaines, je me suis fait avoir par un compte Twitter dans le nom était celui de Guillaume Pepy, président de la SNCF, alors qu’il s’agissait en fait d’un usager de la SNCF (plus de détails dans Infos SNCF : Twitter, info en direct…) . Les cas sont nombreux et pour se prémunir, voici d’ores et déjà quelques conseils…

Dans ce cadre, j’aborderai dans un prochain article deux cas récents de cybersquatting et les réactions qui ont été mises en place par les marques.

Cédric DENIAUD

Quand Ford explique sa stratégie engageante de Social Media…

Vous savez que j’aime bien de temps en temps vous présenter des vidéos de responsables ayant mis en place des stratégies de Social Media engageantes pour leur entreprise (Dell + Social Media = 2 vidéos pour mieux comprendre leur stratégie et Dell+ Twitter = la vidéo). Je parle bien ici de stratégie car indépendamment des actions que certaines entreprises mettent en place, il est surtout intéressant de voir dans quelle stratégie la démarche se place-t-elle et surtout quel est finalement le niveau d’engagement que l’entreprise place. C’est pour cela que dans le cas d’entreprises comme Ford, Dell ou SNCF, Crédit Foncier en France de voir les directions générales résolument s’engager dans cette voie.

Sur les deux derniers exemples, pour s’en convaincre, sachez que Guillaume Pepy, PDG de SNCF, va rencontrer début avril les 100 meilleurs contributeurs de la plateforme de dialogue en ligne Opinions & Débats. Un bon exemple de comment un dialogue commencer sur Internet entre SNCF et ses usagers trouve un écho et un relais “offline”. Autre exemple celui de Crédit Foncier qui a lancé au début du mois une plateforme d’échange Vivons l’immobilier (Crédit Foncier + Feedback2.0 = ouvrir le dialogue sur Internet avec ses clients) et où le Directeur Général, François Blancard, présente sous format vidéo le but et le fonctionnement de cette plateforme de dialogue.

Bref, pour en revenir à la vidéo dont je vous parlais initialement, il s’agit de Scott Monty, Head of Social Media chez Ford, qui présente comment le Président et CEO de Ford, Alan Mulally répond aux questions des internautes via Twitter notamment. C’est là que l’on voit que Ford ne prend pas le Social Media comme un moyen de communiquer ou comme des actions marketing mais bien comme un véritable moyen de pouvoir échanger et interagir directement avec les consommateurs, et ce d’une manière transparente.

Pour informations, Scott Monty interviendra le 30 et 31 mars à la conférence Marketing 2.0, The Power of Social Media, à Paris.

Cédric DENIAUD

Un client seul a le pouvoir d’entrainer une véritable crise pour une marque

Vous avez certainement lu certains articles vous parlant que désormais le pouvoir est rendu au client : il peut s’exprimer, il peut participer à la création d’un produit (A l’heure du Social Media, les marques ne contrôlent plus le dialogue). En somme un client est aujourd’hui à la fois marketeur, ambassadeur et surtout de plus en plus exigeant envers les marques. Outre le fait qu’il attend des produits / services qui répondent à ses besoins, il attend désormais de la part de ces marques de l’écoute et un véritable échange (voir : Comment l’internaute et le marketeur voient Internet ? et  L’importance pour les jeunes du dialogue avec les marques)

On ne s’y trompe donc pas lorsque l’on parle de pouvoir rendu au client. Mais ce qui change encore plus et l’un des dangers potentiels pour les marques, c’est désormais qu’un client seul a le pouvoir d’entrainer une véritable crise pour une marque.

Le client a de nombreux moyens à sa disposition pour s’exprimer : blogs, forums, Twitter, réseau social … Il a le choix des armes et plus une marque sera présente sur ces outils et mettra en place des outils de veille, plus elle pourra rapidement désamorcer une éventuelle bombe. Le dialogue en situation de crise nécessite l’écoute mais aussi la réaction. Fred CAVAZZA nous parlait, sur ce blog, il y a quelques semaines du cas Lesieur dans Lesieur et le scandale de l’huile de moteur, un futur cas d’école des médias sociaux ?

Mais dans ce cas précis, la marque se place dans la réaction et il faut mieux prendre les devants lorsque l’on parle de dialogue sur Internet. En effet, si la marque met à disposition des outils comme l’a fait SNCF avec la plateforme feedback2.0 Opinions & Débats, elle prend les devants et met à disposition de ses client des outils de dialogue sur laquelle elle peut avoir un certain contrôle lui permettant de réagir rapidement.  (cf : période de grève ou problème récent avec le site Voyages-SNCF.com). Lorsqu’une entreprise ne permet pas le dialogue avec ses clients, celui-ci peut se dérouler ailleurs sur internet, sur des outils sur laquelle la marque n’apparaitra comme un utilisateur lambda et sur laquelle elle n’aura pas moyen de faire entendre sa voix.

Comme le présente cet article du site Internet du journal The Boston Globe, Hurry up, the customer has a complaint, le service client doit changer pour prendre en compte la dimension qu’avec Internet tout va vite et il faut être en mesure de pouvoir répondre et réagir rapidement, en cas de situation de crise (et même idéalement avant que celle-ci intervienne). Josh Bernoff, co-auteur de Groundswell, livre sur l’évolution actuelle d’Internet, exprime également cela lorsque il dit : “We’re in a world where one person, by their actions, can make a company look bad, and it can get echoed and amplified over and over again.”

En somme, deux choses importantes à retenir :

  • Il vaut toujours mieux agir que réagir en créant les outils permettant un véritable dialogue entre la marque et ses clients.
  • J’insiste bien sur le “véritable dialogue” car utiliser les médias sociaux dans un but seulement de communication et donc de diffusion de son message n’est pas du dialogue. Je parle ici de véritable outil permettant de fédérer et d’animer une communauté. Il faut donc choisir les bons outils adaptés à la démarche dans laquelle on les utilise.