Frédéric CAVAZZA

Google voudrait revenir dans le course au social au travers des jeux

Même si Google reste le maître incontesté du web, il n’est pas faux de dire qu’ils ont du mal à s’imposer sur le terrain des médias sociaux. En fait ils s’en sortent plutôt bien grâce à de nombreuses acquisitions (Blogger, YouTube…) mais peinent à faire décoller les produits “maison” : Google’s Long History of Social Media Attempts. Cette situation n’est pas sans rappeler celle de Yahoo!, et les deux géants de la Silicon Valley aimeraient bien revenir sur le devant de la scène et croquer une part du gâteau que se disputent des acteurs comme Facebook, Twitter ou encore Foursquare (pour ne citer qu’eux). Toujours est-il que Google ne cache plus ses ambitions et annonce une offensive prochaine avec le lancement de Google Me, une meta-plateforme social pour assurer le lien entre ses différents services (cf. Google Me: One Ring To Rule Them All).

Pourquoi s’intéresser aux médias sociaux ? Tout simplement car c’est là où se trouve l’audience en ce moment, ou du moins c’est là où les internautes passent le plus de temps. Et plus particulièrement sur les nombreux social games qui cumulent l’avantage de pouvoir fortement fidéliser les visiteurs mais également de générer des revenus considérables. Pas étonnant que Google décide donc de placer des billes sur ce créneau en investissant 100 millions de $ dans Zynga, l’éditeur de social games le plus en vue du moment  : Google Secretly Invested $100+ Million In Zynga, Preparing To Launch Google Games.

Les jeux de Zynga bientôt sur Google Games ?

Les jeux de Zynga bientôt sur Google Games ?

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cet investissement :

  1. La préparation du lancement de Google Games dans le courant de cette année ;
  2. Le placement “au forceps” de Google Checkout comme solution de micro-paiement ;
  3. L’opportunité d’injecter des liquidités dans une start-up qui a le vent en poupe (100 M$ est une broutille pour Google qui dispose de dizaines de milliards de $ en cash).

Google Games semble donc être un projet d’ambition pour Google qui aimerait bien revenir dans la course après l’abandon de Lively qui devait être la première pierre d’une stratégie de Game-as-a-Platform (cf. Lively deviendra-t-il une plateforme de jeux ?). Il semblerait que Google ne soit d’ailleurs pas le seul à s’intéresser à Zynga puisque l’éditeur californien a également signé des partenariats avec les autres géants du secteur (Zynga Partner to Distribute Social Games Across Yahoo! Network et Zynga’s FarmVille Expands Beyond Facebook to MSN-ier Pastures).

Avec une présence sur Facebook, MySpace, Yahoo! et MSN, Zynga a réussi à bâtir un réseau de distribution impressionnant. Encore plus fort, il a même réussi à conquérir la forteresse d’Apple en distribuant FarmVille dans l’App Store : FarmVille for  iPhone Now Available. À partir de là, on se demande comment Google va pouvoir rattraper sont retard sur des concurrents déjà bien implantés (Facebook, Myspace…) et sur des acteurs de niche comme Hi5 qui s’est spécialisé dans les social games avec succès (Hi5 Raises Over $14 Million For Social Games, Virtual Goods).

Le mobile semble être un très bon levier de différentiation. Et comme toujours, Google a su ne pas se retrouver dans une situation de dépendance et nouer un autre partenariat avec Kongregate (un portail de casual games) pour travailler sur le portage de nombreux jeux sur sa plateforme mobile Android : Kongregate “Tests” New Android Flash Implementation With 100+ Games.

L’équation de Google pour (ré)investir les médias sociaux seraient donc la suivante : Gestion de compte unifiée + Social games + Casual games mobiles + micro-paiement. J’attends avec impatience le lancement de ce nouveau portail de jeux et surtout la façon dont Google va aller à l’affrontement direct avec Facebook…

Cédric DENIAUD

Nouveaux paramètres de confidentialité de Facebook : rassurer sur le respect de la vie privée

Les paramètres de confidentialité de Facebook auront fait couler beaucoup d’encre. Pas seulement depuis quelques semaines, puisque la confidentialité et Facebook souffrent déjà d’un large historique : Polémique autour des nouvelles CGU de Facebook et Facebook fait appel à la communauté pour les CGU, sans parler des discussions qui avaient entourées Facebook Beacon…

Facebook annonçait donc aujourd’hui quelques changements dans la gestion des paramètres de confidentialité, sur lesquels j’aurai l’occasion de revenir dans la suite de cet article.

Quand Facebook reconnaît ses erreurs…

L’impression est que Facebook veut aller plus vite que la musique et essaie de débloquer des verrous sur les données personnelles. Facebook essaie malheureusement de passer en force, soit en étant assez flou dans la mise en avant de la gestion des paramètres personnels, soit en profitant des refontes successives pour modifier également la gestion des données personnelles.

Mais ce coup-ci promis, tout sera plus clair. En tout cas, Facebook revendique qu’il s’agit plus d’un problème de communication et de mauvaise compréhension de la part des internautes qu’une volonté consciente de leur part de ne pas respecter la vie privée des utilisateurs. Sur ce terrain, Facebook est prêt en partie à reconnaître ses erreurs : Facebook va revoir sa politique de confidentialité. En effet, dans une lettre ouverte ainsi que dans un échange d’email avec Robert Scoble – que l’on ne présente plus -, le fondateur de Facebook reconnaissait certaines erreurs (comme il avait fait à l’époque des CGUs en impliquant alors dans un second temps les utilisateurs à la démarche).

“Je sais que nous avons fait un paquet d’erreurs, mais j’espère qu’au final le ser­vice s’en trou­vera amé­lioré et que les gens réa­li­se­rons que nos inten­tions sont bonnes et que nous répon­dons aux feed­backs des per­sonnes à qui nous offrons le service.”

Petit retour sur la polémique

Il faut dire que la polémique n’a cessé d’enfler depuis le les différentes annonces de Facebook dans le cadre de Facebook F8. Facebook a certainement pris peur à voir :

  • certains “influenceurs” annoncer qu’ils quittaient Facebook;

  • certaines sociétés (je pense ici à Zynga qui édite des social games très populaires comme FarmVille ou Mafia Wars) annoncer qu’elles pensaient s’émanciper de l’interface Facebook et voler de leurs propres ailes : Will Zynga quit Facebook?
  • certaines pétitions, groupes ou fans pages sur Facebook devenir très populaires;

  • des sondages estimant que 60% des utilisateurs seraient prêts à quitter Facebook si ce dernier ne faisait rien pour mieux respecter les données;

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quitfacebook

L’enjeu n’est pas (seulement) la monétisation des informations des utilisateurs issues des informations qu’ils diffusent et de leurs comportements mais également le social search. Si les données sont (trop) privées, elles ne seront alors pas pris en compte ou selon certaines conditions par le moteur de recherche interne et ne pourront pas être aussi facilement récupérées par des services tiers (par le biais des applications).

Dans le cas de Zynga, les social games sont des éléments moteurs faisant rester longtemps les utilisateurs sur le site et les faisant revenir. Voir le premier éditeur quitter la plateforme lancerait un mauvais signe au marché du social game sur Facebook (or on sait que Facebook, pour les monnaies virtuelles et le temps passé sur le site, mise énormément sur les social games). Facebook a donc passé un partenariat (dont les termes sont bien évidemment non divulgués) afin de s’assurer de la “fidélité” de Zynga.

Quels changements ?

La simplification de la façon de rendre publique ou pas les informations de sa page et la possibilité de désactiver les liens vers des services tiers seront les premiers changements à être intégrés rapidement. Je vous invite à consulter la nouvelle page mise en place par Facebook : http://www.facebook.com/privacy/explanation.php

facebook_confidentialite

Les 3 points que je retiendrai sont :

  1. La facilité de bloquer les applications (ce qui était à mon sens l’un des points majeurs sur lequel Facebook devait revoir sa copie);

  2. Masquer sa liste d’amis : j’en parlais dernièrement avec quelque uns d’entre vous. Ce masque existe depuis déjà quelques semaines sur les fan pages et je m’étonnais que cela n’arrive pas sur les pages profil des utilisateurs. En effet, de plus en plus de membres Facebook, et notamment dans notre microcosme du web et de la communication, ont un usage que je qualifierai de limite de Facebook :  ils vous demandent comme amis simplement pour vous “pousser” la super fan page développée par leur société ou dont ils sont le community manager, mais aussi pour voir vos “amis” et entrer en contact avec eux. Et voila comment on gonfle virtuellement le nombre de fans à des pages ou la taille de son réseau afin de faire croire que l’on est influent;

  3. Une interface simplifiée et certainement plus claire pour un plus grand nombre…

Communication et réaction en situation de crise

Il faut en tout cas reconnaître la rapidité de Facebook a réagir et à ne pas laisser trop longtemps la polémique gonfler. Certaines entreprises, dans le cadre de leur communication de crise, ferait bien de s’inspirer à la fois de la forme et du fond (Nestlé et sa page fan Facebook : pourquoi l’échec était-il inévitable). Et oui, car reconnaître ses erreurs, tenter de mieux expliquer sa démarche, dire que l’on va faire quelque chose (Facebook sortira prochainement un outil “simplissime” pour gérer la confidentialité) et impliquer plus fortement les parties prenantes sont les 4 leviers sur lesquels Facebook joue, dans le cadre d’une communication de crise plutôt bien maîtrisée (vue la masse de conversations et d’utilisateurs s’exprimant sur le sujet) afin de rassurer ses membres.

Les Digital Natives seraient-ils des Digital Naives ?

Ce qui est assez surprenant c’est de voir qui sont les utilisateurs les plus enclins à être menacés par le non contrôle de leurs données personnelles. Ce sont certes des gens qui ne sont pas suffisamment alertés sur les risques et la manière  de gérer leurs paramètres mais ce n’est pas nécessairement “Madame Michu”. En effet, si je regarde dans mes contacts, les personnes partageant le plus de contenus personnels (photos, statuts “très” personnels, …), ce sont majoritairement des jeunes (moins de 25 ans) dont pour la plupart je ne connais pas (en tout cas, pas dans la “vraie vie” : IRL). On voit alors le fossé générationnel dans l’usage de l’outil Internet entre une génération qui est née avec et une autre qui a du apprendre l’informatique. Nos réflexes ne sont alors pas les mêmes qu’une population plus jeune qui pour laquelle les notions de partage et d’Internet sont intimement liés. On ne partage pas les mêmes informations et on ne passe pas aux mêmes endroit les frontières entre vie privée (ce que l’on ne dévoile pas) et vie publique (ce que l’on partage) sur Internet. J’abordais ces questions dans Vie perso / pro et vie privée / publique et Pourquoi renonçons-nous à notre anonymat sur Internet ?.

Je pense que le sujet des données privées et de leur respect est l’un des enjeux majeurs qui pourraient voir sombrer le navire Facebook. Facebook serait-il un géant aux pieds d’argile, comme le laisse entendre Fred (Facebook va-t-il révolutionner le Web ?) ?

Frédéric CAVAZZA

OpenFeint, la plateforme de référence de social gaming sur iPhone

Vous connaissez les social games, vous connaissez les jeux sur mobile, alors vous connaissez forcément les mobile social games. Le principe est simple : des jeux installés sur votre mobile mais inscrits dans une dynamique sociale (publication des résultats, tableau des meilleurs joueurs, récompenses…). Le problème c’est que pour bien sociabiliser dans un contexte de jeux mobiles, il faut s’authentifier. Heureusement pour cela il y a Facebook Connect (entre autre). OK mais que se passe-t-il une fois que vous êtes authentifier ? Comment faire pour initier la fameuse dynamique sociale ? C’est là où OpenFeint rentre en scène avec un proposition de valeur remarquable.

À la base, il y avait Aurora Feint, un jeu de puzzle sur iPhone qui était équipé de nombreuses fonctionnalités sociales. Puis ce jeu a évolué en une plateforme sociale et est maintenant une authentique couche sociale pour joueurs mobiles. La recette est toute simple pour les éditeurs de jeux sur iPhone : plutôt que de développer eux-même leur couche sociale, ils la sous-traitent à OpenFeint.

L'évolution d'Aurora Feint en OpenFeint

L'évolution d'Aurora Feint en OpenFeint

Il y aujourd’hui plus de 650 jeux “compatibles” avec OpenFeint qui propose plusieurs choses :

  • Un système d’authentification mutualisé (qui repose sur Facebook Connect) ;
  • Une liste d’amis (avec les jeux auxquels ils jouent) ;
  • Un leaderboard des meilleurs joueurs ;
  • La possibilité d’envoyer des chalenges à vos amis ;
  • Un ensemble de récompenses (”achievements“) acquises aux cours des parties.

La machine est redoutablement bien rodée et les jeux compatibles proposent une interface générique où l’on retrouve le tableau des scores :

Mes scores comparés à ceux de ma communauté

Mes scores comparés à ceux de ma communauté

Il y a également le très important tableau des récompenses (en fonction des chalenges remportés) :

Les chalenges remportés dans un jeu

Les chalenges remportés dans un jeu

Il y a aussi la liste de vos jeux (ainsi que les points que vous avez obtenus pour chacun de ces jeux) :

La liste de mes jeux

La liste de mes jeux

Et bien sûr la liste de vos amis (ici un import de mes amis sur Facebook) :

La liste de mes amis ainsi que leur score

La liste de mes amis ainsi que leur score

Le système est très bien fait et s’intègre parfaitement à chacun des jeux. Le succès de cette couche sociale est telle (plus de 7 millions de membres) que l’éditeur va très prochainement lancé une version autonome de sa plateforme : Aurora Feint To Launch Standalone OpenFeint App. Les membres pourront ainsi sociabiliser avec leurs amis, comparer leurs scores sans nécessairement avoir besoin de passer par un jeu :

La future application OpenFeint

La future application OpenFeint

En quelques mois l’éditeur a donc su imposer sa plateforme comme couche sociale de référence et s’apprête maintenant à passer à l’étape suivante : Devenir un véritable canal de diffusion en faisant de la recommandation active de jeux (le système de recommandation sera fondé sur la communauté et le graph social des membres). Un marché très lucratif car les commissions sur la vente de jeux peut rapidement représenter une très grosse somme, surtout quand on connait la taille de l’écosystème des jeux sur iPhone.

Pour le moment l’éditeur n’a pas dévoilé tous ses plans concernant cette nouvelle plateforme mais on peut tout à fiat imaginer la place que pourraient prendre les annonceurs dans ce tableau : sponsoring de jeux dans le cadre de campagnes, lancement de chalenges avec dotation, sponsorisation des meilleurs joueurs (en échange de la présence de la marque dans le leaderboard)…

Les possibilités sont nombreuses et OpenFeint est idéalement placé pour dominer le secteur. Affaire à suivre…

Frédéric CAVAZZA

Quand les médias sociaux s’invitent dans votre télévision

Après plusieurs mois d’attente, Facebook, Twitter et d’autres services sont enfin disponibles sur vos consoles favorites : Twitter and Facebook Launch on the Xbox 360 et PS3 3.10 Update Adds Facebook Features, Fixes Up Friends List. Le principe est simple : prolonger votre expérience sociale au travers d’une interface adaptée. Vous avez donc maintenant la possibilité de vous connecter (à l’aide de vos login / mot de passe) pour lire les tweets de vos amis et publier les vôtres :

Twitter sur votre Xbox 360

Twitter sur votre Xbox 360

Idem pour Facebook où il est possible de consulter le updates de vos amis, de publier vos updates et surtout de lier votre compte Facebook à votre Xbox Gamertag : Xbox Connects with Facebook.

Facebook sur votre Xbox360

Facebook sur votre Xbox360

Là ça devient intéressant car ce “portage” de Facebook sur Xbox permet de mélanger vos deux social graph (casual et gamer). Ceci ouvre donc de nombreuses possibilités, surtout lorsque l’on connait le succès des casual games sur les réseaux sociaux et Facebook en particulier. D’autres “portages” sont-ils à prévoir ? Certainement. Est-ce une révolution ? Non car cela existait déjà des ponts comme Twoof qui permet de relier vos profil Doof et Twitter.

Bon dans les faits c’est plus compliqué (cf. First Look: Zune, Twitter, Facebook And Last.fm On Xbox) car la manipulation sans souris ni clavier est complexe, il est ainsi largement conseillé de vous équiper d’une manette spéciale :

Manette avec clavier obligatoire pour pouvoir tweeter efficacement

Manette avec clavier obligatoire pour pouvoir tweeter efficacement

Pour la PS3 c’est à peu près la même chose mais l’intégration va plus loin : PlayStation 3 Firmware (v3.10) Update Preview.

Facebook sur votre PS3

Facebook sur votre PS3

Là vous accédez carrément à votre profil Facebook au travers du browser intégré dans la PS3. Vous avez également la possibilité de publier automatiquement des status update (acquisition de trophées…) et des captures d’écran / vidéos de vos exploits. Là encore de nombreuses opportunités sont à imaginer.

Bon maintenant que tout ça est effectif, reste de nombreuses questions à se poser :

  • Comment vont cohabiter les nombreux social games de Facebook avec les casual games et “petits” titres proposés en téléchargement sur les marketplaces de ces deux consoles ?
  • Comment vont cohabiter la nouvelle génération de hardcore social games de Facebook (Burning Realms, Kick-Off, Battle Punk…) avec les “gros” titres des consoles ?
  • Quand tout ceci sera-t-il disponible sur DS et Wii (au travers des Mii Channels) ?
  • Y aura-t-il un portage sur l’AppleTV (qui prévoit d’intégrer prochainement des jeux : Apple TV gearing up for games?) et pourqoi pas votre Freebox ?

Bref, de nombreuses questions à se poser et surtout un très bel avenir à anticiper (à mi-chemin entre social gaming et social TV). Lire à ce sujet cet article sur la convergence des services entre web et TV : La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie.

Frédéric CAVAZZA

Les casual games à l’assaut des réseaux sociaux

Aviez-vous remarqué à quel point les casual games ont envahi les réseaux sociaux ? Il y a deux ans j’avais prédit cette évolution en plaçant les jeux au cœur de la stratégie de séduction / fidélisation des réseaux sociaux mais je ne pensais pas que ce phénomène prendrait une telle importance. Il faut dire que le marché est juteux (cf. The Profitable, $100 Million-A-Year Startup You’ve Never Heard Of) et que les utilisateurs sont accros (Top 25 Facebook Games for November 2009) :

Les 25 plus gros social games sur Facebook

Les 25 plus gros social games sur Facebook

Au cours des derniers mois nous avons donc vu l’apparition puis la mise en avant de sections “Games” dans les réseaux sociaux à commencer par les Skyblogs sur lesquels il y a maintenant un très bel onglet “Poker” :

L'onglet "Poker" des Skyblogs

L'onglet "Poker" des Skyblogs

Plus récemment nous avons vu des orientations stratégiques notables pour d’autres réseaux sociaux qui misent gros sur les social games, et notamment Hi5 (Meet The New hi5: It’s Game Time) :

Les casual games chez Hi5

Les casual games chez Hi5

Mais également Bebo (Bebo Social Games Experience Launches) :

Les social games chez Bebo

Les social games chez Bebo

De même que Netlog qui en plus lance une plateforme de distribution (Netlog launches Gatcha!, a cross-network social game distribution platform) :

Les casual games chez Netlog

Les casual games chez Netlog

Les jeux sont maintenant devenus à la fois le premier vecteur de recrutement et de fidélisation. Ils génèrent de plus des revenus confortables, surtout si les transactions sont intégrées au portail (cf. les coins de Hi5). Même si la croissance est importante, je pense que nous n’avons encore rien vu et que la dérèglementation progressive des paris en ligne va doper encore plus le marché.

Bref, si vous ne vous étiez pas déjà intéressé aux social games, il n’est pas trop tard.

Frédéric CAVAZZA

Panorama des médias sociaux

Aviez-vous remarqué que le terme “web 2.0” n’est plus à la mode ? Il faut dire qu’à force de nous survendre du “2.0″ à toutes les occasions, le concept fini par lasser. Maintenant, on parle de médias sociaux. Car avec un nombre de services en ligne toujours plus important, des concepts tous plus sophistiqués, des copies, des mashups dans tous les sens… il devenait difficile de s’y retrouve. Voilà pourquoi il était important de morceler cette grosse bouillabaisse qu’était devenu le web 2.0 en plusieurs sous-concepts pour en faciliter la compréhension.

De ce morcellement sont nés le social shopping, l’entreprise 2.0, les médias sociaux et bien d’autres encore. Mais a-t-on déjà pris le temps de bien définir ce qu’étaient les médias sociaux ? Voilà où je veux en venir : donner une définition et une vue exhaustive de ce que ce concept regroupe.

Publions, partageons, sociabilisons !

Dans “médias sociaux” il y a “média“, ce qui veut dire que les médias sociaux sont des supports numériques à une prise de parole ou une publication.

Dans “médias sociaux” il y a “social“, ce qui implique des échanges (fichiers, goûts, points de vus…) mais aussi des interactions sociales (structuration de groupes d’individus en réseaux, acquisition de notoriété, influence…).

Vous l’aurez compris, les médias sociaux sont donc des outils et services permettant à des individus de d’exprimer (et donc d’exister) en ligne dans le but de rencontrer / partager (et plus si affinités).

Une infinité d’outils et de services

La principale caractéristique des médias sociaux est le fractionnement de l’audience : aussi bien au niveau des sources (il existe des centaines de millions de blogs, wikis, forums…) que des supports de médiatisation / sociabilisation, c’est à dire des outils.

Ces derniers peuvent prendre de multiples formes (plus ou moins sophistiquées) et répondre à de nombreux besoins (existant ou non). Le schéma suivant illustre ainsi la richesse et la diversité des médias sociaux :

MediasSociaux.jpg

Comme vous pouvez le constater, ces différents outils et services peuvent être regroupés par catégories :

Ouf ! Ça en fait des services… et nous n’en sommes qu’au début ! Maintenant que le cadre est définit, il est temps de rentrer dans le vif du sujet.

Il y a eu un avant Facebook et il y aura un après Facebook

Les communautés en ligne n’ont pas attendu Facebook pour se regrouper et sociabiliser au sein de forums. Ce n’est pas l’outil qui fait vivre une communauté, mais plutôt la capacité des membres à trouver de nouveaux sujets et modes d’interaction. Donc peu importe l’outil, là où il y a des membres motivés il y a aura une communauté, même avec les outils les plus rudimentaires. Et inversement, vous pouvez proposer les outils les plus sophistiqués, la dynamique communautaire n’en sera pas forcément plus forte.

Si vous lisez régulièrement ce blog, alors vous connaissez déjà mon avis sur Facebook, service qui récolte bien plus d’attention qu’il n’en mérite.

Il n’existe pas d’outil unique pour tout faire

Même si les chiffres penchent en faveur des méta-plateformes comme MySpace, Skyblog ou encore Cyworld, les services à cheval entre plusieurs fonctions (publication, réseau social, partage…) risquent de rapidement noyer les membres dans une mélasse de contenus hétéroclites qui finissent pas faire plus de bruit qu’autre chose.

Donc même si l’audience est concentrée sur 2 ou 3 méga-plateforme, les plus fortes progressions se font aujourd’hui sur des services de niche. Concentrez donc vos efforts sur ces plateformes au succès en devenir plutôt que sur les services mainstream.

Vous ne pouvez plus vous cacher

Que vous le vouliez ou non, les conversations sont là et elles ont lieu avec ou sans vous. Comprenez par là qu’il est complètement illusoire de penser que pour contrôler sa marque il suffit d’empêcher vos employés de blogueur ou de ne pas s’exposer sur les médias sociaux.

Votre marque ne vous appartient plus, elle n’existe que dans l’inconscient des clients / prospects, qui sont accessoirement massivement présents sur les blogs, forums, wikis et réseaux sociaux. Donc à vous de choisir si vous voulez subir les conversations ou essayer d’y participer. D’où l’importance de nommer un “champion des médias sociaux” au sein de votre organisation (Community planner, Social media manager, Community architect, Social analytics expert…).

Quels KPIs ?

Se rapprocher des clients et prospects est un but louable, encore faut-il savoir de quels clients et/ou prospects vous souhaitez vous rapprocher et dans quel but. Il va donc très rapidement falloir être en mesure d’évaluer le potentiel des différents nano-médias sur lesquels vous souhaitez investir. Cette évaluation va reposer sur des indicateurs adaptés aux spécificités et contraintes du média.

De même, si vous souhaitez “approcher” des leaders d’opinion, il va vous falloir les qualifier pour repérer les influenceurs qui présentent le plus de potentiel. Et là encore il existe déjà un certain nombre de critères :

  • Pour les blogs (audience, popularité, nombre d’abonnés RSS / nombre de visiteurs, nombre de commentaires par billet…) ;
  • Pour les micro-blogs (activité moyenne, nombre d’upate par jour, nombre de following / followers…) ;
  • Pour les réseaux sociaux (richesse du profil, ancienneté, nombre d’amis et d’amis d’amis…).

Et si vous souhaitez accélérer la manœuvre il existe même des indicateurs de performance fondés sur le potentiel d’influence : pay-per-post pour les blogs, pay-per-tweet pour les microblogs, pay-per-acquisition pour les réseaux sociaux.

Il reste encore un long chemin (mais tout n’est pas perdu pour autant !)

Rassurez-vous, nous n’en sommes qu’au tout début des médias sociaux (et de leur conquête par les marketeux et pubeux du monde entier). Il reste encore de nombreuses places à prendre et les initiatives les plus audacieuses sont en général accueillies avec indulgence (sauf cette opération des 35 lapins que je trouve complètement con).

Donc je récapitule :

  1. Testez et appréciez la diversité des médias sociaux ;
  2. Tâcher de comprendre les mécaniques sociales (motivations, freins…) ;
  3. Nommer un “monsieur communautés” chez vous (qui pourrait être chargé de mettre en place un observatoire de la marque au sein des différents médias sociaux) ;
  4. Définissez une déclinaison sociale de la stratégie de votre marque (positionnement, cibles, proposition de valeur, levier de différenciation…) ;
  5. Identifiez les bons supports (services) et les bons relais de votre message (micro ou nano-communautés) ;
  6. Lancez-vous !

Voilà, encore une fois vous n’avez rien à perdre à expérimenter des opérations novatrices (à l’image de celles décrites ici).

/!\ Article innitialement publié sur FredCavazza.net.