Cédric DENIAUD

Les médias sociaux : quelques présentations avant de partir en vacances

Avant de partir en vacances pour certains d’entre vous, je vous propose quelques présentations intéressantes reperées ces dernières semaines. Je vois de plus en plus de présentations ne parler que des outils (”Le guide de l’influence sur Twitter”, “Pour être un pro du marketing sur Facebook”…). Autant d’inepties délivrées parfois par des agences plus ou moins compétentes qui mettent à leur sauce une présentation déjà vue ailleurs qui n’offre qu’une vision outils chiffrée (”Il faut aller sur Facebook car 500 millions de personne y sont”…) Sortons des chiffres d’audience ou de participation des outils pour raisonner en vraie démarche.

Social Trends

Plus besoin de présenter Razorfish. Cette présentation a encore le mérite d’être claire et d’aller à l’essentiel au travers de 5 points…

http://www.slideshare.net/shivsingh/social-trends-june-2010

Social Media Analytics

Cette présentation a été évoquée par Fred dans 3 approches des Social Media Analytics. Je vous la diffuse ici. Il faut pas la prendre de but en blanc comme parole d’évangile car quand on parle de Social Media Analytics, il faut les mettre en perspective par rapport aux objectifs recherchés. L’explication est par contre dense mais claire.

Ce qu’il faut voir est qu’il faut sortir des indicateurs uniques d’audience (combien de visiteurs ? combien de fans ?) qui sont parfois pris pour des objectifs (combien d’agences vous vendent le fait d’atteindre 10 000 fans comme un objectif dans une vision de consitution de base ?). J’aurai l’occasion d’y revenir mais se déclarer fan ou plutôt simplement cliquer sur un bouton “J’aime” à une toute autre valeur que de laisser volontairement son adresse e-mail à un site d’informations ou marchand. Il faut raisonner en terme d’attention, participation et influence. Ce sont les 3 mots que je retiens lorsque l’on parle de Social Media Analytics.

http://www.slideshare.net/jeremiah_owyang/social-marketing-analytics-4464428

Frédéric CAVAZZA

3 approches différentes des social media analytics

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de social scoring et des indicateurs-clés des médias sociaux que l’IAB tente de standardiser. Hasard du calendrier, ce ne sont pas deux mais trois approches différentes qui viennent d’être proposées ces derniers jours. Du très quantitatif au très qualitatif, la diversité de ces approches nous permet d’y voir un peu plus clair dans cette pratique encore méconnue.

Tiens d’ailleurs, puisque j’y suis, voici comment je pourrais définir les social media analytics : “La mesure, la collecte et l’analyse de données d’usages et de comportements des internautes au sein des médias sociaux dans le but d’optimiser une stratégie ou une présence”. Cette discipline repose sur des outils, des indicateurs-clés et des méthodes d’analyse. Les pratiques de social media analytics sont assez proches de celles employées pour les web analytics mais moins focalisées sur les chiffres (quoi que, ça dépend des vendeurs).

Approche Altimeter : Beaucoup de chiffres et d’outils

La première méthodologie que je vous propose d’étudier est celle de l’Altimeter Group (dont la réputation n’est plus à faire) associé à l’auteur de Web analytics Demystified (une référence dans la profession) : Social Marketing Analytics. Cette méthodologie décrit dans les détails un certain nombre d’indicateurs de performance (KPIs) exploités par les solutions du marché.

Exemple d'indicateurs de performance sur les médias sociaux

Exemple d'indicateurs de performance sur les médias sociaux

Les auteurs de la méthodologie ont regroupés ces indicateurs par objectifs :

  • Démarrage de conversations (”Foster Dialog“) : Part de voix, taux de participation et taux d’engagement ;
  • Sollicitation des avocats (”Promote Advocacy“) : Taux d’activité des avocats, influence relative et impact ;
  • Facilitation de l’entre-aide (”Facilitate Support“) : Taux de résolution, temps de résolution et satisfaction ;
  • Stimulation de l’innovation participative (”Spur Innovation“) : Nombre de suggestions, tonalité des sentiments et impact.

L’influence des pratiques de web analytics est clairement perceptible dans cette méthodologie qui repose avant tout sur les outils de mesure et sur une approche très quantitative. Idéale pour celles et ceux qui se retrouve avec une solution dans les pattes et veulent l’exploiter de façon industrielle.

Approche McKinsey : Quoi ? Qui ? Où ?

Autre approche mais centrée sur la propagation virale, celle proposée par McKinsey : A new way to measure word-of-mouth marketing. L’auteur de l’article a identifié trois formes de bouche-à-oreille : Les témoignages (ceux qui ont vécu une expérience ou testé un produit), les relais (ceux qui pointent vers un témoignage) et les cautions (les “célébrités” qui s’affichent avec un produit). Faire le distingo entre ces trois formes de bouches-à-oreilles est une des clés de la compréhension et de l’analyse des social media analytics.

La méthodologie de McKinsey repose sur la notion de Word-of-mouth Equity qui est fonction de trois critères :

  • Le contenu du message (”What?“) qui fonctionne mieux quand il est question de données factuelles sur un produit / service plutôt que de données émotionnelles (qui ont moins de chances d’être relayées en bouche-à-oreille) ;
  • Le porteur du message (”Who?“) qui va conditionner l’attention que l’on porte et est en rapport direct avec la crédibilité de celui qui s’exprime ;
  • Le media qui sert à véhiculer le message (”Where?“) car il est important de pouvoir sortir du lot et actionner un levier de proximité (certains supports sont saturés comme Facebook et Twitter, d’autres sont plus propices comme les forums).
La notion de word-of-mouth equity par McKinsey

La notion de word-of-mouth equity par McKinsey

Même si l’auteur ne se prononce pas sur une méthode arithmétique de mesure, il a le bon sens de rappeler que l’importance de ces trois critères varie en fonction du secteur d’activité (Le “Quoi ?” est plus important pour les produits high-tech, le “Qui ?” est plus important pour les produits bancaires  /financiers…).

Approche Forrester : Les objectifs avant les outils

Terminons avec la méthodologie proposée par Forrester : Three Steps To Measuring Social Media Marketing. Dans son rapport, l’auteur explique que les marketeux s’intéressent trop aux indicateurs quantitatifs (qui sont les plus faciles à collecter) et qu’il faut avant tout exploiter les indicateurs en rapport avec les objectifs d’une présence ou d’une campagne.

L’auteur a ainsi identifié six catégories d’indicateurs (User reach, User impact, Volume of participation, Quality of participation, Volume of energy et Quality of energy) qui sont plus ou moins bien adaptés aux objectifs d’une présence / campagne sur les médias sociaux (écoute, dialogue, stimulation, support, co-création) :

Compatibilité entre indicateurs et objectifs

Compatibilité entre indicateurs et objectifs

Il est donc primordial de définir en amont les objectifs d’une présence sur les médias sociaux et d’exploiter les indicateurs qui sont les plus pertinents. Ainsi, si votre objectif est d’améliorer l’image de marque, il est inutile de prendre en compte le nombre de citations.

Les leçons à retenir des pratiques de web analytics

Je serais bien incapable de vous recommander une approche par rapport à l’autre, les 3 sont intéressantes et à prendre en compte. Il semblerait néanmoins que les avis convergent pour dire que la stratégie (objectifs) doit passer avant la technologie (les outils) et qu’il n’y a pas de solution universelle (chaque cas est différent).

Ceci étant dit, j’attire votre attention sur trois enseignements très importants des pratiques de web analytics qui devraient vous aider dans la mise en place de pratiques de social media analytics :

  • Les indicateurs ne sont pertinents que dans la durée (seuls les changements et/ou écarts vous apprennent des choses) ;
  • Ne vous contentez pas de budgeter l’abonnement et la mise en place d’un outil, le plus gros du travail est dans l’interprétation (qui ne peut pas être fait par un algorithme) ;
  • Les données et interprétations ne valent rien si elles ne sont pas partagées et assimilées par les différents services d’une entreprise (communication, production, vente, direction générale…), la restitution de ces données au travers d’un tableau de bord de même que la pédagogie pour bien comprendre les indicateurs sont essentielles.

Voilà, j’espère que maintenant vous y voyez un peu plus clair et que vous avez les cartes en main pour initier et développer des pratiques de social media analytics en interne (dois-je vous rappeler qu’il serait absurde de les sous-traiter à une agence ?).

Frédéric CAVAZZA

Quels sont les usages réels pour les réseaux sociaux ?

Maintenant que Facebook a dépassé le cap des 300 millions d’utilisateurs nous pouvons légitimement nous poser LA grande question : mais que font tous ces gens ? C’est sur cette question que des chercheurs de la Harward Business School se sont penchés : Understanding Users of Social Networks.

En synthèse les résultats de cette étude sont les suivants :

  • Les utilisateurs passent beaucoup de temps à regarder les photos des autres ;
  • Les hommes cherchent des femmes (ces dernières totalisent 2/3 des visites de profils).

Plus surprenant, cette étude révèle également des comportements-types en fonction des réseaux :

  • Sur Twitter les hommes publient beaucoup plus de liens que les femmes ;
  • Les utilisateurs de MySpace sont surtout représentés dans les petites villes.

Cette dernière information est particulièrement intéressante car elle pourrait expliquer l’incroyable disproportion entre la présence de Facebook et de MySpace dans les médias (on parle tous les jours du premier et quasiment jamais du second) alors que leurs chiffres d’audience sont sensiblement équivalent. La raison est toute simple : la grosse partie des utilisateurs de MySpace ne sont pas dans les grandes villes où sont concentrés les journalistes, blogueurs et autres leaders d’opinion (plus d’infos ici : Will the Real MySpace Users Please Speak Up?).

L’article cité en début de billet est également intéressant dans ces conclusions : L’auteur engage ainsi les marques à passer d’une logique de présence sur les médias sociaux (display) à une logique d’engagement (sous-entendu de conversations actives, pas de clics ou de widgtes rigolos qui ne servent pas réellement le discours de la marque). Mais ça vous le saviez déjà, non ?

Frédéric CAVAZZA

L’IAB standardise les indicateurs-clés des médias sociaux

Depuis le temps que l’on en parle, l’IAB se décide enfin à publier un document officiel sur les indicateurs-clés spécifiques aux médias sociaux (blogs, widgets et applications sociales) : Social Media Ad Metrics. Cette publication est une très bonne nouvelle, même si elle me laisse un peu sur ma faim, il n’y a en effet aucune référence au microblogging, aux social games ou même aux services mobiles (mais c’est tout de même un très bon début).

L’IAB nous donne ainsi sa définition des médias sociaux : Les services et fonctionnalités qui facilitent le partage et favorise les conversations. Une définition intéressante car il y ai fait référence aux fonctionnalités et pas seulement aux services. Un portail d’information “traditionnel” se dotant ainsi d’une couche sociale rentrerait ainsi dans la catégorie “média social”.

Poursuivons l’étude de ce document avec les définitions suivantes :

  • Blog = un type de site web opéré par un individu, un groupe ou une organisation dans le but de publier des opinions et commentaires sur des sujets variés ;
  • Widget = une application qui fonctionne sur n’importe quel site ;
  • Application sociale = des services qui encouragent l’expression, les échanges et la collaboration.

Rien à redire, ces définitions sont concises et justes.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet avec les fameux indicateurs. Nous distinguerons les indicateurs généralistes des indicateurs propres au support.

Ma sélection d’indicateurs généralistes :

  • Interaction Rate (taux d’interaction) = La part d’utilisateurs qui cliquent sur une publicité ou une application sociale ;
  • Time Spent (temps passé) = La période durant laquelle un utilisateur interagit au cours d’une session sans interruptions de plus d’1/2 heure ;
  • Vidéo Installs = Le nombre de players vidéos encapsulés dans des pages web ;
  • Friends Reach (distribution virale) = Le nombre d’utilisateurs exposés à du contenu “social” au travers de leurs amis.

Ma sélection d’indicateurs liés aux blogs (où un blog / billet est jugé pertinent s’il parle de  votre marque / produit / sujet) :

  • Number of Conversion Relevant Sites = Le nombre de blogs pertinents ;
  • Number of Conversation Relevant Links = Nombre de liens qui pointent vers ou depuis un billet pertinent ;
  • Conversations Reach = Le nombre de visiteurs uniques mensuels ayant transités par un billet pertinent ;
  • Number of Conversation Relevant Posts = Le nombre de billets pertinents sur un blog ;
  • Conversation Density of Conversation Relevant Posts = Le pourcentage de billets pertinents par rapport au nombre total de billets ;
  • Earliest / Latest Post Date for Conversation Relevant Post = Premier / dernier billet pertinent ;

Ces différents indicateurs sont particulièrement intéressants pour pouvoir identifier les blogs intéressants et les classer entre eux. J’aurais complété cette liste avec les deux indicateurs suivants :

  • Part de voix = Le nombre de billets pertinents où votre marque / produit est cité ;
  • Score de viralisation = Le nombre moyens de trackbacks pointant vers un blog pertinent.

Nous avons ensuite les indicateurs liés aux widgets et applications sociales (petite sélection) :

  • Unique User Reach (taux de pénétration) = Le pourcentage d’utilisateurs ayant installés le widget / l’application par rapport aux nombre total d’utilisateurs ;
  • Influence (taux de viralisation) = Le nombre moyen d’amis de l’utilisateur-cible ayant installé la même application ;
  • Application Installs per User = Le nombre d’applications installées par l’utilisateur ou les utilisateurs (moyenne).

Voici donc une très bonne série d’indicateurs que l’on pourrait compléter avec des indicateurs spécifiques au microblogging (où un tweeteur/ tweet est jugé pertinent s’il parle de  votre marque / produit / sujet) :

  • Notoriété = Nombre de tweets pertinents durant la période d’étude ;
  • Taux de pertinence = Le pourcentage de tweets pertinents d’un auteur ;
  • Taux d’influence = Le nombre moyen de re-tweets d’un auteur sur les tweets pertinents.

Cette liste est à compléter, n’hésitez pas à mettre en commentaire vos indicateurs.

Espérons que cette première publication sera complétée au fur et à mesure et que d’autres supports seront pris en compte (lifestream, casual games, univers virtuels…).

(via E-conomy)