Cédric DENIAUD

Pourquoi les marques échouent sur Twitter ?

Twitter : beaucoup de marques se posent encore la question de l’intérêt d’y être présentes. Il faut dire que lorsque l’on regarde les chiffres du nombre de personnes qui suivent nombre d’entre elles, on est en droit de se poser la même question. Quand on est une marque internationale, être suivi par 300 personnes sur son compte Twitter où on y investit du temps, il y a de quoi devenir sceptique de l’intérêt de Twitter.

Peut-être que déjà le problème est pris à l’envers. Oubliez le nombre de followers et ne le suivez plus serait déjà une première approche. Certaines agences n’hésitent pas à vendre le fait que grâce à elles, la marque aura plus de 10 000 followers sur son compte en un an. C’est sûr que lorsque l’on ne s’y connait pas, on se dit que mettre l’icône Twitter dans ses newsletters et sites Internet suffira largement à atteindre les 10 000 followers vu le bruit médiatique autour de Twitter. Or, on oublie trop rapidement certains chiffres (Quelques chiffres méconnus sur Twitter) et que le bruit médiatique est différent de l’engouement populaire (Attention aux chiffres et à l’engouement médiatique… l’exemple Twitter).

De plus, ce que l’on oublie également c’est que sur Twitter une marque ne parle pas à ses clients. Oui, certainement que parmi les followers on va retrouver des clients mais dans la plupart des cas ils ne sont pas clients. Il suffit de voir la sur-représentation des profils Marketing sur Twitter pour savoir que Twitter pour nombre d’utilisateurs est utilisé d’abord comme un outil de veille et que donc suivre des marques rentrent dans cette veille.

Le postulat de base pour une marque est donc de savoir à qui elle s’adresse sur Twitter. On comprend alors que lorsque l’on sait à qui on s’adresse, on est plus à même de savoir définir le bon message. Twitter est un média d’information. Il est devenu l’une des sources d’informations prioritaires pour bien des journalistes et bloggers (L’hyper-réactivité des médias sociaux… et surtout Twitter). Les marques doivent entrer dans cette danse et utiliser Twitter pour l’usage que les internautes en font et pas pour espérer qu’en seulement poussant des offres promotionelles, cela fera venir des followers (à l’exception de quelques marques).

Enfin, le dernier point expliquant l’échec est que la marque n’entre pas dans la conversation. Twitter est utilisé très souvent comme un outil de communication descendant servant seulement à pousser de l’information. Or, Twitter, même s’il peut servir à cela, est un outil d’échange, de partage et de conversation. C’est en entrant en conversation avec les cibles visés sur Twitter que vous pourrez trouver un succès…

Quelques conseils :

  • Un flux d’informations : diffuser l’information en temps réel concernant votre activité, votre entreprise, vos produits.

  • Un outil de conversations : échanger avec les utilisateurs que vous suivez ou qui vous suivent, et qui opèrent dans votre univers concurrentiel (Quelle utilisation une marque peut-elle faire de Twitter ?)

  • Un outil humain : valoriser la personne qui se cache derrière le compte afin d’entrer plus facilement dans la conversation

  • Oubliez votre agence : on parle de conversation et on n’a pas envie de se voir répondre par une personne cachée et qui n’appartient même pas à l’entreprise. La notion de porte parole sur Twitter est certainement encore plus vraie que sur Facebook…

  • N’oubliez pas le client : même si clairement ce sera un canal de service client restreint à quelques utilisateurs, il n’en demeure pas moins important de satisfaire ses derniers, surtout qu’ils sont les plus enclins à manifester fortement leur mécontentement sur Internet.

  • Oubliez Dell et ses 6 millions de $ : trop d’agences nous ressortent dans leurs présentations les éternels exemples de Starbucks, Dell et Ford. C’est sûr que lorsque on n’a pas de vrais cas d’usages à valoriser faute de vrais retours d’expériences, il est simple de prendre les marques phares qui réussissent sur les médias sociaux et de montrer qu’on a compris leur stratégie. Votre marque n’est pas Dell et votre utilisation de Twitter ne correspond pas à l’utilisation que Twitter en fait via le compte @DellOutlet (Dell + Twitter  = la vidéo). Le seul exemple que vous devez prendre de Dell, c’est l’organisation et la volonté / engagement dans la démarche mise en place. Vous devez trouver votre propre voie et l’utilisation la plus adéquate de Twitter pour répondre à vos objectifs et aux attentes de vos cibles et cela passe par une vraie compréhension des usages (et pas une formation à Twitter en une demi-journée) et l’expérimentation pour adapter la tactique.

Pour suivre près d’une centaine de grandes marques qui twittent en Français, je tiens une liste accessible depuis http://twitter.com/cdeniaud/marques-fr.

Cédric DENIAUD

Quand le député Lionel Tardy pose la question : peut-on tweeter partout, tout le temps ?

Vous avez tous suivi l’élimination en Coupe du Monde et la débâcle autour de l’équipe de France et notamment son entraineur Raymond Domenech. Cette semaine, à l’invitation d’une commission culturelle à l’Assemblée Nationale, il était reçu, tout comme Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF. Ce n’est pas tant cet événement qui m’intéresse ici mais plutôt la large polémique médiatique sur le fait que le député Lionel Tardy, bien connu pour son utilisation fréquente de Twitter (@deputetardy) qui entoure sa non autorisation à utiliser Twitter pendant l’audition privée. La presse en ligne notamment s’en ai fait largement l’écho ces derniers jours :

Hors mis, le “coup de comm” que s’est ainsi payé ce député qui n’en était pas à son premier galop d’essai (La colère UMP en direct sur Twitter), ce qui m’intéresse c’est de se payer la question plus globale de “Est-ce que l’on peut tweeter partout, tout le temps ?”.

Les médias sociaux sont omniprésents et grâce aux supports mobiles, nous pouvons désormais être conecté partout, tout le temps. La question est alors de savoir quoi et quand partager afin de savoir placer ses propres limites dans la diffusion d’informations privées (cf : Vie perso/pro et vie privée/publique). Le deuxième point qui m’intéresse plus n’est pas nécessairement ce qui peut ou pas être dit, mais c’est de savoir, si dans le cas de Twitter, il est opportun de laisser la possibilité de twitter en tout lieu. Je vous propose de voir cela au travers de quelques exemples :

Utilisation de hashtag pendant un séminaire

Afin de faciliter et de permettre aux internautes de pouvoir suivre les échanges dans le cadre d’un événement ou d’une conférence, l’organisateur propose un hashtag à utiliser. Mais si vous savez, si vous utilisez twitter, un mot clé intégré dans un tweet permettant par la suite de voir tous les tweets utilisant le même hashtag. Pratique !

La NFL (Ligue Américaine de Football Américain) interdit aux joueurs de twitter pendant les matches.

Cela peut vous sembler fou mais la NFL a du il y a quelques mois interdire à ses joueurs de twitter pendant les matchs : Twitter effraie les patrons du football américain. La raison est celle des droits de retransmission. Un joueur qui diffuse de l’information créé alors son propre canal d’information, non contrôlé et surtout hors des droits de retranmission payés par les supports. Cela est d’autant plus vrai s’il s’agit par exemple de contenus photos ou vidéos qui offriraient alors la possibilité aux internautes d’être plongés au coeur des coulisses du match… et ce gratuitement.

L’été dernier, un précédent notable et toujours dans le domaine sportif, sur cette question de la problématique des contenus diffusés gratuitement sur Internet pendant que les chaînes payent des droits de retransmission, était celui de Lance Armstrong. On le sait : à travers sa fondation, Livestrong, Lance Armstrong a une politique très avancée dans l’utilisation des médias sociaux pour orchestrer sa communication (cf : Livestrong.com, Armstrong champion du 2.0 !). Pendant le Tour de France, pendant qu’il se limitait au mimimum syndical pour les interviews avec les télés et journalistes, il réservait tous les soirs ses impressions et interviews de d’autres cyclistes sur son site Internet, relayé sur son compte Twitter (qui compte plus de 2 millions de followers à date). A l’heure où l’on parle énormément de la monétisation des contenus et de la perte des revenus des médias classiques, Internet et la gratuité de contenus posent un véritable problème.

Quand Twitter arrive à l’Assemblée et au Sénat

On entend aujourd’hui, suite à la tentative de tweet de Lionel Tardy cette semaine, que l’utilisation de Twitter à l’Assemblée va être examiné en séance parlementaire (Twitter dans le collimateur des députés). Autre cas précédent dont vous aviez sûrement entendu parler à l’époque :  la polémique  impliquant le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, et un sénateur PS, Martial Bourquin, relativement peu au fait de Twitter (Twitter sème la pagaille entre Estrosi et le PS). Ce dernier a interpellé le ministre sur des contenus qu’il (ou plutôt son conseiller) avait posté sur son compte Twitter. Cette polémique montre la non compréhension de part ce sénateur de l’usage qu’il peut être fait Twitter. Reprendre seulement les mots de Christian Estrosi c’est malheureusement s’arrêter à la forme. Bref tout cela prouve une nécessaire évangélisation de ces nouveaux outils pour que d’une les hommes politiques adaptent leur communication et soient prêts à respecter les règles du jeu.

Le procès Clearstream en direct de Twitter

Autre exemple, là encore très médiatique a été celui du suivi en quasi instantané des échanges lors du procès Clearstream. les journalistes et observateurs présents ont en effet largement utiliser Twitter pour relayer quasi minute par minute les échanges : Twitter à la barre du procès Clearstream.

Première question : peut-on vraiment chroniquer un procès en étant limité à des échanges de 140 caractères ? Il faut bien avoueur que la plupart des tweets étaient un simple relais commenté du déroulé du procès. Rien en soi de très palpitant. « Tout le monde n’a pas compris qu’en fait, Twitter, c’est un complément. On ne peut évidemment pas suivre tout le procès si on s’y intéresse, juste sur Twitter. C’est beaucoup trop lapidaire. Ce ne sont pas des compte-rendus d’audience. » comme le rappelle Olivier Toscer. Cela me confirme que ces échanges ne peuvent concerner qu’une minorité de personnes, en dehors du sujet abordé et que Twitter de part ce type d’usage ne me semble pas favoriser un usage grand public (cf : Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public).

Deuxième question : est-ce légal de twitter depuis une salle d’audience ? Comme le rappelle Maitre Eolas sur son blog : ” Ce que la loi interdit, c’est de fixer une image ou un son. L’écrit, et le tweet est un écrit, n’est pas concerné, il est même couvert par la liberté d’informer.”

Conclusion

Tout cela confirme à mon sens deux choses :

  • Twitter, au même que d’autres outils Internet, permet de diffuser facilement et rapidement une information. Il semble alors relativement vain de vouloir y poser une censure au niveau du contenus. Par contre, on peut se demander, de la même manière que pour un usage privé, du type de contenu qui peut être diffusé car jugé public ou privé. Est-ce que demain dans une réunion ou événement confidentiel, on sera obligé d’interdire les téléphones connectés à Internet pour éviter toute diffusion d’information ? On est en droit de se le demander…

  • Twitter a de nombreux usages et le “journalisme en temps réel” fait par tous en est un. De la même manière que Lance Armstrong peut devenir un producteur de contenus et un journaliste, n’importe quel internaute est un journaliste en puissance si je prends le terme “journaliste” comme diffuseur de contenu sur un média.

Cédric DENIAUD

Quelle monétisation pour Twitter : comptes Premium, Promoted Tweets, Promoted Trends ?

Facebook l’avait annoncé et semble-t-il (selon Reuters) Facebook l’a fait ! Je parle ici de la rentabilité de son service. En effet, Facebook avait annoncé en mai 2009 qu’il jugeait pouvoir attendre la rentabilité en 2010 (Facebook lève 200 millions de dollars et estime être rentable en 2010). Selon Reuters, Facebook aurait plus que doublé son chiffre d’affaires en 2009 en passant de 300 millions de dollars en 2008 à plus de 800 millions en 2009 et aurait ainsi été rentable de quelques dizaines de millions de dollars en 2009. Nous connaissons les frais importants liés au maintien d’un réseau social comptant quelques centaines de millions de membres et adressant une audience équivalente à Google, il faut donc témoigner du succès de Facebook à avoir su surfer intelligemment sur le vague de l’investissement massif des marques /annonceurs sur son service.

La question que l’on peut se poser est ce qu’il en est pour un autre service phare (plus médiatiquement que dans l’usage en France : moins de 200 000 inscrits à date, ce qui continue à me faire penser et écrire Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public) des médias sociaux ; Twitter.

Twitter semble vouloir, après avoir fait la course à l’audience, monétiser fortement son service en misant principalement sur la carte entreprise. Petit rappel sur les derniers services payants proposés par Twitter pour les entreprises.

Les comptes Premium BtoB

Annoncés depuis près d’un an (Les comptes premium de Twitter : vers une monétisation BtoB ?), les comptes premium seront des comptes commerciaux payants à destination des entreprises. Globalement, l’idée de Twitter est de leur proposer des services supplémentaires notamment dans l’analyse leur permettant d’avoir plus de fonctionnalités qu’un compte particulier gratuit. Le rachat ce mois-ci de Trendly vise justement à aller dans le sens à agréger et racheter des services ayant développés des outils d’analyse poussés

A première vue, le système s’inspire assez fortement d’un modèle freemium, il faudra voir le prix proposé par Twitter puisque aujourd’hui Twitter puise sa force de son écosystème et des services connexes comme Seemic, Tweetdeck, TweetMeme ou bien encore CoTweet ciblent également à terme les entreprises. En effet, un service comme TweetMeme propose déjà un outil d’analyse payant permettant à l’entreprise d’accéder à des statistiques afin d’améliorer leur utilisation et la visibilité de leur compte Twitter.

Les Promoted Tweets

Pour les Promoted Tweets, les premiers résultats et expérimentations menées par des marques  (Red Bull, VirginiAmerica, NBC, …) semblent trouver un certain écho : Brands owners benefit from Twitter ads. Le CPC (Cost Per Click) semble être supérieur à d’autres formats publicitaires sur d’autres sites. Je suis assez dubitatif du véritable impact de ces formats, hors mis offres promotionnelles dédiées, dans le cadre de la valorisation d’un compte Twitter pour une marque.

Toutefois, dans le cadre d’une recherche via Search.twitter, l’apparition d’un résultat sponsorisé (ici l’inspiration googlienne est évidente) peut être pertinent et à déjà fait ses preuves dans les moteurs de recherche classique.

promoted-tweet

La démarche ici est clairement publicitaire au sens premier du terme i.e visant un impact commercial. Je pense, que même si cela va arriver en France rapidement, qu’il ne faut se tromper là encire sur les objectifs d’une marque à développer sa présence pertinente sur les médias sociaux et notamment sur Twitter.

Avec moins de 200 000 utilisateurs en France, je pense que Twitter est un média d’influence qui permet à une marque de créer une relation avec de potentiels influenceurs. N’y avoir qu’une démarche commerciale, via des Promoted Tweets, serait alors à mon sens une erreur qui prouverait la non implication de la marque dans les usages du site…

Les Promoted Trends

Twitter vient de lancer son service de Promoted Trends. Globalement, vous avez sur votre page d’accueil Twitter, dans la partie droite, les tendances les plus populaires. Twitter est un formidable outil pour les annonceurs, journalistes et internautes de prendre le pouls du web  (L’hyper-réactivité des médias sociaux) et la mise en avant de ces “trends” correspondait à cette démarche de valoriser, parmi un grand nombre de conversations, ce qui est le plus discuté. Désormais, des marques peuvent y insérer leurs “hashtags” afin de rendre visible les conversations autour de leurs marques.

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Quelles autres voies de monétisation possibles ?

En dehors de ces voies visant à faire payer les entreprises, on peut se demander si Twitter n’aurait pas intérêt à explorer d’autres voies. Voici quelques propositions dont certains se font l’écho mais sur lesquelles je reste sceptique :

  • Faire payer les développeurs d’API : sur un modèle proche de l’App’Store d’Apple, l’idée serait de faire payer une licence aux développeurs d’API basées sur Twitter, voir derrière de proposer un App’Twitter Store visant à faire la promotion de ses applications. Je pense que c’est la proposition la plus improbable car à la différence de Apple, qui on le sait avance de manière très fermée, Twitter a basé son succès sur son écosystème (Twitter et son écosystème), ce qui clairement à mon sens l’a fait passer de fonctionnalité à véritable produit. D’un point de vue culturel, Twitter est né bien après Apple et cette culture Open Source / Partage de partie du code source fait partie de la culture Web actuelle.

  • Des tweets sponsorisés en dehors de Twitter : la force des Adwords / AdSense de Google est d’avoir su envahir le web et pas se cantonner seulement au moteur de recherche et autres services Google. On peut ainsi se demander si Twitter ne doit pas exploer cette voie. On sait que Twitter est fortement intéressé par intégrer son service et ses tweets sur des sites médias via Twitter Anywhere (Vers une intégration toujours plus poussée des médias sociaux dans les sites de marque : Twitter @anywhere). Les tweets sponsorisés pourraient ainsi également être proposés sur les moteurs de recherche, compte tenu que ces derniers doivent désormais de plus en plus prendre en compte les contenus créés en temps réel par les utilisateurs.

Article inspiré de CedricDeniaud.com : Comment les liens sponsorisés de Google ont influencé la monétisation de Digg, Twitter et Facebook ?

Frédéric CAVAZZA

Les nouvelles ambitions de Twitter et Facebook

Le mois d’avril a été très riche et surtout très structurant pour les médias sociaux et notamment Twitter et Facebook.

Nouveau modèle économique, couche sémantique et infiltration sociale du web pour Twitter

Il y a tout d’abord eu la grande messe de Twitter où on été révélé les derniers chiffres d’audience :

  • 105 millions d’utilisateurs pour 180 millions de V.U. mensuel ;
  • 300.000 nouveaux inscrits par jour ;
  • 75% du trafic en provenance d’applications tiers.

Avec les 3/4 de son activité en dehors du site web, on comprend mieux pourquoi ils ont décidé de racheter Tweetie (un client Twitter pour Mac OS) et déstabiliser ainsi une bonne partie de l’écosystème.

Cette conférence a également été l’occasion de faire le point sur le chemin parcouru (lire à ce sujet : The State and Future of Twitter 2010: Part One) ainsi que sur le modèle économique (sans grande surprise : The Twitter Ad Model Revealed. What Were You Expecting, a Pony?).

Plus intéressant, ils viennent de lancer un site d’évangélisation à destination des médias (Twitter Media), preuve qu’il y a un intérêt mutuel entre les médias traditionnels (TV, journaux, radio…) et ce service de microblogging.

Encore plus intéressant, la possibilité de rajouter des annotations aux tweets : Twitter reveals details of new “Annotated Tweets” feature. Contrairement à ce que son nom indique (ou n’indique pas), cette évolution technologique est bien en rapport avec une sémantisation des tweets. Plus précisément elle va permettre de structurer / compléter / enrichir les tweets pour faire beaucoup plus que ce que les SMS permettent de faire : 10 Possible Uses of Twitter’s New Annotations.

Et pour finir ils ont également lancé le programme @Anywhere qui permet d’injecter certaines fonctions de Twitter dans n’importe quel site web. En ajoutant quelques lignes de javascript dans votre code source vous aurez droit à :

  • Une reconnaissance automatique des usernames avec le profil affiché au survol de la souris (Hovercards) ;
  • Des boutons Follow automatiques ;
  • Des Tweet Box pour que vos visiteurs puissent tweeter directement depuis votre site ;
  • Un enrichissement des fonctions d’authentification (Twitter Connect).

Tous les détails sont ici : Getting Started with @Anywhere.

La volonté affichée de Twitter est donc de devenir une couche sociale à l’échelle du web, cette dernière reposant sur un usage approfondi des tweets aussi bien par les internautes que les marques que les services eux-mêmes (robots, agents intelligents et systèmes d’information).

Graph social universel, sémantisation des profils et base de données universelle du web pour Facebook

Concernant Facebook, la conférence F8 de la semaine dernière a été l’occasion de rappeler l’audience colossale de Facebook : Presque 400 millions d’utilisateurs, 500 millions de V.U. mensuels… Le constat est sans appel : Facebook est devenu le poids lourd incontesté des réseaux sociaux (il n’y a que LinkedIn et son positionnement de niche qui peut rivaliser en termes de croissance).

Les annonces majeures de cette conférence sont les suivantes :

  • Un mécanisme d’authentification silencieuse plus sophistiqué qui permettra aux éditeurs de sites web de personnaliser leur contenu / offre en fonction du profil Facebook des visiteurs (avec plus de souplesse dans l’exploitation des données) ;
  • Un graph social ouvert qui permet de combiner les données d’autres plateformes sociales (Open Graph Protocol) ;
  • Le lancement officiel des Facebook Credits ;
  • Une série de plug-in à insérer pour injecter des fonctions sociales de Facebook dans votre site (nouveau bouton “Like“, système de recommandations de vos amis…) et d’avoir accès à des statistiques détaillées sur les visiteurs ayant un profil Facebook ;
  • Un système de structuration sémantique des contenus qui repose sur RDF.

Je ne m’attarde pas sur l’Open Graph Protocol ni sur les Social Plug-ins car d’autres l’ont déjà très bien fait (cf. Le nouveau Facebook : un guide complet pour les éditeurs, les annonceurs, les utilisateurs et la concurrence). Par contre je vais détailler un peu plus ce principe de structuration sémantique car c’est à mon avis l’annonce la plus importante : L’idée est d’insérer dans le code source de vos pages un bout de code sémantique permettant de décrire le contenu (article, produit, film, chanson…). Ce code sémantique est ensuite utilisé pour nourrir la base de données de Facebook où sont répertoriés tous les objets sémantiques décrits. Traduction : Ce principe va permettre à Facebook de structurer l’ensemble des contenus du web et d’y associer ses fonctions sociales.

L’objectif de Facebook est donc de se transformer en une gigantesque base de données structurée en s’appuyant pour cela sur son écosystème et sur sa formidable audience. Facebook pourrait ainsi réussir dans cette titanesque tâche de sémantisation du web là où des start-up avec beaucoup moins d’envergure échouent par manque de visibilité.

L’intérêt pour Facebook est donc de se construire un gigantesque index pour relier chaque contenu du web à une page Facebook (ou à défaut un objet sémantique). Je n’avais pas vu d’ambition aussi élevée depuis l’annonce de Google de numériser l’ensemble des livres de la terre.

Il est pour le moment encore un peu tôt pour bien mesurer les implications de ces annonces et l’impact qu’elles vont avoir sur les médias sociaux et le web en général. Toujours est-il que nous avons maintenant la certitude que Facebook est le leader incontesté de sa catégorie et qu’il va très rapidement asphyxier ses concurrents. Nous nous dirigeons donc vers une configuration de marché où Facebook va devenir aux réseaux sociaux ce que Twitter est au microbloging.

Quid des services de social location ?

Force est de constater que Twitter et Facebook ont tous les deux soigneusement évités de parler de fonction de localisation sociale comme peuvent en proposer Foursquare, Gowalla ou Brighkite. Pourquoi cette impasse ? Tout simplement parce que ces deux services avaient besoin de procéder à une évolution majeure de leur plateforme technique afin de développer les outils et leviers qui leur permettront d’écraser ces services.

Donc pour le moment je pense qu’il est juste de parler de sursis plutôt que d’oubli.

Encore une fois il va falloir quelques jours / semaines pour bien digérer ces annonces et pouvoir élaborer des stratégie et anticiper des scénarios d’évolution viables. Mais nous aurons largement l’occasion d’en reparler…

Cédric DENIAUD

Uniqlo + Twitter = intégrer vos tweets à un dispositif de communication

On connaissait déjà les possibilités d’intégration de contenus personnalisés via Facebook Connect. J’avais par exemple présenté le cas du jeu vidéo The Prototype dans le cadre d’une intervention à l’EBG (Conférence EBG : Facebook Connect et Twitter). Vous vous connectiez aux sites avec vos identifiants Facebook et la vidéo teasing de présentation du jeu était alors personnalisée et intégrait votre image, votre nom et d’autres éléments de votre profil Facebook. La personnalisation de la vidéo jouait alors son impact (on n’est plus touché par un message promotionnel lorsque celui-ci est personnalisé).

On sait que la personnalisation lorsqu’elle est originale et créative est un élément important de buzz qui permet d’avoir une communication différenciée autour d’une opération menée. Dernier exemple récent que je vous avais présenté dans : celui de Burger King au Brésil. Regarder cette petite vidéo pour vous faire une idée sur le dispositif :

Cette fois-ci, c’est Uniqlo qui nous propose un dispositif “UTweet” : http://www.uniqlo.com/utweet/#/user/cdeniaud. Le principe est de reprendre certains de vos derniers tweets dans un mini clip flash. Pour se faire, rien de plus simple que de rentrer son identifiant Twitter, et après quelques secondes d’attente le clip démarre.

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Alors on m’a demande : “Mais quel est l’intérêt ?”. Strictement aucun… si ce n’est l’aspect communication et c’est exactement ce que recherchait Uniqlo à travers ce dispositif. Ce genre de dispositif est encore assez rare et peut donc être assez fortement relayé sur la Toile (retombées sur Twitter, statuts Facebook et articles de blog). Cela fait autant de buzz positif pour la marque et à moindre frais car le mini-clip Flash ne représente pas un coup important sachant que la promotion se fait seulement par le bouche-a-oreille. Comparé à de l’achat média, l’impact est plus puissant, viral. Donc je dis bien joué.

Qu’en pensez-vous ?

Cédric DENIAUD

Vers une intégration toujours plus poussée des médias sociaux dans les sites de marque : Twitter @anywhere

Les médias sociaux ce ne sont pas juste des outils externes à votre site, qui vivent indépendamment dans une seule stratégie de promotion et relais de vos contenus / offres / services. Les intégrations sont toujours plus poussées et toujours plus fortes, comme nous avons déjà eu l’occasion de vous le présenter.

A travers ces exemples, on comprend que bien entendu les sites de marque ne sont pas mort (Va-t-on vers la mort des sites Internet de marque ?) et que les agences qui arrivent avec une promesse de ne pas vous vendre de site et seulement des opérations sur les médias sociaux ne voient pas les médias sociaux dans votre écosystème Web où vous devez avoir un hub. Ce hub est joué par votre site qui bien entendu par contre doit évoluer pour devenir un hub social et conversationnel.

Twitter @anywhere

L’annonce hier par Twitter du lancement de @anywhere confirme cette tendance (voir annonce sur le blog officiel de Twitter) Malgré sa forte croissance (de 2,5 millions de tweets début 2009 à 50 millions de tweets début 2010), Twitter peine à fidéliser ses utilisateurs (73% des inscrits ont posté moins de 10 tweets comme je l’indiquais dans Quelques chiffres méconnus sur Twitter). Ainsi, prochainement, des sites comme eBay, Amazon, Digg, Bing, Yahoo! intégreront Twitter en leur sein.

L’avantage est de rendre ainsi les sites encore plus conversationnels en y intégrant un outil de microblogging (et ainsi capter encore plus l’internaute sur leur site), et pour Twitter développer l’usage de son outil afin de le démocratiser (Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public).

L’utilisation de ses identifiants Twitter pour s’identifier sur le site (à la manière de Facebook Connect) apportera un autre bénéfice et confirme la concurrence entre Twitter et Facebook sur les systèmes de délégation d’identification.

Stribe : module communautaire

Stribe est une société française encore peu connue et qui pourtant commence à cumuler les prix (notamment prix de la meilleure Start-Up au dernier Web’09). Stribe propose un service pertinent que l’on pourrait simplifier en disant que c’est un module communautaire plug and play. Aujourd’hui les fonctionnalités sont surtout axer autour de la partie chat et messagerie privée mais la promesse de développement fait qu’il faudra suivre en 2010 le développement de cette jeune start-up.

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Ce qui est intéressant à travers ces deux exemples, c’est la complémentarité recherchée entre les outils. Plutôt que de redévelopper ad hoc un service similaire, les sites comprennent l’importance de fonctionner à travailler dans un ecosystème.

Le mouvement inverse : vers plus d’intégration sur Facebook

Dans un mouvement inverse, mais finalement complémentaire, on voit certaines marques intelligemment développer leur contenu sur Facebook ou en tout cas adapter leur offre à ce réseau social, on le sait très captif et regroupant les principaux usages actuels du web (réseau, partage, ludique, …). On peut par exemple citer :

  • 1800-flowers.com qui propose sur Fan Page Facebook une boutique intégrée. L’acte d’achat de la sélection du produit au paiement (en passant par heure et lieu de livraison) est intégrée dans un module applicatif accessible depuis l’onglet “Shop”. Pratique pour des sites proposant un acte d’achat dit simple (peu de recherche dans la sélection du produit, faible profondeur du panier d’achat, achat peu engageant).

1800flowers

  • GetSatisfaction qui propose un service de ideagora et de questions / réponses se lance dans un service intégré à Facebook (cf : GetSattisfaction turns Facebook Fan Pages into Customer Support hubs). Ainsi, demain sur votre Fan Page, vous pourrez véritablement proposer un service client plus poussé en gardant l’utilisateur sur Facebook. On le sait que la majorité des fans sur Facebook sont clients de cette marque (52% selon l’étude réalisée en février par FullSIX )
Frédéric CAVAZZA

Astuce : Utiliser Facebook Connect pour de la pré-inscription

Après plus d’une année d’existence Facebook Connect est un succès : Les chiffres le confirment (60 millions d’utilisateurs et 80.000 sites y ont recours) et les arguments ne manquent pas (Pourquoi intégrer Facebook Connect sur votre site ?). La révolution est telle que MySpace et Yahoo! utilisent maintenant cette solution : MySpace to adopt Facebook Connect et Yahoo brings Facebook Connect into its sites. Nous sommes tous d’accord pour dire que c’est une révolution pour faire de l’authentification douce (en 1 clic) qui va de plus favoriser la viralité, idéale pour les commentaires d’un blog ou pour participer à une opération événementielle.

OK… mais quid de l’utilisation de Facebook Connect pour de l’authentification sur le long terme ? Autrement formulé : Facebook Connect de même que Twitter Sign in sont-elles des solutions viables pour de la création de compte ? La question mérite d’être posée car si vous déléguez la création de compte à l’un ou l’autre vous ne pouvez pas avoir un accès complet aux informations des membres (email, adresse, N° de téléphone…). Une situation embarrassante si vous souhaitez capitaliser sur votre base de membres et faire du ciblage.

En fait il y a deux options :

  • Soit vous autorisez la création de compte avec Facebook / Twitter pour fluidifier les inscriptions et grossir vite (au risque de ne pas pouvoir exploiter cette base) ;
  • Soit vous faites de l’inscription classique pour pouvoir exploiter à loisir les données de votre base (au risque de grossir moins vite).

Un sacré dilemme auquel Facebook pourrait avoir une réponse en autorisant les éditeurs de service à demander l’email à leurs membres (ceux qui utilisent Facebook Connect). Facebook le fait depuis peu pour les développeurs d’applications (Facebook App Notifications Moving to Your E-mail Inbox) mais je doute qu’ils se laissent “piller” de leur bien le plus précieux : les données des membres. Visiblement chez Twitter ils sont plus souples et les prochaines évolutions de l’API devraient aller dans ce sens (Twitter’s Answer To Facebook Connect).

Mais nous n’avons toujours pas répondu à notre grande question : Est-il oui ou non intéressant d’utiliser Facebook Connect pour de la création de compte. J’ai ma petite idée là-dessus, mais je souhaiterais partager avec vous une piste intermédiaire : la pré-inscription.

Le principe est simple : Accélérer le processus d’inscription en récupérant des données personnelles à l’aide de Facebook Connect et/ou Twitter Sign in. C’est ce que pratique par exemple un service comme Plancast.

Pour utiliser le service il faut impérativement se créer un compte, donc remplir un formulaire. Par contre, cette étape peut être raccourcie à l’aide de nos fameuses fonctions de délégation d’authentification :

Création de compte simplifiée avec Facebook Connect et Twitter Sign in

Création de compte simplifiée avec Facebook Connect et Twitter Sign in

Si vous choisissez de coupler votre compte avec votre profil Facebook, le service est capable de récupérer votre photo, vos noms / prénoms et l’URL de votre site perso. Le service vous simplifie la tâche en vous faisant également une proposition de nom d’utilisateur :

Récupération de vos données personelles avec Facebook Connect

Récupération de vos données personnelles avec Facebook Connect

Idem avec Twitter Sign in qui vous permet de récupérer la photo, l’URL, la bio (mais bizarrement pas la ville) :

Récupération de données personelles avec Twitter Sign in

Récupération de données personnelles avec Twitter Sign in

Il ne reste plus à l’utilisateur qu’à remplir les champs restant et le compte est créé. Le bénéfice pour l’éditeur du service est total car il fait d’une pierre trois coups :

  1. Il accélère la création de compte ;
  2. Il possède les données perso dans sa base ;
  3. Il relie un compte avec un profil Facebook / Twitter.

Avouez que cette solution est plus que tentante ! Idéalement il faudrait perfectionner le principe pour pouvoir récupérer un maximum de choses (dont le sacro-saint email) mais c’est déjà un très bon début. Je pousserais ce principe un peu plus loin en pratiquant la pré-inscription : Inscription en 1 clic avec Facebook Connect pour tester le service mais utilisation limitée dans le temps, au bout de 2 ou 3 semaines l’utilisateur est prié de compléter son inscription en donnant ses données perso.

Est-ce que ce principe de pré-inscription vous semble viable ? Quel est votre retour d’expérience sur la délégation d’authentification ?

Cédric DENIAUD

Twitter et les marques en France

Vous êtes nombreux, en tant qu’annonceurs, agences ou observateurs du web, a me demander des exemples plus fréquents de marques en France qui sont présentes sur les médias sociaux. Parce que “oui”, Twitter n’est pas utilisé que par les stars outre-Atlantique (Utilisation de Twitter par les célébrités : le cas Ben Stiller) et par les professionnels du web, journalistes et politiques (Twitter + Politique + LePost.fr = Tweest mais quelle utilité ?). Et comme je prends en compte votre feedback, je vous propose aujourd’hui une présentation autour de la présence des marques en France sur Twitter. La présentation intègre quelques exemples de marques de différents secteurs, mais bien entendu n’a pas vocation à présenter une liste exhaustive. Je vous rappelle à la fin de cet article l’ensemble des marques citées dans la présentation.

Quelques grands enseignements à tirer :

  • Beaucoup de marques sont présentes mais il convient de remarquer que l’animation est souvent faible. C’est l’une des raisons majeures qui expliquent que beaucoup de marques même Internet (Cdiscount, Rue du Commerce, GrosBill.com, …) ne sont suivies que par un nombre limité d’utilisateurs.

  • On voit que bien souvent le lancement a été peu réfléchie en amont et ne s’intègre pas dans une stratégie de communication sur Internet mais comme une simple volonté, certainement personnelle (du fait d’un employé ou d’un directeur) d’être présent sur un outil dont les médias parlent fréquemment. Il s’agit alors plus du côté hype (comme l’était à l’époque Second Life) d’être présent sur l’outil dont tout le web parle…

  • Les marques qui ont une présence et une animation cohérente créé de vraies best practices qui bénéficient alors à leur image sur Internet. Je pense ici par exemple à la Redoute ou bien encore SFR, qui font probablement partie des marques qui ont l’usage le plus pertinent de Twitter.

style=”text-align: justify”Listes des marques présentées :

Frédéric CAVAZZA

Facebook et Twitter surreprésentés dans les médias sociaux ?

L’année 2009 étant définitivement derrière nous, il est temps de mettre à jour les chiffres de vos pitch et autres présentations avec les dernières statistiques datant de 2010.

Il y a tout d’abord cette très intéressante vague 4 de l’Observatoire des réseaux sociaux de l’IFOP où l’on apprend que Facebook est le réseaux à la plus forte notoriété (ce n’est pas une surprise vu qu’il y a plus de 15 millions de comptes ouverts en France) et que Twitter est celui qui a le plus progressé :

Notoriété des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Notoriété des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Facebook est donc en tête avec 97% de notoriété spontanée et est talonné par CopainsDavant avec 93%. Beaucoup plus surprenant, cette étude réalisée sur un échantillon de 1.000 individus nous révèle par contre que CopainsDavant domine en nombre d’utilisateurs :

Nombre d'utilisateurs des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Nombre d'utilisateurs des réseaux sociaux en France (source : IFOP)

Heu… je ne sais pas pour vous mais là j’ai comme du mal à comprendre… Première hypothèse : L’échantillon n’est pas représentatif (dans ce cas il faut revoir le principe même d’échantillonnage - improbable). Deuxième hypothèse : Il y a beaucoup de comptes “fantôme” sur Facebook (à vérifier).

Autant vous dire que cette statistique jette un sacré pavé dans la marre et démontre une nouvelle fois que Facebook est surreprésenté dans le paysage des médias sociaux. D’autant plus que certains gros annonceurs US déplorent une fois de plus les très faibles taux de clic : 0,038 % (cf. Facebook Self-Serve Ad Pricing Is Extremely Low – This May Not Be A Huge Business After All). Là encore nous manquons de statistiques détaillées sur le taux de clic moyen des annonceurs français.

(via TheNextWeb)

Sinon il y a aussi les derniers chiffres de Twitter publiés par Sysomos : Exploring the Use of Twitter Around the World. Là encore les chiffres font mal : Seulement 13 millions de tweeteurs actifs dans le monde avec une grosse majorité pour les pays anglophones (plus de 65%). La France se classe à la 13ème position avec moins de 1 % :

Répartition des utilisateurs de Twitter dans le monde

Répartition des utilisateurs de Twitter dans le monde

Sil ‘on tient compte de cette répartition, cela nous donne 127.500 utilisateurs actifs de Twitter en France. C’est peu… beaucoup trop peu pour le nombre de fois om l’on en parle et où Twitter est évoqué dans les stratégies de social marketing (cf. 127 500 utilisateurs de Twitter en France).

Conclusion : Ne faites pas l’erreur de ne concentrer votre présence que sur ces deux services. Il existe une multitude de plateformes sociales qui doivent toutes être étudiées / envisagées dans la définition de votre schéma de présence et de votre architecture communautaire.

Tout ceci me donne envie de mettre une nouvelle fois à jour mon panorama des médias sociaux

Cédric DENIAUD

Après Facebook Lite, une nouvelle avancée de Facebook dans sa lutte face à Twitter : le “Retweet”

Fut une époque où l’on disait que Facebook s’inspirait fortement de Friendfeed. Depuis le rachat de Friendfeed en août dernier (Facebook achète Friendfeed, et met la pression sur Twitter), il convient de constater que Friendfeed a disparu en grande partie des discussions actuelles sur les blogs et via Twitter. On sait également que Twitter et Facebook mènent une lutte sur la “gestion des conversations instantanées en ligne” (Facebook vs Twitter : qui sera la “Live Conversation Platform”) et comme le précisait l’article de CNet, que je linkais précédemment, le rachat de Friendfeed rentrait totalement dans cette stratégie.

Certains parlent de twittersphère, d’autres de statusphère, d’autres encore d’infosphère (Blogosphère, statusphère, médiasphère ? Non, infosphère) : en tout cas les statuts Facebook et les tweets sur Twitter sont les deux principaux témoignages actuels que le Web est devenu un Web en temps réel avec l’internaute en son centre et où le partage d’une information l’est tout autant.

Facebook Lite, “Mentions @” dans les statuts… et maintenant le “Retweet”

Dans ce cadre, il n’est pas étonnant de voir Facebook, afin de lutter face à la concurrence en terme d’audience et de fuite d’un usage (conversations instantanées) de la part de Twitter, s’inspirer fortement de ce dernier, comme il l’avait précédemment fait avec Friendfeed pour des éléments liés à son interface (cf : Facebook et sa stratégie d’étranglement de Twitter)

  • Facebook Lite : nous avons déjà eu droit à une version allégée de Facebook, Facebook Lite, qui avait justement pour vocation de proposer une version sans certaines fonctionnalités sociales mais où les statuts devenaient encore plus centraux. Ce lancement, en août dernier, avait été directement perçu par les observateurs comme une interface concurrente à Twitter : Facebook lance Facebook Lite, un Twitter like et Facebook Lite, futur Twitter killer ?

  • Mentions @ : autre point témoignant du rapprochement entre Twitter et Facebook était la possibilité offerte à l’iutilisateur de pouvoir mentionner dans un statut l’un de ses amis en utilisant le “@” afin de pouvoir créer et rendre visible à son réseau le lien avec la personne citée. Comme je l’avais évoqué à l’époque dans Dernières nouveautés sur Facebook : Mentions dans les statuts et applications Prototypes, on est proche de la fonctionnalité de mention de Twitter qui permet alors à l’utilisateur cité de pouvoir être alerté et suivre ce qui se dit sur lui. C’est également une fonctionnalité d’interpellation sur Twitter.

  • Le Retweet made in Facebook : Facebook dans son jargon l’appelle “Via”. Comme je vous le montre dans l’image ci-dessous, elle vous permet lorsque vous partager une information sur votre mur Facebook, auprès de votre réseau de citer la “source” de l’information lorsque vous partagez celle-ci depuis la personne qui l’avait précédemment partagée.

Capture d’écran 2010-01-16 à 09.58.59

Quel intérêt pour Facebook ?

L’intérêt de proposer une telle fonction par Facebook est double :

  • Agréger une fonctionnalité supplémentaire dans le partage d’information : même si on parle de Twitter comme un outil de conversation, c’est également, voire surtout pour nombre d’utilisateurs, un outil de partage auprès d’une communauté d’internautes d’une information sélectionnée. Facebook a le même positionnement par rapport au statut : les statuts permettent de poster une humeur, une réflexion mais également de partager une vidéo, photo, lien, … à son réseau. Donc bien évidemment puisque les statuts Facebook et Twitter ont pour vocation, en partie, de répondre à un même usage, il n’est pas étonnant de voir Facebook s’inspirer de Twitter par rapport à la fonctionnalité Retweet, comme Twitter avait su agréger récemment cette fonctionnalité à son interface après s’être inspiré de son écosystème (D’une fonctionnalité à un produit : l’exemple de l’écosystème Twitter).

  • Social graph… still and always : la force première de Facebook et, qui fait qu’il sera définitivement détrônable comme réseau social, est son social graph et il est évident que tous les autres réseaux sociaux génériques ou de niche s’engagent aujourd’hui tant qu’il n’y pas la fonctionnalité d’import de social graph dans une lutte vaine. Lorsque je vois des services assumant dans leur communication la filiation avec Facebook en n’y proposant que des fonctionnalités proches, n’ont pas compris que lutter face à un service qui a déjà agrégé son social graph est vain et qu’il vaut mieux avoir une démarche communautaire (placer le contenu comme élément central, contenu par lequel les internautes peuvent échanger puis devenir “contact”). La fonctionnalité “via”, comme l’était déjà la fonctionnalité “Mention”, permet à  Facebook de valoriser son social graph (le fait de se déclarer ami avec une autre personne et qui permet à Facebook de mailler les relations qui unissent tous ses utilisateurs) en mettant plus seulement en avant la personne qui partage une information mais la personne dont provient l’information.

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